Le convertisseur d’unités Liliane

Autant prendre l’expérience qui suit avec humour et comme un jeu, même si nous ne doutons pas qu’elle mettra les boules à certains. C’est pourtant utile, nous dit-on, de savoir relativiser les choses. Par exemple en période d’augmentation du SMIC. Bien sûr, un salaire indexé sur la croissance n’a rien à voir à celui indexé sur l’unité « mamie Bettencourt ». C’est pourtant ce que propose de vérifier le site Kingconv où nous vous invitons à aller faire un tour.

Dès l’accueil, entrez le chiffre correspondant à votre salaire annuel, ensuite choisissez ou non d’imposer madame Bettencourt à 75 % selon qu’à votre avis elle le vaut bien ou pas. Et c’est parti, vous allez pouvoir relativiser votre salaire, savoir où vous vous situez dans l’échelle du travailler plus pour gagner plus. C’est pas simple, la vie ?

Pour notre part nous avons essayé en entrant successivement un RSA socle, soit 5 000 euros annuels, puis un salaire plus confortable de 5 000 euros mensuels, soit 60 000 annuels. Nous réserverons notre conclusion plus sérieusement pour un prochain article sur les salaires, mais ce petit test nous a néanmoins fait avancer dans notre conception de la relativité. Dans ce monde actuel de l’argent, même Jean de La Fontaine aurait du mal à faire gagner la tortue sur le lièvre. Selon où tu te places sur la ligne de départ… ce sera toujours : cours, camarade, cours, t’es pas encore rendu !

A vous de jouer !

http://convertisseur.kingconv.com/v/liliane/

 

 

Fenêtre sur Tour


B4 / fenêtres sur tour est un webdocumentaire de Jean-Christophe Ribot visible depuis quelques jours sur le site de France Télévisions.
« Une façade d’immeuble, 12 étages, 12 locataires, 12 portraits qui se dessinent, de la cuisine au salon, devant l’embrasure d’une fenêtre ou un écran de télévision. Du portrait intime au repas de famille, les fenêtres de ce grand ensemble regorgent de vie, de moments singuliers et d’atmosphères particulières. Tous ces locataires vivent dans différents grands ensembles d’Ile-de-France. B4 les réunit. »

Une fois sur le site, cliquez sur l’étage de votre choix, ou mieux si vous avez le temps, passez les tous en revue. C’est mieux qu’un reportage télé qu’on ne peut pas arrêter en cours de route. Prenez votre temps. Pour une fois qu’on vous parle de la vraie vie…

note : ne pas cliquer sur l’image en haut de cet article mais ici : http://www.francetv.fr/nouvelles-ecritures/banlieue-b4/#

Le cercle des poètes_5

Notre rendez-vous hebdo des plumes inédites.

Rappelons que cette rubrique est ouverte à toutes et tous. A vos plumes, poètes, ici on ne demande pas vos papiers !

 

 

Rambo ou Raimbaud

Et il faut bien un jour se rendre à l’évidence,

Malgré nos nuits d’octobre et nos âmes blessées,

Les mille bleus au cœur de nos adolescences,

Il faut se résigner : On sera pas Musset…

 

On peut boire à plus soif, distiller l’océan,

Repolir nos baisers, les réduire en copeaux,

Pour partir emprunter la chaussée des géants,

Tout ça ne suffit pas pour devenir Rimbaud…

 

Je fouille dans le sac de mots que j’ai trouvés,

Recherchant la magie qui pourra me permettre

De donner un visage à ce que j’ai rêvé,

Pour exister un peu à l‘ombre de nos maîtres.

 

Perclus de souvenirs, j’avance doucement

Sur les sentiers perdus, essayant de comprendre :

Faut-il vraiment guérir du tourment des amants,

Et se perdre à jamais sur la carte du Tendre ;

 

Ce qu’un autre a crié nous faut-il donc le taire,

Et accepter ce monde en tendant l’autre joue ;

Attendre de Jersey une voix de tonnerre,

La Mère Liberté, dos au mur, mise en joue !

 

Mes frères, mes amis, les mots ont tant perdu,

Détournés, asservis ; C’est une langue morte

Qu’il faut ressusciter .Trop de voix se sont tues,

Et les nôtres enfin seront-elles assez fortes ?

 

Rimbaud s’est en allé, Hugo nous a quittés,

Ils ont laissé le feu par-delà le tombeau,

Aujourd’hui il est temps car à la vérité,

Si Arthur est bien Je, l’Autre est hélas Rambo.

Cardinalice

LETTRE OUVERTE À FRANÇOIS HOLLANDE

NON AU « PACTE BUDGÉTAIRE », PAS D’EUROPE SANS CITOYENS !

Monsieur le président de la République,

Lors de la campagne électorale, vous avez annoncé votre volonté de renégocier le Traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) de la zone euro, dit Pacte budgétaire, signé par Nicolas Sarkozy et 24 autres dirigeants européens le 2 mars dernier.

Ce traité durcit et rendrait irréversibles les politiques d’austérité en Europe en interdisant définitivement tout déficit « structurel » supérieur à 0,5%. Le déficit « structurel », notion incompréhensible des citoyens et fort controversée parmi les économistes, sera évalué de façon arbitraire par les experts de la Commission. Le Pacte budgétaire prévoit des sanctions automatiques contre les pays contrevenants, coupant court à tout débat. L’aide aux pays en difficulté, prévue par le Mécanisme européen de stabilité, sera conditionnée par l’application de plans d’austérité, de privatisation et de libéralisation. Les marchés financiers et les banques, activement soutenus par la BCE, continueraient à imposer leur loi aux gouvernements. L’Europe s’enfoncerait encore plus dans la dépression et le déni de démocratie, et signifierait la misère pour le plus grand nombre. L’extrême droite continuerait à se renforcer jusqu’à imposer ses thèses autoritaires et xénophobes sur les débris de l’Union européenne.

Pour éviter cela vous souhaitez « ajouter un volet sur la croissance » au Pacte budgétaire. La croissance ? Nous ne voulons plus de cette croissance prédatrice et inégalitaire portée par le néolibéralisme. Lire la suite

En passant par la Bourgogne avec Amazon

Heureux Bourguignons ! Le géant américain Amazon va créer mille emplois à Chalon sur Saône. Aubaine pour de futurs non-chômeurs, qui la doivent sans doute au ministre du redressement productif, qui est également président du Conseil général de Saône-et-Loire, et donc Arnaud Montebourg.

1000 emplois ! Impossible de rater l’événement puisqu’un TGV entier de journalistes a fait le déplacement et que même France 2 s’est fendue de l’info au 20 heures. Tout ça pour savoir quoi ? Par exemple si on veut savoir si ces emplois correspondent à mille CDI… euh… Faut pas déconner, quand même ! Et les subventions publiques, y a des subventions publiques, hein ? Ben…euh… faut voir. A quelle hauteur est la participation de l’impôt national pour chacun de ces emplois ? Faut voir, on vous dit ! Bon, bon, vous fâchez pas, Arnaud. Juste une dernière question, alors. Pourquoi le siège social d’Amazon Europe est-il installé au Luxembourg ? Y aurait pas un peu de fiscalité arrangeante là-dedans ? Allez, dégagez, vous m’emmerdez avec vos questions.

Ah, ces grecs indociles…

encore une info d’enfumage.

D’où viennent ces 70 000 fonctionnaires grecs qui auraient été embauchés en violation des accords? Le chiffre a fait la une du Figaro, qui le reprenait du journal grec To Vima, mais qui a vraiment lu le rapport qui dénonce cela et qui, de toute façon, est issu de la troïka.

En comptabilisant le nombre de fonctionnaires sur l’année écoulée, ce chiffre passe de 692 301 (fin 2010) à 668 035 (fin 2011), soit une baisse nette de 24 266 fonctionnaires, dans le même temps où 40 000 fonctionnaires sont partis à la retraite. Le rapport pointe certes des embauches, mais Okeanews en compte 12 621 et souligne que la troïka juge que 4 885 d’entre elles seraient excessives. Où sont passés les 70 000 ? Mystère.

