Hommage à Chris Marker

Chris Marker est mort dimanche à son domicile parisien, à l’âge de 91 ans. La presse (et pas seulement celle du monde cinématographique) ne manque pas d’hommages appuyés envers le réalisateur de « La Jetée » (1962) ou « Le fond de l’air est rouge » (1978). L’œuvre de Chris Marker est foisonnante, elle a inspiré des générations de cinéastes et de documentaristes français comme étrangers.

Cinéaste éminemment politique, on retrouvera Chris Marker au cœur de l’aventure collective « Loin du Vietnam », un film sur le conflit majeur des années 60, au côté de Jean-Luc Godard, d’Agnès Varda, d’Alain Resnais, de Claude Lelouch, de Joris Ivens et de William Klein. C’est d’ailleurs lui qui coordonne le projet et signe le montage.

Mais en ce temps où certains aimeraient bien envoyer aux oubliettes de l’Histoire la mémoire des luttes (Mai 68 compris), c’est un extrait de « Le fond de l’air est rouge » que Sémaphores choisit pour rendre hommage à son tour. Le film durait quatre heures dans sa version originale, réduite à trois heures par l’auteur lui-même, la chaîne Arte l’a diffusé en 2008 et on peut se le procurer sur le site de l’INA. Nous n’en proposons que quelques minutes, édifiantes sur notre époque, et au passage véritable leçon de montage cinématographique. Montez le son et laissez vous emporter, et il serait bien étonnant que vous n’ayez pas envie de voir le film dans son intégralité.


Le Fond de l’air est rouge par arte

Et dégoté sur Poptronics, le dernier photomontage réalisé par Chris Marker « hollendemain » du jour où le portrait officiel du nouveau président était tiré par Depardon.  Réaction toujours aussi vive, chapeau l’artiste, bon voyage, et un p’tit coucou à Magritte.

Caravaning à St Laurent_suite mais pas fin

 Dans le précédent épisode de notre feuilleton estival « La caravane passe s’arrête à Saint Laurent d’Aigouze », nous avons quitté la famille Duplessy en attente d’une lettre du maire Pelissier, en réponse à leur demande de recours gracieux. Mais, tenace, le maire du charmant village va-t-il enfin délivrer son agrément au permis de construire tant attendu ? Va-t-il seulement répondre avant la fête votive qui se profile ? C’est ce que nous découvrons dans ce demi épisode 3 « La Réponse ! ».

Comme on peut s’en douter, la famille Duplessy est moyennement satisfaite, voire pas du tout. Eux aussi ont une réponse. Mais c’est l’autre moitié de cet épisode et elle se trouve sur http://collectifstlaurentais.eklablog.com/affaire-duplissy-suite-a48214731

À suivre…

Coucou, c’est Robespierre !

Billet d’humeur, par Mario, pour fêter en ce 28 juillet la mémoire d’un pote disparu il y a 218 ans.

« Le 10 thermidor an II (28 juillet 1794), mourait l’une des personnalités les plus remarquables de la Révolution française, l’un des hommes politiques français le plus calomnié et le plus stigmatisé : Maximilien Robespierre. »

Ainsi commençait hier un article du blogonaute Vingtras sur son espace Mediapart. Article succinct qui, fallait s’en douter, a immédiatement généré de copieux commentaires comme en génèrent toutes tentatives de rendre hommage aux personnages historiques quels qu’ils soient. Depuis ceux qui croient faire les intéressants à coups de copiés-collés wikipédiâtres jusqu’à ceux qui ont déniché l’anecdote rare dans le livre rare d’un historien peu connu, l’étripage va bon train. Et vas-y que je te reguillotine ce Robespierre responsable de la Terreur et de tous les maux qui en découlent depuis.

Heureusement, se détachant des pollueurs de débats, se trouvent aussi dans les commentaires les rappels de ceux qui veillent au grain, le bon, celui qui se distingue de l’ivraie. Par exemple celui-ci sous la plume de La vraie Gavroche, qui remet en place les trolls qui ne voudraient voir qu’une mégalomanie totalitaire derrière l’idée de l’Être suprême avancée par Robespierre.

« Le culte de l’Être suprême, c’était surtout des fêtes, pour remplacer justement les anciennes fêtes religieuses, et qui devaient servir à promouvoir les valeurs de la toute nouvelle République : l’Amitié, la Fraternité, le Genre humain, l’Enfance, la Jeunesse ou le Bonheur. Et l’Égalité, bien sûr.

C’est dans cette période, par exemple, que l’esclavage a été aboli, pour être restauré quelques années plus tard par Napoléon.

C’est dans cette période qu’est née la plus belle Constitution de notre Histoire, celle du 24 juin 1793 : la déclaration suivante des droits de l’homme et du citoyen. »

Merci donc Gavroche pour ce rappel que nous faisons nôtre à l’attention des lecteurs de Sémaphores, cette déclaration dont on devrait exiger que tout homme ou femme politique la connaisse par cœur, ne serait-ce que pour mesurer la distance qui, encore en 2012, nous sépare de son application. Dans la situation de crise actuelle on gagnera à relire les articles 25, ou 28, ou 35, il faudrait certes tous les citer, surtout réaliser que tant qu’on n’en est pas là bien des discours ne restent que du blabla.

DECLARATION DES DROITS DE L’HOMME ET DU CITOYEN

 Article 1. – Le but de la société est le bonheur commun. – Le gouvernement est institué pour garantir à l’homme la puissance de ses droits naturels et imprescriptibles.

Article 2. – Ces droits sont l’égalité, la liberté, la sûreté, la propriété.

Article 3. – Tous les hommes sont égaux par la nature et devant la loi.

Article 4. – La loi est l’expression libre et solennelle de la volonté générale ; elle est la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse ; elle ne peut ordonner que ce qui est juste et utile à la société ; elle ne peut défendre que ce qui lui est nuisible.

Article 5. – Tous les citoyens sont également admissibles aux emplois publics. Les peuples libres ne connaissent d’autres motifs de préférence, dans leurs élections, que les vertus et les talents.

Article 6. – La liberté est le pouvoir qui appartient à l’homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d’autrui : elle a pour principe la nature ; pour règle la justice ; pour sauvegarde la loi ; sa limite morale est dans cette maxime : Ne fais pas à un autre ce que tu ne veux pas qu’il te soit fait.

Article 7. – Le droit de manifester sa pensée et ses opinions, soit par la vole de la presse, soit de toute autre manière, le droit de s’assembler paisiblement, le libre exercice des cultes, ne peuvent être interdits. – La nécessité d’énoncer ces droits suppose ou la présence ou le souvenir récent du despotisme.

Article 8. – La sûreté consiste dans la protection accordée par la société à chacun de ses membres pour la conservation de sa personne, de ses droits et de ses propriétés.

