Les oiseaux plastiqués

On connaissait déjà les oiseaux mazoutés, reste à prendre connaissance des oiseaux plastiqués. Dues à Chris Jordan, ce sont des images à la fois très belles et très alarmantes que nous proposons ci-après. C’est aussi une invitation, pour ceux qui ont des enfants, à les regarder en famille et ne pas se retenir de les commenter, les laisser nous entraîner vers un peu plus de comportement éco-citoyen.

MIDWAY : trailer : a film by Chris Jordan from Midway on Vimeo.

La deuxième vidéo est un bon complément pour réfléchir à notre civilisation du plastique. Que les non anglophiles ne s’inquiètent pas de l’absence de sous-titres, les images et la situation parlent d’elles-mêmes.

MIDWAY – Plastic Beach from Midway on Vimeo.

Pour en savoir plus sur Chris Jordan : www.ChrisJordan.com

De Philippe Torreton à Jean Ferrat, ma France

Double coup-de-cœur

Elle court, elle court… cette lettre de Philippe Torreton à Jean Ferrat. Elle court de boite-mail en boite-mail et tombe d’autant plus à pic pour nous, à Sémaphores, que nous avions en attente une vidéo du chanteur pour les raisons que nous exprimons plus bas.

C’est solidaires de cœur que nous aimerions co-signer cette lettre, pour pouvoir dire aussi : «… mon pays se perd et comme toi j’aime cette France, je l’aime ruisselante de rage et de fatigue, j’aime sa voix rauque de trop de luttes, je l’aime intransigeante, exigeante, je l’aime quand elle prend la rue ou les armes, quand elle se rend compte de son exploitation, quand elle sent la vérité comme on sent la sueur, quand elle passe les Pyrénées pour soutenir son frère ibérique, quand elle donne d’elle-même pour le plus pauvre qu’elle, quand elle s’appelle en 54 par temps d’hiver, ou en 40 à l’approche de l’été. Je l’aime quand elle devient universelle, quand elle bouge avant tout le monde sans savoir si les autres suivront, quand elle ne se compare qu’à elle-même et puise sa morale et ses valeurs dans le sacrifice de ses morts…

 Jean, je voudrais tellement t’annoncer de bonnes nouvelles au mois de mai… »

Ce n’est pas sans raison que nous avions choisi d’ajouter « Ma France » de Jean Ferrat à nos coups-de-cœur musicaux. Y présidait l’envie de ne pas laisser aux oubliettes de la chanson française cette voix qui, comme on dit, n’appartenait qu’à lui. Et puis rappeler qu’une chanson, c’est d’abord des paroles, de la poésie et du sens, en plus d’une musique et d’une mélodie. L’autre idée sous-jacente en choisissant ce clip était de se questionner sur cette frénésie des temps qu’on dit modernes, cette époque, la nôtre, qui semble avoir perdu la notion du « temps long », et avec elle un certain apaisement.

En guise de technologie et d’effets spéciaux, on redécouvrira là un plan unique en travelling, avec pour tout décor un champ labouré et une bande de forêt. Jean Ferrat y chante en playback, coiffé avec un ventilateur, et sans habit de scène, s’il en portât jamais. Ici pas d’effets d’éclairage et pas même besoin de montage. Comme le notait un internaute, « le regard et la moustache nous retiennent, on ne décroche pas, en bref c’est le triomphe absolu du fond sur la forme ».

 

Lire en intégralité la lettre de Philippe Torreton : Lire la suite

Aux urnes, citoyens !

Nous ne doutons pas que parmi les lectrices et lecteurs de Sémaphores, un certain nombre a soutenu le Front de Gauche et la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Dès lors que les résultats ont pu susciter quelques déceptions légitimes, il nous semble nécessaire d’apporter quelques précisions en regard de ce que la presse et les médias officiels ne diffusent pas toujours de manière claire. Il semblerait qu’un certain nombre d’électeurs aient en tête de manifester leur déception par une abstention ou un vote blanc. Nous disons : Attention Danger !

Ne pas être représenté au deuxième tour de l’élection ne doit pas altérer les convictions profondes de chacun. L’objectif premier était de chasser du pouvoir Nicolas Sarkozy et il doit le rester. Pas une voix ne doit manquer pour atteindre cet objectif.

A l’attention particulière de celles et ceux qui se sont retrouvés dans les propositions du Front de Gauche, voici ce que Jean-Luc Mélenchon écrit sur son blog (extraits).

« Je souhaite qu’on fasse connaître ma position dans les termes exacts que je lui donne. Je suis déterminé à militer pour convaincre le plus de monde possible de voter pour rejeter Nicolas Sarkozy en utilisant le bulletin de vote François Hollande. Ceci posé sans ambiguïté je désapprouve toute utilisation de mon nom pour m’associer à je ne sais quel rassemblement autour du candidat et du programme des socialistes. Ceux qui croient bien faire en agissant de la sorte font en réalité une terrible erreur. Il faut convaincre et non contraindre. Pour moi, il ne s’agit pas de convaincre du programme de François Hollande, ce n’est pas le nôtre. Je veux convaincre de voter pour battre Sarkozy. Cela suffit. Au deuxième tour on élimine.

Toutes celles qui ont en commun de proposer des débats de substitution à la question du partage des richesses, ou bien qui réservent à Le Pen l’exclusivité de l’expression de la colère populaire sont destinées à aveugler plutôt qu’à éclairer.

Une question qui risque de se perdre en route, si on accepte les bavardages sans fin à propos du Front National, c’est évidemment celle de la méthode pour parvenir à battre Nicolas Sarkozy. Car contrairement à ce qui pourrait se croire trop facilement, voilà qui n’est pas joué d’avance.

Pour être plus clair, je sais qu’un nombre non négligeable de nos électeurs ne sont pas prêts à voter pour François Hollande.

On nous dit que ce serait le cas de 15 à 20 % de nos votants de ce premier tour. Ce pourrait être décisif. Les gesticulations de « Libération » et des autres organes socialistes hostiles au Front de Gauche sont donc totalement contre-performantes. Je connais les raisons qu’ont tant des nôtres de refuser de donner leur voix. Ils n’ont pas l’habitude de la donner sans donner aussi leur confiance. Il n’y a rien à dire contre leur honnête sincérité. Mais je voudrais les convaincre que leur résistance prend toute sa dimension s’ils ne vivent pas le vote Hollande comme une allégeance mais comme le moyen d’une action autonome et conquérante de plus longue haleine. La nôtre. La marche vers la révolution citoyenne.

