José, reviens !

Nous aurons l’occasion d’en reparler en juillet prochain mais vous pouvez déjà savoir qu’un cortège d’irréductibles objecteurs de croissance partira à bicyclette du McDo démonté de Millau, le jeudi 5 juillet 2012. L’objectif est d’aller chercher José Bové au Parlement européen à Strasbourg. À l’arrivée, prévue autour du 20 juillet, ils remettront ensemble les signatures d’une pétition à l’eurodéputé :
http://www.josereviens.org

Préparez les vélos !

Un Collard de plus_suite 1

Dans le cadre de notre rubrique « Apprenez à connaître ceux qui prétendent vous représenter à l’Assemblée », la suite du Collard Show.

Par ailleurs un ami du coin (Gallician) nous certifie avoir croisé (sur la route qui va du mas Teissier à la Laune) notre Collard en compagnie d’un certain Aussaresse. C’était le surlendemain du jour où le portrait de ce dernier faisait la Une de Libération suite à ses déclarations sur des actes de torture pour lesquels il n’avait aucun regret.

Mise au vert d’un client par son propre avocat ?  Une relation bien confuse entre le privé et le professionnel.

Se faire une autre idée du triste sire, voir quels autres ressorts sous-tendent sa campagne et sa pensée réelle, c’est possible en voyant quel genre de banderoles il déploie dans ses meetings. Sans autre commentaire de notre part, ça parle tout seul.

à suivre ( de près )

Non au pacte Merkozy

Le 1er janvier 2013, les États européens devront appliquer un nouveau traité. Très peu
d’informations sont disponibles sur ce traité : que contient-il ? Que va-t-il changer pour les
États ? Cette vidéo explique le contenu de ce traité et montre en quoi il va imposer l’austérité partout et sans demander l’avis des peuples.


Non au pacte Merkozy par Jean-Luc-Melenchon

Ça l’affiche mal au Grau du Roi

Que notre député sortant au Grau du Roi ne fasse pas l’unanimité, on s’en serait douté. Mais que fleurissent des affiches électorales « pirates » c’est plutôt nouveau. Celle-ci est restée quelques jours à l’entrée d’un établissement dont nous tairons le nom pour ne pas faire de pub à une certaine candidate aux présidentielles… Ne suivez-pas notre regard. N’empêche que, comme on dit, y en a qui en ont ! Et qui l’affichent ! Malgré tout ça fait plaisir.

 

Maitre Collard sur FN perché…

Courriel reçu de la part d’Auguste Victoria, candidat aux législatives sur notre 2ème circonscription.

« Bonsoir, quelques nouvelles du monde des législatives:
J’ai depuis près d’une semaine invité personnellement Monsieur Gilbert COLLARD à un débat public médiatisé pour développer et confronter nos programmes respectifs (le mien est celui des verts bien sûr) avec la grille d’analyse si chère à Marine LE PEN, à savoir « les valeurs humaines ».
N’ayant pas de réponse , je me suis permis de l’interpeller lui et sa remplaçante (à qui j’ai
aussi envoyé un courriel) samedi à 19h15 devant la salle Nicolas LASSERRE à AIGUES-MORTES.
Ils m’ont répondu en chœur  » je n’ai pas reçu le « mail », pas au courant !

A noter qu’il y avait 50 spectateurs dans la salle , c’est assez peu non ? à moins que ceux qui votent FN aient toujours peur de se montrer et de le montrer ? ça voudrait dire que le FN n’est pas un parti comme les autres…
Je doute qu’ils m’aient dit la vérité, aussi ai-je demandé à Monsieur COLLARD s’il avait été
comme moi invité à TV SUD pour un débat dans les conditions du direct, diffusé en différé, la semaine prochaine. Il m’a répondu « je ne sais pas, on est en train de voir, de s’organiser… »
J’ai le pressentiment qu’il va esquiver le débat (ça doit être une valeur du FN non ?) on
verra… en attendant la lutte continue !
J’ai été questionné par une journaliste de Mediapart sur EELV, le FN et le programme, puis elle est allée voir Monsieur MOURUT(UMP) qui était arrivé entre temps et qui lui, assistera au débat TV SUD.(on devrait être 6 je crois).

à suivre donc.
en attendant le débat, Auguste Victoria a aussi relayé et développé l’info sur son blog à Mediapart.
http://blogs.mediapart.fr/blog/auguste-victoria/280512/legislatives-2-eme-circonscription-du-gard-maitre-collard-sur-le-f

Et pour maintenir le Collard au chaud vous pouvez aussi vous rendre sur :
http://camargue.europe-ecologie.net/2012/05/25/collard-au-grand-coeur/
en prime vous y trouverez le lien vers une vidéo du maître-Collard-chanteur à l’époque où il se présentait à Vichy et préférait dire sa passion en chanson. Ne vous attendez pas à ce que le tube gagne l’Eurovision mais vous aurez au moins la preuve que le ridicule ne tue pas.

Hadopi… aie aie aie !

« Gouverner autrement », a annoncé François Hollande. Grand bien nous fasse, mais force est de constater que ça s’annonce mal sur certains points.

L’Élysée prend David Kessler comme conseiller pour les médias et la culture, et devrait confier à Pierre Lescure une mission de réflexion sur Hadopi ! Pas la peine d’attendre les premiers comptes-rendus pour noter ce détestable mélange des genres entre pouvoir politique et milieux d’affaires. Et nous qui pensions que le sarkozisme était derrière nous !

Qui est Lescure ?

À qui faudrait-il encore présenter l’ancien patron de Canal+, filiale de Vivendi Universal dont il prendra la tête en faisant tomber celle de Jean-Marie Messier ? C’est sûr qu’un ex-patron de chaîne de télévision cryptée peut avoir son mot à dire sur l’Hadopi. Mais nous serions des benêts à croire que sa position sera neutre et ouverte.

Pierre Lescure est administrateur de la société Havas, présidée par l’industriel Vincent Bolloré. Encore un nom qui ne vous dit rien ?

Mais Pierre Lescure est aussi administrateur du groupe suisse Nagra, un nom qui parlera à ceux qui ont la chance d’utiliser un des meilleurs magnétophones qui soient. C’est d’ailleurs sur ce succès que la société Nagra occupe aujourd’hui une position stratégique dans la nouvelle économie de l’information, de la télévision et du numérique. Ainsi peut-on lire sur son site Internet que Nagra est devenue « l’un des principaux fournisseurs au monde de solutions de sécurisation des contenus numériques et interactifs répondant aux besoins des plates-formes numériques convergentes ». Pour info, c’est Nagra qui avait contribué à construire le verrou des décodeurs de Canal+.

« Une proche collaboration avec les autorités juridiques et de mise en application des lois », la possibilité de détecter « des comportements suspects » chez les utilisateurs et « une méthodologie permettant l’identification des cibles prioritaires, des investigations sur le terrain et des poursuites judiciaires », lit-on encore sur le site.

Et d’où sort David Kessler ?

On l’avait vu à la Mairie de Paris jusqu’à ce qu’il la quitte pour devenir le bras droit du banquier d’affaires Matthieu Pigasse dans le domaine des médias, lequel Pigasse est associé gérant et directeur de Lazard à Paris, banque d’affaires. C’est ainsi que David Kessler était jusqu’à ces derniers jours DG et directeur de publication du magazine Les Inrocks, propriété de Pigasse, mais aussi directeur de la publication du site « Huffington Post », filiale du Monde dont l’un des nouveaux actionnaires est… Bingo !  Matthieu Pigasse !

Et lorsqu’on connait le système de perfusion qui permet au journal Le Monde de rester en vie ( 17 millions d’euros d’aides directes en 2010_ source Sénat) on voit mal comment le collaborateur n°1 de l’un des principaux actionnaires du Monde serait le mieux placé pour conseiller le chef de l’État sur la sortie d’un système dont il est l’un des pions.  Mais puisque le changement c’est maintenant, peut-être l’homme en question va-t-il aussi changer d’idéologie, en tout cas de déontologie… Créditons, créditons…

Tout de même, confier la sécurité du poulailler à un renard, même très sympa, c’est un peu se foutre de l’avis des poules. Autant avouer qu’elles ne sont là que pour être plumées !

Si François Hollande a besoin d’engager une véritable réflexion sur cette exécrable Hadopi (qui elle aussi, rappelons-le, a été mise en place sans aucune légitimité), il ferait mieux de reprendre à son compte les positions libérales de La Quadrature du Net.  Là au moins on sait de quoi on parle en matière de défense des libertés publiques sur la Toile. Et ça ne flaire pas les conflits d’intérêts.

