des nouvelles de Fukushima

Mediapart recevait dernièrement Mycle Schneider, consultant international indépendant sur le nucléaire, à son retour de Fukushima. C’est la première partie de cette vidéo, elle dure environ 25 minutes, des minutes à la fois édifiantes et terrifiantes sur la situation actuelle du Japon. De quoi trouver bien des arguments à faire connaître à tous ceux qui hésitent encore à vouloir sortir du nucléaire ou croient que le malheur n’arrive qu’aux autres.

Le vrai problème pour les japonais est que Fukushima ne fait que commencer.

Mediapart 2012 – Routes de campagnes: Fessenheim… par Mediapart

Olé, torero !

Ce coup de cœur musical nous ramène en 1949, date du tournage de la comédie musicale de Robert Vernay « Andalousie ». Pour la petite histoire c’est dans ce film que Luis Mariano rencontre pour la première fois Carmen Sevilla, cette andalouse aux yeux de velours qu’il retrouvera trois ans plus tard sur le tournage de « La belle de Cadix ».

L’extrait proposé ici arrive avec un léger retard dans le sens où l’Abrivado des plages a déjà ouvert notre temporada, il n’en reste pas moins un grand moment de chanson populaire et de cinéma, moment de liesse sans cesse repris par les peñas et tous les amoureux des traditions taurines. Nous l’offrons comme un petit break, 2’40″mn d’évasion de cette autre corrida que sont les élections, parce que ce morceau donne une pêche d’enfer, et ne vous étonnez pas s’il vous reste dans la tête toute la journée. Olé, torero ! Y con maestria, por favor !

Double devinette

Bien vu par l’œil aiguisé de Claire Gallois qui nous en a fait part sur son blog. Il s’agit de deviner 1) le nom de l’auteur de ce texte et 2) de qui parle-t-il.

Que peut-il ?  Tout.
Qu’a-t-il fait ? Rien.
Avec cette pleine puissance,
en huit mois un homme de génie
eût changé la face de la France,
de l’Europe peut-être.
Seulement voilà, il a pris la France
et n’en sait rien faire.
Dieu sait pourtant que le président se démène :
il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ;
ne pouvant créer, il décrète ; il cherche
à donner le change sur sa nullité ; c’est
le mouvement perpétuel ; mais, hélas!
cette roue tourne à vide.

L’homme qui, après sa prise du pouvoir
a épousé une princesse étrangère
est un carriériste avantageux.
Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots,
ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir.
Il a pour lui l’argent, l’agio, la banque, le coffre-fort.
Il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse.
Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit
et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve énorme,
il est impossible que l’esprit n’éprouve pas quelque surprise.
On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds,
lui rit au nez, la brave, la nie, l’insulte et la bafoue!

Triste spectacle que celui du galop, à travers l’absurde,
d’un homme médiocre échappé.

Si vous n’avez pas trouvé l’auteur ni son sujet… Lire la suite

gestion Mourrut, épisode n°2 : Et les shadocks pompaient

C’est bien connu, les très ingénieux shadocks n’ayant de cesse que de développer leurs activités, leurs machines de plus en plus gourmandes nécessitaient un approvisionnement toujours plus conséquent en carburant. Qu’à cela ne tienne, ceux du Grau du Roi passèrent contrat avec une station BP prête à leur concéder un rabais commercial. C’est ainsi qu’un contrat d’abonnement fut signé le 04 mars 1992 avec ladite enseigne, contrat qui n’allait jamais être réactualisé puisque conclu d’emblée en CDI.

Pour la petite histoire, la station « BP » du Grau-du-Roi allait changer plusieurs fois de propriétaires. D’abord sous l’enseigne « BP Mon Plaisir» de 1983 à 1994, elle passa entre les mains de la SARL «Van Weydeveldt », qui la céda le 15 septembre 2004 à la SARL « FAB’S », qui fut mise en liquidation malgré un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros au 31 mars 2007. En définitive ce sera la SARL « JMM » qui en rachètera le fonds en 2008 pour la somme de 280 000 euros.

Selon les clauses du contrat, la collectivité shadock se vit remettre des cartes qu’il suffisait de présenter à la pompe pour faire le plein des véhicules de service auprès des stations « BP » France. C’est pourquoi l’article 3.1 précise que « le client est responsable de la garde et de l’usage des cartes qui lui sont délivrées… », et jusque là tout va bien. Enfin… tout irait mieux si l’article 4.2 ne mentionnait pas que « les achats effectués par le client à l’étranger lui sont facturés (…) aux prix pratiqués dans la station service aux lieu et jour de l’achat (…). ». Serait-ce la différence de prix pouvant être pratiquée d’une station à l’autre qui explique la subite augmentation de dépense en carburant entre 2007 et 2008 (de 30 709€ à 46 877€ soit une augmentation de 16 000€) ?

Non, répond monsieur le maire sur la base des quelques arguments suivants.

« – en 2007 les services de la ville ont repris en régie directe toute la gestion de l’entretien des espaces verts de Port Camargue, ainsi que le ramassage des corbeilles de plage. Cette nouvelle mission a eu un impact à la hausse des dépenses de carburant d’autant que cette prestation est assurée 7j/7 avec 3 agents sur une surface difficile (le sable) nécessitant un véhicule puissant.

– la navette urbaine a connu elle aussi une augmentation de ses consommations, le service offert à la population ayant été accentué.