Le renversement de Sarkozy est le préalable de tout changement. »

Jean-Luc Mélenchon

Lire le texte intégral sur le blog, ainsi que l’analyse des résultats dans certaines villes : http://www.jean-luc-melenchon.fr


Jean-Luc Mélenchon – BFM TV – 24.04.12 par lepartidegauche

 

Par ailleurs c’est l’occasion de faire connaître le journal Cerise, à travers ce numéro spécial consacré au compte-rendu des élections en ce qui concerne le Front de Gauche et aux actions à venir. Vous pouvez l’ouvrir ou le télécharger en cliquant sur le lien : CerisesNumeroSpecialok

C’est pas le boulot qui manque !

Les 2 500 000 français à l’étranger n’ont pas été exemptés des sollicitations par mail de la part des candidats à la présidentielle. Nous avions déjà reproduit le premier mail de Sarkozy sans nous douter qu’il serait suivi de trois autres (soit un mail par semaine). De son côté, l’équipe Hollande a tenu le même rythme cependant que Marine Le Pen, François Bayrou, Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon se contentaient d’un seul mail. D’autres courriers ont pu nous échapper, nous nous sommes fiés aux réceptions d’amis résidant et travaillant au Canada et à Madagascar.

Mais d’autres mails continuent de pleuvoir dans les boites des expats, en rapport avec les législatives qui vont suivre. Ainsi (pour l’instant) ceux d’Alain Marsaud (UMP), de Claudine Lepage (PS), de Lucien Bruneau (Les Verts), tous en lice pour cette 10ème circonscription à l’étranger. Une candidature a cependant retenu notre attention au point de susciter ce billet, celle de Jean-Pierre Pont.

L’homme se présente comme « indépendant » et « expert en mobilité internationale » ! Ben oui, quoi, il n’y a pas de sot métier. Et certains doivent être passionnants puisque JP. Pont déclare exercer le sien depuis 60 ans (la retraite, connaît pas). C’est ainsi qu’il suggère son aide à tous ceux qui rechercheraient la sécurité de l’emploi dans un groupe. Savez-vous, nous informe-t-il, que 60 000 emplois sont disponibles en 2012 dans les entreprises suivantes :

 

GDF Suez : 7 800

Bouygues : 6 700 

EDF : 6 000 

Vinci : 6 000 

Veolia : 5 350 

Carrefour : 5 000 

Capgemini : 3 500 

Crédit Agricole : 3 500 

Saint-Gobain : 3 000 

Safran : 2 500 ; Société Générale : 2 500

France Télécom : 2 200 

Accor : 2 000 ; EADS : 2 000 

LVMH : 2 000 

BNP Paribas : 1 750 

Axa : 1 500 

Total : 1 500 

Michelin : 700 

Alstom : 500…

Et cætera. Et dire que nos candidats s’escriment à dénoncer les licenciements et imaginer des plans de restructuration ! Dans la nature, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Les emplois n’ont donc pas disparu, faut juste aller chercher le boulot ailleurs. Chômeurs délocalisables, à vos marques… prêts…

Alarme, citoyens !

Très bel édito d’Edwy Plenel en ligne depuis mardi 24 et dommage pour ceux qui ne sont pas encore abonnés à Mediapart, l’un des très rares organes d’une presse encore libre et indépendante. Ne pouvant reproduire l’intégralité de l’article, en voici néanmoins les lignes de force.

Commençons par bien noter ce titre de l’auteur « Alarme, citoyens ! », car le défi qui attend la Gauche est immense : relever la France d’une déchéance politique annoncée, en refondant une République authentiquement démocratique et sociale. Pour le patron de Mediapart, il est clair que « ce premier tour de l’élection présidentielle résonne donc comme un avertissement pour François Hollande : une victoire à la Pyrrhus le guette s’il ne prend pas suffisamment la mesure du sursaut politique qu’appelle la crise française. »

Force est de remonter à quelques trente ans en arrière, d’abord en septembre 1983 lors de la première percée municipale du Front national à Dreux, puis du premier succès aux élections européennes de 1984 où la liste de Jean-Marie Le Pen avait obtenu plus de 2 millions de voix (10,95 % des suffrages). Déjà à l’époque, des élections locales témoignaient de la renaissance de l’extrême droite française et la classe politique se rassurait à bon compte, sans doute confortée par le très petit nombre de journalistes et d’intellectuels qui osaient pointer cette logique du bouc émissaire qui, tout en prenant ses marques, marquait déjà des points.  Aujourd’hui, relève Edwy Plenel, elle a droit de cité officiel sous un pouvoir de droite – « identité nationale », « civilisation supérieure », « musulman d’apparence », « étrangers trop nombreux », etc.

Et de souligner cette exception française, ce « bonapartisme césariste qui inspire notre présidentialisme (et qui) est d’une dangerosité foncière que la gauche oublie trop souvent à force de s’être résignée à le subir dans l’espoir d’en être parfois bénéficiaire. »

« Dangereuses avant moi, elles le seront toujours après » disait François Mitterrand à propos de nos institutions comme une mise en garde à l’adresse de ses successeurs de gauche.

Par ailleurs, note encore Edwy, alors que « les engagements du Conseil national de la Résistance sont piétinés et que la Constitution républicaine elle-même est bafouée, on aurait pu s’attendre à ce que quelques voix fortes s’élèvent dans cette droite dont le bonapartisme foncier a toujours flatté l’esprit grognard. En prétendant attendre, pour se déterminer d’ici le second tour, les réponses de Nicolas Sarkozy et de François Hollande à ses interpellations, le chef du Modem est à mille lieues de la posture principielle qu’il avait affichée dans sa critique constante de la présidence sortante, et plus près du marchandage politicien. »

Quand à Jean-François Kahn, qui fit pourtant campagne pour François Bayrou, nous ne pouvons que rapporter également son appel : « Pour la première fois depuis des lustres, on entend un discours ouvertement pétainiste sortir de la bouche d’un président de la République encore en place. Quoi qu’on pense de son challenger social-démocrate, l’hésitation n’est plus possible, plus tolérable : tous les républicains, tous les démocrates qui refusent, par patriotisme, le discours de guerre civile et de lacération de notre nation commune, qu’ils se réclament de Jaurès, de Clemenceau, de De Gaulle, de Mendes France ou de Robert Schuman, doivent voter de façon à barrer la route à l’apprenti sorcier et à permettre qu’on tourne cette page ».

