championnat 2012 de langue de bois

billet d’humeur, par Mario

Partenaire, cadre, institution, croissance, durable, humain, écologie, mondialisation, solidaire.

En réussissant à caser ces neuf mots dans une même et courte phrase, Pierre Moscovici, ministre de l’économie et des finances, a toute les chances de remporter le championnat 2012 de « Langue de bois et éléments de langage ». En effet, il a déclaré dans Le Monde du 28 août :

« Nous devons inventer, avec tous nos partenaires, un cadre et des institutions pour que la croissance mondiale soit plus forte et durable, humainement et écologiquement, pour que la mondialisation devienne enfin solidaire. »

Ah ! Qu’en termes choisis ces choses-là sont dites ! C’est vraiment beau, la novlangue ! Une solidarité cadrée, institutionnelle. Une mondialisation solidaire ! Une croissance forte et durable pour une planète aux ressources de plus en plus limitées… Un machin mondial qui impliquerait « tous nos partenaires ». Reste à savoir qui fait partie du club. Mais pas d’affolement, c’est dit en début de phrase : ça reste à inventer. Ouf ! on respire.

Le plus difficile pour Pierre sera d’atteindre la solidarité familiale, surtout lorsqu’on a un papa qui s’appelle Serge Moscovici, et qui écrivait en 2002 (« De la nature pour penser l’écologie », éd. Métailié)

« La croissance sert de justification dans le présent à la suppression de la liberté au nom d’une plus grande liberté future. Elle est motif, argument à tous les sacrifices. Sacrifier la liberté à la croissance : avec plus ou moins de rigueur, tous les États tiennent ce langage. C’est-à-dire sacrifier aujourd’hui à un lendemain toujours reporté. »

A l’attention de Pierre, et en renfort de papa Mosco, voici une pensée d’un certain Benjamin Franklin, qui ne disait pas que des conneries et ne fabriquait pas que des paratonnerres.

« Une société prête a sacrifier un peu de liberté contre un peu de sécurité ne mérite ni l’une, ni l’autre, et finit par perdre les deux. »

Cela dit, et même si l’année n’est pas terminée, le championnat Langue de bois 2012 a peu de chance d’être à la hauteur de celui de l’année précédente où le champion toute catégorie Sarko le Petit nous avait asséné une « croissance négative » ! Ça c’était de l’économie et de la finance ! Un concept d’ailleurs repris en boucle par les journaleux qui, comme le rappelle Frank Lepage (Scop Le Pavé), sont dotés d’un cerveau à deux hémisphères dont un rend apte (en principe) au raisonnement critique.

Ceci n’est donc qu’un article de veille, partant du bon sentiment que certains politiques ne font peut-être pas exprès de noyer leur verbe dans une connerie dont on sait (pour elle c’est sûr) qu’elle est universelle. Les aider à ne pas nous enfumer, ça peut commencer là, la solidarité.Oui, d’accord, on sait, y a du boulot !

sources : les deux phrases moscoviciennes nous ont été signalées par Casseurs de Pub et le journal La Décroissance dont le numéro 92 sort aujourd’hui (29 août) en kiosque, occasion de dire que le numéro hors série « Vite, la décroissance » restera en kiosque jusqu’au 15 septembre.

le culte de la personnalité

Intéressant.