– Enfin, entre mai 2007 et mai 2008, le prix du baril de pétrole a augmenté de 55%, passant de 50 euros à 78 euros. »

Ces réponses nous apparaissant relativement fondées, et compte tenu que le parc de la ville compte 68 véhicules, nous voulons bien mettre à la décharge du maire cette augmentation subite des dépenses de carburants relevée par la Cour régionale des comptes. Il n’empêche qu’en regard d’une situation économique globale, un contrat entre une commune et un prestataire ne devrait pas être conclu pour une durée illimitée, ne serait-ce qu’en regard de la libre concurrence.

Par ailleurs, si nous n’entrerons pas dans le détail des cartes qui permettent aux shadocks de s’approvisionner, nous notons, à l’instar de la CRC, qu’il a fallu attendre le 22 février 2010 pour que le conseil municipal adopte un règlement intérieur sur l’utilisation du parc des véhicules municipaux. « On peut cependant regretter le caractère tardif d’une telle décision de bon sens » dit la Cour, nous ne pouvons que partager cet avis tant il est fréquent que les shadocks aient tendance à attendre le dernier moment pour se mettre en conformité, là n’est pas le seul domaine où nous pourrions le noter.

Pour finir, nous avouons n’avoir pas très bien saisi la dernière réponse de monsieur Mourrut à la CRC sur le sujet des carburants, à moins qu’il ne s’agisse de ce qu’on appelle « tendre le bâton pour se faire battre ». Voici ce qu’il dit :

« S’agissant enfin des points détaillés au titre de la source d’approvisionnement, on peut s’interroger sur l’utilité de présenter l’historique de la société et le coût d’acquisition du fonds de commerce, ces éléments ne relevant de toute évidence pas directement d’une responsabilité communale. »

Pardon, monsieur Mourrut, prendriez-vous les fonctionnaires de la Chambre des comptes pour des benêts ?  Outre qu’il nous plait à nous aussi de présenter l’historique d’une société sur la commune (ça fait partie de l’histoire), nous sommes particulièrement sensibles au fait que la SARL en activité et en contrat avec la commune ait pour sigle JMM.

Ce dernier M ne vous dit rien ? Vraiment, Monsieur Mourrut ? Ni le J ni le premier M ? Nous avions d’abord pensé à Jean-Marie Messier avant de nous dire que ça n’avait pas beaucoup d’essence, mais réflexion faite… ces initiales ne sont-elles pas également celles d’un de vos fils ?

Sans rien présumer, il nous semble légitime que tout citoyen responsable se pose des questions. Une prise illégale d’intérêt est si vite arrivée…

le député-maire va-t-il encore faire le plein... de voix ?

Prochain épisode (n°3) : il faut savoir tourner les plages

Un projet de thalasso au cœur des salins

Le nom d’halothérapie pourrait induire en erreur : il ne s’agit pas ici d’un centre de soin et d’enjeux de santé publique. Mais de bien-être ou relaxation, de «zénitude» (!) nous dit-on, et d’investissements privés sur le créneau du tourisme de luxe. Aucun intérêt général ici sinon l’habituel chantage à l’emploi ; par contre des intérêts politiques et privés très évidents.

Tout ce qu’on devait craindre de la désindustrialisation progressive des Salins du Midi est ici à l’œuvre : de grands espaces devenus soi-disant «inutiles», l’appétit des promoteurs, l’alibi touristique et le chantage à l’emploi. Dans un contexte politique sans âme et sans projet, tout devient possible.

Le groupe Salins va-t-il arriver à faire à Aigues-Mortes, avec la complicité des élus locaux, ce qu’il n’est pas parvenu à faire dans le Var ou à Salin-de-Giraud : un grand complexe hôtelier, première étape, la plus difficile, avant d’autres à venir, parce qu’un tabou sera tombé.

Pour des raisons d’opportunité Salins vient de racheter 13 (treize) hectares aux domaines du Bosquet-Listel, 13 hectares de vignes productives, c’est à peu près la surface d’Aigues-Mortes intramuros : on peut en faire des projets…

Est-ce cela que nous voulons ? La Camargue du luxe et des riches oisifs à la place des vignes, des étangs et des salins ? Pour des intérêts privés nous sacrifierions nos paysages, notre identité ? On peut donc tout acheter avec un peu de poudre aux yeux ?

Et passez pour cela sur les petits et gros arrangements des élus, architecte et patrons ?

Qui est à la manœuvre ? Georges Frêche d’abord en 2008 qui dans un déclaration provocatrice annonce que «le sel c’est fini», puis son appareil politique qui suit, Bourquin (CR-LR) et Alary (CG30) qui accompagnent l’électoralisme de Bonato, qui en a fait son cheval de bataille. Puis nous avons les salins qui n’y croyaient même pas mais qui finissent par se dire que ça va peut-être être possible ! Et l’architecte François Fontès (celui de Port du Roy) est au cœur de ce jeu d’intérêts croisés : il rachète d’une main la moitié du Lairan, fournit de l’autre les plans du centre de bien-être et érige en toute illégalité des tentes luxueuses dans les dunes littorales de Brasinvert.

Nous disons qu’il faut arrêter, que ce petit monde déraille et déraisonne. Ce projet ne se fera pas parce que la loi ne le permet pas et que ces terrains sont et resteront inconstructibles. Mais comment, par quelle dérive, l’équipe municipale actuelle qui s’est présentée aux électeurs comme la plus hostile à l’urbanisation est-elle devenue une municipalité bétonneuse ?

ndlr: nous en profitons pour rappeler ici un article que nous avions mis en ligne le 16 octobre 2011  la camargue des riches

 

La Cour des comptes et les comptes un peu courts d’Étienne Mourrut, épisode n°1

Ce feuilleton que nous inaugurons comprendra 5 épisodes consacrés à la gestion de l’équipe Mourrut. Ils sont tous en référence au rapport 2012 d’observations définitives émis par la Chambre régionale des comptes de Languedoc-Roussillon et celui de la Cour des comptes relatif aux communes balnéaires. L’épisode du jour est consacré au casino « Le Flamingo ».

