Kiprokoukouak

Par Stéphane Isard

L’affaire débute il y a quelques temps, lors d’une commémoration au monument aux morts, en présence du député-maire Étienne Mourrut, de quelques « personnalités » et de l’école de musique venus rendre hommage à ceux tombés pour la France. Le députétienne est visiblement en colère après les jeunes du Conseil municipal Jeunes qui n’ont pas daigné venir se recueillir, alors qu’il vient de les « inviter » à l’Assemblée nationale.

Une certaine madame C. lui glisse que les musiciens, en revanche, sont toujours présents aux cérémonies et qu’ils n’ont jamais été invités à se rendre dans l’hémicycle.

Qu’à cela ne tienne leur dit Étienne, ils vont l’être prochainement et pourront même s’assoir à la table du restaurant de l’Assemblée. L’invitation ne concernant que les musiciens (une quinzaine), les frais de bouche des conjoints resteront à leur charge.

Rendez-vous pris pour le mardi 13 décembre, il ne reste qu’à organiser le voyage. C’est donc dans ce sens que monsieur T. se rend auprès de l’attachée parlementaire (qui est la belle fille du députétienne) afin de fixer les modalités de l’excursion. Et là, couac !

Monsieur T. apprend qu’ils ne sont invités dans les ors de la République qu’au repas, et qu’il n’a jamais été dit que les frais de transport seraient réglés par l’enveloppe parlementaire, ce qu’on peut comprendre !

Quelques temps plus tard, lors du Télétoon, Madame T. prend à partie le députétienne pour lui faire part de son regret que l’invitation ne concerne que le restaurant, ce qui est plutôt mesquin de sa part.

Il affirme qu’il n’a jamais été question qu’il prenne à sa charge l’addition totale et qu’il y a eu malentendu. Sur ce, Madame M. (épouse du députétienne) se tourne vers elle et lui lance : « Saïque ! Tu vas pas me dire que tu peux pas te payer le train ?

— Moi si ! rétorque madame T., mais il y a d’autres personnes qui ne le peuvent pas !

Sachons que le députétienne, lui, voyage aux frais de la princesse en 1ère classe, comme tout parlementaire. Bon, me direz-vous, c’est déjà bien sympa qu’ils soient invités au resto.

Au final la virée parisienne tombe à l’eau (du canal ou de la Seine ?) et tout ce beau monde restera donc en rade sur les quais ! Vu le prix aller-retour du TGV nécessaire pour réaliser dans la journée cette invitation de gascon (sauf à y aller en bus et ajouter une nuitée d’hôtel), je conseille plutôt aux musiciens d’aller se faire un bon gastro de la région. Quant au députétienne, il lui restera toujours la cantine de son boulot !

Y a-t-il une morale à tirer de cette histoire ? Je vous en laisse seul juges, mais avouez que c’est un peu fort de café, même si ce dernier était en supplément à l’invitaddition !

De la part du députétienne, c’eut été un geste tout à son honneur que d’inviter les musiciens de l’école de musique, de monsieur A à madame Z, d’autant qu’à part leur directeur (tenu, lui, de participer aux différentes manifestations), tous sont bénévoles, présents sur le terrain et viennent toujours de bon cœur. Mais le geste eut été d’autant plus honorable s’il l’avait fait sur ces propres deniers (surtout quand on connaît sa réputation d’avoir toujours des oursins dans la poche), ou ne serait-ce que sur les 10% de baisse envisagés aux salaires des députés, ces fameux 10% qu’il a failli voter avant de se reprendre et se joindre à l’hostilité de sa famille politique. (voir notre article précédent)

Mais là… faut pas rêver, on a l’habitude !

 

 

 

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