Car la politique ne se réduit pas à l’expertise ou à la compétence, comme l’ont trop longtemps imposé les vulgates économiques et financières afin de l’éloigner du contrôle populaire.

L’élection présidentielle est un moyen, et non pas une fin. Aucun chèque en blanc, aucun état de grâce n’attend François Hollande s’il l’emporte. Voter pour lui, utiliser massivement le bulletin de vote à son nom, est le moyen aujourd’hui à notre portée pour rendre possible l’avènement des fins démocratiques et sociales qu’exige la crise française. Et ces fins-là dépendront de nous autant que de lui : de nos exigences, de nos vigilances, de nos mobilisations.

Et Edwy Plenel de clore son édito en rappelant qu’en 1944 Albert Camus écrivait dans le journal Combat : « Élever ce pays en élevant son langage. » L’exact opposé du « Casse toi, pauv’ con », cette insulte qui résume la présidence sortante, son style et son projet.

Publicité

A Sémaphores.info nous avons toujours dit notre refus d’insérer de la publicité dans nos pages. Mais les temps sont devenus très difficiles et nous devons, sous la pression, accepter quelques entorses à notre charte en espérant que nos lecteurs(-trices) ne nous en tiendront pas rigueur. Merci donc à notre premier annonceur, un certain Nico, soldeur de profession, qui va nous permettre de tenir le coup.

Future mairie_ suite

Face aux actions engagées par plusieurs associations devant le Tribunal Administratif de Nîmes, et en réaction au jugement délivré par le même tribunal (voir notre article précédent), le député-maire Étienne Mourrut a cru bon de rassurer ses troupes en faisant circuler le courrier suivant : Note d’information concernant le permis de construire du futur Hôtel de Ville

Voici la réponse du groupe d’opposition CAP SUR LE CHANGEMENT à la note d’information diffusée par le député-maire du Grau du Roi :

Le Député Maire s’empresse de diffuser une note d’information dont le style reflète la précipitation allant jusqu’à parler de lui-même à la troisième personne, telle Sa Majesté !

Il tente dans ce document de minimiser la portée de la suspension du permis de construire du nouvel hôtel de ville et il en profite bien sûr pour dénigrer l’opposition qui utilise simplement les moyens que lui offre la démocratie. Remarquons qu’il communique, lui, avec les moyens offerts par la commune, avantage dont est privée l’opposition qui communique et agit avec ses propres moyens.

Il serait selon lui inconvenant pour l’opposition d’intenter des actions en justice. A-t-il oublié les actions en justice qu’il a conduites lui-même lorsqu’il était dans l’opposition contre le Député Maire de l’époque, le Docteur Jean BASTIDE ou encore le procès qu’il a intenté en correctionnelle en 1995 contre le Docteur Robert CRAUSTE, procès qu’il a perdu, soulignons-le. Voudrait-il nous faire croire que lui, le député maire, serait un enfant de chœur ?

La justice s’est prononcée.  C’est ainsi : le permis de la nouvelle mairie, qu’il s’est lui-même signé, est suspendu. La juge a relevé une illégalité concernant le surplomb du domaine public maritime qui n’a pas fait l’objet d’une autorisation de l’état. Il prétend que ce point est régularisable. Peut-être. En tout cas il a été incapable d’anticiper ce point absolument réglementaire, ce qui démontre l’approximation de son dossier. Autre insuffisance d’appréciation : on vient d’apprendre qu’une étude de sol montre la nécessité de renforcer les fondations du bâtiment. Ceci va bien entendu avoir des répercussions sur le coût du projet déjà annoncé à 5,5 millions d’euros. Encore faut-il pour apprécier le coût d’ensemble de l’opération, y ajouter l’acquisition de la villa Rédarès et sa démolition. Là encore une erreur de gestion : aucune expertise n’avait été commandée pour juger de l’état de la fameuse villa. La suite dira qu’elle était irrécupérable.

Tout laisse à penser que l’addition va se corser pour le contribuable graulen. Le contribuable graulen que le Maire a lourdement endetté : 2 850 € par habitant. C’est une réalité que cet endettement qualifié d’excessif par la Chambre Régionale des Comptes dans son rapport publié le mois dernier. Le maire voudrait se dédouaner de cette évidence, croit-il que les administrés ont la mémoire courte !  Le maire prétend que la dette peut être rapidement remboursée. Mais comment ? Par l’augmentation de vos impôts bien entendu. La dette d’aujourd’hui c’est l’impôt de demain prélevé sur vos biens ou ceux de vos descendants.

Pour que l’information de chacun soit complète, il faut dire que le recours que nous avons déposé au tribunal administratif dans lequel nous soulevons les problèmes de submersion marine , de zone de déferlement, le manque de parking, l’irrégularité par rapport aux différentes règles d’urbanisme,   n’est pas encore jugé. C’est le référé suspension que nous avons engagé, car les travaux commençaient, qui a fait l’objet d’un jugement en défaveur du permis de construire du maire. Si la juge n’a retenu qu’un argument cela ne veut pas dire que les autres seront rejetés lors du jugement sur le fond. En attendant, si le maire obtenait du Préfet l’autorisation de surplomb du domaine public maritime, il devrait relancer une nouvelle procédure pour un nouveau permis de construire en respectant les délais réglementaires. Au passage, il semble écrire que le Préfet serait à sa botte. C’est bien peu respectueux pour le représentant de l’Etat. Etat qu’il ne cesse de critiquer alors qu’il a, en tant que député, largement contribué à en affaiblir les moyens.

Quoique le maire veuille bien en dire, il est une certitude : les Graulens sont très nombreux à penser comme nous que l’emplacement de cette nouvelle mairie est aberrant. Les Graulens s’interrogent sur la nécessité de dépenser autant d’argent alors que l’endettement est lourd et qu’il y a tant d’autres choses à faire bien plus importantes. La maire dit le projet « mûrement réfléchi», nous le qualifions de totalement précipité et d’inadapté. Inaugurer en grandes pompes un nouvel hôtel de ville avant les prochaines élections municipale et profiter d’un bureau avec vue sur la mer, ne sont pas de bonnes raisons pour faire n’importe quoi avec l’argent de la collectivité. Nous sommes déterminés pour contrarier ces deux projets : une nouvelle mairie en bord de plage et un sixième mandat pour le premier magistrat actuel.