C’était un sondage commandé par la droite lors des élections présidentielles, dont
l’objectif était (entre autres) de démontrer que la gauche, surtout celle du Front, était sous
l’emprise du culte de la personnalité, en l’occurence celle de Jean-Luc Melenchon. Raté ! Et le sondage est parti au placard.
Le questionnaire était fort simple puisqu’il s’agissait pour les sondés de classer leurs motivations de vote, à savoir s’ils votaient d’abord pour un parti ou un programme ou un candidat.
La surprise est qu’on voit ainsi arriver largement en tête (71 % et 68 %) les programmes du Modem et du Front de gauche. Double médaille si l’on considère que pour ces électeurs là c’est la notion de parti qui a le moins d’importance.
Voter pour un parti, c’est sans conteste au PS qu’on décroche la palme, et si la moitié de ses électeurs votent malgré tout pour le projet (49 %), ils ne sont plus que 16 % à voter pour le candidat Hollande.
Sous cet angle, le culte de la personnalité est bien ancré à droite puisque Nicolas Sarkozy fait jeu égal avec Marine Le Pen, loin devant les autres candidats avec leurs 40 %, et le taux le plus bas en faveur d’un programme (39 %) confirmait bien que les français ne croyaient plus au plan sarkosyste.
Enfin, le seul parti où des électeurs (accordons leur de n’être qu’1 % des sondés) ne savent pas pour quoi ils votent est le Front national.
Mais ça, on savait déjà qu’ils ne savent pas.

une réponse à la montebourde

extrait d’un article de Corinne Lepage, présidente de Cap 21, paru sur Rue 89 (voir nos liens favoris pour lire l’article intégral)

M. Montebourg, soyez logique et arrêtez de faire la promotion du nucléaire !

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L’efficacité énergétique

Commençons par l’efficacité et la sobriété énergétique dont l’Etat parle d’autant plus qu’il les combat dans les faits. Le chauffage électrique continue à être favorisé alors qu’il est l’ennemi de l’efficacité pour la bonne et simple raison qu’il est indispensable à la vente de la production d’électricité de base.

Dans ces conditions, les objectifs d’isolation et de très basse consommation ne peuvent être tenus. De plus, le bas coût relatif du prix de l’électricité n’encourage pas à l’économie d’énergie.

La logique voudrait donc que soit abandonné le chauffage électrique de bâtiments, ce qui n’apparaît pas vraiment à l’ordre du jour… De la même manière, le prix de l’électricité devrait être revisité de manière à ce que les besoins de base puissent être satisfaits à des tarifs très faibles, qui augmenteraient en fonction de l’importance de la consommation. Sauf qu’une telle politique est impossible dans un pays qui a dopé et continue à doper le chauffage électrique.

Or, la base de la troisième révolution industrielle et de la ville durable s’appuie sur des habitats a minima peu consommateurs d’énergie, puis producteur, voire exportateurs de l’énergie produite.

2

Les compteurs intelligents

Continuons avec les réseaux. Les « smarts grids » sont à la mode… sauf que les seuls compteurs aujourd’hui proposés aux Français, à savoir le compteur Linky, sont une escroquerie dans la mesure où leur objectif n’est pas du tout de réduire la consommation énergétique des usagers mais de faciliter la gestion de pointe d’EDF.

De plus, ces compteurs, qui devaient être pris en charge par EDF à l’origine, seront en réalité payés par les usagers. Les compteurs intelligents reliés à des réseaux qui le sont également ne sont pas pour demain en France. En effet, ils nécessitent des investissements très importants qui ne sont pas programmés et surtout ne sont pas souhaités car ils s’inscrivent dans la décentralisation énergétique que l’Etat jacobin rejette.

3

Le nucléaire ou les renouvelables

Poursuivons avec la source de la production électrique. Même si le président Hollande s’est engagé à réduire la part du nucléaire dans le mix énergétique à 50% d’ici 2025, à l’horizon 2017, il n’y a en réalité aucun changement d’orientation. En effet, la fermeture de Fessenheim promise par le Président apparaît davantage comme un symbole fort que comme un changement d’orientation.

L’abandon de Plogoff n’a-t-il pas été la contrepartie de la réalisation de la totalité du programme nucléaire prévu en 1973 ? Il en est d’autant plus ainsi que la poursuite d’Astrid démontre à l’évidence la volonté du gouvernement de s’engager dans la voie du quatrième générateur et donc de continuer le programme nucléaire, cependant que la poursuite de Flamanville lance l’EPR en France alors même qu’un seul EPR n’a aucun sens sur le plan industriel et économique.