Quelques repères en préalable.

Le casino « Flamingo » du Grau-du-Roi est géré par la SAS Le Grau du Roi Loisirs, filiale de la SA Compagnie Financière Régionale Groupe Tranchant.

Outre deux restaurants, l’établissement du Grau-du-Roi comprend aujourd’hui une salle de 170 machines à sous, 2 tableaux de boule, un salon de jeux de table avec plusieurs jeux dont le « Texas Hold’em poker »

Près de 90 personnes travaillent pour le casino qui constitue un des principaux employeurs privés de la commune.

En 2009, les recettes des prélèvements sur les produits des jeux des casinos enregistrées à hauteur de 1,9 millions d’€ représentaient 13,8 % du montant total des recettes fiscales de la commune du Grau-du-Roi, soit la troisième source de revenu après la taxe d’habitation (4,6 millions d’€) et la taxe foncière (4,8 millions d’€).

Il est clair que la présence d’un casino de jeux sur une commune représente, outre les emplois, une recette fiscale non négligeable. L’on comprendra d’autant mieux que M. Mourrut soit allé défendre le bifteck à l’Assemblée Nationale lorsque le débat portait sur la question de taxer davantage ou pas les établissements de jeux. « Augmenter la taxation sur ces établissements ne serait pas un bon signe. » a-t-il conclu. (Séance du 27 octobre 2011 à 9h30  — Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2012, Après l’article 16)

Mais quel bifteck est-il allé défendre ?

Pour approcher d’une juste réponse il faut savoir que la loi prévoit qu’un casino peut (et devrait) verser jusqu’à 15% de ses recettes brutes à la commune d’implantation (article 4 de la loi du 15 juin 1907 relative aux casinos). Si c’est bien le cas au Grau du Roi, encore faut-il savoir qu’il n’en est ainsi que depuis l’exercice 2011, ce que la chambre des comptes n’a pas manqué de relever. En effet, le cahier des charges initial passé le 6 décembre 1993 entre la collectivité et le casino avait prévu un prélèvement progressif dans le temps (article 3 sur le prélèvement communal). C’est ainsi qu’il a été prélevé seulement 6 % durant le 1er exercice, 7 % pour le 2èmeexercice, 8% pour le 3ème , 9% pour le 4ème, 10 % du 5ème au 8ème, 12 % du 9ème au 13ème, 13,5 % du 14ème au 18ème .

Seuls les 5 derniers exercices approchent des 15 %, ce qui a clairement privé la collectivité de recettes possibles pendant 18 ans.

Ce à quoi Étienne Mourrut répond : « Il faut intégrer le fait que l’investisseur partait d’une situation vierge et qu’il a dû initialement investir massivement, raison pour laquelle avait été retenue dans la précédente DSP une évolution progressive du taux de prélèvement sur les jeux.»

Certes. Mais si nous pouvons admettre qu’il soit de bon ton qu’une commune concède quelques facilités à l’implantation d’une entreprise, il nous semble que le délai d’exonération partielle aurait pu être plus court. Les 5 premières années d’exploitation, par exemple, aurait pu suffire pour une filiale d’un groupe Tranchant que nous ne savions pas dans une telle difficulté d’investissement.  Mais sans doute est-ce par mimétisme envers son patron présidentiel que monsieur Mourrut a cru bon d’octroyer cette niche fiscale. Vive la république des amis !

Autre petit épinglage : l’article 5 du cahier des charges prévoit une subvention du casino à l’office du tourisme -syndicat d’initiatives (15 000 euros). Cette subvention aurait, selon la chambre, dû n’être versée qu’au comptable public, à charge pour la commune d’en décider annuellement le reversement. En effet, cette subvention, finalement décidée par la commune, ne transite pas par le budget de celle-ci, ce qui a nuit à la qualité de l’information de l’assemblée délibérante. Aucune preuve du versement de cette somme n’a été apportée. (C’est la Chambre qui souligne). Mais il est vrai qu’il y a longtemps qu’au Grau on se dispense de tout annoncer aux membres de l’opposition en conseil municipal.

Dernier point pour en finir avec l’épisode Flamingo : s’il est prévu que les casinos doivent participer à l’animation des stations dans lesquelles ils sont situés, la chambre estime cependant que les spectacles pris en charge par le casino ne sont pas assez nombreux, ce dont l’ordonnateur convient. L’effort de l’établissement, en termes d’animation culturelle et artistique, doit être renforcé dans les années à venir.

Pour notre part, si nous ne voyons pas d’objection particulière à cela, il nous semble bon d’insister sur le fait que la construction d’une salle multifonction promise aux Graulens depuis trois mandats ne saurait être compensée par des animations organisées par le casino. En outre nous aimerions que la programmation soit respectueuse de quelques règles morales. On se souviendra que certaines animations, pour ne citer que le festival SFX (effets spéciaux du cinéma), aujourd’hui relocalisé à Aigues-Mortes, avait fini par se tenir pour moitié à l’espace Cassel et pour moitié au casino. Ce genre d’animation attirant un public plutôt jeune, voire même des péquelets, ne saurait justifier d’attirer des mineurs, même accompagnés par leurs parents, à franchir les portes d’un établissement principalement voué aux jeux d’argent.

Prochain épisode : Et les Shadocks pompaient…

 

 

Jean-Luc Mélenchon sur Mediapart

Jean-Luc Mélenchon était l’invité de la rédaction de Mediapart ce vendredi 23 mars. Débat passionnant et passionné comme à l’accoutumée, questions d’internautes et questions de fond (on n’est pas ici chez Pujadas ou Pernaud), et donc un horaire largement débordé par rapport au temps imparti prévu, c’est toute la magie d’Internet.