On peut aussi creuser les idées sur Hadopi grâce à PC In Pact : http://www.pcinpact.com/news/71120-hadopi-modification-abrogation-negligence-caracterisee.htm

 source : Mediapart et Pcinpact

Tickle Toe

De gauche à droite : Louis Aldebert, Eddy Louiss, Jean-Claude Briodin Claude Germain, Mimi Perrin, Monique Guérin

Le coup-de-coeur musical de la semaine nous fera remonter en 1961 avec le groupe français de jazz vocal Les Double Six qui étaient Claudine Barge, Jean-Claude Briodin, Claude Germain, Eddy Louiss et bien sûr Mimi Perrin qui en était à l’origine. Il s’agit ici d’une interprétation de Tickle Toe d’après l’enregistrement de Count Basie & his Orchestra.

Une véritable performance et une rareté et… heu… comme nous n’avons pas la vidéo puisqu’il s’agit d’une image fixe, nous mettons les paroles ci-dessous, on sait jamais, ça peut servir à comprendre de quoi que ça cause. Bon trip, c’est que du bonheur !

—- Faufile-toi voyou, pas d’affolement, viens dans la foule et tout ira, va. (Perds pas d’temps).

Cours à toute allure, mon ami, sur la point des pieds tu t’en iras, la. (Par là, par là).

Ben, tout d’même moi je n’voudrais pas qu’pas bonté pour un bonhomme patibulaire on tape dans l’tas. Permettez-moi d’vous parler de mon aventure avec la bande à Rio. Faufile-toi voyou, parle donc pas tant, viens dans la foule et tout ira, va. (Perds pas d’temps).

Cours a toute allure, mon ami, sur la point des pieds tu t’en iras, là. (Par là, par là).

Tu n’peux pas pourtant, crois-moi bien, palabrer pour très longtemps car dis-toi qu’ton compte est bon mon ami si la bande a Rio vient. Ben vous voyez j’vous l’avais dit de n’pas tant vous mouiller pour moi. Tout a débuté dans un p’tit bar au fond du port par une belle apres-midi oui, pour avoir longtemps trop bavardé, pauvre malin pourtant vraiment on m’avait rien demandé! Tenez bon, car il y avait, parole d’homme, une poupée pas mal du tout, l’air abandonné près de moi, qui me regardait, riant tout l’temps a belles dents, pour de bon elle m’a demandé:

 »Viens donc, mon p’tit Louis, parlons d’aller nous balader, partout t’trouveras les gars d’Rio t’attendant là, prêts tu les verras a te tirer une balle dans l’dos. Pour le moment, c’est embêtant car les voilà qui viennent d’entrer. Va donc fuis pas devant, tu y as droit car ils t’ont pris près de moi, me parlant.

 » Dites voilà comment, les gars, pour l’amour d’une pépée j’dois m’tirer tambour battant.

N’parle donc, n’parle donc, n’parle donc, n’parle donc pas tant. (Parle pas tant). [4x] Pourrais bien t’retrouver au Paradis, dis p’tit brigand, pardi il y a pourtant un bon moment qu’l’on t’avait dit de te tailler pendant qu’il était temps.

N’donne pas tant d’détails, n’donne pas tant d’détails, n’donne pas tant d’détails, donne pas tant d’détails. (Mon bonhomme allons tu vois t’es bon, t’y a droit…)

Pars donc! (Pars où tu veux). Tiens, pars donc! (Pars où tu peux).

Tiens, par là, par là, par là, par là. Tiens p’tite tête on t’l’avait dit, oui! Faufile toi voyou, on t’l’avait dit, viens dans la foule et tout ira, là. (T’es perdu).

Tu n’as pas filé à temps, ballot, maint’nant te voilà répandu, là. (Toi là, toi là). Pres d’abandonner tout, prions pour que Rio comme toi, pour une bath pépée, oui, prenne deux trois balles dans la peau. (T’as pas d’pot!).

Pour une bath pépée, oui, prenne deux trois balles dans la peau. (T’as pas d’pot!).

Ah ben oui vraiment j’en ai pas!

G8-G20 et démocratie

«La démocratie ne consiste pas à mettre épisodiquement un bulletin dans une urne, à déléguer les pouvoirs à un ou plusieurs élus puis à se désintéresser, s’abstenir, se taire pendant cinq ans. Elle est action continuelle du citoyen non seulement sur les affaires de l’État, mais sur celles de la région, de la commune, de la coopérative, de l’association, de la profession. Si cette présence vigilante ne se fait pas sentir, les gouvernements, les corps organisés, les fonctionnaires, les élus, en butte aux pressions de toute sorte de groupes, sont abandonnés à leur propre faiblesse et cèdent bientôt, soit aux tentations de l’arbitraire, soit à la routine et aux droits acquis. La démocratie n’est efficace que si elle existe partout et en tout temps». Pierre Mendès France

 

La vraie démocratie – 4 minutes avec Cornelius Castoriadis (1922_1997)


La vraie démocratie – Cornelius Castoriadis par khalem-session

« Démocratie et tragédie ont été mariées à Athènes sous Périclès et sous Sophocle. Un seul enfant, la guerre civile. » JL Godard in Film socialisme

Note: la vidéo ci-après à été éditée en 2011. Les dates annoncées en début de reportage sont donc dépassées mais le contenu n’a rien perdu de son actualité.

Le changement c’est pour plus tard

« Personne n’est une île, entière en elle-même ; tout homme est un morceau de continent, une partie du tout. Si une motte de terre est emportée par la mer, l’Europe en est amoindrie, tout autant que s’il s’agissait d’un promontoire, ou que s’il s’agissait du manoir d’un de tes amis ou le tien propre : la mort de chaque être humain me diminue, parce que je fais partie de l’humanité, et donc, n’envoie jamais demander pour qui sonne le glas ; il sonne pour toi. »

 Ces lignes rappelées par Edwy Plenel dans son édito « Nous sommes tous grecs » sont extraites du roman d’Ernest Hemingway « Pour qui sonne le glas ». Nous les reprenons à l’attention de ceux qui n’auraient pas compris qu’en Europe, le glas ne sonne pas pour les Grecs mais pour nous tous.

Le président Hollande n’a pas daigné recevoir Alexis Tsipras.

Qui est Tsipras ? Pour résumer, il est le représentant du parti grec SYRIZA qu’on peut comparer au Front de Gauche français, à la différence qu’il y a en Grèce deux formations communistes et qu’une seule des deux a pour l’instant rejoint la coalition SYRIZA. Pour en savoir plus sur Tsipras, voir en fin d’article en cliquant sur « lire plus ». Vous aurez des extraits de sa conférence de presse aux côtés de Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent, une interview par Arlette Chabot sur Europe 1, et même  le programme de Syriza dans ses grandes lignes (traduit en français).

Pour revenir à cette fin de non-recevoir par le gouvernement actuel, on a tout lu dans la presse. Il s’agirait d’agenda présidentiel, voire de protocole. On reçoit des ministres ou des chefs d’états, pas de simples chefs de partis. Admettons !

Mais alors ? Qui est ce M. Venizelos reçu à l’Élysée au lendemain du jour où on ne peut recevoir Alexis Tsipras ? Rien moins que le président du Pasok, qui n’est autre que le PS grec, qui n’est autre qu’un parti. Et ce monsieur accueilli par François Hollande aura bien du mal à nous faire admettre qu’il n’est pour rien dans la crise grecque, tant il a exercé de responsabilités diverses depuis 20 ans. Son CV parle pour lui :

  • Ministre adjoint à la Présidence et porte-parole du gouvernement (1993-1994)
  • Ministre de la Presse et des Médias (1994-1995)
  • Ministre des Transports et de la Communication (1995-1996)
  • Ministre de la Justice (1996)
  • Ministre de la Culture (1996-1999)
  • Ministre du Développement (1999-2000)
  • Ministre de la Culture (2000-2004)
  • Ministre de la Défense (2009-2011)
  • Vice-président du gouvernement, ministre des Finances (2011-2012)

Pour info, aux législatives grecques de mai 2012 le PASOK a obtenu 13.18 % des suffrages et il est crédité de 12 à 14 % d’intentions pour le scrutin du 17 juin prochain.

SYRIZA a obtenu 16.78 % et se trouve crédité de 22 à 25 % des intentions de vote au même scrutin du 17 juin 2012. Autrement dit, que ça plaise ou non, et même si ça ne résoudra pas d’un coup le problème grec, Alexis Tsipras est en position de devenir un prochain chef de gouvernement.

 Alors, ce changement, c’est maintenant ou plus tard ?

Car, en termes de changement annoncé, on pourrait aussi se poser la question de savoir pourquoi la France poursuit sa participation à ces sommets de l’arnaque démocratique que sont les G8 et les G20. Combien de temps encore faudra-t-il rappeler que ces réunions insipides et coûteuses n’ont aucune légitimité démocratique. Que 8 ou 20 pays se réunissent pour régler les comptes des 160 autres sans leur demander leur avis… ça devrait tout dire sous le simple bon sens.