Alain Salles, qui est correspondant du Monde à Athènes, s’est lui aussi plongé dans le rapport. Toujours pas de 70 000 fonctionnaires embauchés mais il note les dysfonctionnements pointés par la troïka, ce qui l’amène à souligner que « le gouvernement socialiste de Georges Papandréou n’a pas appliqué en 2010 la règle d’un fonctionnaire embauché pour cinq départs, devenue un pour dix en juin 2011. Les recrutements auraient dû, selon ces règles, être au nombre de 8 000. Ils ont atteint plus du double : 16711. » Ainsi nous avons d’un côté les 12 621 d’Okeanews et d’autre part les 16 711 d’Alain Salles. Mais où sont passés les 70 000 ? re-Mystère.

Au service macroéconomie du Figaro, qui a pourtant osé en faire sa une, on avoue ignorer d’où sort ce chiffre. On l’a repris sur To Vima, où l’a repris l’AFP, où s’est servi le journal Le Temps (Suisse), etc. Et on appelle ça de l’info !

Mais si le chiffre a toutes les chances d’être faux, le message qu’il colporte est loin d’être innocent. Le journal To Vima est réputé pour sa proximité avec la troïka, pro-mémorendum et politique d’austérité à la Merkel. Difficile d’oublier qu’au même moment Antonis Samaras, le nouveau premier ministre grec fraîchement élu sort de l’hosto pour décollement de rétine, ou que son ministre des finances, lui aussi hospitalisé, vient de démissionner pour raisons de santé. Quel rapport ? Eh bien que tous ces petits bobos ou ces grands malades incapables de constituer un gouvernement ont contraint la troïka à retarder sa venue prévue à Athènes. Mais là-bas, personne ne dit « le changement c’est maintenant ». Non, le message fuité reste clair : vous n’avez pas tenu vos engagements, vous pouvez vous asseoir sur vos gels de baisse du nombre de fonctionnaires.

Non mais ! Qui croyez-vous qui commande !

Hold-up électoral à Athènes

Source : article publié dans les blogs de Mediapart. Par Vicky Skoumbi, rédactrice en chef de la revue grecque aletheia et Dimitris Vergetis, psychanalyste, directeur de la revue.

Ndlr : les illustrations ainsi que la vidéo en fin d’article sont ajoutées par Sémaphores.

Le 17 juin, le peuple grec s’est prononcé pour un gouvernement de coalition autour de la Nouvelle Démocratie, c’est du moins sous cet angle que l’énorme majorité des médias présentent les résultats électoraux en Grèce. Le verdict populaire aurait porté au pouvoir ce parti et son ex-adversaire, et actuel allié, le Pasok. « C’est la volonté exprimée du peuple grec que tout bon démocrate a le devoir de respecter », martèle-t-on de tous les côtés. S’agit-il pour autant d’une volonté librement exprimée ? Depuis plusieurs mois, et plus particulièrement depuis le 6 mai, les dirigeants européens s’acharnent à terroriser le peuple grec en brandissant la menace de l’exclusion de l’Eurozone et en lui promettant l’apocalypse, si jamais il osait confier l’avenir du pays à Syriza. Les Grecs ont été mis face à un choix forcé, à l’instar du dilemme biaisé « la bourse ou la vie ». Le couteau sous la gorge, ils se sont résignés à porter le parti de droite, la Nouvelle Démocratie, au pouvoir – avec moins de 30% de voix, une majorité toute relative. Mais, dans ces conditions, parler d’élections libres est une duperie. La liberté n’est pas seulement une question de respect tatillon de procédures formelles, elle relève surtout du libre exercice du droit de vote. Or, le peuple grec avait subi avant les élections un matraquage médiatique impitoyable, fait de déclarations allant de la menace sournoise à la consigne de vote.

Dans le deuxième cas, l’exemple le plus flagrant est l’éditorial du Financial Times Deutschland, écrit en grec, qui exhortait les électeurs à ne pas voter pour « le démagogue » –Tsipras, pour ne pas le nommer– tout en les appelant explicitement à voter pour la Nouvelle Démocratie. Dans le premier cas, Hollande, dans le rôle du conseiller amical, prévenait les électeurs grecs que, pour leur propre bien, il ne fallait pas voter Syriza au risque de le payer très cher. De l’intimation à voter pour la droite ou à voter contre la gauche radicale, se répète, à quelques nuances près, le même motif : surtout ne pas voter Syriza ! Ainsi une opération internationale de dépossession du peuple grec de sa souveraineté se déployait à ciel ouvert, sans que la plupart de ceux qui jurent par la démocratie ne trouvent grand-chose à redire.

Cette campagne d’intimidation et de manipulation a en partie porté ses fruits : Syriza n’est pas arrivé en tête, et l’Europe, nous-dit-on, a échappé de justesse à la désagrégation qu’aurait inévitablement produite le rejet de la politique d’austérité. Oui, le peuple grec a voté la peur au ventre : 48% des électeurs se sont décidés en redoutant qu’une dénonciation du Mémorandum et des mesures d’austérité qui l’accompagnent, conduise au bannissement de la Grèce hors de l’Europe. La propagande orchestrée dans le pays et à l’étranger s’est avérée d’une efficacité redoutable.

Cependant, on aurait tort de croire que l’opération d’intimidation et de chantage s’est limitée à des ingérences étrangères. A l’intérieur même du pays, elle a pris l’allure d’une véritable campagne de terreur. Les médias de masse et le personnel politique d’ex-grands partis se sont livrés à une surenchère de diffamation de Syriza, versant dans le catastrophisme le plus délirant. Qui plus est, au sein de banques et de grandes entreprises, les employés ont été mis en demeure de faire le bon choix : en cas de victoire de Syriza, ils devraient s’attendre à des dépôts de bilan et à des licenciements massifs. Dans ces conditions, le fait que 27% des électeurs aient fait confiance à Syriza constitue un vrai acte de courage.

Quant aux dirigeants européens, ils pensaient être dans leur droit en imposant à un peuple européen des élections sans véritable choix.  Mais dès lors que les élections se réduisent à une mascarade où les dés sont pipés, la démocratie s’en trouve fatalement frappée de discrédit. Il y a fort à parier que bientôt l’Aube Dorée, le parti néonazi, fera un score à deux chiffres. Car l’exaspération et l’impuissance face à ces ingérences indécentes, ainsi que la certitude d’avoir été dépossédé de la souveraineté tant populaire que nationale, alimentent un sentiment violement anti-européen qui fait le lit du parti néonazi. Une Europe construite comme un ensemble de mécanismes institutionnels destinés à servir les intérêts financiers et allant, pour ce faire, jusqu’à déposséder les peuples de leurs droits, est-t-elle encore compatible avec la démocratie ? En écartant les peuples européens de toute prise de décision importante, les dirigeants européens font le bonheur des partis nationalistes et de l’extrême droite. La prise en otage d’un peuple entier, pour lui extorquer un semblant d’assentiment à un processus de dévastation sociale, est-il le signe annonciateur d’un divorce définitif entre l’Europe et l’idéal démocratique ? L’UE, à la pointe de la campagne de désinformation et d’intimidation du peuple grec, a-t-elle dores et déjà signé le décret de mort de l’idée-même d’Europe démocratique ?

 

La vidéo qui suit a été (pas assez) largement diffusée. Elle témoigne, sans que nous ayons besoin d’ajouter d’autres commentaires, des « arguments » avancés par le parti néo-nazi Aube Dorée lors de débats télévisés.

Stayin’ Alive

Le coup de coeur musical de la semaine est proposé par un internaute sémaphorien. Preuve qu’on l’avait raté, il a déjà été visionné par 1,7 millions de personnes sur la Toile.

Tout le monde a en tête ce tube des Bee Gees qu’est Stayin’ Alive. Mais caler dessus –et avec un maximum de précision– des images extraites d’une dizaine de comédies musicales qui font revivre Rita Hayworth ou Fred Astaire, fallait d’abord y penser. Allez ! Un bon moment de fraîcheur pour ce début d’été.

