Mourrut se dédouane sur les morts ! Déjà qu’il les faisait voter…

L’enquête sera brève, désormais. Notre précédente info n’aura tenu que le temps de poser la question : »Mais que faisaient ces 25 000 euros en petites coupures derrière une armoire de la Régie du Grau du Roi ? » Ne cherchez plus, la réponse était dans l’édition de Midi Libre d’hier (lundi 13 février 2012), avec au passage un intertitre surprenant : Le régisseur est décédé. Si Agatha Christie ne l’était pas aussi, on aurait pu croire à l’annonce de son dernier polar.

Bien évidemment, nous ne nous attendions pas à ce que le dépité-maire sache d’où peut bien provenir cet argent. En revanche, nous maintiendrons notre questionnement de savoir comment sont tenus les comptes du 3ème budget du Gard en importance, surtout à l’heure de soutenir un budget annuel dont on nous dit, malgré les divers épinglages de la Cour Régionale des Comptes, qu’il est parfaitement équilibré. Vous remarquerez que le mot n’est pas très éloigné d’équilibriste.

Ainsi que le reconnait monsieur Mourrut devant les journalistes de Midi Libre : « Bien sûr, ce n’est pas normal. Nous étions en train de finaliser les comptes. J’attends d’en connaître les résultats. Il faudra bien trouver une explication. On doit savoir d’où viennent ces 25 000 €. Mais il n’est pas question de penser au moindre tripatouillage. »

Pas de tripatouillage ?

Et qu’est-ce donc que cette manière de stocker les recettes communales derrière les meubles plutôt que dans les coffres prévus à cet effet ? Lorsqu’on sait la terreur qui règne dans les services municipaux, on a du mal à croire que les employés n’en fassent qu’à leur tête. Mais peut-être y avait-il une exception pour ce régisseur « au fonctionnement particulier » ? Et notre bon maire de se dédouaner en disant : « Il était déjà régisseur avant que je sois maire ». Et de poursuivre pour faire bonne mesure : « Et, il y a vingt ans, il a été victime d’un vol à la régie municipale. Des mesures de protection avaient donc été prises. La Brink’s venait chercher l’argent. Il y avait un coffre-fort, mais, apparemment, il ne l’utilisait pas, préférant répartir les sommes dans des enveloppes qu’il planquait un peu partout. C’était son idée. Il devait penser que si on le braquait, les voleurs n’auraient rien trouvé dans le coffre-fort. »

Pas de tripatouillage quand on reconnait qu’on laissait l’employé planquer des enveloppes un peu partout ? Faudra-t-il déplacer tous les meubles de la mairie pour finaliser les comptes ?

Quoi qu’il en soit, nous rendons grâce à monsieur le maire et à Midi Libre de ne pas avoir cité le nom de cet employé si « original » qui, même décédé, a encore une famille et de nombreux amis. Nous ne trouvons pas moins facile et peu élégante cette première réponse dont le seul but est de sauver une situation qui inquiète plus d’un Graulen à juste titre. Nous regrettons aussi que les morts aient parfois le droit de voter mais pas celui de la présomption d’innocence.

Quant aux journalistes de Midi Libre si prompts à noter qu’au Grau du Roi « les mauvaises langues s’en donnent à cœur joie », qu’ils sachent qu’elles sont nombreuses à ne pas se reconnaître dans ce qualificatif, qu’elles sont celles de citoyens responsables et que, non, ça ne les fait pas rire.

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