Comme nous l’avions fait pour François Bayrou puis Eva Joly, nous vous invitons à voir ou revoir cet entretien de plus de 2h 30 et rappelons que le prochain invité sera François Hollande, nous serons le 13 avril.


Mediapart 2012 – Le grand entretien avec… par Mediapart

Réflexions à partir de Toulouse et Montauban

Par Mario, billet d’humeur, et même de sale humeur. Ce sera néanmoins ma revue de presse du jour sur cette tuerie de Toulouse qui nous fait saigner le cœur et nous prend aux tripes. Certes il y a un coupable et nous savons malheureusement son nom (je dis ça (malheureusement) en référence aux quelques mots de JL Mélenchon ci-après). Mais saurons-nous faire la différence entre coupable et responsable ? Saurons-nous tirer leçon une bonne fois pour toutes? Saurons-nous faire que notre minute de silence compassionnel ne soit que le début d’une profonde réflexion de chacun pour chacun et pour tous ? En bref, qu’allons-nous pouvoir construire à partir de ce qui nous détruit tant ou tente de le faire ?

Je ne commenterai pas au-delà de la décence cette photo ci-contre qui a fait le tour des unes de journaux, presse étrangère comprise. Une fois de plus elle renvoie à cette détestable manière lapidaire que les médias choisissent pour véhiculer l’info. Les chiens de garde de l’éditocratie n’en ratent jamais une pour ajouter de l’horreur à l’ignoble, ou l’inverse, qu’importe ! Confrontés à cette photo éditoriale, bon nombre de lecteurs et internautes n’auront vu que l’enfant juif. Les réactions primaires, celles qui nous sont arrachées face à l’horreur, auront soulevé bien des questions dès lors que l’actualité place en exergue tel événement et met en veilleuse tels autres, pour ne pas dire tant d’autres. Et les jeunes manouches virées du train par un contrôleur de train efficace ? ont demandé certains. Et les enfants syriens, afghans, palestiniens qui tombent sous les balles ? surenchérissent d’autres. Et leur humanité n’est pas moins à fleur de peau. Mais quelles questions restent-elles encore légitimes quand leur point de naissance n’est que la folie meurtrière des hommes ?  S’il y a lieu, urgence même, à cesser les amalgames et ouvrir une profonde réflexion sur le tumulte de notre époque, allons-nous pouvoir compter sur nos hommes politiques, eux sensés éclairer le chemin ? Lire la suite

L’hyper-maire d’Aigues-Mortes

Il n’y a pas qu’au Grau que la tenue des conseils municipaux est parfois houleuse. A croire que, Vidourle oblige, il arrive que la houle remonte jusqu’aux remparts d’Aigues-Mortes. Il est temps que certains élus revisitent leur conception de la démocratie.

La récente disparition de Jean-Pierre Spiéro ayant laissé vacante la délégation à la culture, le maire Cédric BONATO a décidé de l’exercer lui-même. Si nous avions la certitude qu’il en ait la compétence, après tout pourquoi pas ? Mais de la même manière que nous avons vu naître un omni-président à la tête de la république allons-nous assister à la naissance d’hyper-maires ?

Au CM d’Aigues-Mortes, outre que l’adjoint à l’environnement, à l’économie et à l’emploi n’assume plus ses fonctions et n’est pas remplacé non plus, voilà que le jeune maire se retrouve à vouloir administrer directement les grandes questions stratégiques d’urbanisme, de finances, de culture, d’environnement, d’économie et d’emploi ! A quoi s’ajoute qu’il assure aussi une vice-présidence à la CCTC (Communauté de communes Terre de Camargue),à laquelle aucun élu aigues-mortais d’opposition n’est invité à siéger, malgré le siège là encore laissé vacant par J-P Spiéro, et malgré le fait que, selon Didier Caire, élu d’opposition EELV,  » sur les 14 conseillers communautaires aigues-mortais certains soient toujours absents et que la plupart des autres n’y font pas grand chose« , ce que nous avons pu vérifier d’après les comptes-rendus.

Tous les détails sur http://camargue.europe-ecologie.net/2012/03/18/reorganisation-de-lequipe-municipale-cm-du-15-03-12/

L’affiche rouge

Par Mario. Coup-de-cœur musico-politico-historique.

Le 21 février 1944, cette affiche fut placardée à des milliers d’exemplaires sur les murs de Paris et jusque dans certains villages, cherchant « un effet de peur sur les passants ». Elle faisait partie d’une campagne du gouvernement de Vichy et de l’occupant nazi visant à assimiler des résistants à des terroristes étrangers d’origine juive, commandés par l’étranger. Les dix visages qu’elle montre ne sont qu’une partie des 23 FTP (francs-tireurs partisans) qui seront exécutés le jour même au mont Valérien. L’histoire les retiendra sous le nom de « réseau Manouchian ». Certains n’avaient pas encore 20 ans. Ils seront tous fusillés, à l’exception de la seule femme parmi eux, qui sera décapitée parce que la loi militaire allemande de l’époque interdisait de fusiller les femmes. Peut-être avait-on pensé que celles-là ne méritaient pas qu’on gaspillât une balle de fusil…

Si le réseau était bien dirigé par l’Arménien Missak Manouchian, il n’était pas moins constitué de 23 résistants communistes, pas seulement Arméniens et Juifs qui avaient échappé à la rafle du Rafle du Vel’d’Hiv de juillet 1942, mais aussi des Espagnols rescapés de Franco, ou encore des Italiens qui résistaient au fascisme. Ce réseau faisait partie des mouvements de Résistance communiste – Main-d’œuvre immigrée de la région parisienne.