Article 9. – La loi doit protéger la liberté publique et individuelle contre l’oppression de ceux qui gouvernent.

Article 10. – Nul ne doit être accusé, arrêté ni détenu, que dans les cas déterminés par la loi et selon les formes qu’elle a prescrites. Tout citoyen, appelé ou saisi par l’autorité de la loi, doit obéir à l’instant ; il se rend coupable par la résistance.

Article 11. – Tout acte exercé contre un homme hors des cas et sans les formes que la loi détermine, est arbitraire et tyrannique ; celui contre lequel on voudrait l’exécuter par la violence a le droit de le repousser par la force.

Article 12. – Ceux qui solliciteraient, expédieraient, signeraient, exécuteraient ou feraient exécuter des actes arbitraires, seraient coupables, et doivent être punis.

Article 13. – Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, s’il est jugé indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s’assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi.

Article 14. – Nul ne doit être jugé et puni qu’après avoir été entendu ou légalement appelé, et qu’en vertu d’une loi promulguée antérieurement au délit. La loi qui punirait les délits commis avant qu’elle existât serait une tyrannie ; l’effet rétroactif donné à la loi serait un crime.

Article 15. – La loi ne doit décerner que des peines strictement et évidemment nécessaires : les peines doivent être proportionnées au délit et utiles à la société.

Article 16. – Le droit de propriété est celui qui appartient à tout citoyen de jouir et de disposer à son gré de ses biens, de ses revenus, du fruit de son travail et de son industrie.

Article 17. – Nul genre de travail, de culture, de commerce, ne peut être interdit à l’industrie des citoyens.

Article 18. – Tout homme peut engager ses services, son temps ; mais il ne peut se vendre, ni être vendu ; sa personne n’est pas une propriété aliénable. La loi ne reconnaît point de domesticité ; il ne peut exister qu’un engagement de soins et de reconnaissance, entre l’homme qui travaille et celui qui l’emploie.

Article 19. – Nul ne peut être privé de la moindre portion de sa propriété sans son consentement, si ce n’est lorsque la nécessité publique légalement constatée l’exige, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité.

Article 20. – Nulle contribution ne peut être établie que pour l’utilité générale. Tous les citoyens ont le droit de concourir à l’établissement des contributions, d’en surveiller l’emploi, et de s’en faire rendre compte.

Article 21. – Les secours publics sont une dette sacrée. La société doit la subsistance aux citoyens malheureux, soit en leur procurant du travail, soit en assurant les moyens d’exister à ceux qui sont hors d’état de travailler.

Article 22. – L’instruction est le besoin de tous. La société doit favoriser de tout son pouvoir les progrès de la raison publique, et mettre l’instruction à la portée de tous les citoyens.

Article 23. – La garantie sociale consiste dans l’action de tous, pour assurer à chacun la jouissance et la conservation de ses droits ; cette garantie repose sur la souveraineté nationale.

Article 24. – Elle ne peut exister, si les limites des fonctions publiques ne sont pas clairement déterminées par la loi, et si la responsabilité de tous les fonctionnaires n’est pas assurée.

Article 25. – La souveraineté réside dans le peuple ; elle est une et indivisible, imprescriptible et inaliénable.

Article 26. – Aucune portion du peuple ne peut exercer la puissance du peuple entier ; mais chaque section du souverain assemblée doit jouir du droit d’exprimer sa volonté avec une entière liberté.

Article 27. – Que tout individu qui usurperait la souveraineté soit à l’instant mis à mort par les hommes libres.

Article 28. – Un peuple a toujours le droit de revoir, de réformer et de changer sa Constitution. Une génération ne peut assujettir à ses lois les générations futures.

Article 29. – Chaque citoyen a un droit égal de concourir à la formation de la loi et à la nomination de ses mandataires ou de ses agents.

Article 30. – Les fonctions publiques sont essentiellement temporaires ; elles ne peuvent être considérées comme des distinctions ni comme des récompenses, mais comme des devoirs.

Article 3 1. – Les délits des mandataires du peuple et de ses agents ne doivent jamais être impunis. Nul n’a le droit de se prétendre plus inviolable que les autres citoyens.

Article 32. – Le droit de présenter des pétitions aux dépositaires de l’autorité publique ne peut, en aucun cas, être interdit, suspendu ni limité.

Article 33. – La résistance à l’oppression est la conséquence des autres Droits de l’homme.

Article 34. – Il y a oppression contre le corps social lorsqu’un seul de ses membres est opprimé. Il y a oppression contre chaque membre lorsque le corps social est opprimé.

Article 35. – Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

 

Caravaning à St Laurent_suite

         Grâce au Collectif Saint-Laurentais nous avons eu de plus amples explications sur l’arrivée subite de caravanes de gitans évangélistes aux abords de la commune, mais plus exactement sur le terrain du « Relais Camarguais », précision d’importance qui permet de situer le problème.

L’installation de caravanes est voulue comme « un coup médiatique » pour attirer l’attention, c’est ce qu’expliquent les propriétaires, Cathy et Philippe Duplissy, aux gendarmes d’Aigues Mortes venue constater la situation, ainsi que dans une lettre d’explications dans laquelle on peut lire : « Nous souhaitons sincèrement que cette situation ne s’envenime pas pour le bien de tous les habitants de St Laurent d’Aigouze auprès desquels nous nous excusons par avance des soucis causés ».

Outre qu’il s’agit donc d’un terrain privé, on apprend que les 60 caravanes s’y sont installées sur l’invitation des propriétaires du Relais Camarguais et qu’il pourrait même en arriver d’autres. L’affaire, car affaire il y a, tourne bien autour d’un permis de construire refusé par M. Pelissier, maire de Saint Laurent d’Aigouze, alors que le dossier de projet commercial déposé (23 locaux commerciaux avec logements de fonction) aurait pourtant reçu tous les agréments. Un projet donc susceptible d’apporter de l’emploi, du logement et des taxes pour la commune.

Mme et M Duplissy disent avoir rencontré tous les élus locaux susceptibles de les aider dans l’aboutissement de leur projet, à savoir MM. Rosso, Cubillier, Mourrut, Rosier, Bonato, sans qu’aucun, dans le cadre de ses compétences, ne puisse infléchir la position du maire de St Laurent.

De plus, il semblerait que le refus du permis de construire ait été antidaté pour rattraper le dépassement du délai légal de trois mois entre la demande et réponse. (la lettre de refus est datée du 30 juin mais le cachet de la poste est du 19 juillet).

Cela dit, une nouvelle lettre de demande en recours gracieux a été envoyée à M. le maire. Espérons qu’elle trouve réponse avant les calendes grecques, les prochaines coïncidant avec la fête votive de St Laurent au mois d’août. Sinon il se pourrait bien que 120 caravanes de roms viennent se joindre à la fiesta. Beaucoup de remue-ménage qui pourrait être évité, et devrait l’être depuis longtemps si n’étaient des petits chefs qui se prennent pour des grands manitous.