Carton rouge vif pour gouvernement rose pâle

« Je suis pour que la Grèce reste dans la zone euro mais les Grecs doivent savoir que cela suppose qu’il y ait une relation de confiance », a osé affirmer François Hollande mercredi dernier, dans un entretien accordé à la chaîne de télévision grecque Mega Channel

« Il appartient aux Grecs de se prononcer souverainement. Mais leur choix est aussi de savoir s’ils veulent rester ou non dans la zone euro. Ce qui suppose le respect des disciplines budgétaires et des mesures concrètes pour la croissance », a expliqué Bernard Cazeneuve, ministre délégué aux affaires européennes. Disant cela il ne faisait que remettre une couche d’intox aux propos déjà tenus par ses patrons Fabius et Moscovici qui rabâchent depuis une semaine que « Différer tous les engagements revient à sortir mécaniquement de la zone euro. Ce qui est négociable, c’est la croissance, ce n’est pas le respect des disciplines budgétaires. »

Que la honte soit donc sur ces messieurs du social-libéralisme qui n’osent même pas prononcer le nom de Syriza, qui se sont autorisé sans vergogne une ingérence dans la politique d’un pays étranger tout en feignant de souligner sa souveraineté, et tentent de faire croire aux Français que le vote grec peut entraîner mécaniquement une sortie de la zone euro.

Mensonge ! Où ce mécanisme serait-il inscrit et acté dans le Traité de Lisbonne ou le mémorandum ?  Non messieurs les socialo-libéraux, personne ne peut sortir la Grèce de l’euro sauf à le faire en toute illégalité. Alors à quoi riment ces menaces et cette intimidation ? Et combien de fois faudra-t-il répéter que Syriza n’a JAMAIS souhaité sortir de l’euro contrairement au mensonge que vous voulez imposer, pas plus que ne le souhaitent les fronts de gauche français, allemand ou espagnol ? Ainsi que le rappelle Pierre Laurent, secrétaire national du PCF : « La France ne doit pas appuyer le chantage de Mme Merkel et des tenants du consensus libéral. La question n’est pas la sortie de la zone euro ou non, mais sa refonte ».

On peut comprendre qu’il ne soit pas aisé pour le gouvernement Hollande de rassurer de rassurer à la fois Mme Merkel et les marchés financiers tout en soutenant un parti de gauche tel que Syriza. C’est néanmoins une position claire qu’attendent dans les jours à venir les quatre millions d’électeurs français qui ont permis aux socialistes et à quelques Verts de devenir le gouvernement actuel. Et ne nous y trompons pas en ce temps où toutes les digues semblent se rompre, la vraie question posée en filigrane de cette attente est : le PS est-il toujours un parti de gauche ?

Car la victoire présidentielle française, confirmée par les législatives, ne doit pas faire oublier qu’elle est due à l’ensemble des forces de gauche. Rapportée au scrutin grec de ce dimanche 17 juin, et si l’on peut se permettre de « traduire » en français le résultat grec malgré les quelques différences d’un parti à l’autre, la situation est grosso mode celle-là : UMP (Nouvelle Démocratie) = 30%, FRONT de GAUCHE (Syriza) = 27%, PS (Pasok) = 12%.

Or, sous la pression des marchés (mais semblant aussi réjouir les socialistes français), le bruit court d’une possible alliance entre le Pasok et ND, une Démocratie Nouvelle qui, il faut le savoir, n’existe que parce qu’elle a déjà rallié en son sein d’anciens dirigeants du parti LAOS, qui était un équivalent du FN français, distinct en Grèce du parti néo-nazi Aube Dorée.

Ainsi, si la nouvelle majorité grecque devait être un UMPS extrême-droitisé dans le seul but d’écarter un Front de Gauche et que ce choix soit entériné par le PS français, notre question « Le PS est-il encore à gauche ? » n’en serait que davantage légitimée. Les réponses à la question appartiennent donc encore à un futur bien proche qu’il serait injuste ou précipité d’hypothéquer. Nous croisons juste les doigts, sachant que l’Histoire aime bien bégayer, pour que nul ne soit tenté de répéter : « Plutôt Hitler que le Front populaire ! »

Ne reste pas moins que ces manipulations déplacées du gouvernement Hollande, arrivant de surcroît après un refus de recevoir Alexis Tsipras (voir notre article précédent) méritaient tout de même ce carton rouge, ne serait-ce que pour ouvrir le nécessaire débat.

 

Communiqué d’Attac France

Union européenne-Grèce : 1-0

Les grands médias, les dirigeants européens ont ouvertement menacé le peuple grec du chaos pour promouvoir la « Nouvelle Démocratie », qui remporte de peu les élections législatives en Grèce. Le parti conservateur pourrait former une coalition avec le Pasok, d’orientation social-libérale, pour continuer à imposer le mémorandum et ses plans d’austérité drastiques qui ont mené le pays à une récession inédite et à une situation proche de la catastrophe humanitaire.

Ce sont pourtant ces deux partis, avec la complicité des dirigeants européens – français y compris – qui ont mené la Grèce dans le gouffre : corruption d’État, cadeaux fiscaux, travaux pharaoniques, explosion du budget militaire, maquillage des comptes…

On a voulu faire croire que la gauche alternative grecque, représentée par Syriza, était hostile à l’euro. Bien au contraire, ses propositions sont les seules à même de sortir la Grèce et la zone euro de la crise : rompre avec l’austérité, réaliser un audit de la dette pour permettre son annulation partielle (avec mise à contribution des banques et des plus riches), refonder la zone euro pour qu’elle ne soit plus soumise aux marchés financiers.

La probable coalition pro-austérité ne pourra qu’enfoncer la Grèce un peu plus dans la crise. Partout en Europe, l’austérité donne des résultats catastrophiques : l’Irlande et le Royaume-Uni, « bons élèves » de la rigueur, sont en train de sombrer. L’Espagne, attaquée par les marchés financiers, est au bord du gouffre, et l’Italie s’en rapproche. Pourtant, les dirigeants européens s’obstinent à promouvoir des politiques injustes et absurdes, tout en volant au secours des banques privées par tous les moyens.

En apparence plus nuancé, le gouvernement français se refuse lui aussi à remettre en cause l’austérité : il s’est réjoui de la défaite de la gauche alternative en Grèce, et promet lui aussi de « tenir ses engagements » de réduction à marche forcée des déficits [1]. C’est suicidaire en période de récession, et ce n’est pas le « Pacte pour la croissance » que s’apprête à proposer François Hollande qui pourra y changer grand-chose : il se borne à des mesures en faveur de l’investissement privé, pour des montants inférieurs à 1% du PIB de la zone euro.

En Grèce, la montée rapide de Syriza témoigne de la vivacité de la résistance. Partout en Europe, les voix s’élèvent pour dénoncer l’escroquerie de l’austérité portée par la Troïka, au nom d’une autre solidarité européenne : celle des citoyens et des mouvements sociaux.

A Paris, le 23 juin – à l’occasion des assises des collectifs pour un audit citoyen de la dette – se tiendra un grand apéritif-meeting festif contre l’austérité et en solidarité avec le peuple grec, à 18h place Stalingrad. Les syndicats, associations, réseaux citoyens et forces politiques qui seront présents discuteront des initiatives à prendre : il est urgent d’organiser la résistance, au plan national et européen, contre le rouleau compresseur de l’austérité. Une autre Europe est possible !

Attac France,

Le 18 juin 2012

[1] Le gouvernement français s’est félicité de la victoire de la droite en Grèce, par la voix de sa porte-parole  Najat Vallaud-Belkacem (ce matin à France Inter), et a répété que la Grèce doit « tenir ses engagements » et appliquer le mémorandum.

Liens :

 

Le gouvernement français s’est félicité de la victoire de la droite en Grèce, par la voix de sa porte-parole  Najat Vallaud-Belkacem (ce matin à France Inter), et a répété que la Grèce doit « tenir ses engagements » et appliquer le mémorandum.

NON à la règle d’or !
NON à la ratification du nouveau traité européen TSCG!