Immigrés ! Le mot était déjà lâché par la propagande nazie, prêt à toutes les stigmatisations comme il le reste aujourd’hui dans les têtes et le verbe ignoble du clan Le Pen père-et-fille lorsqu’ils voudraient ne voir que du sang sur les mains des communistes. Oui, nos communistes ont du sang sur les mains, ne vous déplaise ! Il est celui qui a jailli lorsqu’ils sont tombés en criant « Vive la France ! », et en ajoutant « Bonheur à tous ! » pour bien ancrer dans les mémoires qu’ils mourraient sans haine en eux pour le peuple allemand.

C’est de ce sang versé que l’affiche reste encore rouge aujourd’hui. Et c’est avec le sang de ces résistants qu’Aragon écrivit en 1955 le poème Strophes pour se souvenir que Léo Ferré mettra en musique en 1959. Depuis, ce poème n’a cessé d’être repris, tel un devoir de mémoire. On pourrait citer Leny Escudero, Jacques Bertin, Catherine Sauvage, Marc Ogeret, Mama Béa ou Bernard Lavilliers, ils sont si nombreux encore à chanter cette mémoire.

Pour illustrer ce coup-de cœur musical j’ai choisi d’en laisser l’honneur à celui qui la chanta le premier, Léo Ferré. La vidéo ainsi que le texte d’Aragon se trouvent après la balise « lire la suite ». Mais puisque j’ai parlé de devoir de mémoire je propose en préalable ce témoignage d’un survivant de ces heures sombres, Henri Carayan, l’un des derniers témoins de l’affiche rouge. Il faut l’entendre expliquer pourquoi, malgré les 230 sabotages à l’actif de Missak Manouchian, « on aurait pu faire mieux » si l’état-major de De Gaulle, alors à Londres, leur avait envoyé assez d’armes et de fusils. (c’est à 2’35’’ environ dans la vidéo)

En images : la version chantée par Léo Ferré, suivie du texte d’Aragon Lire la suite

Conseil municipal houleux au Grau du Roi

C’est au cours d’un conseil municipal très mouvementé que nous avons appris hier soir, de la bouche du maire Étienne MOURRUT, que la société RESITEL qui gère l’Hôtel Résidence de Camargue est au bord du dépôt de bilan. Ainsi s’avèrent les craintes dont le groupe d’opposition « Cap sur le changement », mené par Robert CRAUSTE, a déjà fait part plusieurs fois, et ce depuis 2004, date d’acquisition du complexe touristique par la commune. Dès cette époque, en effet, le groupe d’opposition considérait « qu’il n’appartient pas à une commune de s’engager sur ce type d’opération ».

Plus récemment, c’était au tour de la Chambre régionale des Comptes de relever que la prise en charge du complexe touristique « Hôtel résidence de Camargue », tant sur les plans administratif, budgétaire et financier « pourrait s’avérer finalement une gageure » et qu’ « il n’est pas certain que l’exploitation d’un complexe touristique de cette envergure entre dans le cœur de mission d’une commune. » Dans son analyse, la Chambre note que ce budget enregistre une dette importante de 26 millions d’euros et que l’endettement progresse de 5,5% par an. Qui plus est, des opérations financières spéculatives complexes et à risque (Swap) ont été engagées. Sur ce dernier point nous aurons l’occasion d’y revenir très prochainement dans Sémaphores, ainsi que sur plusieurs autres « épinglages » de la Cour régionale des Comptes qui méritent d’être portés à l’attention de tous les concitoyens.

Mais un autre point houleux a agité ce même conseil municipal du 14 mars, sur un sujet abordé cette fois par la Cour des Comptes dans son dernier rapport sur les stations balnéaires. Cette dernière relevait qu’au Grau du Roi se délivrent des permis de construire en zone inondable et que la commune tardait à se mettre en conformité avec la législation en vigueur. Il se trouve qu’un des derniers cas litigieux concerne le fils d’un élu, précisément adjoint à l’urbanisme, soit un très mauvais exemple de la part de ceux qui devraient le donner. Le permis en question concernerait un bâtiment de 358 m² (dans le lotissement « Les nénuphars »), comprendrait 6 garages, 2 logements sur trois niveaux pour une hauteur de 11 m. Or il est clair que le risque d’inondation rend cette parcelle inconstructible. Le groupe d’opposition Cap sur le changement a demandé le jugement du tribunal administratif sur ce permis.

Affaire à suivre.

En attendant, sur ce même dernier sujet, un article non dépourvu d’humour est à lire sur cet autre site made in Graulandie : http://legrauduroidemain.com/index.php?option=com_content&view=article&id=89:il-sen-passe-de-droles-en-graulandie&catid=6:humour&Itemid=9

Sarkadhafi

Tout d’abord carton rouge à Midi Libre (13/03/2012) pour sa désinformation au sujet du passage du président sortant à l’émission « Parole de candidat » sur TF1. Il paraît que le locataire actuel de l’Élysée « n’a esquivé aucune question ». Eh ben dis donc ! Outre qu’il faudrait revenir sur chaque réponse de Sarkozy pour mettre en évidence autant de mensonges et d’enfumage, commençons par celle concernant le pouvoir d’achat des français. Selon le président « De tous les pays européens, le France est le seul où il a augmenté en moyenne de 1,4% pendant les 4 ans de crise ». Ce n’est pas parce cette intox est aussi publiée sur le site de l’UMP qu’elle ne méritait pas une vérification. Le petit graphique ci-dessous est en provenance de la commission européenne et montre à l’évidence que pas moins de dix pays européens ont fait mieux que la France dans ce domaine du pouvoir d’achat.