Lire en intégralité la lettre d’explications et celle envoyé à M. le maire : http://collectifstlaurentais.eklablog.com/

 

 

Le Cercle des poètes_8

HOMME DE 68

Homme de soixante huit, mon semblable, mon frère,

Où donc s’en est allé le printemps des révoltes ?

Les saisons ont passé, le grain était en terre,

Pour tant d’espoirs semés, bien maigre est la récolte.

 

Avons-nous tant failli, dispersé l’héritage,

Échangé nos idées contre des certitudes,

La solidarité contre la solitude,

Qui sait sur quel écueil nous avons fait naufrage ?

 

Le message était fort, si tous l’ont entendu,

Certains n’ont pas compris, d’autres comprennent mal,

Combien se sont trompé, combien se sont perdus,

Pour ce rêve effrayant d’être un homme normal.

 

Et ils ont refusé d’assumer l’héritage ;

La morale bourgeoise est déjà de retour ;

L’hypocrisie fait loi, le cynisme fait rage,

Rêves assassinés à la tombée du jour,

 

Idéal au rabais, libertés en jachère,

Égalité rangée avec les accessoires,

Fraternité prête pour la mise en bière,

Le vin rouge est tiré il va falloir le boire.

 

Face au poids de l’argent que pèsent les paroles,

La bonne volonté, les promesses qu’on clame

Deviennent un murmure apaisant qui console

Ce n’est plus un discours, juste de la réclame.

 

Le combat continue c’est-ce qu’il faut se dire,

La révolution finira par se faire,

Afin que le meilleur ne soit semblable au pire,

Homme de soixante huit, mon semblable on frère…

                                                        GASCARILLE

 

bons baisers de Syrie

Ces photos ne sont pas extraites d’une des dernières productions hollywoodiennes, pas plus qu’elles ne sont signées de photographes de renom. On les doit à Mediapart qui les a reçues d’activistes syriens qui n’ont pas l’intention de cesser la lutte. Nous les partageons sans plus de commentaire, comme un triste et accablant voyage visuel qui nous replace au cœur de nos faiblesses, celle de la communauté internationale comme celle individuelle qui devrait nous faire dire : Et si c’était chez moi ?

Homs_centre de la cité

 

Deir Ezzor


Quartier Midan à Damas

Le Sol violette et autres monnaies solidaires

Quand les gens s’occuperont de citoyenneté et non de politicaillerie, nous respirerons.

Les Bretons qui ne sont jamais à court d’idées veulent créer leur monnaie locale à Nantes. Qu’à eux seuls ne tienne, et nous ne pouvons qu’espérer que Jean Marc Ayrault poursuive cette initiative qui était la sienne avant d’être ministre.

 « L’idée était inscrite dans notre agenda 21 en 2006, mais ce n’était pas une priorité. Il nous est ensuite apparu que cela pouvait être une initiative de la collectivité au service de l’économie et de l’emploi sur le territoire dans un contexte de crise des liquidités », expliquait Pascal Bolo, adjoint chargé des finances.

Cette initiative nantaise s’inspire d’un modèle existant en Suisse depuis 1934, celui de la Banque WIR 

20% des PME/PMI suisses (60 000 environ) fonctionnent avec cette monnaie complémentaire qui leur permet d’être à l’abri des dérives du secteur financier. Comme une banque centrale, elle émet sa propre monnaie, qui circule parmi ses associés à titre de moyen de paiement et dans laquelle elle octroie des crédits. La valeur du WIR est liée au franc suisse (1 WIR = 1 CHF). Une caractéristique principale est l’absence de taux d’intérêt. Les avoirs en compte ne sont pas rémunérés. C’est une incitation à vite dépenser l’argent et à accroître ainsi le chiffre d’affaires entre participants.

La Banque WIR crée de la monnaie, qu’elle prête à taux bas à ces PME. Les entreprises s’échangent entre elles en WIR

Il s’agit bien de restituer à la monnaie son rôle d’outil au service du public, géré comme un service public, et ne devant en aucun cas enrichir des intérêts privés au détriment de l’intérêt général, c’est à dire l’inverse des pactes Européens et du MES qui viennent d’être votés

Citons également que cette expérience du WIR suisse a inspiré la monnaie RES en Belgique, et ce depuis 1996. On la doit à Walther Smets, ex dirigeant d’une entreprise d’ameublement qui fit faillite et perdit tout. Il décida alors de créer un circuit économique permettant aux très petites et moyennes entreprises de renforcer les échanges pour les soutenir face à la mondialisation et aux grandes chaines…

RES s’implante en France depuis l’automne 2010… En savoir plus sur le RES : http://monnaie-locale-complementaire.net/res-en-france/

« La monnaie est un droit citoyen ».

La monnaie complémentaire est une idée très intéressante qui commence à prendre corps. Laissons la parole pour une quinzaine de minutes à Jean François Noubel, connu pour sa pensée visionnaire sur les monnaies libres. Jean-François a créé l’Institut des monnaies libres dont l’objet est le développement d’économies durables et l’accompagnement de la société civile dans son émancipation du monopole bancaire. Outre à des conférences et séminaires, il participe au développement de nouvelles organisations qui permettent de créer des richesses tout en évitant les spirales du consumérisme ou de la prédation. On prendra plaisir ou on s’interrogera à l’entendre partager de son expérience qui le conduit à dire que « La vraie misère d’un être humain c’est de ne pas pouvoir donner« .

D’autres videos et d’autres sujets abordés par TEDx-Paris sont disponibles sur leur site. N’hésitez pas, elles sont toutes passionnantes. http://www.tedxparis.com/jean-francois-noubel-la-fin-de-largent

En Pays de Brest, c’est l’Heol qui a été choisie comme monnaie solidaire, à l’initiative de l’association locale d’économie sociale et solidaire. Heol veut dire soleil en breton. L’Heol est déjà utilisé par une centaine de particuliers et 38 établissements. 3500 Heol sont actuellement en circulation. Outre son utilisation limitée au Pays de Brest, l’Heol présente la caractéristique d’être « fondante », c’est-à-dire qu’elle perd 2% de sa valeur chaque trimestre. Cela incite fortement à l’utiliser avant l’anniversaire trimestriel de sa dévaluation, donc accélère sa circulation et prévient toute thésaurisation.

C’est aussi le système retenu en pays toulousain avec le système du SOL VIOLETTE.