RASSEMBLEMENT à AVIGNON
Samedi 23 juin – 14 heures
devant la Préfecture de Vaucluse
Ancienne caserne Chabran, boulevard Limbert

 

Communiqué de La FASE

Grèce : une « victoire » de la droite à la Pyrrhus ?
« Nouvelle démocratie » – le parti de droite – a « gagné » les élections du 17 mai en Grèce. La pression conjointe des gouvernements et dirigeants de l’Union européenne ainsi que des médias a transformé cette élection, comme en Irlande, en référendum pour ou contre l’appartenance à la zone euro et à l’Union européenne. Tous ont martelé, à l’envi, ce chantage mensonger que, du résultat de ce vote, dépendraient les financements programmés pour faire face aux crises générées par les « dettes ».
Pour autant, cette « victoire » ne règle rien. Reste à constituer une majorité pour gouverner et continuer à imposer les plans d’austérité à un peuple exténué, même en procédant à quelques aménagements sur les délais de remboursement. L’« alliance » obligée des « familles » Caramanlis (droite) et Papandréou (parti socialiste) n’y suffira pas, même si cela permettra de « rassurer les marchés » et de passer l’été.
La « victoire » de la droite, ce 17 mai, rend encore plus urgente une réelle alternative à gauche. Le pire n’est pas exclu comme le montre le maintien d’une vingtaine de députés se réclamant du nazisme dans un pays qui a déjà payé très cher en la matière.
Le résultat électoral historique de Syriza – une coalition de gauche d’une douzaine de sensibilités politiques, dirigée par Alexis Tsipras – passant de 5 % puis de 16,78 % à près de 27 %, en est d’autant plus important.
Syriza est, aujourd’hui, la seule force politique opposée aux plans d’austérité capable d’offrir une alternative aux néolibéraux de tous poils acceptant les diktats de l’Union européenne. C’est une occasion sans précédent pour Syriza de devenir durablement l’expression politique et sociale de la gauche de transformation sociale en Grèce.
Syriza doit pouvoir compter sur notre solidarité. Nous devons imposer à nos propres gouvernements de cesser d’accabler le peuple grec et les autres au nom des intérêts de la finance.
L’alternative sera européenne ou ne sera pas : en France, comme ailleurs, pour asseoir fermement le refus du Pacte de stabilité budgétaire, une simple négociation ne suffira pas.
Afin que la nouvelle majorité tienne compte des attentes du plus grande nombre et que l’avis populaire soit entendu dans toute l’Europe, il faut qu’un référendum permette de discuter et rejeter le Traité Merkel-Sarkozy imposant l’austérité.
La FASE le 18 juin 2012

 

C’est quoi la majorité « nationale » ?

Si ce qu’on veut prendre pour la réalité ne sert qu’à masquer l’illusion que l’on s’en fait, on peut voir les choses comme cela :

Sinon il n’est pas interdit d’aborder le débat autrement, par exemple :

Encore faudrait-il, pour plus de justesse, faire également figurer dans ce tableau le pourcentage des citoyens non-inscrits sur les listes électorales. Nul ne semble à ce jour connaître ce nombre mais il est évalué sur une fourchette de 10 à 15 %.

Reposons-donc notre question :

C’est quoi la majorité « nationale » ?

Le Cercle des Poètes_4

Exceptionnellement cette semaine n’offrira pas de plume inédite aux poètes sémaphoriens mais personne ne devrait être déçu du petit voyage que nous offrons en compensation, actualité poétique oblige…
Les plus chanceux seront ceux qui se trouveront à Paris entre aujourd’hui et le 17 juin, du côté de la place Saint-Sulpice, et plus exactement rue Férou. Là, pour peu qu’ils veuillent bien commencer la lecture de droite à gauche, c’est le célèbre Bateau ivre d’Arthur Rimbaud qu’ils verront se déployer sur quelques 300 m2 du mur d’enceinte de l’hôtel des impôts.

C’est ici,le 30 septembre 1871, dans un restaurant aujourd’hui disparu, que Rimbaud a récité ce texte.

Ce poème mural, le premier réalisé à Paris, est une initiative financée par l’Ambassade des Pays-Bas à Paris et plus de deux cents donateurs néerlandais. Elle est réalisée par le calligraphe Jan Willem Bruins (qui a plus d’une centaine d’œuvres analogues à son actif).

L’inauguration aura lieu le 14 juin, jour où s’ouvrira sur la place Saint-Sulpice la manifestation annuelle Marché de la Poésie, du 14 au 17 juin.

Lire et relire Le Bateau Ivre c’est sur :
http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/arthur_rimbaud/le_bateau_ivre.html

« The Fantastic Book Of Morris Lessmore »

C’est un coup de cœur cinéma, pour changer, un dessin animé de 15 minutes qui vient de rafler l’oscar du court-métrage animé. Réalisé par William Joyce et Brandon Oldenburg des studios Moonboot, son message fait écho au décès de Ray Bradbury mardi dernier, par son hommage appuyé à l’imaginaire du livre. Un petit bijou que Sémaphores ne pouvait pas laisser passer.

 

Réactions d’ici et là face aux législatives

L’article qui suit est la compilation du « fil législatif » que nous avons tenu en page d’accueil du 12 au 17 juin 2012, infos et réactions diverses axées principalement sur notre 2eme circonscription de Petite Camargue.

_=_=_=_=_=_=_=_

=-=-=-=-=-=-=-=-=-


En Grèce et en France : place au peuple par PlaceauPeuple

-=-=-=-=-=-=-=-=-=-

Quand on dit que les digues ont sauté…

L’imitateur et humoriste Gérald Dahan, spécialiste des canulars téléphoniques et soutien de François Hollande pendant la campagne présidentielle, a piégé hier Nadine Morano en se faisant passer pour Louis Aliot, n°2 du Front National et compagnon de Marine Le Pen.

Le pitch est simple: Dahan-Aliot appelle Morano sur son portable pour tenter de troquer un retrait de l’UMP Etienne Mourrut dans le Gard contre un soutien du candidat FN dans la circonscription de la proche de Sarkozy où elle est en difficulté. «Monsieur Mourrut s’est maintenu parce que François Fillon lui a demandé de le faire»

écouter l’appel (presque) intégral sur Sud Radio : http://www.sudradio.fr/10/podcasts/

-=-=-=-=-=-=-=-=-=-

Jeudi 14 juin

Tout notre soutien à Éline Enriquez-Bouzanquet, suppléante d’Étienne Mourrut, victime hier soir vers 23 heures d’une agression devant son domicile à Saint Dionizy. Le jeune femme a été frappée de deux coups de poing au visage par un homme qui l’attendait.

Selon radio France Bleu Gard Lozère, l’agression aurait été assortie de propos racistes (information non confirmée par la gendarmerie mais néanmoins par le procureur de la République de Nîmes Robert Gelli). Selon LCI, l’agresseur aurait accusé la jeune femme de « faire le jeu des arabes », lui reprochant le maintien au second tour du député sortant UMP qui favoriserait la candidate socialiste et par conséquent l’immigration.

Une enquête est menée par la Brigade de recherches de Vauvert.

La réaction de Katy Guyot

« Je suis scandalisée par cette agression et souhaite à Éline Enriquez-Bouzanquet un bon rétablissement. Le débat démocratique nécessite sérieux et sérénité, il ne saurait sombrer dans la virulence, la violence ou la haine »

La réaction d’Etienne Mourrut

« Ceux qui ont fait ça sont des salopards« . Selon lui, l’agresseur aurait aussi menacé de s’en prendre à lui. Contacté par le préfet, le candidat UMP a refusé de bénéficier d’une protection particulière pour ses derniers jours de campagne.

La réaction de Gilbert Collard

Je condamne sans réserve l’agression dont a été victime la suppléante de M.Mourrut, Éline Enriquez-Bouzanquet. Tout au long de ma campagne, j’ai été suivi par la presse, je n’ai jamais tenu le moindre propos de haine. J’ai demandé à Éline Enriquez-Bouzanquet, si elle accepte, d’aller lui dire tout mon respect et mon soutien. Je suis moi-même l’objet de menaces sérieuses, dans l’ignorance, je ne les attribue à personne. Je souhaite que cette campagne se termine dans le calme et LE RESPECT DE TOUS. Et je me demande à qui profite le crime ? En tout cas, pas à nous !

Hospitalisée, Éline Enriquez-Bouzanquet est sortie après plusieurs examens.

Toujours ce jeudi, en fin d’après-midi, elle confiait à Midi Libre :

« Si je reste choquée psychologiquement et atteinte physiquement par cette agression, j’écarte toute hypothèse selon laquelle nos adversaires politiques sur la circonscription pourraient en être tenus responsables.Je remercie toutes les personnes qui m’ont témoigné leur soutien et leur sympathie suite à l’agression dont j’ai été hier (mercredi) victime. Je reste fidèle à mes idées de droite et déterminée à ce qu’aucun député de gauche ne soit élu »

-=-=-=-=-=-=-=-=-=-

Dans tous les cinés de la circo cette semaine :

-=-=-=-=-=-=-=-=-=-

mercredi 13 juin

Sous le titre « Mourrut-FN : un accord seulement différé » une réflexion intéressante de Didier Caire (EELV-Les Verts) :

Par de fortes pressions des instances nationales de l’UMP allant jusqu’à la menace d’exclusion, M. Mourrut, qui souhaitait se retirer au bénéfice de Gilbert Collard, a été contraint de se maintenir au 2d tour. Ce qui de fait augmente les chances d’élection de la candidate socialiste.