Et quel a été l’apport de François Hollande au dernier G8 ? On peut se le demander mais on peut aussi noter la mise en veille de l’engagement n°13 du projet socialiste en faveur d’une « nouvelle politique commerciale », engagement par lequel il appelait à « faire obstacle à toute forme de concurrence déloyale » et à « fixer des règles strictes de réciprocité en matière sociale et environnementale ».

Attention à ce que les promesses électorales ne soient pas de celles qui n’engagent que ceux qui y croient.

Car une fois mises à part les auto-congratulations des participants autour du mot « croissance » ( ça y est ! c’est le nouveau mot magique!) quelle est la déclaration finale de ce G8 ? Le changement dans la continuité, pardi ! La même soupe capitaliste que servie aux précédentes rencontres : « Nous soulignons l’importance de l’ouverture des marchés […], nous nous engageons à nous abstenir de toutes mesures protectionnistes et à poursuivre les efforts en faveur du cadre de travail de l’OMC pour réduire les barrières au commerce et à l’investissement et maintenir des marchés ouverts. Nous appelons toute la communauté internationale à en faire autant ».

Et pour le cas où ce ne serait pas assez clair pour tout le monde, le même paragraphe de conclusions dénonce « les réglementations excessivement pesantes qui servent de barrières au commerce ».

Que Sarkozy ait validé ça pendant des années était au moins dans sa logique de destruction des peuples et des politiques publiques. Mais que François Hollande accepte et signe sans rechigner… Voilà une magnifique occasion ratée de faire entendre à la planète entière la voix d’une prétendue nouvelle politique française.

En savoir plus sur Syriza et le problème grec, voir l’interview par Arlette Chabot et un extrait de la conférence de presse, c’est tout de suite après la balise « Lire la suite ». Lire la suite

Le rapport 2012 d’Amnesty International

Le rapport nouveau d’Amnesty est arrivé ! C’est un peu comme un beaujolais nouveau. Certains l’attendent, d’autres le redoutent, c’est un observatoire comme tant d’autres, mais implacable.

La cuvée de cette année devrait laisser quelque tanin en bouche à ceux qui composent le conseil de sécurité de l’ONU. Après avoir rappelé que ces membres sont la Grande-Bretagne, la Chine, les États-Unis, la Russie et la France, il était bon de souligner que ces cinq membres permanents représentent à eux seuls 70 % des exportations mondiales d’armes.

Et l’ONG de préciser qu’«Il faut faire passer les êtres humains avant les entreprises, et les droits avant les profits.»

A part ça Amnesty trouve aussi que ce Conseil de sécurité de l’ONU semble de plus en plus inadapté aux besoins, qu’il « apparaît usé, déphasé (…). Après s’être montré impuissant face à la situation au Sri Lanka, puis incapable d’agir sur la question des crimes contre l’humanité en Syrie – l’un des principaux clients de la Russie en matière d’armement –, le Conseil de sécurité de l’ONU, censé être le gardien de la paix mondiale, apparaît bien inefficace dans cette mission. »

Bref la cuvée de l’année tape presque ses 500 pages, très riches en renseignements sur le nombre faramineux de républiques peu respectueuses des droits de l’homme, c’est un doux euphémisme que de le dire.

Si le dossier ne s’ouvrait pas correctement sur Sémaphores, passez par le lien suivant : http://www.scribd.com/doc/94639632/Amnesty-2012

Amnesty 2012

Candidats radioactifs

communiqué du réseau Sortir du Nucléaire

Élections législatives : pas de sièges pour les pro-nucléaires !

En vue des élections législatives, les 10 et 17 juin prochain, découvrez notre top 12 des candidats les plus impliqués dans la promotion de l’industrie nucléaire. Une sélection sans concession à faire circuler le plus possible, pour que chacun-e sache pour qui ne pas voter !

Patrick Balkany, Christian Bataille, Bernard Cazeneuve, Patrick Ollier… Vous connaissez probablement déjà ces noms. Ils jouent les agents d’Areva, sont de fervents défenseurs du nucléaire militaire, des partisans notoires de l’enfouissement des déchets ou encore des ennemis jurés des énergies renouvelables. Et de nouveau, ils briguent un mandat de député.

Mais leur réélection n’est pas inéluctable ! Vous pouvez agir. Que ce soit dans les départements des Hauts-de-Seine, de la Manche, de la Haute-Marne, de l’Isère, de l’Aube, de l’Oise, de Meurthe-et-Moselle ou de la Meuse, vous pouvez faire en sorte que ces porte-paroles de l’industrie nucléaire ne vous représentent pas ! Faites circuler largement cette liste de candidats radioactifs !

Votre circonscription n’est pas concernée par un candidat radioactif ? Qu’à cela ne tienne, vous pouvez aussi agir : la grande majorité des candidats sont peu et mal informés sur les grands enjeux énergétiques. À vous de les interpeler par courrier, grâce à la lettre type que nous vous proposons de télécharger et que nous vous encourageons à personnaliser. À l’occasion de ces élections, nous devons faire savoir aux candidats que nous attendons des prises de positions claires et courageuses en faveur de la sortie du nucléaire !

Rendez – vous sur www.sortirdunucleaire.org/legislatives pour en savoir plus et agir. N’hésitez pas à rediffuser ce mail sur vos réseaux sociaux ! Plus nous seront nombreux, plus l’accès à l’Assemblée Nationale sera difficile pour ces élus radioactifs. Nous comptons sur vous !

Toute l’équipe du Réseau « Sortir du nucléaire »

 

Voyage avec Samsonite

Arnaud Montebourg condamné pour diffamation… Vous le saurez : vous pouvez traiter votre patron d’incapable ou de voyou mais pas d’escroc. La justice a estimé qu’en l’occurrence le mot était diffamatoire. Les mots peuvent-ils avoir autant de différence de sens selon qu’ils sont prononcés dans un prétoire ou ailleurs ?

Petit coup d’œil sur un dictionnaire. Escroquer : s’approprier, tirer quelque chose de quelqu’un par fourberie, par manœuvres frauduleuses. V. extorquer, soustraire, voler, dérober, s’emparer, tromper…

Il se peut que les gens de Sea-France mis en cause par Montebourg n’aient eu aucune de ces intentions. Mais qu’en sait-on vraiment avant expertise approfondie lorsque les entreprises affichent si peu de transparence dans leurs plans d’austérité et de licenciements ? Dès lors que l’on veut bien gratter par delà le vernis, quel patron voyou n’est-il pas, de fait, un escroc ?

Voici par exemple, résumée, l’affaire Samsonite que Jean-Luc Mélenchon découvre dans la circonscription du Pas-de-Calais où il est candidat. Le 16 mai dernier, en soutien aux ex-salariés venus en nombre au TGI de Paris, il assistait au procès des repreneurs de l’usine Samsonite de Hénin-Beaumont. Les lignes qui suivent sont reproduites telles quelles depuis son blog, claires et édifiantes sur ces mécanismes capitalistes qui peuvent pourrir l’économie d’une région en n’importe quel point du globe.

« (…) Voilà maintenant plus de cinq ans que les salariés de cette usine ont entamé une bataille judiciaire contre leur ex-employeur. Il en faut du courage pour tenir bon tant de temps ! Et face à quel monstre ! Derrière la marque Samsonite se cache un fonds de pension américainBain Capital – créé par Mitt Romney, le futur candidat républicain à la maison blanche. Cette histoire est celle d’une faillite frauduleuse organisée pour économiser les couts de licenciements et présenter un bon cours de l’action avant la revente juteuse de l’entreprise. Voyez ça. En 2005, l’entreprise américaine Samsonite, florissante, cède son usine de Hénin-Beaumont au repreneur « Energy Plast ». L’usine est alors censée se reconvertir pour fabriquer des panneaux solaires. Personne n’a jamais vu ce plan de production. La comédie a été parfaitement jouée. Seuls quelques syndicalistes avaient flairé un coup tordu. Et de fait, aucune production ne sortira de l’usine ! Jamais un seul panneau solaire n’a été produit ni même envisagé. En 2007, l’entreprise est donc liquidée. Et les 205 salariés sont licenciés. Mais ceux-là ne se laissent pas faire ! Ils crient à la faillite frauduleusement organisée ! Ils entament leur combat judiciaire. En 2009, la justice leur donne raison sur toute la ligne par trois jugements. Le premier annule la vente de l’usine par Samsonite au repreneur, comme frauduleuse. Le second jugement condamne Samsonite à payer les salaires dus jusque-là aux salariés qui n’auraient pas dû être licenciés. Un troisième jugement, pénal celui-là, condamne à de la prison ferme les trois repreneurs de l’usine pour avoir sciemment provoqué la faillite de l’entreprise et détourné 2,5 millions d’euros. C’est alors le procureur lui-même qui utilisera l’expression de « patrons voyous » pour qualifier les responsables de ce désastre. Ayant fait appel de cette condamnation pénale, ces derniers sont donc jugés une nouvelle fois. A cette occasion l’avocat des travailleurs a voulu élargir l’affaire pour qu’elle aille au fond du dossier. Il a souhaité un complément d’enquête pour faire connaitre la responsabilité du fond de pension propriétaire de Samsonite dans cette manœuvre. Les ex-salariés de Samsonite comptent bien faire condamner directement le fonds de pension américain Bain Capital pour avoir utilisé un repreneur bidon pour se débarrasser d’une usine. En effet aux États-Unis ce fonds fait l’objet d’un nombre record de procédures pour ce même type de pratique ! Courageuse et déterminée, la syndicaliste qui mène le combat déclare : « j’irai jusqu’aux états unis s’il le faut pour que justice nous soit rendue ! »

Alors si ces messieurs de la justice voulaient bien revisiter leur vocabulaire… Par n’importe quel biais qu’on le prenne, un patron voyou est forcément aussi un escroc.

