Le nucléaire, c’est sûr !

C’est tellement sûr que tout le monde a maintenant la preuve que c’est faux.
Qu’il s’agisse d’Areva, d’EDF, des forces de l’ordre ou des responsables politiques, le consensus est encore aujourd’hui de prétendre que les sites nucléaires français sont sécurisés et que les militants de Greenpeace qui se sont introduits dans plusieurs centrales nucléaires ont été immédiatement repérés. Le seul problème est qu’à l’heure de ces déclarations mensongères un militant se trouvait toujours au cœur d’une centrale dont le nom n’a pas été précisé, si l’on en croit la vidéo ci-après.


Message de Julien, au coeur du réacteur par gpfrance

Sur BFM-TV, le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, a jugé l’action de Greenpeace «irresponsable»: «Il va falloir en tirer des conséquences, dit-il. On ne peut pas permettre que n’importe qui puisse entrer aussi facilement que ça dans une centrale nucléaire. On peut imaginer ce que certains pourraient en faire».

Quelle superbe analyse de la part de Guaino qui ne se rend même pas compte que c’est exactement ce que Greenpeace entendait démontrer: il peut se passer n’importe quoi dans ces centrales.

Pour Michèle RIVASI, porte-parole d’Eva Joly et spécialiste des questions nucléaires, cette action démontre la vulnérabilité des centrales françaises et confirme la position tenue par EELV sur les évaluations complémentaires de sûreté (ECS) post-Fukushima:     » C’est le deuxième évènement en une semaine qui démontre que les autorités ne sont pas capables d’assurer ni la gestion d’une éventuelle catastrophe, ni une intrusion sur le site d’une centrale: c’est extrêmement grave et exige une réaction proportionnée ».

La semaine dernière, une visite surprise à la centrale de Paluel et du Blayais visant à éprouver la réactivité du personnel lors d’une simulation de crise a tourné au burlesque. L’incapacité à réagir rapidement, du fait de manque d’instructions ou de manque de matériel, a démontré que notre pays n’était pas capable d’assurer la sécurité des citoyens en cas d’accident. Cette fois-ci ce sont des militants pacifistes qui arrivent à démontrer que l’intrusion possible de terroristes pourrait mener à un attentat.

pour un complément…

Pour rappel :
La première occupation d’une tour a eu lieu il y a près de 20 ans à Golfech. Ce n’était pas Greenpeace mais 5 militants antinucléaires de VSDNG, Vivre Sans le Danger Nucléaire de Golfech. Ces manifestants non-violents essayaient, par leur action, de susciter l’intérêt des médias, d’obtenir un débat national, la tenue de débats citoyens sur le nucléaire,et l’on voit que depuis malgré les menaces terroristes de plus en plus pressantes, rien n’a changé.

10 octobre 1986 : neuf anti-nucléaires des associations « Robin des bois » (France) et « Robinwood » (Allemagne) escaladent une tour de refroidissement d’une tranche en construction de la centrale de Cattenom (Moselle) pour démontrer les défaillances de sécurité du site.

8 mai 1996 : trois militants des associations « Stop Golfech » et « Collectif Paix de Bazens » escaladent une tour de réfroidissement de la centrale de Golfech (Tarn-et-Garonne).

4 déc. 2003 : 45 militants de Greenpeace pénètrent dans la centrale de Penly (Seine-Maritime). Avec leur action qui dure quatre heures, ils protestent contre le projet de réacteur européen à eau sous pression (EPR).

27 mars 2007 : douze militants de Greenpeace, de huit nationalités différentes, occupent pendant toute une journée une tour de refroidissement de la centrale de Belleville-sur-Loire (Cher) pour protester contre l’EPR.

10 oct. 2007 : huit membres de Greenpeace montent sur une tour de refroidissement de la centrale de Dampierre-en-Burly (Loiret) pour dénoncer le projet EPR, pendant que d’autres manifestent à l’extérieur du site.

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