Prioritairement tourné vers les citoyens les plus démunis, le sol violette a été mis en place par la mairie en juin 2011, à l’initiative de Jean-Paul Pla, Conseiller Municipal délégué à l’économie sociale et solidaire de la ville de Toulouse. Ce projet a pour objectif d’expérimenter et de rendre compte à la municipalité de la possibilité d’instaurer une monnaie complémentaire visant à satisfaire les nécessités humaines de Toulouse et son Agglomération dans le respect d’un développement économique solidaire. Voici le film qui retrace l’histoire de son développement. Il dure 50 minutes, à regarder au calme et plein écran, comme l’excellent reportage qu’il est.


En savoir plus sur le sol violette : http://www.sol-violette.fr/

Et pour aller plus loin dans la compréhension du mécanisme et de la monnaie en général, voici un diaporama didactique. http://www.slideshare.net/FBOSQUE/conference-sol

D’autres expérimentations ont lieu à Lille, à Grenoble, en Charente…  Il existe plus de 5 000 monnaies complémentaires dans le monde. Et nous ? On l’essaie quand, cette autre forme de solidarité ?

 

La caravane passe à Saint Laurent d’Aigouze

On dit que les chiens aboient quand la caravane passe. En tout cas, on n’entend guère les chiens de garde médiatiques sur le sujet qui préoccupe nos voisins Saint-Laurentais avec le retour annuel des caravanes des gens du voyage.  Nous mentirions un peu à ne pas mentionner que Midi Libre (édition du 25 juillet, page 6) s’est généreusement fendu d’un article de deux lignes.

« Une trentaine de caravanes se sont installées avec l’accord d’un propriétaire sur un terrain privé à Saint-Laurent-d’Aigouze tout en débordant sur le parking de la station essence du supermarché voisin. Ces véhicules-là ont fait l’objet d’un procès verbal pour stationnement illicite. »

Ça c’est du journalisme ! ont immédiatement pointé ceux qui ne trouvent plus leur compte avec la nouvelle couverture médiatique du journal (voir article précédent). La question est d’ailleurs posée dans les commentaires du site du Collectif Saint Laurentais d’Information (CSLI) : « Mais où est notre nouvelle correspondante ML ? », à quoi un autre internaute répond : « Je crois que la correspondante fait la fiesta dans les caravanes, elle qui est si attachée à la musique gitane, y a qu’a la voir les jours de feria à l’imperator ! » ou bien : « En matière de médiation, l’important c’est la pose. Toujours rien dans la presse. Comme pour les ouvriers des salins. À croire que les gens du voyage sont considérés comme des demi-sel. »

En l’absence de couverture et d’enquête il est difficile de se faire une idée de ce qui serait un problème ou n’en serait pas, des nuisances et incivilités ou pas. Ainsi se dit-il que le magasin HU aurait préférer tirer ses rideaux il y a quelques jours par peur des rapines. D’autres notent que ces gens-là ne sont pas venus en train…Mais il se dit surtout que la situation serait due à un conflit de personnes entre un privé et un élu saint-laurentais, une histoire de permis de construire…

Quoi qu’il en soit, une question reste posée : Qu’attendent les responsables des communes ou des communautés de communes pour se mettre en conformité avec la loi au sujet des emplacements réservés aux gens du voyage ?

Le problème des gitans, tziganes et autres romanichels est peut-être récurrent aux yeux de certains, n’empêche que la faiblesse ou la mauvaise volonté de certains élus l’est aussi.

Affaire à suivre.

Lire les autres commentaires sur le site du Collectif :http://collectifstlaurentais.eklablog.com/

 Pour notre part nous concluons avec celui-ci, qui aurait pu trouver sa place dans notre rubrique Poésie, ou pour le moins dans celle de l’humour.

aujourd’hui 26 juillet : Ste Anne

Mais, ne vois-tu rien venir ? 

 » Je ne vois que le train qui charroie,

des gitans qui festoient,

un quartier qui bougeoie, 

des crottes de barzoïs

une bande d’élus très sournois,

un conseil qui merdoie,

des commerçants qui s’apitoient,

une gouvernance aux abois,

une administration qui fonctionne de guingois,

un nain rabat-joie, 

une absence totale des vingt-trois,

un chef qui louvoie, 

à la forte estime de soi.

une correspondante lamproie « 

TER et CCI

Une cinquantaine de commerçants ont répondu à une invitation de la CCI au sujet du train à 1 €. Selon Midi Libre ils ont réclamé des solutions. Selon nous c’est très bien, mais on aurait préféré qu’ils soient plus nombreux à en apporter.

photo de Stéphane Barbier

Car le discours tourne à présent en boucle, sur la base d’arguments légitimes pour une part, mais complètement spécieux dans l’ensemble, pour le moins sans réflexion au-delà d’un corporatisme de circonstance. Qu’a-t-on entendu à cette réunion ? On vous le donne en mille : « Le train, il faut juste l’arrêter »

« Ou l’interdire aux mineurs non accompagnés »

« Il faut augmenter le prix du billet »

Plusieurs professionnels affirment être à moins 35 % de chiffre d’affaire.

On pourrait mieux entendre ces derniers si ça ne faisait pas trente ans qu’on entend les mêmes se plaindre de faire moins 35 % chaque année. Et si les mêmes pouvaient entendre que d’autres commerces sont encore plus en baisse de chiffre dans des villes où il n’y a pourtant pas de train à 1 euro. Les incivilités et les bagarres ne sont pas, loin s’en faut, le problème du seul Grau du Roi, il faut cesser les amalgames si on veut s’en sortir.

C’est au demeurant ce que partagent certains commerçants, notamment cette commerçante responsable d’un magasin d’accessoires qui dit :  » Toutes ces familles qui viennent en train consomment dans la station. C’est surtout les mineurs, cet effet de groupe et de masse qui posent problème. Si on arrivait à gérer la quantité, tout cela se passerait mieux. Et il faut plus d’encadrement. »

Telle autre, directrice du Splendid hôtel, pense que « Dans le centre-ville, la plage est trop petite. Il faut emmener ces jeunes sur d’autres plages, sur L’Espiguette, organiser des activités dans les autres villes. »

Au moins ces deux témoignages apportent-ils des éléments constructifs. Nous le disons depuis le début : un cahier de doléances c’est bien mais un cahier de propositions c’est mieux.