Groupe d’opposition CAP SUR LE CHANGEMENT

Lire ou télécharger le jugement en intégralité (document PDF) : Référé Mairie

Signalons également que l’association « Rassemblement des démocrates »  suit le dossier avec le même intérêt et nous vous invitons à vous rendre sur leur site pour un bon complément : http://legrauduroidemain.com/index.php?option=com_content&view=article&id=3:villa-redares&catid=2:les-dossiers&Itemid=3

Chiens de garde jusqu’au bout

Par Mario

Jusqu’au bout les chiens de garde auront triché. L’équité entre les candidats à l’élection présidentielle n’aura guère concerné que leur temps de parole, certes pas leur visibilité ou leur publicité par les médias.

Aux infos du matin (France Inter, au hasard) les blablas condescendants sur les derniers meetings de Bayrou et d’Hollande. Puis, vers 9 heures, revue des derniers sondages : les mêmes, plus Sarkozy, et Marine, et Poutou… tous sauf Mélenchon. Normal, en ces derniers jours de Sainte Pétoche.

Et ils ont raison d’avoir peur. Mais s’ils croient pouvoir occulter plus longtemps ce qui se passe autour de Mélenchon et du Front de Gauche c’est qu’ils n’ont pas bien saisi (ou ne veulent pas entendre) ce qui est en mouvement dans une grande partie du peuple, et pas seulement en France. C’est comme un iceberg qui se détache de la banquise Austérité. S’il est un Titanic de la finance qui veut réécrire l’histoire… qu’il s’y essaie. Ou que d’autres affrètent leurs pédalos.

En attendant, ils étaient 60 000 au meeting de fin de campagne du Front de gauche à Porte de Versailles.  22 000 internautes étaient en ligne  » en live », et deux heures plus tard près de 160 000 personnes avaient déjà visionné sur dailymotion la vidéo du meeting.

Alors, comme il n’a été retransmis sur aucune chaîne de télé (BFM a retransmis à la même heure un ancien meeting de Bayrou et LCP un vieux meeting de Hollande) et vu que les journaux télé ont tout passé sous silence, il m’a paru d’intérêt public de le proposer sur ces pages, ne serait-ce qu’au titre du combat contre la censure, « cette chienne au front bas qui suit tous les pouvoirs » disait Hugo.


Jean-Luc Mélenchon – Discours de Paris Porte de… par lepartidegauche

 

Le plan de bataille des financi€rs

Le lancement par la société allemande Eurex d’un nouvel outil de spéculation sur la dette française sonne comme un avertissement des marchés financiers en direction des prétendants à la présidence de la République Française. Une sorte d’intimidation qui dit « vous n’avez pas le choix, nous sommes les plus forts, vous devrez vous soumettre à la loi des marchés ». Ces affameurs sans morale ont juste oublié que derrière certains candidats à l’élection se trouve une force qui s’appelle Le Peuple. A ces messieurs-dames qui n’auraient pour toute culture que celle des chiffres et du papier-monnaie, nous les invitons fraternellement à réfléchir à cette phrase de Victor Hugo :

« Rien n’arrête un mouvement dont le temps est venu ! »

Les deux vidéos ci-après ont été réalisées par Les mutins de Pangée

Grèce : « On ne doit rien ! On ne vend rien ! On ne paie rien ! »

Ce reportage d’Olivier Azam a été tourné les 28 et 29 Février 2012.

C’est au cours de la visite de la délégation solidaire de syndicalistes et militants associatifs européens en Grèce, qu’un Mutin de Pangée est allé recueillir quelques témoignages avec sa caméra, notamment sur le piquet de grève de l’aciérie Halivourgia.

« Les Mutins de Pangée » est une coopérative audiovisuelle et cinématographique de production, de distribution et d’édition. Les membres de la coopérative – réalisateurs, producteurs, reporters, techniciens, programmateurs – s’appuient sur leurs expériences communes acquises au sein de la « télévision libre » Zalea TV (1999-2007)

Découvrir et soutenir Les Mutins de Pangée : http://www.lesmutins.org/

10 lourds silences de Nicolas Sarkozy

Mediapart avait invité Nicolas Sarkozy à une émission exceptionnelle, en direct et en vidéo-streaming sur le site, à la date de son choix avant le premier tour de l’élection. Le président-candidat a refusé. C’est très dommage car parmi les nombreuses questions que les journalistes souhaitaient lui poser, il en est 10 dont nous estimons avec Mediapart qu’elles sont particulièrement importantes pour que les citoyens puissent voter correctement informés.

1. Vous avez déclaré avoir acquis un appartement sur l’île de la Jatte en 1997 (voir notre article précédent) grâce à des prêts contractés auprès de l’Assemblée nationale. Selon votre présentation du montage financier, ils se seraient élevés à 3.530.000 francs. Or l’Assemblée nationale affirme que vous n’avez pris qu’un seul emprunt immobilier à cette époque, de 1.680.000 francs. Avez-vous réellement payés le 1,85 million de francs manquant ? Si oui, comment ?

2. Dans son journal intime, à la date du 26 avril 2007, le photographe François-Marie Banier prête ses propos à Liliane Bettencourt : « De Maistre me dit que Sarkozy demande encore de l’argent ». Le même jour, 400.000 euros sont retirés en espèces des comptes suisses cachés de la milliardaire. Avez-vous demandé de l’argent aux époux Bettencourt dans l’entre-deux tours de l’élection présidentielle de 2007 ?

3. L’enquête judiciaire menée à Bordeaux dans le cadre de l’affaire Bettencourt a permis d’établir que le 18 janvier 2007, le gestionnaire de fortune M. de Maistre a reçu 150.000 euros en liquide, la veille d’une rencontre avec Eric Woerth, le trésorier de votre campagne présidentielle de 2007. Le 5 février de la même année, 400.000 euros ont été débités en liquide de l’un des comptes suisses des époux Bettencourt, deux jours avant une nouvelle rencontre entre MM. Woerth et de Maistre près de votre siège de campagne. M. Woerth, mis en examen dans ce dossier, a-t-il pu financer à votre insu par des fonds en espèces votre campagne présidentielle ?

4. Les enregistrements du majordome de Liliane Bettencourt font apparaître que l’héritière de L’Oréal a signé, le 4 mars 2010, un chèque à votre ordre. Quel est le montant et l’objet de cette contribution, qui ne peut être un financement politique puisque vous êtes à cette date président de la République depuis presque trois ans ?

