Le Sol violette et autres monnaies solidaires

Quand les gens s’occuperont de citoyenneté et non de politicaillerie, nous respirerons.

Les Bretons qui ne sont jamais à court d’idées veulent créer leur monnaie locale à Nantes. Qu’à eux seuls ne tienne, et nous ne pouvons qu’espérer que Jean Marc Ayrault poursuive cette initiative qui était la sienne avant d’être ministre.

 « L’idée était inscrite dans notre agenda 21 en 2006, mais ce n’était pas une priorité. Il nous est ensuite apparu que cela pouvait être une initiative de la collectivité au service de l’économie et de l’emploi sur le territoire dans un contexte de crise des liquidités », expliquait Pascal Bolo, adjoint chargé des finances.

Cette initiative nantaise s’inspire d’un modèle existant en Suisse depuis 1934, celui de la Banque WIR 

20% des PME/PMI suisses (60 000 environ) fonctionnent avec cette monnaie complémentaire qui leur permet d’être à l’abri des dérives du secteur financier. Comme une banque centrale, elle émet sa propre monnaie, qui circule parmi ses associés à titre de moyen de paiement et dans laquelle elle octroie des crédits. La valeur du WIR est liée au franc suisse (1 WIR = 1 CHF). Une caractéristique principale est l’absence de taux d’intérêt. Les avoirs en compte ne sont pas rémunérés. C’est une incitation à vite dépenser l’argent et à accroître ainsi le chiffre d’affaires entre participants.

La Banque WIR crée de la monnaie, qu’elle prête à taux bas à ces PME. Les entreprises s’échangent entre elles en WIR

Il s’agit bien de restituer à la monnaie son rôle d’outil au service du public, géré comme un service public, et ne devant en aucun cas enrichir des intérêts privés au détriment de l’intérêt général, c’est à dire l’inverse des pactes Européens et du MES qui viennent d’être votés

Citons également que cette expérience du WIR suisse a inspiré la monnaie RES en Belgique, et ce depuis 1996. On la doit à Walther Smets, ex dirigeant d’une entreprise d’ameublement qui fit faillite et perdit tout. Il décida alors de créer un circuit économique permettant aux très petites et moyennes entreprises de renforcer les échanges pour les soutenir face à la mondialisation et aux grandes chaines…

RES s’implante en France depuis l’automne 2010… En savoir plus sur le RES : http://monnaie-locale-complementaire.net/res-en-france/

« La monnaie est un droit citoyen ».

La monnaie complémentaire est une idée très intéressante qui commence à prendre corps. Laissons la parole pour une quinzaine de minutes à Jean François Noubel, connu pour sa pensée visionnaire sur les monnaies libres. Jean-François a créé l’Institut des monnaies libres dont l’objet est le développement d’économies durables et l’accompagnement de la société civile dans son émancipation du monopole bancaire. Outre à des conférences et séminaires, il participe au développement de nouvelles organisations qui permettent de créer des richesses tout en évitant les spirales du consumérisme ou de la prédation. On prendra plaisir ou on s’interrogera à l’entendre partager de son expérience qui le conduit à dire que « La vraie misère d’un être humain c’est de ne pas pouvoir donner« .

D’autres videos et d’autres sujets abordés par TEDx-Paris sont disponibles sur leur site. N’hésitez pas, elles sont toutes passionnantes. http://www.tedxparis.com/jean-francois-noubel-la-fin-de-largent

En Pays de Brest, c’est l’Heol qui a été choisie comme monnaie solidaire, à l’initiative de l’association locale d’économie sociale et solidaire. Heol veut dire soleil en breton. L’Heol est déjà utilisé par une centaine de particuliers et 38 établissements. 3500 Heol sont actuellement en circulation. Outre son utilisation limitée au Pays de Brest, l’Heol présente la caractéristique d’être « fondante », c’est-à-dire qu’elle perd 2% de sa valeur chaque trimestre. Cela incite fortement à l’utiliser avant l’anniversaire trimestriel de sa dévaluation, donc accélère sa circulation et prévient toute thésaurisation.

C’est aussi le système retenu en pays toulousain avec le système du SOL VIOLETTE.

Prioritairement tourné vers les citoyens les plus démunis, le sol violette a été mis en place par la mairie en juin 2011, à l’initiative de Jean-Paul Pla, Conseiller Municipal délégué à l’économie sociale et solidaire de la ville de Toulouse. Ce projet a pour objectif d’expérimenter et de rendre compte à la municipalité de la possibilité d’instaurer une monnaie complémentaire visant à satisfaire les nécessités humaines de Toulouse et son Agglomération dans le respect d’un développement économique solidaire. Voici le film qui retrace l’histoire de son développement. Il dure 50 minutes, à regarder au calme et plein écran, comme l’excellent reportage qu’il est.


En savoir plus sur le sol violette : http://www.sol-violette.fr/

Et pour aller plus loin dans la compréhension du mécanisme et de la monnaie en général, voici un diaporama didactique. http://www.slideshare.net/FBOSQUE/conference-sol

D’autres expérimentations ont lieu à Lille, à Grenoble, en Charente…  Il existe plus de 5 000 monnaies complémentaires dans le monde. Et nous ? On l’essaie quand, cette autre forme de solidarité ?

 

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