Sans concession pour les plages, gestion Mourrut_épisode 3

Saison estivale oblige, ce troisième volet sur la gestion de l’équipe Mourrut est consacré aux concessions de plage. Aucun des éléments rapportés ici n’est de notre fait mais provient du dernier rapport 2012 de la Chambre régionale des comptes. Comme chacun le sait cette Chambre n’est qu’un repaire d’empêcheurs de bricoler en rond, du moins si l’on en croit celui qui écrit (cf. dernier bulletin municipal n°144, en bas de page) : « La Chambre régionale des comptes ne partage pas notre philosophie, surtout au niveau du domaine public de la commune, mais nous nous targuons d’avancer le contraire (…) et nous maintenons notre ligne de conduite (…) ».

Note : Ces caractères en gras ne sont pas davantage de notre fait mais de la mairie, pas plus que ne vont l’être les passages soulignés qui le sont par cette Chambre qui ne comprend décidément rien à la philosophie mourrutienne. Ainsi commence-t-elle par prendre acte de ce que : Par plusieurs jugements pris par le tribunal administratif de Nîmes, plusieurs exploitants ont été condamnés à s’acquitter d’une contravention de grande voirie suite à des procès ­verbaux établis par des techniciens supérieurs de l’environnement s’agissant de manquements à des obligations des différentes concessions.

Même le journal Midi Libre s’était fait l’écho de ces manquements et l’on se souviendra que des procès verbaux ont pu être dressés pour des motifs aussi variés que : augmentation de la superficie autorisée (allant jusqu’à 1 197 m² supplémentaires !), installation à des distances inférieures parfois à 5 mètres du bord de l’eau, absences de sanitaires, vente de boissons alcoolisées, de vêtements ou d’articles de plage… Bref un souk invraisemblable qui représente au passage un véritable manque à gagner et une concurrence déloyale pour les autres commerces qui, eux, restent dans le cadre de leurs attributions.

Une justice plutôt clémente a condamné ces manquements à des peines de deux fois 500€, verdict qu’on pourrait estimer raisonnable lorsqu’il s’agit d’abord d’avertir des contrevenants qui, au demeurant, ont tous vu leur concession renouvelée ensuite. Espérons que les contrôles à venir n’auront pas à noter de récidives car il ne devient que trop fréquent de préférer payer des amendes non dissuasives plutôt que de respecter la loi.

La chambre rappelle que « si les jugements ne sont pas notifiés à la commune, les procès ­verbaux de constatation des faits le sont. Il ne tient dès lors qu’à la collectivité de prendre connaissance des suites données à ces contraventions notamment en période de choix des cocontractants. Or, parmi l’ensemble des sous-traités condamnés à des contraventions de grande voirie, la plupart ré-obtient un sous-traité d’exploitation en 2009 alors même qu’une des conditions d’obtention de ces sous-traités est l’intégration environnementale et que les procès-verbaux font état de manquements graves dans ce domaine. »

Réponse d’Étienne Mourrut à la Chambre : « Il n’est permis ni de faire bénéficier les candidats « sortants » d’une prime de qualité au regard de leur comportement passé ni de sanctionner en amont ceux des candidats qui ont fait l’objet de procès verbaux de la part des services de l’État. (…) dans l’hypothèse où des plagistes ont pu faire l’objet de contraventions, la sanction donnée à cette occasion ne peut en aucun cas justifier du rejet de la candidature lors d’un nouvel appel d’offres. Nous serions ici dans un processus de double peine difficilement justifiable. »

Au fait, la ville encaisse et reverse combien ?

Selon un tableau fourni par la collectivité, la chambre constate une incohérence entre les montants versés par la collectivité à l’État. En effet, si les redevances acquittées pour la SEM « camping de l’Espiguette » sont en progression, celles versées pour le reste du domaine public maritime sont erratiques et sans évolution logique. La chambre demeure sans explication sur ces incohérences.

En attente erratique d’explication, la chambre s’est par ailleurs intéressée à quelques sous-traités renouvelés pour une période allant du 15 avril 2009 au 15 octobre 2013. Selon l’avis d’appel à la concurrence publié notamment dans le « Midi Libre et la gazette officielle du tourisme, 19 lots étaient à répartir –8 de location de matériels, 6 buvettes, 5 grandes buvettes.

Voyons de plus près l’exemple du lot n° 26

Si l’on retient ce lot n° 26, dont l’activité saisonnière est « buvette », on constate que l’attributaire de ce lot était déjà attributaire d’un sous-traité puisque dans sa lettre même de candidature, il rappelle qu’il a plus de 22 ans d’expérience en la matière. Il est intéressant de noter que lorsque sa société fait acte de candidature, elle est en cours de constitution, ce qui peut poser à terme un problème juridique à la collectivité.

De fait, la chambre a constaté que plusieurs sociétés signataires de sous-traités d’exploitation se mettent soit en sommeil durant la période hivernale, posant un problème de continuité du sous-traité qui est pourtant initialement passé pour 5 ans, soit se recréent à chaque printemps -avec parfois un autre numéro de SIRET -ce qui a pour effet de rendre caduc le sous-traité du fait du changement de sous-traitant.

Ce lot 26 (verbalisé en 2006 par la subdivision maritime pour service à table) correspond à une buvette qui avec une surface bâtie de 50 m² occupe une surface totale de 750 m². L’étude de ce dossier montre que le candidat a proposé 10 300 euros de redevance annuelle (contre 8 000 de montant minimal de lot). Le dossier a été déposé au nom du gérant de la société qui indique « je dépose mon dossier à mon nom personnel ou toute autre personne morale pouvant se substituer, je pense à mon fils.

Or ce lot 26 semble avoir quelques difficultés de fonctionnement, au regard de ses mises en sommeil successives et de la faiblesse du chiffre d’affaires déclaré. D’ailleurs l’année suivante (2007), cette société déclare son activité seulement le 25 juin et se fait radier le 19 septembre pour cessation totale d’activité depuis le 9 septembre 2007 (soit avant la fin de saison). L’année suivante (2008) elle est immatriculée le 26 juin pour une activité qui aurait commencé le 23 -soit après la date de début de saison. Il s’agirait donc d’une société non encore créée et qui a tout de même une activité. Enfin en 2009, elle est créée et immatriculée le 2 février soit postérieurement à la mise en concurrence. Tout ça pour finalement ne déclarer (par exemple en 2007) qu’un chiffre d’affaires de 37 693 euros ! Une fois payée la redevance de près de 10 000 euros, on comprend que le plagiste n’aie plus assez de fonds pour acheter des kleenex. Dommage, nous aurions bien pleuré avec lui.

Puisque la commune demande des informations sur la situation financière des sociétés en concurrence, il serait souhaitable qu’elle exploite ces données au lieu de réattribuer les lots, la plupart du temps, aux mêmes sociétés. Car si demain un sous-traitant ne peut plus payer, on fera comment ? On le dégrèvera de redevance plutôt que de chercher un candidat plus sérieux, voire supprimer un emplacement qui ne vaudrait rien commercialement parlant ?

Car cette observation relevée par la Chambre des Comptes pour le lot 26 est également valable pour d’autres sous-traités d’exploitation. La chambre a étudié successivement les lots n° 8, n° 10, n° 21, ainsi que les lots n° 6 et n° 23. Aussi note-t-elle en préalable qu’elle a constaté que deux élus ayant des liens familiaux avec des membres des sociétés soumissionnaires, n’ont pas pris part aux votes. C’est encore heureux !

