Etienne Mourrut et le gel des salaires

RSA : 430 euros pour crever à petit feu

SMIC : 1090 euros pour tenter de survivre

Gardien de la Paix : 1 600 euros pour risquer sa vie
Pompier professionnel : 1 800 euros pour sauver une vie
Instituteur : 1 600 euros pour préparer à la vie
Médecin : 5 000 euros pour nous maintenir en vie
Sénateur : 19 000 euros pour profiter de la vie
Ministre : 30 000 euros pour nous pourrir la vie !

Commençons par une petite comparaison :
– États-Unis : 300 millions d’habitants / 100 sénateurs / 435 représentants
– France : 60 millions d’habitants / 343 sénateurs / 577 députés

Cinq fois moins d’habitants mais 243 sénateurs en plus et 142 députés de trop. Sur la base moyenne de 12 000 euros mensuels, leur suppression laisserait dans les caisses 4,7 millions par mois, soit 56 568 000 euros par an. Ne serait-ce pas un bon début pour éviter de toucher à la TVA et aux retraites ? En outre, le Sénat planque une cagnotte de 1 milliard d’euros. Pourquoi ne reviendrait-elle pas dans les caisses de l’État en période de crise ?

Le Sénat c’est 1260 fonctionnaires et collaborateurs payés entre 2 300 et 20 000 euros /mois, avec une prime systématique de nuit pour 32 heures/semaine, soit 4 mois de vacances annuelle. Chaque sénateur reçoit 11 540 euros défiscalisés à 50%, alors que seulement 90 d’entre eux sur 343 viennent effectivement à plein temps et 120 viennent à temps partiel. Chacun des sénateurs bénéficie d’un droit à une retraite de 1.869 euros avec seulement six années de cotisation modique.

Ce que gagne un député :

Indemnité mensuelle : 7 100,15 € bruts par mois qui comprend une indemnité de base (5 514,68 €), une indemnité de résidence (165,44 €) et une indemnité de fonction non imposable (1 420,03 €). Cela représente 5 246,81 € net par mois.
Indemnité représentative de frais de mandat : 6 412 € bruts par mois, pour faire face aux diverses dépenses liées à l’exercice de leur mandat (voiture, loyer, frais de réception, d’habillement…)
Avantages : 9 138 € mis à disposition pour rémunérer ses collaborateurs, accès gratuit à l’ensemble du réseau SNCF en 1re classe, remboursement des forfaits de cinq lignes téléphoniques et d’un abonnement internet. Le président de l’Assemblée nationale jouit d’une indemnité propre de plus de 14 000 €.
Cumul : possible. Un député ne peut cumuler son indemnité parlementaire et les indemnités d’autres mandats électifs que dans la limite d’une fois et demie le montant brut de l’indemnité parlementaire de base, soit 8 272,02 €. Un parlementaire ne peut donc percevoir plus de 2 757,34 € au titre de ses mandats locaux.
Sources : http://www.journaldunet.com/economie/magazine/le-salaire-des-politiques-et-des-elus/depute.shtml
Et ces messieurs-dames voudraient nous la jouer « solidarité » en gelant leurs salaires ? Ne nous laissons pas impressionner par leur démagogie. Ce n’est pas geler mais baisser leurs indemnités qui les rendrait un peu plus crédibles et en phase avec les vrais travailleurs. Une baisse de 2 000 euros par mois n’affecterait pas leur train de vie et permettrait 22 800 000 d’euros d’économie par an, toujours sans toucher à la TVA ni aux retraites ! Parlez-en à vos élus, là aussi vous verrez mieux de quel côté ils se placent.

Mais on le sait, c’est mal barré, y compris parmi nos exemples les plus proches. C’est ainsi qu’on pouvait lire dans le Midi Libre du 27 novembre 2011, sous le titre Etienne Mourrut et ses indemnités, que suite à la proposition du député UMP Lionel Lucas de baisser de 10% les indemnités parlementaires, « les députés gardois avaient exprimé leur hostilité face à cet amendement, sauf Etienne Mourrut ». Voir également l’article que Robert Crauste, conseiller régional et membre du conseil municipal du Grau du Roi, lui consacre sur son blog (http://www.robert-crauste.com  ).

Ainsi nous avons failli applaudir, mais failli seulement. Selon Katy Guyot, candidate socialiste sur la 2ème circonscription, monsieur Mourrut s’est finalement rétracté pour se ranger au consensus de ses pairs. Quel dommage ! Voilà comment transformer une palme d’or en carton rouge, surtout lorsqu’on cumule des indemnités de député, de maire et de conseiller communautaire en Terre de Camargue. Mais qui donc, même seul contre tous, se décidera à donner l’exemple dans cette république que le grand patron veut « exemplaire » ? Est-il encore temps de revenir sur cet amendement, monsieur le député-maire ? Nous aimerions rêver que oui. En attendant, vous n’avez pas nos salutations distinguées.
sources et liens utiles :

http://www.collectif-justice.net/

http://www.nosdeputes.fr/synthese

Ndlr : sur ce dernier site, vous pouvez suivre l’activité de tous nos députés à l’Assemblée, leur présence, leur participation aux commissions, le nombre de questions qu’ils posent, la qualité de leurs interventions, le nombre d’amendements qu’ils signent ou pas, etc. Très instructif pour connaître l’activité réelle de votre député et savoir à quoi ils servent… ou pas.

 

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