Saison des épinglages pour Étienne Mourrut

Il n’y a pas que la Cour des comptes qui prend note des retards de l’équipe Mourrut quant à la mise en conformité de la commune ou de la communauté de communes selon les lois en vigueur. Dans une longue lettre adressée au député-maire, l’élu Didier Caire (conseiller municipal à Aigues Mortes) pointe avec pertinence et forte argumentation quelques traits de laxisme de la part de la CCTC (communauté de communes Terre de Camargue) en matière de gestion de l’eau, qu’il s’agisse de l’eau potable, des eaux pluviales ou des eaux usées.

Concernant la première, il est regrettable de constater la lenteur de mise en place des normes pourtant en vigueur en matière de santé. « Des pesticides, écrit l’élu, – notamment l’atrazine – sont présents dans la nappe de la Vistrenque : la prise en compte de cette pollution a été très tardive par la CCTC malgré l’alerte constante des analyses. Ce n’est qu’après des dépassements répétés des normes admises que des décisions sont intervenues. Il a fallu solliciter une période dérogatoire de trois ans pour mettre en place en 2008 les premiers dispositifs de filtration à charbons actifs que nous venons de renouveler en 2011 pour un montant de 300 000 € sans solution pérenne. Le coût de ces traitements impacte le prix de l’eau. »

Est abordée également la question de la suppression des branchements en plomb : « Depuis des années cette action figure dans les rapports annuels SDEI / Lyonnaise des eaux comme projet, sans cesse remis, pour l’année suivante. Pourquoi ce retard à agir de la CCTC, pourquoi toujours attendre la contrainte ultime des échéances légales ? »

Concernant la gestion des eaux usées, Didier Caire rappelle que « le lagunage de St Laurent d’Aigouze était dimensionné pour 1500 équivalent/habitant, c’est-à-dire qu’il est saturé depuis plus de 15 ans. L’ignorance là-dessus était telle que l’ancien maire lui-même de la commune pensait que ses eaux usées étaient acheminées au Grau-du-Roi ! Encore une fois la CCTC agit le dos au mur avec un retard inquiétant. » Et d’ajouter : « Les problèmes de refoulement d’eaux usées dans l’étang de la Marette dont vous me dites qu’ils sont « faciles à résoudre » « dans les meilleurs délais » sont récurrents depuis le premier jour du raccordement des eaux d’Aigues-Mortes à la STEP il y a 11 ans. »

Le Vistre, comme le Vidourle, sont des cours d’eau parmi les plus pollué du sud de la France, à tel point que monsieur Mourrut a lui-même, ainsi que les maires de toutes les communes depuis Sommières, signé en 2011 un arrêté d’interdiction de toute pêche ou baignade sur ce cours d’eau suite à une pollution encore inexpliquée qui a causé la mort de plusieurs tonnes de poissons. Il en découle, mentionne l’élu Aigues-Mortais, que « la qualité des étangs littoraux, ressource halieutique, écologique et touristique, se dégrade également : les phénomènes de dysfonctionnement et d’eutrophisation se généralisent (Marette, Médard, Ponant, Rhône de St Roman). »

Enfin, concernant les eaux usées et la capacité épuratoire de la STEP du Grau-du-Roi, Didier Caire propose à juste titre de « passer au crible de l’esprit de précaution et d’anticipation » les rapports des techniciens qui soutiennent qu’une station prévue pour 100 000 équivalent/habitant peut en réalité traiter les effluents de 150 000 habitants. « Les élus ont-ils en main les éléments leur permettant de décider en connaissance de cause ? »

C’est effectivement une question qu’on peut se poser lorsque, venant sur la gestion de la Lyonnaise des Eaux (Véolia), l’élu se dit très inquiet lorsqu’au cours des débats « censés accompagner le vote sur le Rapport annuel sur le prix et la qualité du service il apparaît évident que la très grande majorité des élus n’ont pas lu le rapport. »

Outre le pointage de ces dysfonctionnements, cette lettre à monsieur Mourrut contient des propositions et des pistes de réflexion que la CCTC ferait bien de porter rapidement au débat. Nous ne pouvons que vous inciter vivement à la lire dans son intégralité : http://camargue.europe-ecologie.net/2012/02/24/reponse-a-e-mourrut-sur-la-communaute-de-communes/

 

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