Le lot n°8 est une « grande buvette ». Sa redevance est de 25 000€. Or, parmi les associées de la société attributaire, l’une est l’épouse d’un adjoint aux finances de la ville.

Le lot n° 10 présente le même cas de figure de liens familiaux avec le délégataire. De plus, cette société a été créée le 30 janvier 2009, soit après l’ouverture des plis. Enfin, le site internet de cette « plage» fait état de l’organisation régulière de soirées alors que la convention signée avec la collectivité ne prévoit qu’une soirée par saison. Il en est de même pour la carte de restauration qui semble dépasser ce qui est prévu contractuellement.

Ce simple constat fait peser un risque juridique fort sur la décision d’attribution s’agissant de personnes investies d’un mandat électif, et monsieur Mourrut a beau jeu d’expliquer qu’il « n’a pas le pouvoir d’interdire quiconque de se présenter, ou d’interdire aux conjoints et membres de la famille de postuler aux sous-traités ». Néanmoins la sélection des candidats lui incombe in fine, et donc la surveillance de la situation de certains candidats plagistes comme, par exemple, cet autre cas suivant :

Le cas du lot n°21

S’agissant du lot n° 21, le dossier de candidature a été remis alors que la société était en cours de création (encore 750 m² pour 50 m² de bâti, et une mise en concurrence de 15 000 euros pour chacune des cinq saisons estivales à venir (2009-2013). Dans un courrier en date du 6 août 2009 (soit en pleine saison), le responsable du « sous-traité» indique « qu’il est heureux que le sous-traité lui ai été accordé », il informe le maire qu’il « est en cours de constitution d’une société afin de mieux assurer la gestion de cette sous-concession (… ). Je ne manquerai pas, dès leur dépôt officiel, de vous adresser les statuts de celle-ci. ».

Pour autant, le contrat rappelle que le début d’exécution des obligations contractuelles est prévu du 15 avril 2009 jusqu’au 15 octobre 2013 pour la somme de 13 000 euros.

Enfin, et pour information, la Cour a cru bon de signaler qu’une déclaration fiscale de l’intéressé jointe au dossier de candidature faisait état de revenus modestes -régime de la micro-entreprise. On apprend ainsi que « les chiffres d’affaires constatés en 2009 et 2010 restent faibles (17 040 euros en 2009 et 17 940 euros en 2010) !  Même avec ces 15 000€ de mise en concurrence qui ne deviennent que 13 000 sur le contrat, on imagine ce qui reste dans la poche du pauvre micro-entrepreneur. Franchement, gagner en une saison entière ce que le concurrent d’à-côté fait parfois en moins de trois jours… Espérons qu’il reste assez de kleenex au lot n°26 pour que nous puissions continuer à pleurer sur le sort du lot 21.

Passons rapidement sur les lots n° 6 et n° 23, sociétés là encore créées postérieurement à l’attribution des sous-traités. Mais ce n’est pas grave puisque certains sous-traités se voient parfois appliquer des pénalités de retard, au point que la chambre en a relevé au moins 6 en 2008, certes pour des montants pas très élevés, juste manière de marquer le coup et se dire que tout va pour le mieux dans le meilleur du monde mourrutiste.

Et la chambre des comptes de conclure gentiment qu’elle ne peut qu’inciter la collectivité, en se rapprochant du comptable, à être vigilante sur le paiement desdits loyers.

Espérons pour notre part qu’un Mourrut averti en vaille deux et que la saison qui s’ouvre lui aura permis de comprendre qu’il faut savoir faire tourner les plages. Et en bons citoyens, chiche, on l’aide tous à tourner la plage des législatives ?  À part peut-être le lot 21 on a tout et tous à y gagner.

 

Liens vers les épinglages précédents :

1)     La cour des comptes et les comptes un peu courts d’Etienne Mourrut.

2)     Et les Shadocks pompaient…

Aller plus loin : base juridique concernant les sous-traités d’exploitation plages Lire la suite

Le cercle des poètes_2

Notre rendez-vous hebdo des plumes inédites.

Rappelons que cette rubrique est ouverte à toutes et tous. A vos plumes, poètes, ici on ne demande pas vos papiers !

 

Si j’étais Dieu

Si j’étais Dieu, Nom de Moi,

Je ferais cuire tous ces cagots

Ces insupportables bigots,

Ces punaises de sacristie,

Tous ces culs bénis abrutis,

Ces flagorneurs et ces badernes,

Ces lèche-culs qui se prosternent,

Genoux ployés ou culs levés,

Pour Jésus, Allah ou Yahvé.

Ils proclament que je suis Tout,

Que je suis le Grand Manitou

Omniscient, plein de sagesse,

Généreux devant leurs faiblesses,

Et voyez, nom de Moi !,

Comment agissent- ils avec moi !

Ils me traitent comme un vieux con,

Ridicule vieillard abscons,

Fort avide de privations,

Jouissant des propitiations,

Des louanges bêlantes, des sanglants sacrifices,

Capable d’imposer de m’immoler son fils

A celui que j’aurais choisi comme prophète,

Et bavant de plaisir en cette immonde fête.

Si j’étais ce pervers, ce névrosé sadique,

Ce parano borné, ce tyran narcissique,

Si j’étais Dieu, Nom de Moi,

Et si j’étais salaud tout autant qu’ils le sont,

Pour les gratifier d’une bonne leçon

Je leur infligerais cette terrible peine

Qu’ils ont imaginé, par bêtise et par haine,

Que j’eus pu concevoir, que je puisse appliquer :

C’est eux ! Ces tristes cons, eux, que je damnerais !

En enfer les croyants !

Satan, met du charbon !

Mais bouche-toi le nez : ils sont nauséabonds.

Leurs curés, leurs imams, leurs rabbins rabat-joie,

Infligent à tous de Moi une image d’effroi,

D’une espèce de flic, d’adjudant implacable,

Les menacent en mon nom de tourments redoutables.

Ils prétendent m’aimer avec leurs simagrées,

Leurs prières débiles, leurs rituels tarés,

Leurs cérémonials qu’ils veulent grandioses

Mais qui ne sont que le reflet de leurs névroses.

Comme si je pouvais — Moi, Dieu, Être parfait,

Suprême intelligence — être par ça bluffé !

Si j’étais Dieu, Nom de Moi,

Les athées, les sans-dieu, les non-croyants,

Ceux-qui-se-posent-des-questions, les mécréants,

Ceux qui refusent d’ingurgiter

Les réponses prêt-à-porter,

Qu’un soi-disant Élu, prétentieux allumé,

Aurait reçu de Moi !

Pauvre illuminé,

En haut d’une montagne, en quelque lieu secret

Et qu’il aurait transcris dans un livre sacré.

Ceux-là, tous ceux qui doutent, les hommes de Raison,

Ceux qui n’acceptent pas, de la foi, le poison,

Et qui ne vivent pas pour autant en bandits,

Pour ceux-là j’ouvrirais, tout grand, mon paradis.

Si je suis Dieu, Nom de Moi,

Si je suis cet être infiniment bon,

Comment peut-on penser que je suis assez con

Pour vouloir tourmenter

Toute une éternité

Ce pauvre humain mortel qui dans son désarroi

Ne croit pas en moi !

Si je suis cette suprême intelligence

Comment peut-on penser, et par quelle aberrance,

Que j’ai créé les Hommes pour en être adoré,

Et que je prends en compte toutes leurs logorrhées !

Si je suis Dieu, Nom de Moi,

Si j’ai donné à l’Homme la Raison,

Cet outil merveilleux pour poser des questions,

La faculté de pouvoir discerner

Si un événement est vrai,

Possible ou invraisemblable,

Il faut vraiment être minable

Pour penser que je vais punir

Tous ceux qui osent s’en servir !

Par chance, je ne suis pas Dieu, Nom de Dieu…

A la santé de ceux qui refusent de croire,

Satan, verse-moi à boire !

 

 Victorayoli

 

Étienne Mourrut, portrait chinois

Dans le cadre des législatives et de notre série « Apprenez à connaître vos députés », voici le portrait chinois auquel Étienne Mourrut a bien voulu se prêter pour le site Politiquemania. Ce sera sans commentaire de notre part, laissant à chacun (e) le soin de se faire sa propre idée.

 

Si j’étais un objet

Le sceau de la Vème République

Si j’étais un animal

Le guépard

Si j’étais un évènement

L’appel du 18 juin 1940

Si j’étais une couleur

Le bleu

Si j’étais un roman

Le Crabe-tambour de Pierre Schœndœrffer (1976)

Si j’étais un film

Autant emporte le vent du réalisateur Victor Fleming

Si j’étais un lieu

Le phare de l’Espiguette

Si j’étais une devise

« Ce n’est pas la force mais la persévérance qui fait les grandes œuvres »

Si j’étais une légende politique

Le Général de Gaulle

Mon mentor politique

Winston Churchill

Mon plus grand succès politique

Être élu Maire de ma commune en 1983

Mon plus grand échec politique

Les élections régionales de 1992

Ma plus grande réalisation d’élu

La maison de retraite de ma commune

L’évènement politique qui m’a marqué

La guerre d’Algérie

Mon élection la plus difficile

Les législatives de 2002

Mon prochain défi ou mon actualité

Les élections législatives de 2012

Un Ferry qui prend l’eau.

