Aigues-Mortes_le problème de la Salle Demessieux

L’élu municipal Didier Caire adresse un courrier aux responsables associatifs d’Aigues-Mortes. A Sémaphores nous pensons que la réflexion engagée par ce courrier ne se limite pas au microcosme aigues-mortais, ne serait-ce que parce que la CC Terre de Camargue se trouve concernée par le projet, sauf abandon de sa part en faveur de la seule municipalité d’Aigues-Mortes. Auquel cas le projet visiblement peu réfléchi et malgré tout coûteux d’une simple restauration de la salle Demessieux laisserait intacte la question : Bonato est-il le bon atout et peut-on être bon à tout ? Nous avons déjà noté dans un précédent article l’omni-présidence du maire des remparts dans les commissions concernant le budget, le tourisme, la culture… Mais lorsqu’en conseil municipal on peut entendre par la bouche d’un adjoint : «Nous, on ne travaille pas pour trois personnes qui lisent des livres…», on peut légitimement douter de ce que la polyvalence réclamée soit fort éloignée d’une poly-compétence. Sans nous étonner vraiment, ce n’est pas d’aujourd’hui que certains sortent leur révolver lorsqu’ils entendent le mot culture.

« Madame, Monsieur,

Je sollicite par la présente les président(e)s et principaux responsables associatifs d’Aigues-Mortes quant à l’affaire qui concerne l’avenir de la salle Jeanne Demessieux (ancienne halle de sports vis-à-vis de l’école Charles Gros).

Cette salle, propriété de la commune, était gérée jusqu’à ce jour par la Communauté de communes Terre de Camargue (CCTC). Elle vient de faire l’objet d’un arrêté préfectoral de fermeture administrative pour raison de sécurité en date du 31 mai 2012.

Son avenir fait l’objet d’un long contentieux entre la commune et la CCTC, la première demandant la remise à l’état initial, la seconde jugeant plus pertinent d’envisager une construction nouvelle.

Quelles sont les positions :

  • pour la commune : cette salle qui n’a plus d’utilité pour la CCTC (les élèves du collège vont à la salle Camargue) doit être rendue à la commune en bon état, elle est utile aux associations locales et c’est une question de principe;
  • pour la CCTC : cette salle est ancienne, elle fait partiellement double-emploi avec la salle Camargue, le coût de remise en état sera élevé. Il est préférable de s’engager dans un projet nouveau.

M. Rosso, président de la CCTC, écrit au maire d’Aigues-Mortes le 16 janvier 2012 pour préciser sa proposition :

«Aujourd’hui la salle Demessieux fait l’objet d’un avis défavorable d’exploitation et donc sa réouverture conditionne la réalisation de travaux qui ont été estimés pour un montant proche des 400 000 euros. Malgré ces travaux, il ne demeurera qu’un bâtiment dépassé architecturalement et dont sa fin de vie ne sera que repoussée. Face à ce constat, cette structure pourrait être démolie et repensée en lieu de vie, avec une bibliothèque, des salles qui pourraient accueillir un certain nombre d’associations locales, une salle d’exposition, de conférence, un kiosque multimédia par exemple, ou revêtir d’autres formes en fonction des motivations et de l’ambition portées par les élus.

En effet vous évoquiez dernièrement aux associations aigues-mortaises, le «déficit rencontré dans l’offre d’utilisation de salles», ce projet pourrait constituer une réponse à vos préoccupations.

De nos jours, les médiathèques/bibliothèques ne sont plus pensées comme des lieux exclusivement réservés aux livres, mais comme des lieux modulables, sociaux, ouverts sur la cité où le brassage des différentes composantes de la population s’exerce, avec des activités multiples et diverses. Cette conception engendre une nouvelle génération d’équipements mutualisés, à la recherche d’une transversalité et traduit une vision rénovée de l’éducation populaire.

Abandonner l’idée de remettre en état la salle Demessieux permettrait de concentrer l’effort financier sur un seul équipement et d’avoir un projet plus ambitieux sur votre territoire (…)»

Le maire d’Aigues-Mortes répondra le 26 janvier par un refus définitif :

«Je souhaite que cette infrastructure revienne à la commune qui a besoin de locaux pour les mettre à disposition des associations sportives d’intérêt communal.»

En conséquence, le conseil communautaire a voté le 25 juin la désaffectation de la salle et le retour en gestion municipale.

Je suis conscient, tout autant que vous, des besoins cruciaux de salles pour les associations locales, et c’est précisément pour cette raison que j’appelle de mes voeux un investissement ambitieux, conçu avec les associations, prenant en compte leurs besoins exprimés.

Sur le plan financier : la seule mise en sécurité de la salle Jeanne Demessieux a été estimée à 114 000 euros, c’est ce que versera la CCTC. Mais la remise en état, elle, est estimée à 400 000 euros, sans compter les interventions sur une structure dont l’obsolescence est avancée. Nous allons donc dépenser 1/2 million d’euros pour un bâtiment de plus de 25 ans.

De l’autre côté, le projet proposé par la CCTC correspond à un investissement de près de 3 millions d’euros (sur le budget communautaire) que la commune pourrait abonder de 2 ou 3 millions en fonction de ses besoins : ce projet exemplaire donnerait enfin à notre ville le grand équipement culturel et associatif qui lui manque pour être à la hauteur de nos ambitions. C’est une opportunité extraordinaire.

Le maire d’Aigues-Mortes a considéré, par orgueil et manque de lucidité, qu’il était engagé dans un bras-de-fer avec le président de la CCTC. Il a déclaré lors du dernier conseil municipal : «On a gagné». De fait, on a perdu, mais ce n’est pas inéluctable.

J’en appelle à chacun(e) d’entre vous : il est encore temps de revenir à la raison, de faire prendre conscience aux élus où se situe l’intérêt général. Il ne saurait être question ici de stratégie politicienne mais de l’avenir de notre ville et particulièrement de la génération qui vient : donnons-lui le bel outil d’éducation, de culture et de vie qu’elle mérite, une grande «Maison de la Culture et des Associations».

Tant que les travaux n’ont pas été engagés, et ce ne sera pas avant l’automne, nous pouvons nous mobiliser pour que ce projet soit reconsidéré. Je me propose d’organiser une réunion publique sur cette question dès le rentrée de septembre et de sensibiliser la population notamment à l’occasion du forum des associations. N’hésitez pas à me faire part de votre sentiment sur cette question.

Bien cordialement,

Didier Caire, conseiller municipal

PS : je tiens à disposition les échanges de courriers entre MM. Bonato et Rosso »

ndlr : on peut aussi retrouver en ce moment sur le blog de l’élu ces autres articles intéressants :

http://camargue.europe-ecologie.net/2012/07/01/la-voie-verte-du-grau-du-roi-nira-pas-aigues-mortes/

http://camargue.europe-ecologie.net/2012/06/28/laccessibilite-de-la-ville-aux-handicapes-quand-a-m-ne-respecte-pas-la-loi-1/

 

Laisser un commentaire