Dès lors, même si le gouvernement semble vouloir se montrer plus favorable aux énergies renouvelables, il reste largement improbable que l’engagement de la France de produire 23% de son énergie à partir des renouvelables en 2020 puisse être tenu.

Dans le même temps, l’Allemagne vise 40% avec le développement industriel y afférent. Or, la troisième révolution industrielle repose sur l’envol de l’industrie des renouvelables et le stockage de l’électricité notamment produite de manière intermittente.

4

Et les gaz de schiste ?

Finissons ce rapide panorama avec les énergies productrices de gaz à effet de serre. Le fait que la question des gaz de schiste, malgré les engagements courageux de madame Batho, reste ouverte après les déclarations du ministre Montebourg est symptomatique d’une croyance dans une croissance fondée sur les gaz de schiste comme dans le modèle américain. Il est évident que cette orientation tourne le dos à la troisième révolution industrielle qui permet de sortir de la dépendance pétrolière comme de la dépendance nucléaire.

Alors, monsieur le ministre, chiche pour la troisième révolution industrielle ! Mais dans la vraie vie. Pas dans l’incantation. Dans la cohérence. Pas dans les choix contreproductifs.

Le Cercle des Poètes_9

Retour à notre Cercle des poètes avec un texte de circonstances eu égard aux événements qui ont secoué récemment notre région. Puisse la poésie contribuer aussi à remettre les pendules à l’heure. Cet « Étranges étrangers » est dû à la plume du grand Jacques Prévert, mais nous rappelons que ces pages sont ouvertes à toutes les plumes inédites. Allez les poètes, ici on ne demande pas vos papiers !

ÉTRANGES ÉTRANGERS

Étranges étrangers

Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel

hommes des pays loin

cobayes des colonies

Doux petits musiciens

soleils adolescents de la porte d’Italie

Boumians de la porte de Saint-Ouen

Apatrides d’Aubervilliers

brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris

ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied

au beau milieu des rues

Tunisiens de Grenelle

embauchés débauchés

manœuvres désœuvrés

Polacks du Marais du Temple des Rosiers

Cordonniers de Cordoue soutiers de Barcelone

pêcheurs des Baléares ou bien du Finistère

rescapés de Franco

et déportés de France et de Navarre

pour avoir défendu en souvenir de la vôtre

la liberté des autres

Esclaves noirs de Fréjus

tiraillés et parqués

au bord d’une petite mer

où peu vous vous baignez

Esclaves noirs de Fréjus

qui évoquez chaque soir

dans les locaux disciplinaires

avec une vieille boîte à cigares

et quelques bouts de fil de fer

tous les échos de vos villages

tous les oiseaux de vos forêts

et ne venez dans la capitale

que pour fêter au pas cadencé

la prise de la Bastille le quatorze juillet

Enfants du Sénégal

dépatriés expatriés et naturalisés

Enfants indochinois

jongleurs aux innocents couteaux

qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés

de jolis dragons d’or faits de papier plié

Enfants trop tôt grandis et si vite en allés

qui dormez aujourd’hui de retour au pays

le visage dans la terre

et des bombes incendiaires labourant vos rizières

On vous a renvoyé

la monnaie de vos papiers dorés

on vous a retourné

vos petits couteaux dans le dos

Étranges étrangers

Vous êtes de la ville

vous êtes de sa vie

même si mal en vivez

même si vous en mourez.

Jacques PRÉVERT, Grand bal du printemps 1955.