source Commission Européenne

Mais la plus grosse esquive du président Sarkozy a bien évidemment été celle de l’éventuel financement de sa campagne 2007 par le clan Kadhafi. « Grotesque » a-t-il dit, usant du même mot dont il avait cherché à se défendre de toute implication dans l’affaire Karachi, presque à nous faire larmoyer sur « la douleur des familles ». Et d’ajouter que, ni là ni dans l’affaire Bettencourt, il n’a « été mis en examen ». Il oublie juste que l’immunité dont il bénéficie en étant président de la république le protège comme elle avait protégé Jacques Chirac. Mais pour ceux qui douteraient encore de la participation de Nicolas Sarkozy dans ces affaires, nous rappelons que la partie publique de ces dossiers (Karachi/Takkiedine, Bettencourt, Tapie/Lagarde, et celle encore inconnue mais à venir comme Wildenstein…) est entièrement consultable et en accès gratuit sur le site http://www.frenchleaks.fr/

Concernant le financement de la campagne de 2007, Laurence Ferrari a quelque peu manqué de ténacité journalistique en se contentant pour toute réponse de ce que cette allégation ne serait pas fiable sous prétexte qu’elle a été proférée par le fils Kadhafi. En l’occurrence nous n’en sommes plus seulement là et la véritable info reste que ce n’est pas le fiston du tyran qui remet sur la table ce financement occulte mais le journal Mediapart.  S’il n’est pas étonnant que la presse aux ordres ne relaie pas davantage cette info, il est très surprenant que l’Élysée (du moins son locataire) n’aie pas immédiatement porté plainte pour diffamation ainsi qu’il en a l’habitude pour bien moins que ça.

En attendant voici quelques éléments fournis par Mediapart.

« Le 18 octobre 2011, les policiers ont versé au dossier d’instruction une note de synthèse sur laquelle figure une référence à un document baptisé « GEN/ NS V. MEMO DG », qui contient sans les expliciter les initiales du président de la République.

Cette note de synthèse a été rédigée et remise aux enquêteurs par un témoin du dossier, Jean-Charles Brisard, ancien membre de l’équipe de campagne d’Édouard Balladur, en 1995, aujourd’hui dirigeant d’une société de renseignements privée. Le document contient aussi les références du compte suisse de la sœur de Jean-François Copé, le patron de l’UMP, dont M. Brisard est un proche. Lire la suite

Oui, la lumière est allumée !

Le 18 mars, avec l’appel du Front de Gauche à une marche sur la Bastille, c’est un événement d’un genre nouveau qui va avoir lieu. Si c’est la première fois qu’une campagne électorale se donne un tel moyen d’expression c’est parce qu’elle ne ressemble à aucune autre, car jamais une campagne électorale n’a eu lieu dans un tel contexte. L’ampleur de la crise économique et financière en fait une crise politique.

L’objectif de la marche correspond à une volonté de tourner la page des institutions actuelles et de passer à une nouvelle République. En ce sens il s’agit d’une insurrection citoyenne, pacifique, organisée, dirigée vers un objectif respectueux du suffrage universel, une insurrection dont le rendez-vous est le vote à l’élection présidentielle. Mais une insurrection civique qui ne concerne pas seulement le cadre national. Elle vise le pouvoir autoritaire qui s’impose aux peuples d’Europe depuis les institutions de l’Union Européenne et contre lesquelles nous sommes rendus impuissants. La gravité particulière de la situation résulte de la signature du nouveau traité européen le premier mars dernier. Le gouvernement du pays consent un renoncement à la souveraineté budgétaire du pays sans même l’excuse de la transférer à une autre instance démocratique. Or la constitution de 1793 l’exprime bien en ces termes :

« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».

C’est sous le titre « Insurrection : acte I » que Jean-Emmanuel Ducoin a signé l’éditorial de L’Humanité du jeudi 8 mars dernier. Et de reprendre cette phrase de Jean-Luc Mélenchon : « Nous avons allumé la lumière » pour expliquer en quoi, loin d’être présomptueuse, elle témoigne plutôt d’un retour à « quelque chose » d’assez sacré : l’Idée. Mais aussi celui du début « d’autre chose » : une gauche à la main ferme.

« On ne s’indigne plus seulement, on propose, on politise. (…) Pour la première fois depuis des lustres, une grande partie du peuple de gauche, jadis déçu, parfois désespéré parce que trahi par la mise en œuvre systématique d’une véritable pédagogie du renoncement, se sent de nouveau concernée. Ce n’était pas « la » politique qui les avait quittés, mais la confiance dans sa capacité à changer leurs vies. (…) Il y a du bonheur à réinventer l’à-venir. « Le Front de Gauche, c’est quelque chose de plus grand que nous », clame Mélenchon. Ce quelque chose porte un nom : la révolution citoyenne. Et une méthode : l’insurrection civique. Nous en vivons l’acte I. Tôt ou tard, par la Raison et le Combat, cette insurrection bousculera puis renversera l’hégémonie de la gauche gestionnaire. Oui, la lumière est allumée ! »

Lire l’édito en entier c’est sur : http://www.humanite.fr/politique/insurrection-acte-i-491761

Des barbares de la civilisation aux civilisés de la barbarie

C’est juste un coup de coeur, littéraire ou politique, comme l’on voudra. C’est juste une page extraite des Misérables de Victor Hugo, une page arrachée au temps, un souffle étrangement d’actualité, sans doute en premier lieu parce que criant d’humanité.

« En 93, selon que l’idée qui flottait était bonne ou mauvaise, selon que c’était le jour du fanatisme ou de l’enthousiasme, il partait du faubourg Saint-Antoine tantôt des légions sauvages, tantôt des bandes héroïques.