Quelques commentaires récoltés par Midi Libre

« Le train à 1 euro, il ne faut pas l’enlever car beaucoup de Nîmois le prennent, surtout les petits salaires.
Il ne faut pas faire payer à tout le monde la bêtise de certains jeunes qui profitent de ce train pour se rendre au Grau du Roi et pour y mettre le bazar.
Je suis certain que beaucoup des jeunes mineurs qui prennent le train ne payent pas le billet car impossible de contrôler pendant le voyage et ils le savent.
Pour éviter ceci il faudrait contrôler les billets avant la monter dans le train et ceci serait plus facile pour les contrôleurs de la SNCF. Certains jeunes qui vont au grau du roi uniquement pour mettre le bazar ne voudront pas payer leur billet.
Interdire au mineur je suis contre car mes enfants sont mineurs et ils ne vont pas au grau pour mettre le bazar mais pour passer une journée à la mer avec des copains. »

Bernard Luciani : « Une réunion bien inutile ….. On aurait dit que Mr Douais était là uniquement pour « vendre » le dispositif « Alerte commerces ».
Totalement inadmissible: Quand on lui a dit qu’il faudrait peut-etre filtrer les passagers au départ des trains et qu’il a répondu « que ça lui rappellerait 1940 » !!! Ben voyons, demander plus de sécurité c’est être facho !!!
Egalement inadmissible: la manière limite odieuse qu’il a utilisée pour répondre à des participants non commerçants qui faisaient part de leur remarques.
A noter également: Dans la salle était présent Patrick Fernandez, Directeur de Cabinet du député Gilbert Collard, qui souhaitait faire part aux commerçants des actions que ce dernier avait engagé et de la suite qu’il comptait donner à cette affaire. Mr Douais a soigneusement « évité » de lui donner la parole ….. En Bref: Mr Douais, en bon politique, n’était là que pour se faire valoir en sortant son blabla aussi inutile qu’inéficace. A mettre dans le même sac que Mr le Maire …… »

Genne : « Décidément ces commerçants ne semblent pas être intéressés par les gens pauvres qui souhaitent pour la majorité simplement avoir accès aux vacances avec leurs enfants. L’accueil dans vos commerces est souvent minable, pas de sourire, pas de bonjour..et maintenant cet amalgame …Pauvres.. commerçants…  Et si on augmentait plutôt votre coté Humain M/Me les commerçants…… il n’y a pas que vous, il y a surtout la plage. Heureusement. »

Mimie : « Je comprends tout à fait les commerçants qui ont peur d’être vandalisés. Mais supprimer les trains 1 euros ce n’est pas la solution car ça priverait les pauvres d’aller à la mer. Par exemple moi j’y vais parfois avec mes enfants et cela me revient a 6 euros l’aller retour contre 30euros environ avant. Avec mon faible salaire je ne pourrais plus me permettre d y aller, il peut y avoir d’autres solutions a envisagé, par exemple un groupe de jeunes mineurs sans être accompagné d’adultes devrait être interdit, ou il pourrait y avoir d’autres solutions en se creusant la tête, mais il ne faudrait pas que les bons paient pour les mauvais»

TER et colibri

Petite histoire du colibri…

Un jour, un immense incendie se propagea dans la forêt. Tous les animaux sans exception se sauvaient à toute vitesse pour échapper aux flammes…

Tous sans exception ? Ah, non un petit colibri fonçait dans l’air devant le feu, plongeait dans la rivière, remplissait son bec de quelques gouttes d’eau, faisait demi-tour et survolait l’incendie pour jeter dessus ces quelques gouttes… Et il recommençait, une fois, deux fois, trois fois… Il y passa la nuit entière et la journée suivante, encore et toujours.

Un aigle qui avait suivi son manège de tout là-haut lui dit : mais que fais-tu donc, colibri ? Tu ne penses tout de même pas éteindre l’incendie avec tes quelques gouttes d’eau ?

Et le colibri répondis : « Je ne sais pas mais, en tous cas, je fais ma part »

Il faisait tout simplement « sa part »

Contre cet incendie de bêtise humaine de ceux qui dénoncent le train à 1 €, qui voient de la racaille derrière chaque jeune,  qui utilisent chaque incivilité ou comportement délinquant pour stigmatiser toute une population, qui confondent leur chiffre d’affaire avec l’intérêt général, qui craignent « les bronzés » sur nos plages, qui veulent se réapproprier LEUR ville, qui menacent de représailles tous ceux qui les dérangent, qui sont pour des solutions n’importe-ou-mais-surtout-pas-chez-nous, contre tout cela, et pour la solidarité, le développement durable et harmonieux, la recherche intelligente de solutions… , nous aussi, « faisons notre part ». Et si tous, nous faisons notre part, on l’éteindra, cet incendie. Et le train à 1 € sera le point de départ d’un renouveau pour notre cité !
Signé: un graulen parmi beaucoup d’autres qui veut faire sa part pour rendre notre cité accueillante, dynamique, vivante, ouverte à la jeunesse

On va où, comme ça ?

Un bilan déjà catastrophique pour le gouvernement

 Depuis son élection et l’annonce de la composition de son gouvernement, François Hollande n’a fait que renforcer toutes les craintes qui s’étaient levées durant la campagne : chacun de ses choix montre qu’il n’a ni vision ni même un quelconque souci de l’écologie.

  • Sur les permis de forage en Guyane : malgré les risques démesurés qui devront être supportés au cœur d’un site d’une incroyable richesse écologique, François Hollande a fait le choix des multinationales et des lobbys. Pire encore, il a démis de ses fonctions Madame Bricq, éphémère ministre de l’écologie, qui avait osé suspendre ces permis d’exploration.

    Aujourd’hui, Madame Duflot, préférant son portefeuille de ministre au programme de son parti, juge elle-même qu’il ne faut pas s’opposer à l’exploitation.

  • Sur le nucléaire, Monsieur Hollande a indiqué ne pas se sentir concerné par l’accord signé avec EE-LV. Après avoir confirmé la politique impérialiste d’Aréva au Niger, si cela n’était pas assez clair, il a lui même décidé de l’avènement rapide des réacteurs de 4è génération, dont le projet « ASTRID » (en coopération CEA/Bouygues). Il s’est par ailleurs empressé de confirmer solennellement son adhésion au maintien de l’arme nucléaire. Enfin Monsieur Fabius, a fait preuve d’indécence en éludant le risque que le MOX français a fait peser sur le monde entier lors de la catastrophe de Fukushima. Il propose maintenant de renforcer la collaboration nucléaire avec le Japon. Cette attitude nie au peuple japonais, qui souhaite sortir du nucléaire, son droit de déterminer sa propre politique énergétique.
  • Sur la question des gaz de schistes : on apprend qu’Arnaud Montebourg, Ministre du redressement productif, s’alignant sur les récents propos du candidat Hollande, souhaite rouvrir le dossier des permis d’exploration/exploitation, en vertu de la « sacro-sainte » croissance. Et cela, sans même tenir compte du vote unanime des députés socialistes sur la question de la limitation des explorations et des exploitations.
  • Les grands projets inutiles continuent leurs cheminements – à commencer par l’aéroport de Notre Dame des Landes, petit joujou du premier ministre Ayrault.
  • Il refuse enfin de désobéir aux directives libérales européennes au sujet des prix de l’électricité et du gaz, alors mêmes que ces orientations bafouent le droit à l’énergie pour toutes et tous. Ainsi, une simple tentative de régulation des prix du gaz est immédiatement cassée par le Conseil d’État qui agit à rebours de l’intérêt général.
  • Incapable d’agir en État actionnaire, le gouvernement se retrouve confronté aux logiques de profits dans l’industrie automobile. Partout où la situation sociale s’annonce catastrophique, Monsieur Arnaud Montebourg préfère s’accorder avec les investisseurs ou les repreneurs pour à nouveau, injecter l’argent public dans la poche des actionnaires. L’État a pourtant le pouvoir de reconvertir les travailleurs pour, par exemple, développer les transports en commun, le rail et le ferroutage. Ce serait, au final, autant d’emplois durables créés.
  • Dans le cadre de la réforme de la PAC, Le Ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a mené une bataille inattendue et scandaleuse auprès de ses collègues européens, non seulement pour revenir sur les obligations en matière d’agriculture biologique, mais également en luttant contre toute conditionnalité écologique des aides agricoles.