 

Le plan de bataille des financi€rs

Nous avions déjà passé ce document relatif au TSCG mais il nous semble utile de le reproduire au vu de la rentrée parlementaire qui approche et du flou encore entretenu par le gouvernement. Sans contrainte majeure, il ne faut pas attendre des financiers qu’ils changent leur plan de bataille. Il n’y a que deux issues si l’on veut échapper à la catastrophe austéritaire que nous promet le TSCG : ou le président Hollande honore vraiment son engagement électoral et obtient une renégociation substantielle – ce qui est peu probable -, ou bien un mouvement de protestation d’ampleur contraint le président au référendum. Dans les deux cas les citoyens n’ont que le choix d’une mobilisation massive. Dans tous les cas le TSCG ne pourra être adopté que lorsque 12 membres au moins sur 25 l’auront ratifié. 6 pays l’ont déjà adopté. Ça laisse encore le temps d’organiser une mobilisation et des manifestations au niveau européen. Mais en France les citoyens doivent se mobiliser dès maintenant pour avoir une chance d’empêcher la ratification en l’état par le parlement. Autrement dit, les partis de gauche, aile gauche du PS comprise, syndicats, associations, indignés etc vont devoir se mobiliser sous toutes les formes possibles pour faire entendre leurs voix.

Grau du Roi_mairie pharaonique_suite

« fort de nos convictions nous poursuivons notre action avec ténacité »

A propos du permis de construire d’un nouvel hôtel de ville au Grau du Roi, Robert CRAUSTE, conseiller municipal et conseiller Régional Languedoc-Roussillon informe au nom du groupe Cap sur le Changement que : « Nous avons déposé ce jour 22/08/2012 un nouveau référé suspension à l’encontre du permis modificatif du 21/06/2012, devant le tribunal administratif de Nîmes. Nous considérons que le permis de construire modificatif présente un caractère illégal sur de nombreux points de forme et de fond. Le jugement devrait se tenir d’ici une quinzaine de jours. Nous espérons avoir gain de cause. Nous vous informerons du résultat. »

A nos lecteurs sémaphoriens qui prendraient l’histoire en route, il est question, pour la majorité UMP en place au Grau du Roi de doter la ville d’une nouvelle mairie qui prendrait place en bord de mer (emplacement de l’ex Villa Rédarès, face à la poste). Un bâtiment massif de quatre étages à l’architecture plus que discutable, pour un prix qui l’est encore plus et nécessiterait un emprunt annoncé de 6,8 millions d’euros mais qui (tout le monde le sait sauf les tenants du projet) aurait toutes les chances de terminer à 10 millions une fois réalisées les mises en conformité du bâtiment lui-même et son environnement immédiat. Outre que la majorité de la population graulenne n’est pas favorable à ce projet, même parmi ceux qui pensent qu’à terme un nouvel Hôtel de Ville pourrait être nécessaire, l’emplacement choisi ne saurait en aucun cas convenir pour des questions de circulation et de stationnement, sans compter que la situation économique actuelle n’est pas favorable pour se lancer dans des emprunts de cette dimension. Elle l’est d’autant moins que cette gestion qui consiste à courir d’emprunts en emprunts a déjà été épinglée à deux reprises par la Cour des Comptes, à quoi doit s’ajouter que les rentrées fiscales vont s’amenuiser si la société Résitel qui gère la Résidence de Camargue entre en défaut de paiement, à quoi nous pourrions ajouter que le Casino Flamingo (paraît-il en baisse lui aussi) souhaite bénéficier d’abattement, et puis, disons le tout bonnement, à devoir penser l’avenir immédiat de la commune, il y a bien d’autres urgences qu’un bureau de maire et d’une poignée d’élus avec vue sur la mer.

rappel à Etienne Mourrut du ixième commandement de la Bible du PLU :
« Point de mairie tu n’inaugureras »

CATASTROIKA

Les créateurs de Debtocracy, reviennent avec une nouvelle production: CATASTROIKA qui analyse les conséquences de la liquidation totale de la Grèce.
Révisant des exemples de privatisations dans des pays développées, CATASTROIKA essaie de prévoir ce qui va se passer si le même modèle s’applique à un pays sous surveillance économique.

Ce reportage dure presque une heure et demie, et nous avons la chance depuis peu d’avoir les sous-titres en français. Outre que ce reportage est remarquable, il est indispensable pour comprendre en quoi le problème de la Grèce n’est pas que celui des Grecs mais de tous les pays où l’oligarchie n’a plus qu’un objectif : remplacer tous les services publics par des boites privées. Autrement dit : ce qui nous pend au nez à tous.