On pourrait penser qu’il s’agissait là d’une position personnelle incongrue pour une fin de carrière politique un peu piteuse mais ce n’est pas ça : c’était un choix local collectif de l’entourage du candidat UMP. Adhérents et sympathisants rendent les armes devant l’idéologie frontiste croyant sauver l’essentiel alors qu’ils perdent tout.

Étienne Mourrut pense-t-il sauver sa mairie en s’attirant les bonnes grâces du FN alors qu’il fait acte d’allégeance et aveu de soumission? Curieux calcul perdu d’avance? Peut-être – mais on peut penser qu’en politique expérimenté et roué M. Mourrut ne ferait pas une telle erreur.

Il y a donc une autre hypothèse : lire la suite sur http://camargue.europe-ecologie.net/2012/06/13/mourrut-fn-un-accord-seulement-differe/

-=-=-=-=-=-=-=-=-

Pour Olivier SCHLAMA (Midi Libre 12/06/2012) « Étienne Mourrut, qui espère terminer plusieurs projets, dont une future mairie pharaonique, est au pied du mur. Faire dissidence aura sans doute un prix. Et, en coulisses, il devra faire avec ses meilleurs soutiens locaux, notamment gaullistes, qui grincent à propos de certains pans de sa gestion municipale.
Actuellement, période de fragilité, tout fait critique. Comme l’installation récente d’une barrière interdisant le passage de tout véhicule sur le quai Colbert, les « Champs-Élysées » graulens, qui n’a pas suscité que des applaudissements. Ou le TER à 1 € qui importerait la délinquance des cités de Nîmes. »

« Il n’y a pas assez de CRS ni de policiers municipaux l’été. Une partie des commerçants seront tentés de voter pour le changement« , croit savoir ce patron de bar.

POINTURES : Soutiens au PS

Ce jeudi, Noël Mamère, député-maire de Bègles (EELV) et peut-être le maire de Paris, Bertrand Delanoë, soutiendront à Nîmes les candidats de la majorité présidentielle du Gard.

Vendredi, Manuel Valls, certainement accompagné du président de Région Christian Bourquin, viendra soutenir Katy Guyot. Le nouveau ministre de l’Intérieur était déjà venu sur la 2e circonscription du Gard, à Saint-Gilles, la semaine dernière, pour porter le fer face à Gilbert Collard.

« J’ai une proximité avec Manuel Valls, assure Katy Guyot. Et s’il faut expérimenter en matière de sécurité, c’est bien sur ce territoire qu’il faut le faire. Mon élection pourrait permettre cela… »

-=-=-=-=-=-=-=-=-

15h 20 sur BFM tv info

Gard : le député sortant UMP Étienne Mourrut se maintient au 2ème tour face à Gilbert Collard (FN) et la candidate PS  Katy Guyot

M. Mourrut a déclaré qu’il se maintenait pour le second tour des législatives pour « porter haut et dignement les valeurs de la droite et du centre ».

-=-=-=-=-=-=-=-=-

15 h.     Les digues se fissurent

l’UMP Roland Chassain a annoncé son retrait au profit de la candidate du Front national face au socialiste Michel Vauzelle. l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) parle « d’attentat politique ».

Étienne Mourrut a rappelé qu’il avait jusqu’à 18 heures pour annoncer sa position, qu’elle le sera par communiqué mais aucune interview accordée.

Florian Philippot, le porte-parole du « Rassemblement bleu Marine » a confirmé que Marine Le Pen devrait annoncer ce soir un ou deux désistements, ce qui pourrait signifier une forme de « réciprocité » envers des candidats UMP dans un contexte beaucoup plus favorable pour le FN.

SOS Racisme dénonce trois « candidats de la honte », deux de l’UMP, l’ex-ministre Nadine Morano et Roland Chassain, et une du PS, Catherine Arkilovitch, que l’association accuse de faire le jeu du Front national.

« Cette droite républicaine, qui aujourd’hui n’existe plus, n’a plus de clarté idéologique, n’a plus de principes, n’a plus d’ordre, qui est dans la confusion absolue, et qui est en train de tomber dans le piège que lui tend Marine Le Pen, d’un côté on ne condamne pas le Front national, et de l’autre coté on subit les listes noires« , a dit Pierre Moscovici sur Europe 1.

-=-=-=-=-=-=-=-=-

12/06/2012 | 12:50 info france télévision
Cette triangulaire, si elle est maintenue, dans la 2ème circonscription du Gard conditionnera la situation dans la 3ème.

Gilles Caïtucoli, le candidat FN , qui avait annoncé son retrait dès le lendemain du premier tour, serait contraint de se maintenir si l’UMP Étienne Mourrut repart à la bataille. Un donnant donnant, confirmé entre les lignes par Alain Jamet et démenti formellement par Gilbert Collard que nous avons joint au téléphone.
Deal confirmé à l’AFP

« Je retire ma candidature si M. Mourrut en fait autant. On m’a demandé de le faire », a déclaré M. Caïtucoli, joint au téléphone par l’AFP.

Interrogé dans la matinée, M. Mourrut a confirmé qu’il annoncerait « en début d’après-midi »sa décision de se maintenir ou non dans la triangulaire qui l’oppose au candidat FN Gilbert Collard (34,57%) et à la PS Katy Guyot (32,87%).
« Ma décision est prise mais je dois encore l’annoncer à quelques personnes », a ajouté l’élu UMP.

aller directement à 6’40 » pour la partie concernant la 2eme circonscription

_=_=_=_=_=_=_=_

Déclaration du Front de Gauche_Gard

 

 

_=_=_=_=_=_=_=_=_

Mardi 12_ MESSAGE DE KATY GUYOT

Bonjour à tous,
Avec 32,87% des voix, soit 16948 suffrages, les électeurs m’ont placée en seconde position dimanche 10 juin.
C’est un très beau score, le meilleur score de gauche de tout le département (PS, EELV, MRC, PRG).Ce score je vous le dois ainsi qu’à tous ceux que vous avez convaincus, gagnés à nos idées, à notre combat.

Le FN et son illusioniste sont devant nous. Le menteur de Vichy, l’abuseur des pauvres gens.

Le combat sera rude. A l’heure où je vous écris, je ne sais pas encore quelle sera la décision d’Etienne Mourrut. Je doute qu’il se maintienne. C’est dire si le risque est grand de voir l’avocathodique faire des effets de manche à l’assemblée. JE NE PEUX PAS M’Y RÉSOUDRE. JE NE M’Y RÉSOUDRAI JAMAIS.
Il ne s’agit plus aujourd’hui d’un combat pour des idées mais pour des valeurs, celles de la France née de la Révolution française, qui porte aujourd’hui une image à travers le monde.

Plus que jamais il faut se mobiliser, aller chercher les abstentionnistes, toutes les voix des républicains, convaincre, arracher les votes un après l’autre dans le porte à porte, sur les marchés, au travail, au supermarché, etc.
Lancez des appels via facebook, touchez les jeunes, informez tous vos contacts.
Nous avons besoin de solutions pour l’emploi, pour la sécurité, pour la santé, pour le logement, pour l’environnement, pour nos traditions, pour notre agriculture…
Avec François Hollande, nous avons ces solutions. Manuel Valls sera à nouveau parmi nous jeudi ou vendredi.

Faites le savoir et rappelez que :
jeudi 14 juin aura lieu un grand meeting à Vauvert, à 18H30

Je compte sur vous.
J’ai besoin de vous. Notre territoire a besoin de toutes les forces vives !
Amitiés
Katy

_=_=_=_=_=_=_=_=_

mardi 12_un mot de Danielle FLOUTIER aux militants et à tous les citoyens qui ont défendu le Front de Gauche.