Par Mario. Billet d’humeur mais pas que ça.

Marie Curie

François Mitterrand avait choisi Jean Jaurès et Jean Moulin, François Hollande a préféré commencer son mandat présidentiel par un hommage à Jules Ferry et à Marie Curie. Personne ne semble guère se soucier du choix de cette dernière, même s’il y a peu de chance qu’il soit le fruit du hasard. D’aucuns (ainsi vont les mauvaises langues ou les esprits tordus) n’ont pu se retenir d’y voir une manière subliminale de faire entendre que le nucléaire civil est du côté du bien, du bon, des Nobel… ou que Fessenheim… etc. Si cette intention est fausse (gardons crédit au nouveau président), elle est pour le moins maladroite dans la situation actuelle.

Jules Ferry par Nadar

En revanche, concernant la figure de Jules Ferry, François Hollande a moins de chance qu’avec la Curie puisque c’est déjà la curée.  Désolé, mais on pouvait s’y attendre, surtout de la part d’un candidat maintenant président qui place la jeunesse et l’éducation en cœur de programme.

L’intention première, n’en doutons pas, était certes de louer le fondateur de « l’école laïque, gratuite et obligatoire ». Hélas, dans un pays où les réboussiés ne sont pas l’apanage du seul Midi de la France, l’Histoire n’est jamais aussi simple que celle écrite par les historiens qui ne retiennent que celle des vainqueurs.

Si Ferry a indéniablement été le promoteur de la loi du 28 mars 1882 qui a laïcisé l’école publique (mais il est bon de savoir qu’elle n’est toujours pas appliquée en Alsace-Moselle !), ça ne signifie pas qu’il ait fondé pour autant une « école laïque, gratuite et obligatoire ». Et même lorsqu’un ministre de l’éducation, par exemple Luc Chatel, répète cette ânerie sur les ondes (France-Inter le 2 mai dernier), on ne devrait pas hésiter à le couvrir d’un bonnet d’âne. Avec Ferry c’est l’instruction qui devient obligatoire en 1882, l’école publique a été décrétée gratuite en 1881 et laïque en 1882. Et tout ça est très différent, sauf à confondre école et instruction !

C’est différent car Jules Ferry est partisan de la liberté de l’enseignement, ainsi qu’il s’en explique au Sénat en citant la « concurrence » des « établissements libres » –pas forcément confessionnels– dont il voit la nécessité sur le plan pratique. Ils « courent des aventures », dit-il, font des « expériences » que l’État ne peut se permettre. Autrement dit, d’accord pour le public mais en avant le privé !

Toutefois ce n’est pas tant ce Ferry-pédagogue qui a suscité la récente levée de boucliers contre le choix de François Hollande mais celui qui dans son discours du 28 juillet 1885 prenait quelques longueurs d’avance sur Claude Guéant en déclarant : « Messieurs, (…) il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. (…) Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. (…) De nos jours, je soutiens que les nations européennes s’acquittent avec largeur, grandeur et honnêteté de ce devoir supérieur de la civilisation.»

Clemenceau

Ce à quoi, deux jours plus tard, Clemenceau répondait en ces termes : « Races supérieures ! Races inférieures ! C’est bientôt dit. Pour ma part, j’en rabats singulièrement depuis que j’ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande, parce que le Français est d’une race inférieure à l’Allemand. (…)

Combien de crimes atroces, effroyables ont été commis au nom de la justice et de la civilisation. (…)Et c’est un pareil système que vous essayez de justifier en France dans la patrie des droits de l’Homme !

Je ne comprends pas que nous n’ayons pas été unanimes ici à nous lever d’un seul bond pour protester violemment contre vos paroles. Non, il n’y a pas de droit des nations dites supérieures contre les nations inférieures. Il y a la lutte pour la vie qui est une nécessité fatale, qu’à mesure que nous nous élevons dans la civilisation nous devons contenir dans les limites de la justice et du droit. (…) Ce n’est pas le droit, c’en est la négation. Parler à ce propos de civilisation, c’est joindre à la violence l’hypocrisie. »

Souhaitons donc que la polémique s’apaise rapidement puisque François Hollande vient de livrer le mea culpa suivant :

« Tout exemple connaît des limites, toute grandeur à ses faiblesses et tout homme est faillible. En saluant aujourd’hui la mémoire de Jules Ferry qui fut un grand ministre de l’instruction publique, je n’ignore rien de ses égarements politiques. Sa défense de la colonisation fut une faute morale et politique. Elle doit à ce titre être condamnée. »

 

Pour tenter d’être plus juste

Il faut toujours considérer les propos dans leur époque et leur contexte.  Pour vrai, l’idée colonialiste en séduisit plus d’un, et même parmi les gens de gauche puisqu’on pourrait citer, hélas, Victor Hugo, et je ne me sens pas seul à le considérer pourtant parmi les plus éclairés. Cela n’empêche pas qu’il y ait des esprits plus éclairés que d’autres à un moment donné sur un sujet donné, que Clemenceau en soit la preuve par neuf.

Mais il serait injuste d’oublier qu’en 1892, alors qu’il préside une Commission sénatoriale qui visite l’Algérie, Jules Ferry en revient atterré et déclare : « Nous les avons vues, ces tribus lamentables, que la colonisation refoule, que le séquestre écrase, que le régime forestier pourchasse et appauvrit. (…) Il nous a semblé qu’il se passait là quelque chose qui n’est pas digne de la France, qui n’est ni de bonne justice, ni de politique prévoyante. »

Puis il propose une politique de réformes économiques, politiques et culturelles qui consistent entre autres à : « Arrêter les limites de la colonisation en mettant un terme à “ l’odieux refoulement ” ; redéfinir le régime forestier pour permettre aux Arabes de cultiver les enclaves et d’avoir le nécessaire droit de pacage. Leur donner une représentation municipale aux djemmas, assemblées élues ou nommées pour défendre leurs intérêts. À rendre aux conseillers municipaux musulmans le droit de vote pour l’élection du maire et des adjoints français et augmenter le nombre des assesseurs musulmans dans les conseils généraux. Conserver la langue arabe pour ne pas faire en Algérie ce que font les Allemands en Alsace-Lorraine. »

Comme le dit François Hollande « tout homme est faillible », il a raison de le préciser, et il serait injuste d’accabler celui qui est capable de revenir sur ses erreurs.

et pour clore sur l’éducation

Les lignes qui suivent ne peuvent bien évidemment constituer qu’un avis personnel. Cependant, bien des amoureux ou des spécialistes de la pédagogie auraient vu plus opportun de choisir Condorcet à Jules Ferry. C’est le cas de Christiane Taubira qui en faisait part ce jour sur son blog, et que je rejoins sur les quelques rappels suivants.

Condorcet

Déjà en 1792, Condorcet rédige un décret sur l’organisation générale de l’instruction publique. Il la veut gratuite, obligatoire, laïque et universelle ! Pour garçons et filles ! Et même, au passage, le droit de vote pour les femmes ! Il ne veut plus d’une école qui enseigne à tous la nécessaire compréhension des ordres pour devenir des citoyens obéissants.

C’est ainsi que naît, près de cent ans avant Jules Ferry, cette idée qu’on devrait retrouver en filigrane d’une école réellement républicaine et laïque, cette idée que ne devraient pas oublier ceux qui en ont la charge, et jusqu’aux présidents qui prétendent la soutenir et la développer :

 Plus un peuple est éclairé, plus ses suffrages sont difficiles à surprendre.

Et quitte à chercher des symboles, il eut été tout aussi opportun de sortir de l’ombre cet inconnu au bataillon pour la plupart des enseignants, en la personne de Jean Zay qui fut le ministre de l’Éducation de Léon Blum.

Jean Zay

Jean Zay n’a pas eu la chance d’une longue carrière. Il est mort à 39 ans, fusillé par des miliciens lors d’un transfert de la prison où il ne se trouvait que parce qu’il était un résistant. Malgré ce, il eut le temps de rendre l’école obligatoire jusqu’à 14 ans, le temps de souhaiter cet objectif (toujours pas atteint en 2012) de l’égalité des chances, le temps de combattre les propagandes religieuses et politiques au sein de l’école. Il croyait à la liberté du peuple par l’éducation intellectuelle et morale. Jean Zay visait l’accès au savoir pour tous pour aller le plus loin possible, chacun selon ses capacités et en choisissant son orientation, et dans les meilleures conditions possibles, ce qui le faisait déjà parler de classes à effectifs réduits.