Site officiel http://www.catastroika.com/indexfr.php

Dernier point sur le nucléaire

Si les rejets des installations nucléaires ne sont pas sans nous préoccuper, qu’en est-il des 2053 explosions nucléaires qui ont eu lieu dans le monde depuis 1945 et dont les retombées sont toujours présentes dans l’atmosphère.
Afin que chacun puisse s’en faire une idée, le réseau Sortir du Nucléaire nous propose une petite animation de 14 minutes réalisée par l’artiste japonais Isao Hashimoto.
Ouvrez le son et visionnez jusqu’au bout, c’est aussi hallucinant qu’édifiant ! Et faites circulez cette vidéo auprès des irréductibles qui n’ont pas encore compris absurdité de la course à la bombe.

Et puis ce titre, déjà signalé par quelques médias :

Mutations chez les papillons de Fukushima : quelles conclusions en tirer ?

Il faut absolument lire cet entretien avec Michel Fernex, professeur émérite de médecine et spécialiste des impacts sanitaires des radiations

« Il est temps de cesser de mentir. Il faut reconnaître le danger que représentent les problèmes génétiques qui vont s’amplifier ».

http://groupes.sortirdunucleaire.org/Entretien-Michel-Fernex

Et un dernier point en provenance de Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France. Source Mediapart le 24 août 2012.

François Hollande veut ramener la part du nucléaire à 50 % dans la production nucléaire en 2025, contre 75 % aujourd’hui. Or comme le note Yves Marignac, en 2027, 80 % des réacteurs français auront dépassé 40 ans et devront donc faire l’objet soit de lourds investissements d’entretien, soit d’une décision d’arrêt pour cause de vieillesse. Comment comprenez-vous la position du chef de l’Etat ?

On ne la comprend pas. On lui a dit à plusieurs reprises que l’équation qu’il annonce ne tient pas. Nous avons rencontré les équipes de Matignon et de l’Élysée : personne au sein du gouvernement ne sait dire comment concrètement va se passer cette réduction à 50 %. Quelles centrales vont être fermées ? Poursuivies ? Combien de temps ? Il n’y a pas de scénario prévu. Sur la fermeture de Fessenheim, il n’y a pas non plus de visibilité. Or il faut trois ans pour fermer une centrale, ça va aller vite.

Le scénario sur la table, c’est la fermeture de deux réacteurs d’ici à 2017, et ensuite de tous les autres concernés par la réduction à 50 %. Ce calendrier est-il réaliste ?

Non. Ou alors il faut s’y mettre tout de suite et prendre des mesures drastiques. Il faut évaluer les besoins et les consommations sinon ce n’est pas crédible. Sans compter le démarrage de l’EPR de Flamanville qui va intervenir on ne sait quand et qui va bousculer cette équation…Cette centrale est totalement absurde. Il n’y a aucune justification à la construction de ces nouveaux réacteurs. Il est complètement paradoxal d’avoir un chef d’Etat qui annonce vouloir lancer un vrai mouvement vers une réduction de nucléaire, et qui construit une nouvelle centrale dont on n’a pas besoin. Cela ne rime à rien.

Il n’y a pas de message clair. Aujourd’hui, face à cela, on est à la fois dans l’expectative et l’insatisfaction. Si François Hollande continue dans cette direction, il va réussir à se mettre à dos en quelques mois les organisations de défense de l’environnement mais aussi les industriels, et les populations locales.

Y-a-t-il une vie avant la mort ?