5. Votre ancien collaborateur Thierry Gaubert, mis en examen pour « recel d’abus de biens sociaux » dans l’affaire Takieddine, a-t-il pris en charge durant les années 1990 vos vacances à Venise et à Miami, comme l’indiquent des témoignages recueillis par la justice ?

6. Votre directeur de cabinet Claude Guéant a noué d’importantes relations à partir de 2003 avec le marchand d’armes Ziad Takieddine, en le mandatant auprès de dirigeants libyens, syriens et saoudiens pour des opérations de diplomatie parallèle et des ventes de matériels de sécurité, alors que vous étiez ministre de l’intérieur. Avez-vous cautionné ces contacts occultes, généralement prohibés par l’administration ?

7. Selon les notes de Ziad Takieddine saisies par la justice, une réunion s’est tenue le 16 mai 2009 à l’Elysée en présence de Claude Guéant et de votre avocat personnel, Thierry Herzog, afin de « mettre de côté » le mandat d’arrêt visant M. Abdallah Senoussi, l’un des patrons des services de renseignement libyens, condamné en France à une peine de perpétuité par contumace, dans l’attentat terroriste du DC10 UTA, en 1989. Vous êtes-vous engagé auprès du colonel Kadhafi à blanchir judiciairement M. Senoussi, aujourd’hui réclamé par la Cour pénale internationale ?

8. Selon des documents saisis en France et au Luxembourg, vous avez autorisé, alors que vous étiez ministre du budget, la création de la société Heine, par où ont transité, le 7 février 1995, 20,3 millions d’euros. Cette société basée au Luxembourg était chargée de distribuer, pour le compte de l’entreprise d’État DCN, des commissions occultes à deux hommes d’affaires (MM. Ziad Takieddine et Abdul Rahman El Assir) actuellement mis en examen dans l’affaire des ventes d’armes du gouvernement français au Pakistan et à l’Arabie saoudite. Vous avez également validé, au sein de l’organisme de garantie d’Etat Coface, le montant de ces commissions accordées, tant par la DCN que la Sofresa, à ces intermédiaires. Pouvez-vous soutenir n’être pas impliqué personnellement dans cette affaire ?

9. Au lendemain de la sentence arbitrale, le 7 juillet 2008, qui a octroyé 403 millions d’euros d’argent public à Bernard Tapie, l’État aurait pu faire annuler cette décision prise par cette justice privée. En novembre 2008, la ministre des finances, Christine Lagarde a été informée que l’un des trois arbitres n’avait pas respecté l’obligation de « révélations étendues » à laquelle il était astreint, et n’avait pas déclaré qu’il avait déjà participé par trois fois à des arbitrages auxquels était partie Me Maurice Lantourne, l’avocat de Bernard Tapie. Christine Lagarde pouvait donc suspendre le versement de cette somme. Pourquoi ne lui avez-vous pas donné des instructions en ce sens ? Pourquoi, au contraire, ce fait a-t-il été caché au Parlement ?

10. Selon des documents et témoignages réunis par Mediapart, des sommes importantes – jusqu’à 50 millions d’euros – auraient été versées en 2007 à votre entourage par le régime de Mouammar Kadhafi, ce que l’ancien dirigeant de la Libye, son fils Saïf al-Islam et Abdallah Senoussi, l’ancien chef des services secrets libyens, avaient affirmé publiquement. Seriez-vous favorable à l’ouverture d’enquêtes judiciaires sur ces soupçons ?

En parallèle à ces dix questions médiapartiennes pour lesquelles Nicolas Sarkozy n’a pas cru bon d’apporter des réponses, s’ajoute une liste d’au moins 60 AFFAIRES QUE LES FRANÇAIS ET LA JUSTICE N’OUBLIERONT JAMAIS (source Imhotep sur le site AGORAVOX), Lire la suite

L’immigré préféré de Claude Guéant

La France protège l’homme des petits et grands secrets de Kadhafi

Le Libyen Bachir Saleh a droit à une protection policière française quand il se balade avec sa petite famille sur les Champs-Élysées. Il s’agit pourtant d’ « un personnage qu’on imaginerait plutôt témoignant aux Pays-Bas devant la Cour pénale internationale », écrit Le Canard enchaîné en révélant la présence en France de l’ex-directeur de cabinet de Mouammar Kadhafi.

Pendant quinze ans, Saleh a été l’homme de confiance du « Guide » libyen.  A ce titre, il connaît tous ses petits secrets, et notamment à qui il a fait bénéficier de sa générosité. Bachir Saleh pourrait-il confirmer (ou infirmer) le financement par Kadhafi de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy, que ce dernier dément ?

« Une sorte d’intendant général »

Cité par Le Canard, un diplomate « longtemps en poste à Tripoli » explique le rôle central que tenait le secrétaire particulier dans le régime libyen :

« C’était une sorte d’intendant général, il en savait plus que le patron de la Banque centrale libyenne sur les cadeaux faits aux amis étrangers. Si Kadhafi disait “il faut donner deux millions à Untel”, c’est lui qui s’en occupait. »

L’hedbo précise aussi les raisons et les conditions de son arrivée en France :

« Au fil des ans, à partir de 2007, Saleh était surtout devenu l’interlocuteur privilégié de Claude Guéant, très assidu chez le Colonel. Et c’est bien d’une visite en ce palais que l’intermédiaire en armement Ziad Takieddine rentrait quand il s’est fait pincer au Bourget en 2011 avec sa valise pleine de billets [1,5 million d’euros, ndlr]. De son côté, Saleh multipliait les visites à Paris, tentant même une médiation au début de la guerre entre la France et son patron.

Jusqu’à la guerre, il ne faisait que passer. La fin tragique de son mentor l’a incité à demander de l’aide à ses amis. Ceux-ci ont d’abord fait un peu la sourde oreille mais sans doute a-t-il su se montrer persuasif car Guéant s’est mis au boulot. »

Guéant argue du regroupement familial !

Interpellé par le Conseil national de transition (CNT), Bachir Saleh a été vite libéré, puis transféré à Djerba (Tunisie) accompagné personnellement par le sarko-boy Boris Boillon, où l’attendait un jet privé propriété du très serviable homme d’affaire Alexandre Djouri.

Selon Le Canard enchaîné, l’obtention par Saleh d’un passeport diplomatique nigérien, révélée dans la presse africaine ces dernières semaines, serait due à la contribution des « réseaux de la Françafrique » et lui ont permis de passer entre toutes les gouttes. Intouchable désormais.