Là où l’école de Ferry généralise l’instruction élémentaire tout en préservant les élites, celle de Condorcet et de Jean Zay met en avant que la lutte contre l’ignorance est le meilleur rempart contre tous les abus de pouvoir et qu’en conséquence, oui, c’est bien cela que l’école doit promouvoir :

« des citoyens difficiles à gouverner ».

 

 

Ces maires qui censurent_2

Commençons par noter un léger progrès concernant le culte de la personnalité autour notre cher député-maire Étienne Mourrut. Dans le dernier bulletin municipal (n° 144_ mai/juin 2012_28 pages) nous n’avons pu dénombrer que 17 photographies de l’élu !

 

 

Certes, actualité oblige, il fallait bien six photos aux seuls côtés de Xavier Bertrand lors de l’inauguration du nouvel hôpital. On ne reçoit pas tous les jours un ministre, pas plus qu’on n’inaugure un hôpital ou une mairie avec vue sur l’horizon marin. Mais réjouissons-nous à cette occasion que soient développés des services de rééducation, de réadaptation et d’addictologie, espérant que les addictions au pouvoir pourront y être soignées, les patients ne devraient pas manquer. Le service de réadaptation sera sans doute très utile après les législatives et devrait connaître un véritable essor après les municipales. Cependant nous sommes plus réservés en ce qui concerne la rééducation, sachant par expérience combien certains cas sont désespérés et toutes tentatives vaines.

Mais bref et revenons plus sérieusement à notre propos, à savoir celui de la page 25 du même bulletin municipal, celle toujours prétendument nommée « Expression libre ».

Nous avions déjà soulevé dans un article précédent combien le procédé de la majorité en place est un modèle d’irrespect envers les partis d’opposition, et donc un déni de démocratie. Cette fois les choses sont plus claires, du moins à lire le bandeau en tête de page : « L’expression Libre est une tribune réservée à l’expression des groupes politiques. Chaque groupe disposera désormais d’un espace proportionnel au nombre de sièges qu’il détient, dispositif identique à celui pratiqué dans d’autres collectivités, comme le Conseil Régional du Languedoc-Roussillon. »

Face à ce choix de guéguerre politique et d’argument de cour de récré (c’est lui qu’a commencé, M’sieur !), nous pourrions citer maintes communes où l’espace rédactionnel est partagé à égalité entre toutes les tendances politiques sans exception, quitte à ce que plusieurs pages soient nécessaires à cet effet.

Toutefois, même s’il a fallu attendre 30 ans pour cette explication à l’espace restreint accordé à l’opposition, nous devrions nous réjouir que monsieur le maire accorde enfin quelque faveur à un système proportionnel. Mais pourquoi dans ce cas le restreint-il aussitôt au nombre de sièges plutôt qu’à la réalité électorale de la ville ? L’opposition ayant réuni 42% des suffrages, il serait de bon ton qu’elle disposât d’au moins 42% d’espace de la page « Expression Libre », voire davantage et nous allons voir pourquoi.

Que dit la loi ?

Si l’on s’en réfère au plus proche Tribunal administratif de Nîmes (ce que nous avons fait), on peut déjà apprendre que diverses jurisprudences ont cru bon de limiter cet espace dû à l’opposition à un nombre de caractères d’imprimerie, par exemple entre 440 et 1500 signes selon qu’il s’agirait d’un élu seul ou d’un « groupe d’élus ». Le même tribunal attire l’attention sur la possibilité du juge de pouvoir sanctionner une « erreur manifeste d’appréciation » ou « un espace abusivement restreint », estimant par ailleurs qu’une page entière pour l’ensemble de l’opposition dans un bulletin de 28 pages ne devrait pas poser problème.

Le problème, si problème il y a, vient du côté bancal de la loi qui précise les conditions d’application de l’article du CGCT (Code Général des Collectivités Territoriales) qui stipule pourtant bien qu’un espace doit être réservé à l’expression des « groupes d’élus ». Juridiquement parlant, l’expression des « groupes d’élus » est reconnue pour les bulletins diffusés par le département et la région (et les villes de plus de 100 000 habitants), mais le législateur ne l’a pas retenue pour les bulletins municipaux. En revanche, l’article L. 2121-27-1 du CGCT stipule que le règlement intérieur du conseil municipal doit définir l’espace d’expression consacré aux seuls élus minoritaires au sein du conseil.

On lira dans le JO Sénat du 02/12/2010 (page 3165) que « pour éviter les contentieux, le directeur de publication doit donc veiller à ce que la tribune politique dont les conseillers municipaux minoritaires doivent disposer apparaisse comme telle ». Autrement dit, non seulement un espace doit être réservé à l’opposition mais il doit l’être pour les seuls élus minoritaires et clairement distinct du reste de la publication, en fonction des modalités prévues par le règlement intérieur. Ce n’est pas au maire de décider d’un espace d’expression accordé au gré de son humeur.

Pour vérification : http://www.senat.fr/questions/base/2009/qSEQ090709519.html

Par ailleurs, si l’on en juge d’après le bulletin municipal du Grau du Roi, bon nombre d’articles ne sont que des réponses aux tracts ou aux journaux de l’opposition. La différence, mais elle est majeure, est que le bulletin municipal est payé avec l’argent du contribuable, donc celui de tous les graulens, y compris les 42% qui n’ont pas envie que leur parole soit prise en otage, y compris les citoyens d’autres bords politiques voire apolitiques qui entendent faire respecter le contrat républicain. Le président de la République l’est pour tous les Français, le maire, à plus forte raison s’il est aussi député, doit l’être pour tous ses concitoyens.

Par delà, notre idée est que le bulletin municipal doit être un journal d’information (il pourrait être bien plus que cela s’il ne consacrait pas 70% de ses pages à l’autosatisfaction), mais qu’il ne saurait être le champ d’un combat politique. Si M. Mourrut et son équipe tiennent à faire valoir leurs idées, qu’ils mettent la main à leur poche et ressuscitent, par exemple, un journal qu’ils baptiseraient Lou Fanal (nous avons bien un Sémaphore…). Là serait mieux à sa place cet article par lequel ils envahissent d’une manière odieuse la page « Expression libre » du dernier bulletin. Outre d’y prendre aussi en otage Albert Camus pour le déployer en anaphore (François Hollande déteindrait-il déjà ?), le lecteur constatera que le texte signé « groupe majoritaire » n’est qu’une réaction à celui proposé par le groupe d’opposition. En clair cela signifie que n’ayant rien à dire qui lui soit propre (ou qu’ils n’aient déjà développé dans les pages précédentes) l’équipe Mourrut attend que lui soit remis le texte de l’opposition pour le critiquer sans même lui accorder le droit légal de réponse, sauf à attendre deux mois et le prochain bulletin municipal. Le procédé, outre d’être hors la loi s’il n’est pas clairement défini par le règlement intérieur, dénote une faute morale inadmissible en terme de démocratie, bien proche de l’ignominie, en tout cas fort déloyale.

Le bulletin municipal peut être consulté ou téléchargé sur le site officiel de la ville : http://www.ville-legrauduroi.fr/

Par ailleurs :

Il est à noter qu’à côté de ceux qui censurent ou sont censurés, il en est d’autres qui n’ont pas à partager ce souci puisqu’ils ont suffisamment d’argent pour s’offrir de pleines pages dans les grands quotidiens (par exemple Midi Libre). Le problème se pose lorsque l’argent et également celui du contribuable (par exemple via le Conseil Général du Gard), et utilisé à des fins partisanes, qui plus est en période électorale. Lire l’article sur : http://camargue.europe-ecologie.net/2012/05/06/publicite-politique-dans-midi-libre/

 

La pêche au muge, c’est mieux que celle à la samotte

Une petite, ou plutôt même une grosse co(q)uille s’est glissée en page 94 du guide touristique du Grau du Roi. On savait déjà nos pêcheurs dé-montés, re-montés… désormais on les sait aussi bien montés !

La municipalité réunie en conseil a fait une drôle de tête (de nœud) et a ri de la même couleur que celle du ciré à cette belle pite qui s’est introduite par omission dans le guide 2012. Ne remettons pas en cause les compétences du directeur de l’o (ri) ffice de tourisme qui avait peut-être ce jour-là l’esprit ailleurs et n’a pas vu ces boulettes rouler en bas de page. Tout de même, la page 69 eut été plus adéquate.

Les touristes savent maintenant à quoi s’attendre si jamais ils prennent le large. Les capotes (xxl) sont même fournies en cas de coup de… mer.