Sandrine Bélier, Allain Bougrain-Dubourg, Cécile Duflot et Pierre Rabhi aux Journées d’été des Verts/Europe Écologie de Nîmes en 2009

De la maternelle à l’Université on est enfermé, on appelle ça un bahut, tout le monde travaille dans des boites, des petites, des grandes boites, pour aller s’amuser on va aussi en boite, on y va avec sa caisse, et puis vous avez la dernière boite où on stocke les vieux, en attendant la dernière boite que je vous laisse deviner. Voilà pourquoi je me pose la question  » Existe-t-il une vie avant la mort ? »

Cet enfermement, qu’il n’hésite pas à qualifier d’incarcération, ne pouvait qu’interroger très tôt l’homme du désert qu’est Pierre Rabhi. Qui ne le connaîtrait pas encore découvrira le résumé de sa biographie qu’il en fait lui-même en début de cette vidéo que nous proposons. Elle fut enregistrée à Paris, dans le cadre de Ted-x, en janvier 2011, et dure donc les 18 minutes habituelles.

D’autres se souviendront qu’il fut poussé par son entourage à se présenter aux élections présidentielles de 2002, du moins pour une pré-campagne où il n’obtint que 184 parrainages d’élus, ce qui donna naissance au Mouvement Appel pour une insurrection des consciences (MAPIC). On ne s’étonnera pas qu’il ait fait partie du comité éditorial du mensuel La Décroissance et soit vice- président de l’association Kokopelli qui œuvre pour la protection des semences et la biodiversité. Mais là ne serait qu’une infime part de ses réalisations en divers endroits du globe depuis 1978, et ne montrerait qu’une facette de ce personnage en qui nombreux s’accordent à voir « un exemple vivant ». (voir la page qui lui est consacrée sur Wikipedia)

Le site Arrêt sur Image a profité de l’été 2012 pour lui consacrer une émission à domicile (c’est réservé aux abonnés mais des extraits sont déjà disponibles sur la Toile) et ce sera notre troisième volet sémaphorien consacré à ces « Voix alternatives ».

« Les alternatives ? Vous pouvez manger bio, recycler votre eau, vous chauffer au solaire… et exploiter votre prochain, ce n’est pas incompatible, ce ne sont pas des alternatives. » dit encore Pierre Rabhi avant de conclure que si nous ne plaçons pas d’urgence l’humain et la nature au centre de nos actions, alors « il y a de fortes chances pour que notre espèce ne soit qu’un accident ».

Ceux qui agissent… et les autres

Si l’Huma n’en parle pas… c’est le grand vide, et bien sûr toujours le boycott du Front de Gauche par les chiens de garde de la presse locale comme nationale. Le changement, maintenant on le sait, c’est pour plus tard. Mais la solidarité en regard des valeurs républicaines c’est pour quand ?

Qu’on ne nous dise pas, à Sémaphores, que c’est hurler avec les loups que de pointer avec le Front de Gauche et les Verts l’absence de réaction des élus. Nous attendons toujours les réactions du député Collard (FN non encarté) et celles des maires des communes concernées, Bonato (PS) à Aigues-mortes et Mourrut (UMP) au Grau du Roi. Si nous citons aussi ce dernier c’est parce que nous avions déjà mentionnés les commentaires haineux et inacceptables qui fleurissent tant sur les forums de Midi Libre que sur Facebook. Dans ces propos racistes ou fascisants libérés on peut notamment relever cet avertissement d’un graulen (parmi d’autres, certes) qui annonce que pendant la prochaine fête du Grau « On verra qui sont les français ! ». C’est ainsi qu’aux sombres événements qui ont déjà eu lieu on laisse s’ajouter des menaces pour les jours à venir. Messieurs les élus, vous attendez quoi ? Ces propos sont signés ! Même lorsqu’il s’agit d’un pseudonyme, rien n’est plus facile que de remonter aux sources. Et si, comme le dit notre ministre de l’Intérieur Manuel Valls, le racisme est une forme de délinquance, qu’attend-on pour la sanctionner à sa juste mesure ?

une avancée de la science

La science n’en finit plus de faire des progrès, surtout l’imagerie médicale, pour preuve cette scanographie qui va satisfaire ceux qui pensaient que la taille du cerveau variait d’un individu à l’autre. Eh bien ils avaient raison, c’est maintenant démontré.