Cher(e)s ami(e),
Je souhaite vous remercier pour tout le travail que nous avons réalisé ensemble pendant près de 10 mois. Même si mes résultats ne sont pas au niveau de nos espérances je veux retenir une chose qui me parait fondamentale : nous avons appris à travailler ensemble, à nous respecter malgré nos différences. Nous avons su créer une dynamique et tisser des liens d’amitié qui, je le souhaite, seront durables. Je pense que beaucoup d’entre nous souhaiteront poursuivre le chemin nouveau que nous avons ouvert pour un monde meilleur. Vous m’avez beaucoup apporté. Je vous remercie.
Affectueusement.
Danielle
_=_=_=_=_=_=_=_=_

L’UMP a opté ce lundi 11 juin pour le ni-ni (ni Front national, ni Front républicain) en vue du second tour des législatives dans les circonscriptions où un candidat de gauche se retrouve seul en lice face à un candidat FN. Une position opposée à celle du PS.
M. Copé a rappelé que l’UMP « demande à l’ensemble de ses candidats »  qualifiés pour le second tour « de se maintenir », selon des participants. « Si  l’un des nôtres se retirait, il serait désapprouvé par notre famille  politique ».
C’est le cas de Roland Chassain, arrivé 3e dans la 16e circonscription des  Bouches-du-Rhône (Les Saintes Maries), qui a annoncé lundi à l’AFP qu’il se retirait pour tenir sa  « position » qui est « tous contre Michel Vauzelle » (PS). Il pourrait être imité  par Étienne Mourrut dans la 2e du Gard.

Jean-François Copé a « condamné » ce retrait, sans toute fois en dire plus.

l’ancien ministre UMP de l’intérieur, Brice Hortefeux, a lui aussi tenté de décourager toute initiative locale

_=_=_=_=_=_=_=_=_

Pour l’élu d’opposition aigues-mortais Didier Caire (EELV-Les Verts), les législatives deviennent « un ennuyeux troisième tour de la présidentielle qui montre l’état de dégradation de l’esprit parlementaire et traduit le caractère outrancièrement présidentialiste du régime, une forme de bonapartisme. »  Après avoir pris note de ce que les résultats décevants se suivent pour Europe Écologie Les Verts, Didier Caire met en avant deux principales raisons : « une stratégie politique hasardeuse et peu lisible d’accord avec le PS et une course peu digne aux postes ministériels, et l’inactualité dans l’opinion des questions écologiques, qui ne laisse pas d’inquiéter quand l’urgence écologique n’a jamais été aussi pressante. »

Par ailleurs, si Gilbert Collard arrive en tête en profitant de l’effet « vu a la télé », il semble clair que la candidate PS, Katy Guyot, a bénéficié du vote utile du fait du soutien d’EELV et de ce que les résultats du Front de Gauche n’aient atteint que la moitié de ce qu’avait réalisé JL Mélenchon lors des présidentielles. A quoi il faut ajouter, pour expliquer « l’effet Collard », la chute libre d’Etienne Mourrut qui perd 24 points par rapport à 2007 et pour lequel « il se pourrait aussi que les errements de gestion locale relevés par les magistrats commencent à peser. » (voir nos articles précédents)

Quoi qu’il en soit, pour l’élu écologiste, « la stratégie d’Etienne Mourrut est emblématique de la porosité nouvelle entre UMP et FN. (…) Cette dérive est alarmante et suicidaire, la sanction le prouve. » Quant à l’alliance avec le Front National, sur laquelle M. Mourrut s’interroge depuis hier soir, Didier Caire y voit, comme bon nombre d’électeurs, une tentative désespérée de « sauver son siège de maire du Grau-du-Roi explicitement menacé par Gilbert Collard » et gage que par cette reculade supplémentaire il signe sa perte définitive.

La dynamique est aujourd’hui clairement du côté de Katy Guyot et de ses alliés qui doivent pouvoir l’emporter lors de ce 2ème tour à haut risque. La mobilisation doit être sans faille. Europe Écologie Les Verts appelle à voter et faire voter pour Katy Guyot dimanche 17 juin.

Lire l’article intégral sur le blog de Didier Caire :  http://camargue.europe-ecologie.net/2012/06/10/legislatives-30-02-mourrut-sanctionne-ps-et-verts-unis-pour-lemporter-dimanche-prochain/

_=_=_=_=_=_=_=_=_

LA QUADRUPLE DEFAITE SELON MEDIAPART (sous la plume de François Bonnet)

La première défaite est celle de la participation
l’abstention n’a cessé de progresser : de 34,3 % en 1988, elle est passée à 35,6 % en 2002, à 39,6 % en 2007 et fait aujourd’hui un bond à environ 42,77 %.

l’argument massue fut assené : voter « en cohérence », donner à François Hollande « les moyens de sa politique ». Cette démarche, portée par le bulldozer institutionnel du scrutin présidentiel, donne une victoire certes nette mais sans enthousiasme ni dynamique.

La deuxième défaite est celle des écologistes Europe Ecologie-Les Verts, menacé dans ce cas de devenir le petit supplément d’âme environnemental du géant socialiste.

La troisième défaite est l’élimination de Jean-Luc Mélenchon
le Front de gauche pourrait même maintenant se fracasser sur la question de la participation au gouvernement : ce sera le débat des jours à venir. Au-delà, c’est toute la stratégie du parti de gauche qui sera sans doute interrogée : comment transformer désormais en dynamique politique durable ce qui a été initié durant la campagne présidentielle ?

La quatrième défaite est celle qui menace sérieusement François Bayrou
Faisant au niveau national 1,76 % des voix, le MoDem qui peut espérer dans la meilleure des configurations obtenir trois députés sort fracassé de ces deux élections présidentielles et législatives.

C’est donc ce paysage d’un centre indépendant inexistant et d’une gauche plurielle malade que le parti socialiste va devoir gérer dans les mois à venir.
Le plus probable est que cette situation hégémonique, comme en 1981 et dans une certaine mesure en 1997, laisse le parti socialiste renouer avec ses vieux démons.

Or face à une UMP qui a échappé à la débâcle et continue de peser lourd avec 34,07 % des voix, face surtout à une extrême droite qui confirme ses scores élevés (13,6 % des voix contre 12 % en 2002 et 4 % en 2007) et renforce son implantation territoriale, le PS va devoir prendre le risque d’affronter seul, sans les relais et les dynamiques qu’auraient pu construire les autres forces de gauche, des adversaires déterminés à provoquer son échec. Ce sont là les vraies fragilités d’une victoire monocolore dont ce dimanche vient de démontrer qu’elle ne parvient pas à enthousiasmer les citoyens.

_=_=_=_=_=_=_=_=_

Sur le blog de Robert Cavaillès, un sentiment largement partagé : Diogène

Après cette seconde pseudo victoire, dans ce flot d’abstention, je me sens un peu comme Diogène une lanterne à la main en plein soleil, il cherchait un homme sur l’agora.

*  moi je ne cherche pas le vainqueur, je le connais, c’est la politique libérale européenne
mandataire du capitalisme libéral financier qui court à son suicide et nous pousse devant lui, ce sont les médias organisatrices du jeu, c’est la monarchie de cette V° République,

* je ne cherche pas le vaincu, je le connais bien que lui-même ne se connaisse pas, c’est le peuple des travailleurs qui continuera de souffrir, c’est la révolution par les urnes qui ne saurait désormais attendre des lendemains plus chantants, c’est l’union de ceux qui voulaient parler VRAI au peuple et porter la cognée sur la racine du mal, ils s’étaient entendus, peu ou prou, ils n’ont pas été entendus, la cognée branle dans le manche, qu’en adviendra-t-il ?

*je ne cherche pas ce qu’il adviendra demain, cohabitation ou non, je sais que très vite sous l’accentuation des pressions du monde beaucoup qui courbaient à peine la tête la relèveront, je sais que dans un tel contexte le fascisme n’est pas loin,

Ce que je cherche avec ma lanterne en plein jour, la gauche, pas celle que l’on étiquette ainsi et qui triomphe, celle qui se bat contre ce qui détruit l’humain, celle qui ne cherche pas à plaire mais qui voudrait entraîner avec elle dans la lutte et la démocratie, non pas celle dont on nous sert à intervalles contre un chèque en blanc mais celle qui veut rendre la souveraineté et donc l’information au peuple, celui qui vote encore et surtout, le plus frappé et le plus découragé, celui qui ne vote plus.

Le changement, c’est au Parlement

Par Mario. Billet d’humeur.