Sauvages. Expliquons nous sur ce mot. Ces hommes hérissés qui, dans les jours génésiaques du chaos révolutionnaire, déguenillés, hurlants, farouches, le casse-tête levé, la pique haute, se ruaient sur le vieux Paris bouleversé, que voulaient-ils ? Ils voulaient la fin des oppressions, la fin des tyrannies, la fin du glaive, le travail pour l’homme, l’instruction pour l’enfant, la douceur sociale pour la femme, la liberté, l’égalité, la fraternité, le pain pour tous, l’idée pour tous, l’édénisation du monde, le Progrès ; et cette chose sainte, bonne et douce, le progrès, poussés à bout, hors d’eux-mêmes, ils la réclamaient terribles, demi-nus, la massue au poing, le rugissement à la bouche. C’étaient les sauvages, oui ; mais les sauvages de la civilisation. Ils proclamaient avec furie le droit ; ils voulaient, fût-ce par le tremblement et l’épouvante, forcer le genre humain au paradis. Ils semblaient des barbares et ils étaient des sauveurs. Ils réclamaient la lumière avec le masque de la nuit.

En regard de ces hommes, farouches, nous en convenons, et effrayants, mais farouches et effrayants pour le bien, il y a d’autres hommes, souriants, brodés, dorés, enrubannés, constellés, en bas de soie, en plumes blanches, en gants jaunes, en souliers vernis, qui, accoudés à une table de velours au coin d’une cheminée de marbre, insistent doucement pour le maintien et la conservation du passé, du moyen-âge, du droit divin, du fanatisme, de l’ignorance, de l’esclavage, de la peine de mort, de la guerre, glorifiant à demi-voix et avec politesse le sabre, le bûcher et l’échafaud.

Quant à nous, si nous étions forcés à l’option entre les barbares de la civilisation et les civilisés de la barbarie, nous choisirions les barbares. »

Victor Hugo, Les Misérables

Quelques exilés fiscaux français en Suisse

Comme chaque année, le magazine économique suisse Bilan publie son classement des 300 plus grosses fortunes de Suisse. Parmi elles, pas moins de 44 Français « exilés fiscaux ».
Certains noms vous seront familiers (Famille Peugeot, Benjamin de Rotschild, famille Taittinger, Daniel Hechter, Eric Guerlain…), d’autres le seront moins mais presque tous ont fondé ou dirigent de grands groupes de l’hexagone (Chanel, Hermès, Capgemini, Saint Yorre, Seb, Moulinex…).
Voici la liste par ordre décroissant de fortune :

Famille Wertheimer (Chanel…)
Fortune estimée entre 3.2 milliards et 4 milliards d’euros.

Famille Castel (Thonon, Saint-Yorre,Vichy Célestin, « 33 export…)
Fortune estimée entre 3.2 milliards et 4 milliards d’euros.

Famille Primat (Schlumberger Limited)
Fortune estimée entre 1.6 milliard et 2.5 milliards d’euros.

Benjamin de Rothschild (Groupe financier Edmond de Rotschild)
Fortune estimée entre 1.6 milliard et 2.5 milliards d’euros.

Famille Peugeot (Groupe PSA)
Fortune estimée entre 1.2 milliard et 1.6 milliard d’euros.

Famille Lescure (Seb, Tefal, Rowenta, Krups, Moulinex, Calor…)
Fortune estimée entre 1.2 milliard et 1.6 milliard d’euros.

Famille Bich (Groupe Bic)
Fortune estimée entre 1.2 milliard et 1.6 milliard d’euros.

Famille Mimran (Compagnie sucrière sénégalaise…)
Fortune estimée entre 1.2 milliard et 1.6 milliard d’euros.

Héritiers Louis-Dreyfus (Groupe Louis-Dreyfus, Olympique de Marseille)
Fortune estimée 815 millions et 1.2 milliard d’euros.

Claude Berda (Fondateur du groupe AB Prod)
Fortune estimée 815 millions et 1.2 milliard d’euros.

Paul-Georges Despature (Damart…)
Fortune estimée 815 millions et 1.2 milliard d’euros.

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Anti-colloque FLN : convergence inquiétante entre le FN et l’UMP pour un combat plus que douteux.

Gilbert COLLARD (le candidat FN aux prochaines législatives dans notre circonscription) a lancé l’offensive, Jean-Paul FOURNIER (UMP) et Yvan LACHAUD (Nouveau Centre) ont suivi et reprennent en cœur une demande d’interdiction, oui, d’in-ter-dic-tion, d’un colloque historique sur les activités du FLN en France pendant la guerre d’Algérie qui doit se tenir les 10 et 11 mars.

Il s’agit en l’occurrence, pour l’association d’amitié franco-algérienne présidée par Bernard Deschamps, de faire entendre différents points de vue et des analyses de spécialistes et chercheurs sur cette action mal connue sur le territoire français.

Tollé du lobby des ultras pieds-noirs. Ne serait-il temps pourtant pour la France de regarder son passé en face et de continuer à écrire les pages de son histoire même quand elle fut honteuse?

Cinquante ans plus tard toutes les blessures ne sont pas pansées c’est vrai et il importe d’aborder cette période avec prudence et pudeur. Mais il faudrait surtout ne pas céder devant ces boutefeux indignes et revanchards qui grattent consciencieusement ces plaies depuis tant d’années et que de mauvais politiciens encouragent pour quelques voix de plus quitte à bafouer l’esprit de recherche et de réconciliation, ainsi que tout simplement les libertés d’expression et d’opinion.