Que soit dite ici notre tristesse pour les pauvres hères appartenant à ce dernier groupe « humain » (merci, cher lecteur, de ne pas enlever les guillemets), et comme il paraît que l’humour fait parfois des miracles, nous offrons la vidéo suivante à l’attention de ceux-là qui se seraient égarés dans nos pages, en espérant qu’ils disposent d’assez de neurones pour la comprendre au premier et deuxième degré.

Retour sur un racisme « ordinaire »

Ouf ! Ils ont fini par en parler. Il aura quand même fallu dix jours pour que nous puissions commencer cette revue de presse tant les vacances sont démobilisatrices pour les élus de tous crins, dans un pays où 42 % des citoyens n’ont pas les moyens de s’en offrir et où, parmi ceux qui le peuvent, bon nombre avoue ne pouvoir le faire que tous les deux ou trois ans. Puisse ce petit préambule nous inciter, et les politiques en particulier, à organiser pour l’avenir des tours de vigie.

Car la bêtise et la pensée crasse, elles, ne désarment jamais ni ne s’offrent de vacances. Mais elles savent s’entendre pour pourrir la tranquillité de ceux qui n’aspirent qu’à un « mieux vivre ensemble », pour reprendre ces mots de Damien Alary, vice président de notre région Languedoc-Roussillon, édition Midi Libre du 15 août.

Le 15 août, c’est précisément dix jours après les tristes événements qui ont fini par alerter la presse nationale et s’avèrent être le reflet de ce qui divise la population bien au-delà d’Aigues Mortes et du Cailar : un racisme de plus en plus banalisé, au point que cette banalité fait titre pour le journal Le Monde.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/08/16/le-racisme-anti-arabes-se-banalise-dans-le-gard_1746745_3224.html

Nous n’allons pas reprendre ici le détail des faits, l’article sus-cité les livre à sa manière, ainsi que celui paru dans Libération :

http://www.liberation.fr/societe/2012/08/16/c-est-pas-les-arabes-qui-vont-nous_840188.

Rendons grâce cependant à ceux qui furent les premiers à s’insurger, Jean-Paul Boré, conseiller régional PCF, et Danielle Floutier, candidate FDG aux législative pour notre 2ème circonscription. Pour JP Boré, il est temps que le monde politique prenne conscience de la situation.

« L’imbécillité ou l’enivrement de quelques individus est une explication bien courte. Tout simplement parce l’imbécillité ou l’enivrement expriment toujours ce qui sommeille et se libère dès qu’il y a un sentiment d’impunité. Nous ne pouvons laisser souiller l’image de notre département par une petite minorité provocatrice quelles qu’en soient les motivations. Le rôle des élus n’est pas d’utiliser les oppositions entre communautés et encore moins de faire le dos rond devant de tels événements mais de tout faire pour que la cohésion sociale respectueuse des intérêts de chacun soit recherchée. »

Tout autant « effarée et inquiète » des incidents qui se sont produits à Aigues Mortes et au Cailar, Danielle Floutier va plus loin en pointant qu’ « il est difficile de ne pas faire le lien entre ces deux événements et les propos xénophobes et racistes développés durant la campagne des élections législatives ». Elle poursuit : « Banaliser ces incidents, c’est laisser se développer dans nos villages un climat délétère de tension lié à l’intolérance, au rejet de l’autre. »

Midi Libre ayant choisi de réduire ce communiqué de presse à ces seules deux phrases, nous invitons le lecteur à lire l’intégralité du communiqué de Danielle Floutier, en fin d’article après la balise lire plus.

Bien sûr, il ne fallait pas attendre de Midi Libre la moindre phrase qui fasse le lien avec les dernières élections et le rôle de Gilbert Collard dans tout cela. C’est néanmoins un lien qu’établit aussi l’élu écologiste Didier Caire et conseiller municipal d’Aigues Mortes, ne serait-ce que dans un simple souci d’établir une chronologie des faits qui se produisent depuis un certain temps dans notre région, et qu’on ne saurait tenir pour isolés les uns des autres.