Le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a reconnu la présence de l’homme sur le sol français, bien que recherché par Interpol, indiquant qu’il bénéficiait « d’une autorisation provisoire de séjour pour trois mois puisque sa famille réside en France ».

Quand il fait le bien en apportant son aide à un étranger pourchassé, Guéant n’aime pas que ça se sache ?

sources : Canard Enchaîné et Rue 89

La future mairie du Grau prend déjà l’eau

Ce mercredi 18 avril 2012, Canal + (édition de 13 heures) consacrait une partie de son journal au problème des risques d’inondations dans les stations balnéaires. Le reportage cible particulièrement Le Grau du Roi à travers les positions respectives de son maire Étienne Mourrut et du conseiller d’opposition Robert Crauste, également conseiller régional. Outre la délivrance de permis de construire dans des zones à risque, l’un des principaux litiges concerne la construction d’une nouvelle mairie en place de l’ex Villa Rédarès, située au cœur de la rive gauche en bordure de plage.

De nombreux graulens et associations ne voient pas d’un bon œil l’implantation d’une nouvelle mairie dans cette partie de la ville. Outre que le projet accumulerait d’autres problèmes urbanistiques (parkings, hauteur, dépassement sur le domaine public…), l’endettement de la ville, déjà pointé par la Cour régionale des comptes, ne laisse entendre aucune urgence à cette réalisation. Cette précipitation (car des travaux de fondations ont déjà commencé) ne semble refléter que l’envie du député-maire à vouloir inaugurer un bâtiment de plus à l’approche des élections municipales de 2014.

Note sur la vidéo : pour voir la partie concernant notre sujet, allez directement à la 16 ème minute environ. Si vous aviez un problème avec la vidéo dans nos pages essayez le lien ci-après : http://www.canalplus.fr/c-infos-documentaires/pid3847-c-la-nouvelle-edition.html?vid=627453

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

 

INFO DE DERNIERE MINUTE

Nous apprenons que, suite au référé devant le Tribunal Administratif de Nîmes demandé par les associations « J’aime Le Grau du Roi, Port-Camargue et le Boucanet », « Camargue-Littoral-Environnement » et « Rassemblement des démocrates »… vient d’être ordonnée, ce jeudi 18 avril 2012, une suspension d’exécution du permis de construire de la fameuse mairie.

La Commune dispose d’un délai de 15 jours pour saisir le Conseil d’État. Le dépité-maire et son équipe utiliseront-ils ce recours ? S’accrocheront-ils à ce projet qui prend déjà l’eau ? C’est que nous saurons dans le prochain épisode.  Mais déjà nous parions que ce ne sera pas la seule tasse que boira la majorité en place dans les mois qui vont suivre.

les travaux en cours... d'arrêt

ça coûte quoi les immigrés ?

Plutôt que répéter bêtement l’essentiel des arguments du FN concernant
l’immigration, voici trois petites vidéos réalisées par EELV les Verts qui inscrivent
la question dans un contexte plus large. Voici ce que ça donne lorsqu’on remplace
l’intox par de l’info.


Les pays riches… et toute la misère du monde

1/3par obem01


‘Europe et la France… terres d’asile ? 2/3

par obem01


Les migrants… et les caisses

de l’Etatpar obem01

De BRICS mais pas de brocs…

Ce n’est pas la France qui a des problèmes : ce sont les marchés ! Petite Info à l’attention de ceux qui se demandent si continuer de s’arrimer au bateau qui coule est la bonne solution. Les pays émergents, eux, n’ont pas l’intention de monter à bord du bateau Austérité.

Le BRICS est une commission qui réunit le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud (South Africa) et elle envisage de ne plus utiliser le dollar dans leurs échanges. La présidente du Brésil Dilma Rousseff, le Russe Dmitri Medvedev, le Chinois Hu Jintao, le Sud-Africain Jacob Zuma et le Premier ministre indien, Manmohan Singh, se sont mis d’accord pour utiliser leurs monnaies pour les échanges commerciaux, les investissements bilatéraux et les activités de financement. Les banques centrales des BRICS ont signé à New Delhi, un accord-cadre en ce sens, sur les facilités de crédit entre les monnaies des cinq pays et une convention multilatérale de confirmation des facilités de crédits. Cela pourrait à terme leur permettre de réduire leur dépendance par rapport au dollar américain, d’éviter les risques liés à la fluctuation des devises internationales et de réduire leurs frais commerciaux. Dans la Déclaration de Delhi adoptée par ce sommet, les cinq pays membres ont exprimé, en outre, leur volonté d’étudier la faisabilité d’une banque de développement commune.

Il faut savoir que les pays du BRICS représentent près de 20% du produit intérieur brut mondial, plus de 15% du volume des échanges mondiaux et environ 75% des devises étrangères. Leur contribution à la croissance économique mondiale dépasse les 50%. A bons entendeurs…

1893, l’Affaire d’Aigues Mortes

Claude Mazauric et Danielle Floutier

Le 29 mars à Vauvert, à l’occasion d’une réunion du Front de Gauche spécialement consacrée à la lutte contre le FN et le parachutage de Me Gilbert Collard sur notre 2ème circonscription, l’historien Claude Mazauric a rappelé brillamment et fort à propos cette « Affaire d’Aigues-Mortes » survenue il y a 120 ans, en 1893.

À Sémaphores, nous nous en étions faits les rapporteurs dès notre deuxième numéro de juin 1990 (voir fac-similé en fin d’article). Claude Mazauric nous donne l’occasion de le faire à nouveau à l’attention des jeunes générations et des nouveaux arrivants sur notre Terre de Camargue. Nous dédions particulièrement cette (re-) mise en pages à Étienne Mourrut, enfant du pays, qui n’a jamais raté une occasion de faire valoir les origines italiennes de bon nombre de graulens. Nous souhaitons à tous, y compris au parachuté Collard, la meilleure réflexion possible sur ce double thème de l’immigration et de l’intégration.

survol des Salins dans les années 30 (Les remparts sont en haut à droite)

« Rappelons le contexte économique :

Depuis 1891, l’économie française était engagée dans ce que les économistes appelaient la « grande dépression ». (…) Cela signifiait : mévente pour les agriculteurs, chômage pour les ouvriers, baisse coordonnée des salaires et des revenus populaires, donc tendance à la concurrence entre les travailleurs pour tenter de survivre en courant après l’emploi, même médiocre, en une époque où le syndicalisme libre n’avait que sept ans d’existence et la République était à peine consolidée.