 Monsieur Hollande ne montre aucune réserve dans sa recherche aveugle de la croissance.
Pourtant, il est clair aujourd’hui que ce modèle a vécu : aucune activité n’est durable quand on néglige son impact social et environnemental, et sans tenir compte de la consommation de ressources naturelles qu’elle implique.
Même au sein du PS, des voix s’élèvent pour montrer l’absurdité à long terme de ces choix. Bien plus important, dans le contexte actuel de pénurie prochaine de ressources naturelles (pic pétrolier, pic du cuivre, etc.), la recherche de croissance à tout prix est la politique du pire.

Il nous faut non seulement lancer la réflexion sur les indicateurs de développement, mais il est essentiel que l’État, les travailleurs et les citoyens reprennent toute leur place face aux actionnaires.

Remettre l’humain au centre des décisions, c’est planifier la transition énergétique et la reconversion vers des activités utiles socialement.

Alors que le gouvernement égrène des décisions contraires à tous les déterminants de l’écologie, on n’entend pas beaucoup les oppositions et les contestations parmi les responsables d’EE-LV.

Le Parti de Gauche, partenaire des Verts sur de nombreuses luttes, s’inquiète de voir ce parti ami aux abonnés absents. Loin de la scène politique, et s’abstenant de toute dénonciation claire, alors que la présence de deux ministres dans le gouvernement Ayrault lui en donnerait la possibilité, EE-LV fait le choix de la discrétion. Serait-ce le prix à payer en contrepartie de l’accord électoral des dernières élections ?

Mercredi 18 Juillet 2012

Loic Petit-Guillaume et Mathieu Agostini

 

Audit citoyen de la dette publique

Le collectif pour l’audit citoyen de la dette publique

 Le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique a été constitué en octobre 2011 par des milliers de citoyens, de nombreuses associations et organisations du mouvement social1 qui ont soutenu son appel constitutif, lequel compte aujourd’hui plus de 60 000 signataires. L’objectif du collectif est de déconstruire avec les citoyens le discours dominant et mensonger qui attribue la dette à des dépenses publiques et sociales inconsidérées et prône l’austérité comme seul remède. Il est également de progresser dans la réflexion sur les alternatives indispensables pour faire face à la crise sociale et écologique.

Plus d’une centaine de collectifs locaux se sont formés dans toute la France. Ils regroupent des militants associatifs, syndicalistes et citoyens qui produisent et diffusent des documents, et participent au nécessaire débat sur l’évolution des finances et de la dette publiques. Le matériel et l’expertise citoyenne construits depuis plusieurs mois sont visibles sur le site du collectif, auditcitoyen.org.

Des communes, des collectivités territoriales, asphyxiées par les emprunts toxiques et des restrictions budgétaires insupportables (réforme régressive de la fiscalité locale, gel des dotations budgétaires, faillite de Dexia…), se sont également mobilisées pour réclamer un tel audit.

Au lendemain de l’élection de François Hollande, nous avons écrit à MM. Moscovici et Migaud pour demander que des représentants du mouvement social, d’organisations syndicales, d’associations d’élus locaux, ainsi que du Collectif pour un audit citoyen de la dette publique, soient associés à un audit public de la dette et des finances publiques. Les autorités n’ont pas répondu à cette demande, mais nous la maintenons : un vrai débat démocratique doit avoir lieu autour des origines de la dette et des alternatives à l’austérité qui, comme le montre chaque jour davantage l’aggravation de la crise de la zone euro, est porteuse de lourdes régressions sociales et démocratiques.

L’audit remis par la Cour des Comptes va servir à renforcer le discours gouvernemental sur la nécessaire « rigueur de gauche » et la ratification annoncée du Pacte budgétaire. Cet audit ne cherche donc en rien à éclairer l’origine structurelle de la crise des finances publiques, car un tel examen pourrait amener à remettre en cause la légitimité des politiques d’austérité. C’est pourquoi le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique (CAC) publie en même temps un rapport alternatif à l’audit officiel.

Intitulé « Que savons-nous aujourd’hui sur la dette publique en France ? », ce rapport retrace de façon synthétique la genèse de la dette publique dont le poids sert aujourd’hui à justifier les politiques d’austérité. Il détaille le rôle des politiques fiscales de réduction des recettes publiques, menées au nom d’arguments mensongers sur la compétitivité. Il montre comment la dette publique a été engendrée par les contradictions-mêmes de l’ordre économique néolibéral, que les politiques d’austérité ne font qu’aggraver. Il présente une liste des 50 principaux détenteurs de la dette française.

Lire ou télécharger le rapport (format PDF) : Que-savons-nous-sur-la-dette_def-2

PSA_complément d’info

Suite à l’annonce de la fermeture de l’usine d’Aulnay (plus de 3.000 salariés) et d’un plan global de 8 000 suppressions de postes en France, on nous gonfle abondamment avec « les difficultés actuelles du groupe Peugeot PSA ». Mais de quel ordre peuvent être ces difficultés pour un groupe qui annonçait encore à son bilan 2011 avoir réalisé 500 millions d’euros de bénéfices ?
Peut-être espérait-on faire mieux chez ces patrons-voyous qui n’hésitent pas à privilégier des intérêts géopolitiques contre l’avenir de milliers de travailleurs.
Et d’y aller de la fameuse compétitivité des entreprises françaises dont la défaillance serait due au coût du travail ! Est-ce le travail qui coûte le plus cher ou bien ce suivisme forcené des États-Unis ? On peut se le demander lorsque Peugeot PSA renonce à 21 % de ses ventes (son deuxième marché mondial) sur la seule pression de General Motors qui détient pourtant seulement 7 % du capital de PSA. La raison ? Ne pas enfreindre les sanctions américaines sur l’Iran ! Autrement dit PSA doit cesser toute relation commerciale avec un pays qui achetait encore en 2011 plus 458 000 véhicules (via sa filiale Iran Kohdro). On apprend même (sur la chaîne parlementaire) grâce aux révélations de Jean-Pierre Mercier, délégué CGT, que 275 millions d’euros, versés par l’Iran en contrepartie de moteurs et de pièces de voitures, sont actuellement bloqués sur le compte parisien de la banque Tejarat, General Motors exerçant des pressions sur la direction de PSA pour qu’elle ne récupère pas cet argent.