Il s’agit certes d’un parti pris, celui qu’Edwy Plenel publie ce 08 juin 2012, quelques heures avant l’interdiction légale de toute propagande, articles et autres documents qui seraient de nature à influencer le vote de quelque citoyen qui soit. Un parti pris que certains goûteront avec enthousiasme, d’autres peut-être avec plus d’amertume, et pourtant …

Voter est un droit et un devoir, voter aujourd’hui dans ce monde en crise est essentiel, mais voter pour qui, pour quoi, quel programme, quelle démocratie, quelle Europe, quel monde pour demain et qui commencerait dès aujourd’hui ? Chacun répondra à l’aune de ses convictions les plus profondes. C’est néanmoins un appel à la réflexion qu’on peut saisir à travers ce parti pris d’Edwy Plenel. N’étant pas autorisé à en publier l’intégralité, je tenais cependant à partager ces quelques extraits.

« S’il faut une énième preuve des déséquilibres démocratiques du présidentialisme français et des renoncements auxquels ils nous ont habitués, l’actuelle campagne électorale législative nous la fournit. L’enjeu des scrutins des 10 et 17 juin est réduit à la confirmation parlementaire de la victoire du président élu, François Hollande. Or, plutôt qu’une majorité présidentielle dominée par le PS, c’est une majorité du changement, pluraliste et diverse, qui garantira son approfondissement par le rééquilibrage du pouvoir.

(…) Depuis bientôt un demi-siècle – très précisément, le référendum du 28 octobre 1962 instaurant l’élection du président de la République au suffrage universel direct –, nous n’avons cessé de nous habituer à une anormalité croissante : la prépondérance de l’institution présidentielle sur l’institution parlementaire. Pourtant, l’enjeu du changement démocratique qu’ont appelé de leurs vœux une majorité de Français le 6 mai, en mettant fin à l’hyperprésidence sarkozyste pour lui préférer les engagements d’un président « normal », c’est d’inverser ce cours, en rééquilibrant notre démocratie au profit des propositions et des délibérations des assemblées élues, et au détriment de cette dérive qui n’a cessé d’aligner leurs majorités sur la volonté d’un seul, le locataire provisoire de l’Élysée.

(…) C’est donc une démocratie de basse intensité que celle qui dépend des seules limites que se fixent les hommes, au lieu de s’en remettre à des pouvoirs institués qui arrêtent le pouvoir, l’équilibrent ou le contrôlent. Telle est la fragilité foncière du défi politique que s’est lancé le pays en élisant un président qui revendique sa normalité comme ligne de conduite, promesse d’un retour sur la terre ferme d’une démocratie rendue à tout un peuple après l’hystérie de sa confiscation au profit d’un seul et du clan oligarchique dont il défendait les intérêts. Si les premiers pas du nouveau pouvoir attestent plutôt de la sincérité de cet engagement, nous ne saurions, collectivement, nous satisfaire de ces signaux de bon augure. Le changement ne se réduit pas à une délégation de pouvoir à d’autres, mais suppose, pour réussir, une volonté partagée, par tous.

(…) Le garantir et l’approfondir passe par l’élection à l’Assemblée nationale dominée d’une majorité du changement, pluraliste et diverse, plutôt que d’une majorité présidentielle dominée par le seul Parti socialiste. Le paradoxe n’est qu’apparent, mais c’est, sans doute, le meilleur service à rendre à François Hollande pour qu’il soit au rendez-vous non seulement de ses propres engagements de campagne mais des défis immenses qui l’attendent. Une majorité absolue du PS, c’est le risque de ces majorités automatiques, sans délibération véritable ni invention originale, qui n’obligent plus le pouvoir à convaincre, à rassembler, à mobiliser.

(…) L’ensemble des forces politiques qui, peu ou prou, ont apporté leur contribution à la victoire de François Hollande doivent pouvoir peser sur le changement, y apporter leurs contributions, leurs nuances ou leurs exigences.

Aux députés socialistes, inévitablement les plus nombreux à gauche, il nous faut ajouter des députés écologistes d’EELV, mais sans pour autant laisser le PS dans cette union solitaire. Et donc aussi des députés du Front de gauche, dans la diversité de ses composantes. »

J’ajouterai pour ma part, en regard de cette diversité, qu’il ne peut être qu’un seul vote utile, c’est celui des convictions. Celui qui oublie les siennes en entrant dans l’isoloir ne doit pas s’étonner de ne pas les retrouver en sortant.

Et comme c’est le weekend, je me permets de vous emmener au cinéma pour 11 minutes d’un film qu’on peut voir ou revoir, qui parle d’un type de gouvernement qu’on aimerait bien ne plus voir. Il s’agit de l’interprétation du « Président » par Jean Gabin, un film tourné en 1960 par Henri Verneuil. Plus de 50 ans nous séparent de cette vision de l’Assemblée et de l’Europe… autant dire que l’actualité a la peau dure, même si on peut se dire que, là au moins, c’est du cinéma.

2ème circo du Gard, le débat sur TV Sud

Ce débat a eu lieu sur TV Sud mardi 5 juin a 11 heures, retransmis le soir même à 18 heures et le lendemain mercredi 6 juin à 11 heures.
Il réunissait Katy Guyot, Danielle Floutier, Evelyne Ruty, Auguste Victoria, Etienne Mourrut et Georges Pigeonneau, tous candidats aux élections législatives sur la 2ème circonscription du Gard.
Mme Ruty remplaçait le candidat Gilbert Collard qui n’a pas pu ou pas souhaité se déplacer.

note : la vidéo est dans un format quelque peu déformant. Nous ne pouvons que la proposer telle que mise en ligne sur Daylimotion. Le débat entier dure 1h 35.


Legislatives 2012 Nîmes 2e circonscription par TVSud

Gestion Mourrut_épisode n°4_Résidence de Camargue

On pouvait apprendre par le Midi Libre du 05 juin 2012 qu’une question vedette à l’ordre du jour du dernier Conseil municipal du Grau du Roi avait été retirée avant séance, suite à « des éléments connus dans les dernières heures précédant le conseil. »

Si nous ignorons la teneur exacte de ces derniers éléments (mais nous en avons une idée), nous savons néanmoins que la question « vedette » concernait la « mise en sauvegarde de la société RESITEL, gérante de l’hôtel Résidence de Camargue », société aussi peu pressée que l’équipe Mourrut de communiquer sur un naufrage annoncé et une gestion calamiteuse. En attente du miracle qui assainirait la situation, faisons le point sur les éléments connus et reprenons les constatations faites par la Chambre Régionale des Comptes de Languedoc-Roussillon dans son rapport 2012.

A savoir : L’hôtel Résidence de Camargue appartient à la commune du Grau du Roi depuis 2004, qui en a confié la location-gérance à la société «Lagrange-RESITEL ».

Un premier constat sur les recettes qui auraient dû découler de cette location tient à leur stagnation sur la période 2004-2009 (progression de seulement 1,1 % en moyenne par an).Par contre, les charges sont en progression de 18 % par an en moyenne depuis 2004. Ainsi, sur cette même période certaines charges d’exploitation ont progressé de 903 K€ à 2 114 K€ en cinq ans. La chambre souligne l’importance de la dotation 2009 aux amortissements : 1 610 110 € (dont 729 047 € sont relatifs au seul hôtel Résidence de Camargue) pratiquement multipliée par 9 par rapport à l’année 2004. De même, la chambre constate que certaines charges sont supportées par le budget principal alors même qu’elles relevaient du budget annexe, participant ainsi à un équilibre artificiel du budget annexe. Ceci noté, revenons un peu en arrière.

Les conditions d’acquisition par la commune

Ce complexe touristique important (402 appartements, 3 piscines, un restaurant et une superette à l’origine) a été créé en 1981 par la chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Nîmes en vue de répondre à une demande d’hébergements touristiques que le secteur privé n’arrivait pas, à l’époque et selon les protagonistes, à satisfaire. L’ensemble appartenait à la « SCI CAMARGUE », l’exploitation était assurée par la « SA GEXTOUR » (actuellement en liquidation), deux filiales de la CCI.

En 2003, la CCI signifie son intention de se séparer du complexe pour lequel elle a un acheteur, mais la commune du Grau-du-Roi fait valoir son droit de préemption et se porte acquéreur par un acte de vente en date du 30 décembre 2003. Via le conseil municipal du 14 janvier 2004, Etienne Mourrut annonce que l’objet de cette opération immobilière est de « préserver un outil économique (…) qui favorise le développement des loisirs et du tourisme sur la ville », et à fin que la commune « … puisse avoir un revenu patrimonial important, ce qui sera le cas dans une quinzaine d’années », dixit.