On exploitait ici les salines de Petite Camargue dont l’industrie, l’élevage et la consommation urbaine avaient grand besoin. La Compagnie (privée) des Salins du Midi jouait de la concurrence entre les travailleurs susceptibles d’embauche pour le battage et le levage du sel.

Dès 1892, la préparation de la campagne de récolte du sel pour 1893 alla bon train. La Compagnie cherchait à peser sur la masse salariale en s’ingéniant à mettre en compétition les ouvriers saliniers de manière à les diviser et à réduire les salaires à la journée ou au forfait. Comment ? En recrutant des saliniers ne se connaissant pas et ne parlant pas la même langue, en favorisant l’enfermement dans les identités ethno-culturelles, voire religieuses, en mettant en compétition le coût salarial entre les divers groupes réunis autour de chefs redistributeurs du pactole espéré.

Trois catégories d’ouvriers des salines se mirent ainsi en place : les « ardéchois » (paysans pauvres du Gard, de l’Ardèche et de la Drôme, parlant souvent occitan et natifs du pays proche), les « piémontais » (Italiens de Ligurie et de Campanie, en réalité recrutés en « colle » au pays sous contrat oral temporaire et placés sous la houlette de chefs d’équipe, véritables rabatteurs au service des patrons), enfin des « trimards » semi-vagabonds de tous âges, ouvriers agricoles errants et désespérés, embauchés au jour pour la journée, envoyés au travail en complément des équipes précédentes… Lire la suite

Ces lourds silences de Sarkozy

Comment Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa avait-il bien pu financer en 1997 son appartement de l’île de la Jatte, revendu peu après avec une belle plus-value (voir vidéo plus loin) ? Nous ne le saurons que plus tard ou jamais, selon qu’une justice vraiment indépendante verra ou pas le jour dans notre pays, selon que la constitution française envisagera ou non de lever l’immunité totale du président de la République. Il serait vain d’attendre la réponse de Sa Majesticule en place tant il est vérifiable qu’il ne peut plus aller que de mensonge en mensonge, ni attendre que la question soit reprise par les journalistes de la quasi-totalité des médias, décidément plus que jamais chiens de garde du pouvoir en place. Ces lâches ont laissé le jeune Michael Hajdenberg de chez Mediapart monter seul au créneau, comme si la question du financement de cet appartement n’avait pas d’importance après que l’intéressé vienne de faire part de l’état de son patrimoine en fin de mandature et que se pose aussi le financement de sa précédente campagne.Voici quelle était la question :


Sarkozy sur le financement fantôme de son… par Mediapart

Adressez-vous à l’Assemblée ? C’est pourtant bien ce qui a été fait et la récente réponse de M. Accoyer laisse la question intacte. Mediapart note que « le montage financier, tel qu’initialement présenté par Nicolas Sarkozy à L’Express en 2007, a du plomb dans l’aile. À l’époque, interrogé par nos confrères sur l’acquisition de son logement de 216 m2 pour 5,4 millions de francs, le candidat UMP avait “détaillé” : 270 000 francs en dépôt de garantie, 1,6 million de francs empruntés à la Société générale, et plus de 3 millions auprès de l’Assemblée nationale. » C’est bien ce dernier point qui se trouve démenti puisque même Bernard Accoyer fait savoir que : « Le montant maximum de l’enveloppe, revalorisé chaque année en fonction de l’indice national du bâtiment, s’élevait en dernier lieu à 288 147 € ». Et c’est donc bien (converti en francs de l’époque) un vide de deux millions de francs que Nicolas Sarkozy n’est pas en mesure de justifier clairement.

Par ailleurs, lorsqu’il dit : « Les prêts dont j’ai bénéficié par l’Assemblée nationale, c’était entre 1995 et 1997. À l’époque, voyez-vous, c’était une majorité de gauche », il faut savoir que sa mémoire lui fait défaut puisque Lionel Jospin n’est arrivé au gouvernement cité qu’en juin 1997, soit après que les prêts aient été accordés.

Pour se remettre dans le bain, nous avons retrouvé une vidéo assez ancienne publiée sur Amnistia.net du temps où le Président ne l’était pas encore.


Sarkozy- L’ile de la tentation par amnistia-net

Mais bien d’autres choses, et bien plus graves et mystérieuses, sont reliées à cet appartement sur l’île de la Jatte. Le 20 Février 2008, le Canard Enchaîné révélait que la mairie de Neuilly avait demandé la mise sous tutelle de Denise Lasserre, la femme qui était promoteur immobilier de la résidence de l’île de la Jatte, et qui connaît donc tous les secrets de l’appartement acheté par Sarkozy avec un gros rabais ! D’après ses proches, cette femme de 85 ans était en bonne santé.
Alors pourquoi ce procédé contre elle ? Parce qu’elle osait attaquer la mairie de Neuilly et réclamer des millions d’euros de dommages et intérêts pour une opération immobilière qui a mal tourné sous le règne de Sarkozy à Neuilly !
C’est sûr que, placée sous tutelle, son témoignage devant la justice n’aurait aucune valeur.

Nous vous proposons de lire ou relire l’article qu’avait produit Olivier Toscer en 2008 sur ce dossier plus que troublant, où l’on découvre une promotrice octogénaire murée dans le silence, un mort tombé d’un toit et quelques combines douteuses. Le texte est un peu long mais très documenté et vivant, à lire comme un polar, si n’était toute la sombre réalité qu’il cache. Lire la suite

Pour Eva

Nous reproduisons ici la tribune de Didier Caire, élu Europe Ecologie Les Verts d’Aigues-Mortes qui souhaite rappeler, au-delà des vicissitudes d’une campagne difficile, ce que représente la candidate des écologistes.

 

L’élection présidentielle «à la française» est une institution d’une grande perversité. C’est d’abord un anachronisme, héritage viscéralement anti-démocratique, nostalgie pré-révolutionnaire. Il est d’usage de dire que cette fonction entretient «un lien direct entre un homme et le peuple», comme une double régression : au sens psychanalytique, le désir d’un chef, d’un leader, et au sens politique puisque la modernité démocratique réside au contraire dans l’émergence de formes de médiation, de délégation et de contre-pouvoirs.

Mais l’élection présidentielle (l’érection pestilentielle disait quelqu’un) exerce sur le pays une véritable fascination, tétanise toute pensée. Elle serait, dit-on, l’étalon de mesure de l’importance d’un parti ou d’un mouvement. A l’expérience on sait bien que c’est faux : le mouvement politique de F. Bayrou ne pesait pas ses 18,5% de voix. Mais l’excitation présidentielle, avec son désir d’incarnation et ses passions grégaires avait encore joué, comme pour d’autres avant lui et pour d’autres demain.