La droite départementale ira-t-elle jusqu’à se montrer à l’anti-colloque du FN? Mais non, on veut bien remuer la merde mais du bout d’un bâton.

Des femmes qui en ont…

Le 8 mars est la journée de la femme. De nombreux médias, partis et associations y vont de leurs initiatives pour lutter contre ces inégalités encore criantes entre le traitement des hommes et celui des femmes. Dans son journal « Vivre Debout » (n°54, mars 2012) Handicap International consacre un article aux femmes du Mozambique qui ont choisi la courageuse profession de démineuse. Par ailleurs, les donateurs et les parrains de l’association ont pu recevoir par mail la courte vidéo ci-après :

Depuis fin 2010, ce sont douze femmes, âgées de 20 à 29 ans, qui ont rejoint les quarante-huit hommes démineurs des provinces de Sofala et d’Inhambane. Le travail de déminage a commencé en 1998 et le pays s’est engagé à le terminer en 2014. La quantité de mines était telle que pour atteindre cet objectif Handicap International a lancé en urgence en septembre 2010 une campagne de recrutement à la radio en précisant que « les femmes étaient les bienvenues ».

« Elles n’avaient jamais osé se présenter auparavant cer elles n’imaginaient pas que des femmes seraient acceptées », précise Aderito Ismaël, responsable du programme déminage. Et ce fut la surprise : dix-sept postulantes se sont présentées et douze d’entre elles ont décidé de rester pour une formation de deux mois de tests et d’entraînement. La majorité de ces femmes sont célibataires et sans enfant, elles sortaient des études et recherchaient un emploi.

« Le jour où j’ai trouvé ma première mine, raconte Lurdes, 26 ans, je n’en menais pas large mais je me suis repassée en revue toutes les instructions.(…) Nous travaillons parfois proches d’une école ou d’un marché. C’est essentiel pour les gens de retrouver leurs terres sans les mines, sans danger. »

Pour info, si trois pays annoncent qu’ils vont rejoindre le traité d’Ottawa qui interdit l’utilisation des mines (le Sud-Soudan, le Tuvalu et la Finlande), trois autres n’ont toujours pas respecté les délais de destruction de leurs stocks : le Bélarus, la Grèce et l’Ukraine. Par ailleurs, au moins trois états non signataires ont utilisé des mines en 2011 : Israël, Libye et Myanmar (Birmanie).

Vous pouvez aussi consulter le site www.handicap-international.fr

 

Tout, tout, tout sur Sarkozy

Vous n’y croyez pas ? Vous auriez tort. Depuis son entrée en politique vers ses 19 ans jusqu’à hier voire aujourd’hui, ce sont des dizaines et des dizaines de rappels en photos et vidéos pour illustrer tous les moments clés de la carrière du président sortant. C’est en tout cas l’objectif que se sont fixé les auteurs de ce nouveau site, que nous ne saurions que trop conseiller à toutes celles et ceux qui souhaitent se rafraîchir la mémoire.

Ça se passe sur : http://lavraietimeline.fr/#1955

Sayonara au nucléaire

Au Japon, cinquante-deux réacteurs nucléaires sur les cinquante-quatre sont aujourd’hui à l’arrêt. Fin avril, les deux derniers en circuit seront arrêtés à leur tour. Ensuite, s’il est prévu de redémarrer progressivement les réacteurs après une démarche de réévaluation du risque, le gouvernement s’est tout de même engagé à respecter la volonté des populations locales si elles refusent le redémarrage d’un réacteur dans leur région.

Ces derniers jours, deux grands quotidiens de Tokyo, Asahi Shimbun et Mainichi, ont publié des éditoriaux qui remettent très fortement en cause la politique énergétique traditionnelle du pays. L’article d’Asahi Shimbun «Une société sans nucléaire peut exister beaucoup plus tôt» souligne que depuis de longs mois le pays fonctionne en se passant de la plus grande partie de sa puissance nucléaire. Le journal observe que «les efforts pour réduire la consommation de courant n’ont pas fait décrocher l’économie ni causé de grave perturbation dans la vie des gens». Au contraire, «il semble de plus en plus réaliste de poursuivre une stratégie conçue pour refonder la croissance grâce à une réforme du système économique et social basée sur une réduction de la consommation d’énergie.»

En juillet dernier le Japon estimait pouvoir sortir du nucléaire en 20 à 30 ans. Aujourd’hui, le même quotidien juge que «compte tenu du fait que le pic de la consommation d’août a été franchi avec seulement 12 à 16 réacteurs en service, cette perspective peut être atteinte beaucoup plus vite.»

L’éditorial du Mainichi préfère mettre l’accent sur le risque nucléaire et son coût exorbitant faisant observer que la réévaluation du risque des centrales japonaises n’est pas aisée dans la mesure où, un an après la catastrophe, «on ne connaît toujours pas les causes exactes des fusions de réacteurs survenues à la centrale de Fukushima ». Le titre de cet article paru le 7 mars est à lui seul un programme assez clair : «Time to say goodbye to nuclear power». Ainsi que conclut Michel de Pracontal pour Mediapart : pour une grande partie des Japonais il est temps de dire sayonara au nucléaire.

Et d’ajouter en commentaire : L’expérience japonaise démontre que l’affirmation selon laquelle on ne peut pas s’en sortir sans le nucléaire est en grande partie de la propagande.

Avec un bémol cependant : la France est beaucoup plus dépendante du nucléaire, pour son électricité, que ne l’était le Japon avant l’accident : 30% d’électricité nucléaire au Japon, 75% en France. Mais cela n’empêche pas que sortir du nucléaire en France n’aurait rien d’impossible. C’est une question de choix politique et sociétal.

Source : Michel de Pracontal, Mediapart, 8 mars 2012