sources : http://lejournaldusiecle.com/2012/07/15/general-motors-a-pousse-peugeot-psa-a-renoncer-a-son-2eme-marche-mondial-liran/
Extraits complets de Faits&Documents (http://faitsetdocuments.com/)

CES 600 MILLIARDS QUI MANQUENT A LA FRANCE

Parait qu’il nous manque quelques milliards pour boucler l’année sans inquiéter les marchés. Le pire est qu’on a l’impression que le nouveau gouvernement ne semble pas savoir où les trouver sans augmenter les impôts. On se fout de qui ?
 Le journaliste Antoine Peillon a enquêté en France et en Suisse dans les milieux bancaire, judiciaire et policier. Il lève le voile sur un vaste système d’évasion fiscale.

Des valises de billets qui passent les frontières, des diamants cachés dans des tubes de dentifrice. Derrière ces images folkloriques se dessine un système sophistiqué. Selon Antoine Peillon, les avoirs français dans les paradis fiscaux atteignent la somme astronomique de 600 milliards d’euros.
Pour son enquête, le journaliste a rencontré des magistrats, des policiers et surtout des cadres de banques qui décrivent, de l’intérieur et anonymement, les circuits de l’évasion fiscale.

La Suisse est en première ligne. Antoine Peillon décrypte les méthodes de la banque UBS, mastodonte de la finance. Il met aussi en cause l’attitude des États. La France s’est engagée à lutter contre les paradis fiscaux. Mais selon le journaliste, les résultats ne sont pas à la hauteur des promesses.

Antoine Peillon, au coeur de l’évasion fiscale par FranceInfo

« Ces 600 milliards qui manquent à la France » est aux éditions du Seuil.

Sujet bateau

C’est l’été, et donc le temps des croisières. Si malgré la crise il vous reste un peu d’argent et de temps, pourquoi ne pas en profiter pour voyager français pendant qu’il reste encore des places. Nous ne savons pas où est passé le nouveau yacht de Nanar Tapie mais nous pouvons vous proposer une virée à bord, par exemple, du Bâton rouge, de Martin Bouygues.

Peut-être préfèrerez-vous le Paloma, de Vincent Bolloré, un peu en rade depuis que l’ex président Sarkozy ne l’utilise plus après ses fiestas au Fouquet’s.

Mais rien ne vous oblige à opter pour ces coques de noix françaises. Il se pourrait que L’Amevi vous séduise davantage. Il appartient à Lakshmi Mittal, le fossoyeur d’Arcelor. (Voyez qu’il y a tout de même un peu d’argent français là-dedans)

ou alors vous choisirez L’Eclipse, l’un des cinq yatchs de Roman Abramovitch, ex gouverneur d’un district autonome en Russie, plus connu des amateurs de foot puisqu’il est aussi propriétaire du Chelsea FC. (Ça ne signifie pas que vous serez autorisés à jouer une partie sur le pont.)

Ah, que c’est dur, la crise !

José, reviens ! _ suite et fin (de non recevoir)

Ils l’avaient promis ils l’ont fait.
PLUS DE 1 000 KILOMETRES A VELO POUR DEPOSER LA PETITION POUR DEMANDER A JOSE BOVE DE REDEVENIR UN REBELLE
Hélas, voici la réponse de José Bové par SMS le mercredi 18 juillet 2012 : « Désolé, je vous aurais accueillis avec plaisir mais il n’y plus de session au parlement. Amicalement, José ».

Le mercredi 17 juillet 2012, le peloton de cyclistes venu du célèbre MacDonald de Millau démonté par José Bové s’est présenté devant le Parlement de Strasbourg pour remettre au député européen Europe Ecologie-Les Verts la pétition « José reviens ! ». Les objecteurs de croissance ont parcouru plus de mille kilomètres à travers la France pour déposer plus de 1 300 signatures et près de 500 messages de soutien à cette action. L’arrivée a été l’occasion de reprendre l’hymne « José reviens ! » devant le Parlement.
Et pendant ce temps, la représentante d’Europe Ecologie-Les Verts admirait l’aviation de chasse française à la tribune présidentielle lors du défilé du 14 juillet.

Mais nos cyclistes ont découvert pour l’occasion que le Parlement européen ne possédait pas de boite aux lettres ! Gardé par des vigiles d’une entreprise privée, il est en effet impossible d’y déposer un courrier. Significatif des institutions européennes que José Bové dénonçait justement avant de rejoindre le VRP du capitalisme vert Daniel Cohn-Bendit. Il faudra donc attendre la rentrée parlementaire pour qu’un sympathisant strasbourgeois puisse remettre la pétition au bureau de José Bové. Dix ans plus tôt, José Bové était aux côtés des objecteurs de croissance qui le soutenaient lors de ses procès. José reviens, il est encore temps !

Etats d’âmes d’après élections_2

Nota bene : Ce texte est écrit en graulen, prière de le lire avé l’assent.

L’enfant du pays

Un mois. Un bon mois. Oh oui, fallait bien ça pour digérer le résultat des dernières législatives. Encore que je sache toujours pas si c’est digérable. Té ! Vous savez quoi ? J’ai comme un petit reste en travers de la gorge et mon docteur est formel, ça risque de me rester jusqu’aux prochaines élections. Bah, que je me dis dans mon for intérieur, avec des municipales en vue je vais pas souffrir longtemps.

Faut quand même que je vous dise de quoi je cause, à vous qui n’avez peut-être tout suivi que par les merdias interposés. Figurez-vous que mon pays est passé Front National ! Il a viré facho ! Remarquez, ça nous pendait déjà un peu au nez, avec tous ces arabes qu’on voit dedans le poste de télé. Non, je dis ça parce que chez nous c’est pas pareil. Des arabes, on en a comme tout le monde. Mais depuis longtemps. Et les nôtres on les connait bien, ils vont à la pêche pareil que nous, même depuis qu’il y a plus rien à pêcher. Ils vendent des vêtements sur le marché, ou des légumes, des montres, des godasses. Y en a même qui ont des commerces en dur, ma parole. On peut dire qu’ils sont bien des intégrés, chez nous.

