gestion Mourrut, épisode n°2 : Et les shadocks pompaient

C’est bien connu, les très ingénieux shadocks n’ayant de cesse que de développer leurs activités, leurs machines de plus en plus gourmandes nécessitaient un approvisionnement toujours plus conséquent en carburant. Qu’à cela ne tienne, ceux du Grau du Roi passèrent contrat avec une station BP prête à leur concéder un rabais commercial. C’est ainsi qu’un contrat d’abonnement fut signé le 04 mars 1992 avec ladite enseigne, contrat qui n’allait jamais être réactualisé puisque conclu d’emblée en CDI.

Pour la petite histoire, la station « BP » du Grau-du-Roi allait changer plusieurs fois de propriétaires. D’abord sous l’enseigne « BP Mon Plaisir» de 1983 à 1994, elle passa entre les mains de la SARL «Van Weydeveldt », qui la céda le 15 septembre 2004 à la SARL « FAB’S », qui fut mise en liquidation malgré un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros au 31 mars 2007. En définitive ce sera la SARL « JMM » qui en rachètera le fonds en 2008 pour la somme de 280 000 euros.

Selon les clauses du contrat, la collectivité shadock se vit remettre des cartes qu’il suffisait de présenter à la pompe pour faire le plein des véhicules de service auprès des stations « BP » France. C’est pourquoi l’article 3.1 précise que « le client est responsable de la garde et de l’usage des cartes qui lui sont délivrées… », et jusque là tout va bien. Enfin… tout irait mieux si l’article 4.2 ne mentionnait pas que « les achats effectués par le client à l’étranger lui sont facturés (…) aux prix pratiqués dans la station service aux lieu et jour de l’achat (…). ». Serait-ce la différence de prix pouvant être pratiquée d’une station à l’autre qui explique la subite augmentation de dépense en carburant entre 2007 et 2008 (de 30 709€ à 46 877€ soit une augmentation de 16 000€) ?

Non, répond monsieur le maire sur la base des quelques arguments suivants.

« – en 2007 les services de la ville ont repris en régie directe toute la gestion de l’entretien des espaces verts de Port Camargue, ainsi que le ramassage des corbeilles de plage. Cette nouvelle mission a eu un impact à la hausse des dépenses de carburant d’autant que cette prestation est assurée 7j/7 avec 3 agents sur une surface difficile (le sable) nécessitant un véhicule puissant.

– la navette urbaine a connu elle aussi une augmentation de ses consommations, le service offert à la population ayant été accentué.

– Enfin, entre mai 2007 et mai 2008, le prix du baril de pétrole a augmenté de 55%, passant de 50 euros à 78 euros. »

Ces réponses nous apparaissant relativement fondées, et compte tenu que le parc de la ville compte 68 véhicules, nous voulons bien mettre à la décharge du maire cette augmentation subite des dépenses de carburants relevée par la Cour régionale des comptes. Il n’empêche qu’en regard d’une situation économique globale, un contrat entre une commune et un prestataire ne devrait pas être conclu pour une durée illimitée, ne serait-ce qu’en regard de la libre concurrence.

Par ailleurs, si nous n’entrerons pas dans le détail des cartes qui permettent aux shadocks de s’approvisionner, nous notons, à l’instar de la CRC, qu’il a fallu attendre le 22 février 2010 pour que le conseil municipal adopte un règlement intérieur sur l’utilisation du parc des véhicules municipaux. « On peut cependant regretter le caractère tardif d’une telle décision de bon sens » dit la Cour, nous ne pouvons que partager cet avis tant il est fréquent que les shadocks aient tendance à attendre le dernier moment pour se mettre en conformité, là n’est pas le seul domaine où nous pourrions le noter.

Pour finir, nous avouons n’avoir pas très bien saisi la dernière réponse de monsieur Mourrut à la CRC sur le sujet des carburants, à moins qu’il ne s’agisse de ce qu’on appelle « tendre le bâton pour se faire battre ». Voici ce qu’il dit :

« S’agissant enfin des points détaillés au titre de la source d’approvisionnement, on peut s’interroger sur l’utilité de présenter l’historique de la société et le coût d’acquisition du fonds de commerce, ces éléments ne relevant de toute évidence pas directement d’une responsabilité communale. »

Pardon, monsieur Mourrut, prendriez-vous les fonctionnaires de la Chambre des comptes pour des benêts ?  Outre qu’il nous plait à nous aussi de présenter l’historique d’une société sur la commune (ça fait partie de l’histoire), nous sommes particulièrement sensibles au fait que la SARL en activité et en contrat avec la commune ait pour sigle JMM.

Ce dernier M ne vous dit rien ? Vraiment, Monsieur Mourrut ? Ni le J ni le premier M ? Nous avions d’abord pensé à Jean-Marie Messier avant de nous dire que ça n’avait pas beaucoup d’essence, mais réflexion faite… ces initiales ne sont-elles pas également celles d’un de vos fils ?

Sans rien présumer, il nous semble légitime que tout citoyen responsable se pose des questions. Une prise illégale d’intérêt est si vite arrivée…

le député-maire va-t-il encore faire le plein... de voix ?

Prochain épisode (n°3) : il faut savoir tourner les plages

Une réflexion au sujet de « gestion Mourrut, épisode n°2 : Et les shadocks pompaient »

  1. Je suis un peu intrigué par ce contrat « à durée illimitée » : à ma connaissance ça n’existe pas juridiquement dans ce domaine. Soit c’est un contrat tacitement reconductible (je ne sais pas si ça existe?) soit il est en-deçà d’un seuil qui lui permet d’être directement négocié par l’élu, à charge pour lui d’en informer le conseil dès la séance suivante. Quelle est la nature du contrat lui-même, la chambre le dit-elle?
    A-t-on vérifié cette histoire de nettoyage des plages, c’est vraiment cette année-là?

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