Ah, ces grecs indociles…

encore une info d’enfumage.

D’où viennent ces 70 000 fonctionnaires grecs qui auraient été embauchés en violation des accords? Le chiffre a fait la une du Figaro, qui le reprenait du journal grec To Vima, mais qui a vraiment lu le rapport qui dénonce cela et qui, de toute façon, est issu de la troïka.

En comptabilisant le nombre de fonctionnaires sur l’année écoulée, ce chiffre passe de 692 301 (fin 2010) à 668 035 (fin 2011), soit une baisse nette de 24 266 fonctionnaires, dans le même temps où 40 000 fonctionnaires sont partis à la retraite. Le rapport pointe certes des embauches, mais Okeanews en compte 12 621 et souligne que la troïka juge que 4 885 d’entre elles seraient excessives. Où sont passés les 70 000 ? Mystère.

Alain Salles, qui est correspondant du Monde à Athènes, s’est lui aussi plongé dans le rapport. Toujours pas de 70 000 fonctionnaires embauchés mais il note les dysfonctionnements pointés par la troïka, ce qui l’amène à souligner que « le gouvernement socialiste de Georges Papandréou n’a pas appliqué en 2010 la règle d’un fonctionnaire embauché pour cinq départs, devenue un pour dix en juin 2011. Les recrutements auraient dû, selon ces règles, être au nombre de 8 000. Ils ont atteint plus du double : 16711. » Ainsi nous avons d’un côté les 12 621 d’Okeanews et d’autre part les 16 711 d’Alain Salles. Mais où sont passés les 70 000 ? re-Mystère.

Au service macroéconomie du Figaro, qui a pourtant osé en faire sa une, on avoue ignorer d’où sort ce chiffre. On l’a repris sur To Vima, où l’a repris l’AFP, où s’est servi le journal Le Temps (Suisse), etc. Et on appelle ça de l’info !

Mais si le chiffre a toutes les chances d’être faux, le message qu’il colporte est loin d’être innocent. Le journal To Vima est réputé pour sa proximité avec la troïka, pro-mémorendum et politique d’austérité à la Merkel. Difficile d’oublier qu’au même moment Antonis Samaras, le nouveau premier ministre grec fraîchement élu sort de l’hosto pour décollement de rétine, ou que son ministre des finances, lui aussi hospitalisé, vient de démissionner pour raisons de santé. Quel rapport ? Eh bien que tous ces petits bobos ou ces grands malades incapables de constituer un gouvernement ont contraint la troïka à retarder sa venue prévue à Athènes. Mais là-bas, personne ne dit « le changement c’est maintenant ». Non, le message fuité reste clair : vous n’avez pas tenu vos engagements, vous pouvez vous asseoir sur vos gels de baisse du nombre de fonctionnaires.

Non mais ! Qui croyez-vous qui commande !

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