On applaudirait presque ce regard tourné vers l’avenir si cette opération ne révélait des conditions d’acquisition particulières, et c’est toujours la Chambre des Comptes qui souligne, pas la rédaction de Sémaphores.

En effet, le fonds de commerce a été cédé par la société GEXTOUR pour une valeur de 650 000 € alors que le service du Domaine avait estimé la valeur vénale à 2 500 000 €,

Cependant, l’ensemble immobilier a été cédé par la « SCI DE CAMARGUE » au prix de 14 100 000 alors que la valeur vénale du bien était estimée à 12 050 000 par le même service du Domaine (cf compte rendu du même conseil municipal du 14 janvier 2004). Le complexe touristique, ensemble murs et fonds de commerce (y compris la licence IV), a donc été acheté pour une valeur totale de 14 750 000 €, c’est-à-dire supérieure de 200 000 à l’estimation haute, voire supérieure de 1 380 000 € à l’estimation basse des Domaines.

Par ailleurs, l’acquisition du fonds de commerce était financée par un contrat de prêt auprès de la Caisse Régionale du Crédit Agricole du Gard, pour un remboursement de 660 000 € s’effectuant sur 5 ans. Quant au financement de l’ensemble immobilier, il est assuré par un emprunt de 14,2 millions d’euros, toujours auprès du Crédit Agricole mutuel du Gard, à taux fixe de 4,65 % par an, remboursable trimestriellement sur une période de 25 ans.

Au titre de cet emprunt, la commune a payé, par exemple en 2009, une annuité de 967 402 € dont 581 401,28 d’intérêts.

Mais il n’y a pas que les intérêts qui soient « chers ». Il arrive que les « intéressés » le soient aussi. Et qu’on flirte donc d’assez près avec les conflits d’intérêt. C’est ainsi que, par delà ces opérations d’emprunt, la chambre souligne le risque juridique constitué par la présence d’un conseiller municipal, alors employé du Crédit Agricole, lors des délibérations. (…) La prudence aurait dû conduire ce conseiller à se retirer du vote, ce que n’atteste pas le registre des délibérations du 3 novembre 2003 qui, au contraire, montre que ledit conseiller a bien participé au vote.

Enfin, le 27 juillet 2005, la commune emprunte aussi auprès de la Société Générale la somme de 400 000 € afin de financer des travaux de réhabilitation de l’hôtel « Résidence de Camargue ».

Mais qui gère vraiment l’hôtel « Résidence de Camargue» et comment ?

Tout d’abord la gestion du complexe a été confiée, par un contrat de location gérance en date du 22 janvier 2004, à la société anonyme « RESITEL-Groupe Lagrange» moyennant le paiement d’un loyer annuel hors taxe de 1 450 000 € qui devait être révisé annuellement pour une période de 8 ans à compter du 1er janvier 2004.

Ce contrat a fait l’objet successivement de 2 avenants.

Si le premier avenant ne suscite pas d’observations particulières, le second, en date du 9 février 2009, prolonge de huit ans à compter du 1er janvier 2012 la location et fixe le loyer annuel à 1 637 551,34 €, maintenu sur 2008 et 2009 sans que les indices de révision initialement prévus ne s’appliquent.

L’équipe Mourrut justifie cette faveur en regard de la prise en charge par le locataire-gérant des travaux de rénovation de 107 appartements pour un coût alors estimé à 800 000 € HT.

Rénovez, rénovez, il en restera toujours quelque chose ! Mais est-ce bien sûr ? Voici, par exemple, quelques témoignages qu’on peut trouver aujourd’hui sur le Net en provenance de vacanciers qui avaient cru bon faire confiance à la société Lagrange-RESITEL.

Avis postés sur les forums

« Logement vieux, sale et vétuste. Pas de micro onde alors que c’est stipulé dans le descriptif. Il faut être contorsionniste pour faire la vaisselle tellement la cuisine est mal agencée. Literie d’un autre âge. Nous avons dû faire le ménage en arrivant. Cuisinière rouillée… Bref du coup, pour nos premières vacances depuis 3 ans, nous avons écourté notre séjour. »

« Le logement est quand même à rénover de À à Z, literie moyenne (matelas sales, pas d’alèse), pas de micro ondes, peu de rangement… »

« Le logement est étroit, avec 2 placards de rangement pour 6 personnes et d’une chaleur épouvantable ! La nourriture laisse à désirer. Elle est très peu variée et pas bonne. Pour le prix qu’on a payé, c’est très décevant ! Changez vraiment de destination. Une famille. »

« La rénovation, je ne l’ai pas vue. Formule en pension complète : Bien mais trop de frites et de nuggets pour les enfants, manque de variété. Le vin compris est horrible ! »

« Je ne suis pas près d’y retourner ! »

« Nous avions réservé 4 nuits pour passer un séjour agréable avec nos deux enfants, dans de bonnes conditions, mais cela a été plutôt galère. Pour commencer, décharger les bagages loin de l’appartement, le parking payant, ensuite l’état de l’appartement. Un lit de 140×190 au milieu du salon, aucun espace pour bouger, mobilier d’intérieur dépassé, les toiles d’araignées dans les sanitaires, la lunette des toilettes cassée, manque des ustensiles de cuisine, pas de chaises de jardin… Et pour finir aucune intimité, les voisins installés à deux mètres de votre terrasse en train de boire de la bière et autre alcool devant les enfants, jouer aux raquettes pratiquement sur notre emplacement .De plus si vous voulez des pains aux chocolats cru ils ont les meilleurs. Le coté positif c’est d’être à coté de la plage. »

Voilà pour n’en citer que quelques-uns. Comme tourisme de qualité impliquant directement la commune on devrait pouvoir faire mieux.

En fait, l’exploitation du complexe touristique « Résidence de Camargue» a présenté quelques difficultés dès l’origine. Exploitation commerciale assurée par la « SA GEXTOUR » avec pour proprio la « SCI CAMARGUE», la situation comptable et financière de ces sociétés s’est révélée médiocre « avec un résultat et une CAF constamment négatifs jusqu’en 1998, ceci étant dû essentiellement aux charges financières ».

Ces points avaient fait l’objet d’un relevé de constatations provisoires (en date du 12 janvier 2001) par la Cour des comptes qui examinait les exercices 1992 à 1999. Ainsi la cour recommandait « un désengagement d’une activité qui n’est pas dans le cœur des missions d’une CCI… ». C’est ce même constat et ce même conseil qui sont prodigués en 2012 à l’équipe Mourrut : il n’est pas dans le cœur de mission d’une commune de gérer ce type de complexe touristique, ce qu’avait très bien compris le groupe municipal d’opposition en votant contre cette acquisition dès le début.

Le résultat, on le voit aujourd’hui, est un fiasco de gestionnaires, bien loin de la promesse ou la croyance de M. Mourrut qui prétendait en « confier la gestion à un professionnel du tourisme » ! Bonjour et merci les pros !

Dans un prochain article nous aborderons le montage financier qui a conduit à la catastrophe via un système de prêts spéculatifs et d’opérations bancaires dites de « SWAP » conclues avec la banque CALYON. Transparence, avez-vous dit ? Nous verrons qu’il s’agit plutôt d’occultisme pour les uns et, dans le meilleur des cas, d’aveuglement pour les autres.

Rappel des épinglages précédents :

1)     La cour des comptes et les comptes un peu courts d’Etienne Mourrut.

2)     Et les Shadocks pompaient…

3)     http://semaphores.info/2012/05/sans-concession-pour-les-plages-gestion-mourrut_episode-3/

Ça l’affiche toujours mal au Grau du Roi

Les détournements d’affiches électorales sont très en vogue en ce moment, et nous ne pouvions passer sous silence ce dernier trait d’humour qui a fleurit ces jours-ci au Grau du Roi et ses environs, même si nous comprenons qu’il n’est pas destiné à faire rire tout le monde. Mais un détournement d’affiche qui rappelle un détournement d’argent… c’est tout l’art de l’auto-référence. Salut les militants !

Pour ceux qui auraient manqué le début de cette abracadabrantesque histoire des 25 000 €uros, nous rappelons nos liens suivants :

http://semaphores.info/2012/02/mourrut-accuse-les-morts-deja-quil-les-faisait-voter/

http://semaphores.info/2012/03/lenveloppe-aux-25-000-euros_suite-n3/