La pensée écologiste s’enracine dans la mouvance libertaire anti-autoritaire, dans la critique de tout pouvoir institué. Le mouvement Vert, génétiquement, s’est difficilement structuré pour se garder de l’émergence de meneurs d’opinion, de «leader charismatique». Ainsi les écologistes n’aiment pas la présidentielle qui le leur rend bien : les résultats ne sont jamais fameux.

Pourquoi se présenter alors? Parce que dans le système actuel le parti qui ne présente pas de candidat n’existe pas; parce que pour faire entendre cette critique même du système, et pouvoir le changer un jour, il faut en accepter les règles provisoirement.

Le choix de la primaire interne à EELV illustre parfaitement cette contradiction : tout le monde attendait l’homme jeune, dynamique, médiatique, et c’est la femme presque âgée à l’accent étranger qui a été choisie. Toute l’écologie est là, dans ce choix courageux des valeurs. Dans ce contrepied à la pensée dominante, dans cette proposition sans concession.

Mais pourquoi dans le fond voter Eva Joly? Parce que c’est la candidate de l’écologie et que l’écologie est la seule chose nouvelle qui soit arrivé dans le champ de la pensée politique depuis les années 70. « L’écologie politique est le nouveau paradigme organisateur de la gauche » dit Alain Lipietz.

Et qu’a donc apporté l’écologie en politique?

  • l’exigence de prendre en compte la planète et tous ses habitants comme un tout interdépendant, sous le coup d’une destinée commune et d’une responsabilité partagée;
  • une critique radicale du monde occidental : critique de la «modernité» et du mythe du «progrès», ce veau d’or, pour lesquels une rationalité achevée nous conduirait vers la maîtrise parfaite de la nature et du destin humain; critique de la société sur ses piliers production / consommation / croissance, corollaires de prédation / pollution
  • la reconquête de l’action personnelle, contre les idéologies généralisantes, la capacité pour chacun de se ressaisir du pouvoir de changer le monde, ici et maintenant, par sa seule volonté, par l’expérimentation, la créativité, l’invention de nouvelles relations.

L’écologie a donc découvert, véritablement, et développé les concepts et les idées qui nous permettrons peut-être de résoudre les grandes crises du monde actuel qu’elle seule analyse comme une crise systémique : la misère de tous les déclassés, le creusement des inégalités, la corruption généralisée, les délires de la finance, Fukushima, les désordres climatiques, sont les formes diverses d’une seule et même crise.

Eva Joly est une présence capitale : son visage marqué, son accent étranger, et sa détermination d’acier sont, pour quelques semaines au moins, le visage même de l’écologie.

Sa voix aujourd’hui est faiblement audible : tant pis, ainsi va le carrousel médiatique et son absurde hystérie. Il y a deux ans, le sort du monde se jouait à Copenhague… Pour l’anniversaire de Fukushima, malgré la chaîne humaine, la télé faisait sa une sur le meeting de Villepinte! Nos propositions ne sont pas entendues : ça viendra, plus vite peut-être qu’on le croit.

D’autres candidats sont porteurs d’espoirs que nous partageons en partie. Mais ce qui s’absente quand la voix d’Eva est couverte, et que personne ne remplace, c’est la clef qui permet de comprendre le monde, l’angle d’analyse critique et de décryptage de la société qu’apporte l’écologie politique.

Il y a quelque chose d’un peu grave, comme une responsabilité particulière dans le contexte de cette élection. Chaque voix compte dit-on, c’est une banalité, mais ce que certains ressentent aujourd’hui comme jamais : voter Eva Joly c’est faire acte de lucidité et prendre date pour l’avenir, on se reconnaîtra bientôt. En dépit des aléas des échéances électorales, on s’en souviendra, on aura été de ceux qui en 2012 auront voté Eva Joly.

Didier Caire 

Aigues Mortes, procédure irrégulière au vote du budget

 Groupe Local Camargue Gardoise

Communiqué de presse du 26 mars 2012

 

Le budget 2011 de la commune d’Aigues-Mortes annulé : les écologistes toujours vigilants sur les enjeux de la démocratie locale

Suite à une requête déposée par Didier Caire, élu EELV d’Aigues-Mortes, le Tribunal administratif de Nîmes vient d’annuler par un jugement du 22 mars 2012 le Budget Primitif de la commune d’Aigues-Mortes pour l’année écoulée.

C’est une décision rare qui sanctionne un manquement répété aux règles légales d’information et de participation des élus notamment minoritaires.

Il est prévu par la loi que dans les deux mois qui précèdent le vote du budget les élus sont convoqués pour un «débat sur les orientations budgétaires». L’élu écologiste estimait qu’une information insuffisante avait été fournie, sans aucune valeur ni chiffre ni élément d’analyse qui permette de débattre utilement. Il a été suivi par le juge qui estime «qu’ainsi, l’adoption du budget primitif de l’exercice 2011 est intervenue à l’issue d’une procédure irrégulière».

Le maire se voit donc contraint de proposer au conseil municipal de revoter un budget déjà exécuté. C’est une sanction qui affecte l’acte politique essentiel du conseil municipal, celui qui organise et planifie l’ensemble des dépenses et recettes pour toutes les actions et projets de l’année en cours. C’est au cœur de la gestion municipale actuelle qu’apparaissent des problèmes démocratiques majeurs.

Le plus inquiétant est que le maire a répondu à cette condamnation lors du conseil municipal du 15 mars dernier par un déni de réalité : il persiste dans son erreur, parle d’un jugement de « pure forme », pense qu’on lui fait un faux procès, et «que l’on perd du temps à ce petit jeu». Bref, il ne comprend pas.

Or il ne s’agit pas que d’une histoire de chiffres, mais des enjeux qui sont au cœur de la démocratie locale. Le débat d’orientation budgétaire est, en principe, un moment-clef dans la vie du conseil, celui où tous les élus, minoritaires et majoritaires, échangent et argumentent sur les grands axes du projet communal dans un esprit animé par l’intérêt général. Ce n’est clairement pas l’esprit qui prévaut dans la majorité actuelle.

Europe Ecologie Les Verts – Camargue gardoise

Pour plus d’informations, le site de l’élu : http://camargue.europe-ecologie.net/accueil/