Et pour en finir avec les paillardises voici une petite devinette : Combien devrait mesurer un phallus s’il était placé sur votre front pour que vous puissiez en voir le bout ?

A gagner : un tour en pédalo le jour de votre choix.

Avis aux amateurs et amatrices !

Et sur ce, Chalut !

Quelques données justes pour lutter contre quelques idées fausses

 

 

 

 

 

Les pauvres sont des fraudeurs ? Faux !

La fraude aux prestations sociales est évaluée à environ 3 milliards € et concernerait 1% des particuliers.Dans ces 3 milliards figure une part de fraude due aux médecins qui font des dépassements d’honoraires mais 90% de ces 3 milliards sont récupérés. La CNAF estime le taux de fraude à 0,46% pour les prestations familiales, 3,1% pour l’API (Allocation Parent Isolé), 3,6% pour le RMI-RSA.En comparaison, la fraude aux prélèvements sociaux due aux entreprises est évaluée entre 8 et 12 Milliards € et concernerait 10% des entreprises.La fraude fiscale était évaluée entre 20 et 25 Milliards € par le Conseil des prélèvements obligatoires en 2007, à 30 Milliards € si on écoute la Direction du Budget, ou encore 50 Milliards € si on se fie à la Commission Européenne.

Les minima sociaux sont trop élevés en France ? Comparons !

 La France est dans la moyenne européenne. Le montant des minima sociaux pour une famille de deux enfants s’y élève à 72% du seuil de pauvreté, soit à 60% du revenu médian alors qu’il est en moyenne de 76% dans l’Union Européenne.Le montant des minima sociaux (RSA, AAH) ne connaît pas la même progression que l’ensemble des revenus. En 1988, le Revenu Minimum d’Insertion équivalait à 50% du SMIC. En 2012, le RSA socle est à 42% : soit 474,93 € pour une personne seule.

Les gens font tout pour toucher un maximum d’aides ? Faux !

La moitié des personnes éligibles au RSA n’en fait pas la demande. Au 31 décembre 2010, une étude du Fonds CMU estimait que le nombre de personnes n’ayant pas recours à la CMU-C(couverture maladie universelle complémentaire) était de plus de 20%.Les raisons : la volonté de ne pas dépendre de l’aide publique, la complexité des démarches, le manque d’information, le souhait de ne pas être contrôlé…

L’immigration coûte à la France ? C’est le contraire !

L’immigration coûte chaque année 48 milliard d’euros à la France en prestations sociales, mais elle rapporte 60 milliards d’euros en impôts et cotisations sociales.La population immigrée est en moyenne plus jeune et en bonne santé que les autres habitants de la France. Or dans les prestations sociales la maladie pèse 47% et la retraite 31% (les autres dépenses étant les allocations chômage, le RSA, les allocations logement et les allocations familiales). La population immigrée est donc une chance pour aider au paiement de nos retraites.En moyenne, la contribution nette de chaque immigré (différence entre ce qu’il verse et ce qu’il reçoit) est de l’ordre de 1500 € par an.

En l’absence de l’immigration, le besoin de financement de la protection sociale en France augmenterait de 2 points de Produit Intérieur Brut.

Sans compter que l’apport de l’immigration à notre pays ne se limite pas à cet aspect comptable. Il est aussi et surtout humain, culturel, scientifique, artistique, etc.

La proportion d’étrangers augmente d’année en année ? Comparons !

Leur part dans la population était de 6% en 1926, 6,3% en 1990 et 5,8% en 2008.

La France est un des pays d’Europe qui accueille le plus d’immigrés ? Faux !

Avec un taux d’accroissement naturel de 4 pour 1000 et un taux d’accroissement migratoire de 1 pour 1000, la France est le pays d’Europe dont la croissance démographique annuelle dépend le moins de l’immigration.

En 2010, la part des personnes immigrées sur la population totale s’élevait à : Autriche (16 %), Suède (14 %), Espagne (14 %), États-Unis (13 %), Allemagne (13 %), France (11 %), Pays-Bas (10 %), Royaume-Uni (10 %), Belgique (9 %), Italie (7 %)

La France accueille toute la misère du monde ? Voyons !

Dans l’ensemble, les migrants représentent par rapport aux non-migrants de la société d’origine une population sélectionnée : en meilleure santé, plus instruite, plus entreprenante, dotée d’un minimum de ressources. La part des immigrés diplômés de l’enseignement supérieur est passée de 12 à 25% entre 1990 et 2007. La moyenne nationale est de 29%.

Les Roms sont fainéants, fraudeurs et tricheurs ? Et ta sœur !

Tout est fait en France pour que les Roms de Roumanie et de Bulgarie n’aient pas le droit de travailler : une « période transitoire » les empêche d’avoir les mêmes droits que les autres européens avant fin 2013.Pour travailler, ils doivent disposer d’une autorisation de travail. Les délais d’obtention sont de 3 à 6 mois à partir d’une promesse d’embauche à temps plein. Le plus souvent, l’employeur (qui doit en plus payer la taxe due à l’OFII – Office Français pour l’Immigration et l’Intégration – pour l’embauche d’un étranger) ne peut attendre la réponse et embauche quelqu’un d’autre.

Les étrangers profitent facilement des minima sociaux ? Faux !

 Il faut être en possession d’un titre de séjour et d’une carte de travail depuis au moins cinq ans pour bénéficier du Revenu de Solidarité Active (RSA) si l’on est natif d’un pays extérieur à l’Union européenne.

 Les enfants d’immigrés sont plus en échec scolaire que les autres ? Faux !

 C’est la pauvreté qui est la plus grande cause d’échec scolaire et non pas l’immigration. À niveau social égal, les descendants d’immigrés ne sont pas plus touchés par l’échec scolaire que le reste de la population.

Les parents sont démissionnaires dans les familles pauvres ? Voyons !

 Les parents défavorisés ont souvent peur de l’école car ils sont marqués par leur échec d’enfant. Par ailleurs, 80% des mères non-diplômées s’estiment dépassées pour aider leurs enfants études au collège, contre 26% seulement des mères diplômées.

Mais le lien entre pauvreté et échec scolaire n’est pas fatal : il est moins fort qu’en France dans d’autres pays développés, et très faible au Canada, en Finlande, au Japon ou en Chine. De même ce n’est pas parce qu’ils ne travaillent pas que les enfants pauvres réussissent moins bien à l’école. Les causes sont plus complexes. Par exemple, le niveau de diplôme des parents (particulièrement celui de la mère) et, de manière plus globale, les possibilités d’encadrement de la scolarité par les familles revêtent une importance au moins aussi grande que leur situation socio-économique.

Les pauvres se complaisent dans leur situation ? A votre avis ?

Personne n’accepte de vivre dans la misère. La distinction entre « bons pauvres » et « mauvais pauvres » traverse toute l’histoire de la pauvreté. Cette distinction est surtout le reflet du manque de volonté politique de s’attaquer vraiment à la pauvreté. C’est plus facile de s’attaquer aux pauvres.

Les pauvres sont exemptés d’impôts ? Ah bon !

 Les plus pauvres peuvent parfois se faire exonérer de charges et d’impôts, mais il faut effectuer beaucoup de démarches avant d’obtenir ces exonérations et il faut les renouveler régulièrement. Globalement, le taux moyen d’imposition (impôts directs et indirects) des 10% les moins riches est d’environ 40%, celui des 0,1% les plus riches d’environ 37%, et celui des revenus moyens de 45 à 48%.

NB : pour les plus hauts revenus, les taux réels d’imposition sont souvent très inférieurs aux taux affichés, à cause des niches fiscales. Grâce à elles, une partie des plus hauts revenus échappe à une part de l’imposition. La Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) représente la moitié des recettes de l’État et les pauvres la paient comme tout le monde sur chaque produit ou service qu’ils consomment.

L’école réduit les inégalités sociales ? Au contraire !

 En France, l’impact du milieu social sur la réussite ou l’échec scolaire est plus grand que dans beaucoup d’autres pays, et il grandit au fil des années. En 2009, plus de 75% des élèves dont les parents sont cadres ou professions intellectuelles ont obtenu le bac général, contre 33% pour les enfants d’ouvriers et 41% des enfants d’inactifs.

D’autres données ainsi que toutes les sources relatives aux chiffres donnés dans cet article se trouvent dans le document PDF que vous pouvez ouvrir ou télécharger ici : Ideesrecues[1]

N’hésitez pas à le faire circuler aussi souvent que vous entendrez des arguments fantaisistes ou des chiffres sans fondement.

Travail réalisé par ATD Quart Monde et la MRIE, Mission Régionale d’Information sur l’Exclusion en Rhône-Alpes.

Mouvement ATD (Agir Tous pour la Dignité) Quart Monde France http://www.atd.quartmonde.fr/ideesrecues