Sayonara au nucléaire

Au Japon, cinquante-deux réacteurs nucléaires sur les cinquante-quatre sont aujourd’hui à l’arrêt. Fin avril, les deux derniers en circuit seront arrêtés à leur tour. Ensuite, s’il est prévu de redémarrer progressivement les réacteurs après une démarche de réévaluation du risque, le gouvernement s’est tout de même engagé à respecter la volonté des populations locales si elles refusent le redémarrage d’un réacteur dans leur région.

Ces derniers jours, deux grands quotidiens de Tokyo, Asahi Shimbun et Mainichi, ont publié des éditoriaux qui remettent très fortement en cause la politique énergétique traditionnelle du pays. L’article d’Asahi Shimbun «Une société sans nucléaire peut exister beaucoup plus tôt» souligne que depuis de longs mois le pays fonctionne en se passant de la plus grande partie de sa puissance nucléaire. Le journal observe que «les efforts pour réduire la consommation de courant n’ont pas fait décrocher l’économie ni causé de grave perturbation dans la vie des gens». Au contraire, «il semble de plus en plus réaliste de poursuivre une stratégie conçue pour refonder la croissance grâce à une réforme du système économique et social basée sur une réduction de la consommation d’énergie.»

En juillet dernier le Japon estimait pouvoir sortir du nucléaire en 20 à 30 ans. Aujourd’hui, le même quotidien juge que «compte tenu du fait que le pic de la consommation d’août a été franchi avec seulement 12 à 16 réacteurs en service, cette perspective peut être atteinte beaucoup plus vite.»

L’éditorial du Mainichi préfère mettre l’accent sur le risque nucléaire et son coût exorbitant faisant observer que la réévaluation du risque des centrales japonaises n’est pas aisée dans la mesure où, un an après la catastrophe, «on ne connaît toujours pas les causes exactes des fusions de réacteurs survenues à la centrale de Fukushima ». Le titre de cet article paru le 7 mars est à lui seul un programme assez clair : «Time to say goodbye to nuclear power». Ainsi que conclut Michel de Pracontal pour Mediapart : pour une grande partie des Japonais il est temps de dire sayonara au nucléaire.

Et d’ajouter en commentaire : L’expérience japonaise démontre que l’affirmation selon laquelle on ne peut pas s’en sortir sans le nucléaire est en grande partie de la propagande.

Avec un bémol cependant : la France est beaucoup plus dépendante du nucléaire, pour son électricité, que ne l’était le Japon avant l’accident : 30% d’électricité nucléaire au Japon, 75% en France. Mais cela n’empêche pas que sortir du nucléaire en France n’aurait rien d’impossible. C’est une question de choix politique et sociétal.

Source : Michel de Pracontal, Mediapart, 8 mars 2012

 

Une réflexion au sujet de « Sayonara au nucléaire »

  1. Je suis d accord,mais a part Eva Joly qui propose une sortie du nucleaire aujourd hui

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