Franchement, j’ai pas compris pourquoi on a viré facho en votant pour un nain connu. L’est avocat le mec, je crois. Y s’est aussi essayé dans la chanson. Vous vous rappelez pas le tube, avec des chœurs de folie par derrière ? Vichyiiii, ma ville, je t’aimerai toujours… Un carton, ma parole ! Mais ça n’a pas marché. Alors fallait bien qu’il tente autre chose. On dit qu’il fait dans la marine maintenant. Pour nous c’est important la marine, en bord de mer. Alors ça m’étonnerait pas qu’il y ait même des pêcheurs qui aient voté pour le nain. Moi je croyais que les pêcheurs se sentaient mieux défendus par le maire qu’on a, et qui était aussi député jusqu’à ce que le nain lui fasse un croc-en-jambe. Ça fait trente ans qu’on l’a, notre maire. En principe il devrait savoir y faire. Surtout que lui il est pas tombé du dernier parachute.

Je me souviens quand on l’a mis en place pour la première fois. Sur son affiche y avait un cœur pour bien montrer qu’il était la circulation sanguine du pays, et puis surtout, écrit en dessous de son nom : L’enfant du pays ! Même que ça faisait rire les étrangers qui venaient juste de s’installer. Pour eux, l’enfant du pays, ça avait sa place dans un livre de Pagnol ou de Giono mais pas sur une affiche électorale. Ouais, c’était peut-être pas un argument politique mais c’était vrai, il était bien du pays.

C’est après, que ça s’est gâté. Lire la suite

Le partage actuel du travail est un non-sens

Nous avons déjà parlé du Collectif Roosevelt 2012 (article ici) et aurons l’occasion d’en reparler pour voir dans le détail les différentes propositions d’actions développées par le Collectif.

Aujourd’hui c’est sur Pierre Larrouturou que nous souhaitons revenir pour ceux qui ne le connaissent pas ou auraient manquée cette interview de 7 minutes, c’était avec Luc Evrard sur Europe 1.
Pierre Larrouturou est économiste, membre d’Europe Ecologie_Les Verts, mais aussi l’un des piliers et membres fondateurs du collectif Roosevelt 2012. Il présentait ici l’idée-force de son dernier livre sur le partage actuel du travail, un non-sens selon lui, selon nous aussi.

Cercle des poètes_7

Fallait bien se douter qu’au cercle des poètes réapparu débarquerait un jour un conteur. C’est chose faite avec notre ami Jean-Claude REMY, parfois Grand-Mottois parfois plus tropical, par ailleurs poète devant l’éternel mais également auteur-compositeur-interprète, peintre et illustrateur, en bref un sacré cumulard… non en mandats mais en multiples talents.

Ce conte poétique du Crocodile et du Sanglier nous a été envoyé accompagné de l’avertissement suivant : « Si, lecture faisante, vous y trouviez quelque ressemblance avec le monde politique actuel, ce ne serait que le fruit de votre imagination ». Suivi de : « J’attends quand même vos remarques avec impatience ».

Et vous, Sémaphoriens, qu’en penserez-vous ? Les caméléons ont-ils toujours raison ?

LE CROCODILE ET LE SANGLIER

Un jour, au bord d’une rivière, le plus gros des sangliers rencontra le plus grand des crocodiles.

« Salut, Sanglier. Ouille ! Que tu es gros ! »

« Salut, Crocodile. Aïe ! Que tu es long ! » Répondit l’autre.

Et ils devinrent amis, du moins pendant quelques temps.

Les oiseaux les voyaient tous les jours échanger quelques phrases anodines. Certains se dirent qu’ils avaient fait la paix, et ils s’approchèrent. D’autres se dirent que cette paix n’était que provisoire et ils s’éloignèrent, en regardant les deux géants du coin de l’œil.

Les caméléons appelèrent cette période la Paix Chaude, et les oies la nommèrent la Guerre Froide.

Un matin, le grand Sanglier vint à la rivière et salua le grand Crocodile comme à son habitude.

« Salut, Grand Crocodile, dit le Sanglier. Déjà levé ? »

« Comme tu le vois : j’étale mon énorme corps au soleil pour réchauffer mes énormes muscles. Mais toi aussi, dis-moi, tu es bien matinal ! »

« Je viens rincer mes énormes défenses dans l’eau fraîche, comme tu peux le voir. » Et il fit briller ses défenses au soleil du matin.

Le grand Crocodile ouvrit la bouche pour montrer ses dents pointues et puantes. Puis, il cligna de l’œil.

« Il paraît que vous autres sangliers vous ne pouvez lever la tête. Est-ce vrai ? Quelque chose vous gêne ? »

« Allons donc ! … Mon ami, ma race est une race de penseurs. C’est pour cela que nous gardons la tête basse. Nous avons toujours dans la tête des pensées profondes et c’est le poids de nos cerveaux et de tout ce qu’il contient de lourd et profond qui nous donne ce noble mais modeste maintien. 

Mais toi, ami Crocodile, poursuivit le Sanglier, n’es-tu pas fatigué de ramper, ramper toujours et encore et sans cesse te traîner dans la boue ? »

« Ah mon cher ! Tout le monde rampe, un jour ou l’autre : les rois, les amoureux, les vaincus, les malades, les mourants … Qui n’a pas rampé ? Les plus grands guerriers ou les plus grands hommes politiques ne deviennent grands que s’ils savent ramper. Notre race semble dormir sur le sable ou dans les eaux basses. Mais qui dit que nous sommes un peuple faible ? »

Et il fit claquer ses mâchoires, ce qui résonna très loin et fit s’envoler des centaines d’oiseaux.

Le silence se fit soudain…

Et tandis que les oiseaux se cachaient au loin dans les branches, et que les caméléons immobiles attentifs et invisibles attendaient la suite, les deux géants se rapprochèrent pied à pied, tout en vantant leurs qualités et leurs mérites …

Les deux énormes bêtes se touchaient presque ; l’un clignait de l’œil, l’autre regardait le sol et semblait réfléchir.

Et soudain le sanglier sauta sur le crocodile et lui ouvrit le ventre d’un coup de ses terribles défenses. Mais en même temps le crocodile le saisit par le cou et d’un coup de son énorme queue lui brisa les reins.

Le crocodile mourut éventré, tandis que le sanglier agonisait au milieu des intestins de son ennemi.

Ils moururent en même temps, en croyant avoir vaincu l’autre.

Les oiseaux se remirent à chanter.

Les caméléons se remirent à gober des mouches.

Les chèvres revinrent à la rivière.

Les puissants de ce monde ne s’aiment pas : ils s’allient, fraternisent mais au fond ils se surveillent, essaient de s’impressionner et attendent la bonne occasion de se détruire. Mais il n’est pas rare que la mort de l’un entraîne la mort de l’autre, ce qui n’est pas un mal.

Les caméléons disent que l’ambition stupide engendre la puissance (encore plus bête), qui à son tour engendre la crainte. Ils pensent aussi que la crainte engendre la haine, et qu’enfin, en montrant ses dents luisantes, la haine engendre la mort.

Les caméléons ont toujours raison …