Abus de biens sociaux et campagnes électorales

C’était la trêve des confiseurs, fêtes de fin d’année obligent, et l’info n’a guère circulé dans les médias liés au pouvoir. C’est pourtant une accusation très grave que les juges Van Ruymbeke et Le Loire viennent de porter à la connaissance publique en qualifiant d’abus de biens sociaux les malversations liées à l’affaire Takieddine qui, rappelons-le, concernait des ventes d’armes au Pakistan et à l’Arabie Saoudite. En ligne de mire se trouve principalement l’ex-ministre de la défense François Léotard, mais il est clair désormais que se retrouve au cœur de l’affaire cet autre ex-ministre du budget sans qui les contrats n’auraient pu être signés : un certain Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa.

Selon un document inédit saisi dans les archives de l’ancien ministre Jacques Douffiagues, un feu vert a bien été donné en 1995 par le ministre du budget d’alors, en pleine campagne présidentielle, afin d’apporter la garantie de l’État à l’office d’armement Sofresa dans la vente des frégates saoudiennes. Ce contrat promettait le paiement de 213 millions d’euros aux intermédiaires Ziad Takieddine et Abdul Rahman El Assir. Des commissions jugées illégitimes et aujourd’hui qualifiées d’abus de bien sociaux par la justice.

source : Mediapart

Rappelons aussi que tous articles concernant l’affaire Karachi/Takieddine se trouvent en accès libre sur http://www.frenchleaks.fr

Offrons-nous un petit retour en arrière, avec cette réponse apportée par notre cher président au premier journaliste qui osa poser la question au sujet de l’affaire Karachi…


Karachi : Sarkozy parle de « fable » (19/06/09) par Nouvelobs

La douleur des familles, ose-t-il faire croire qu’il la prend au sérieux et ne plaisante pas avec ça ! Que chacun en juge en son âme et conscience.

N’empêche qu’une campagne électorale majeure est lancée, dans laquelle tous les candidats sans exception appellent au changement, y compris celui-là même qui au soir de son élection en 2007 bâtissait son discours sur le thème « J’ai changé ». Attendons-nous à ce qu’il nous refasse le même coup, tant sa baisse de popularité dans le cœur des Français ne lui laisse pas d’autre choix que de nous faire croire qu’il a encore changé. Oui, Nicolas Sarkozy a changé parce qu’il change d’idées comme de chemises ou de Rolex, au gré du vent et des casseroles qui s’ajoutent à sa traîne de jeune marié. Mais qui pourrait encore nous faire croire qu’il ait un programme, un véritable dessein pour cette France dont il s’acharne à diviser les citoyens à coups d’arguments empruntés au F-haine. Non, les Français ne seront pas dupes une seconde fois, pas plus qu’ils ne se laisseront berner par des politiques qui se refusent à intégrer le changement de république dans leur programme. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : sans modifications constitutionnelle il serait vain d’espérer la fin de certaines pratiques qui autorisent la conservation du pouvoir quand bien même son caractère mafieux est mis en évidence par la justice. Non merci, on nous a déjà fait le coup avec Chirac.

Soyons clairs, il n’existe pas de système démocratique parfait et tout homme a droit à l’erreur. Ne dit-on pas qu’elle est humaine ? Mais dans n’importe quelle démocratie qui serait digne de ce nom, aucun homme ou femme politique en place ne devrait pouvoir s’y maintenir dès lors que la justice les met en cause pour des délits. Cela ne remettrait nullement en cause la présomption d’innocence qui seule doit prévaloir jusqu’au verdict. En regard de cela, il nous semble que tout élu d’une « république irréprochable » se devrait de devancer par-lui-même cette situation en se mettant en retrait jusqu’à la manifestation de la vérité. Il faut en finir avec cette immunité/impunité parlementaire qui nous déshonore et reporte à un futur toujours aléatoire la réparation attendue par ces familles dans la douleur, mais aussi par tous les citoyens qui s’en déclarent solidaires. Aucune élection, aucun mandat ne saurait être un chèque en blanc accordé par des citoyens trompés sur la marchandise.

Dans ce sens, nous ne reconnaissons pas le droit de briguer un nouveau mandat à des Sarkozy, des Copé, des Hortefeux, et tant d’autres dont la mise en cause dans plusieurs affaires de type mafieux ne fait plus de doute. C’est pourquoi entre autres vœux, puisque c’est toujours la période, nous formons celui d’une indispensable Sixième République qui affirmerait haut et fort qu’elle veut être celle de tous les citoyens et non plus d’une oligarchie hautement corrompue.

« aucune armée ne peut arrêter une idée dont il est venu l’heure ».Victor Hugo

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