Après avoir noté que le FN se maintient depuis 25 ans à un niveau très élevé en Camargue gardoise et qu’il est devenu une force dominante en 2012, Didier Caire analyse que « cette position légitime soudain tous les discours déjà présents mais intériorisés comme minoritaires ou opprimés. Depuis l’élection de G. Collard la «République», pour une part, est aussi devenue «anti-arabe». La position de rejet, déjà peut-être majoritaire dans les têtes, le devient dans le droit sanctionné par la légitimité du suffrage démocratique : l’inhibition n’est plus de mise, le passage à l’acte est permis. D’autres forces politiques se sont désormais compromises et le cordon sanitaire – déjà bien fragile – qui entourait le FN a été rompu. En hésitant à se retirer entre les deux tours des législatives Etienne Mourrut (UMP) a clairement affiché sa préférence pour G. Collard. Et le silence assourdissant depuis 15 jours de C. Bonato (PS), maire d’Aigues-Mortes, ne peut se comprendre que comme une concession à la puissance électorale du FN et donc à l’idéologie extrémiste. »

A la liste des faits (et méfaits) proposée par l’élu EELV (lien ci-après vers son blog), nous pourrions ajouter également l’agression dont a été victime la suppléante d’Etienne Mourrut (ex-député mais toujours maire du Grau du Roi) en pleine campagne électorale. Et puis cet autre silence assourdissant du député Collard que nous invitons à mesurer sa propre responsabilité vis-à-vis de ce fascisme décomplexé.

http://camargue.europe-ecologie.net/2012/08/20/comprendre-et-reagir-aux-evenements-du-sud-gardois/

Additif Sémaphores : Pour notre part, désolé, nous ne reportons pas les propos lénifiants (ou tout simplement langue de bois) de notre ministre Valls, récemment en visite privée à la fête de Vauvert. Certes nous défendrons comme lui les « valeurs de la République », mais sans oublier que nous n’aspirons qu’à en changer le caractère institutionnel bonapartiste (et par trop libéral) qu’on ne peut plus croire innocent pour ce qui est de l’effondrement des valeurs.

Car reporter cette dégradation sur les dix années de sarkosysme en matière de sécurité n’expliquera pas le comportement du PS au long des deux campagnes présidentielle et législatives envers le Front de Gauche et EELV qui, à travers Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly, se sont retrouvés bien seuls pour affronter les thèses racialistes du FN. Et qu’en est-il encore à ce jour ? Si, comme le dit M. Valls « le racisme est une forme de délinquance » alors qu’attend-on pour le sanctionner au même titre que les autres formes de déviances ?

Qu’au moins à gauche il soit temps d’en finir avec ces nauséabondes stratégies électorales qui ont amené le FN à la place qu’il occupe aujourd’hui. Et, oui, la responsabilité des socialistes y est très grande, de la même manière qu’elle le restera tant que ne sera pas acquise cette vérité populaire qui veut que même les chevaux se battent lorsqu’il n’y a plus de picotin. L’argent ne résout pas tout mais il ne faut pas s’étonner que son absence génère des mouvements imprévisibles. Et de l’argent, tout le monde sait maintenant qu’il n’y en a jamais eu autant qu’aujourd’hui, des sommes fabuleuses qui attendent d’être réparties autrement que par une toute aussi fabuleuse augmentation du SMIC de 0,46 % ! Pour que le peuple ne se trompe pas de colère, encore faudrait-il que ses élus ne se trompent pas de combat. Ce monde est ce que nous en avons fait ou avons laissé faire. Mais il serait vain d’attendre de la dignité de la part de peuples dont les conditions de vie ne leur permettent plus de vivre dignement de leur travail, de se nourrir et de se soigner correctement, de pouvoir développer leur conscience et leur esprit critique autrement qu’à travers un gavage d’oie mesuré en temps de cerveau disponible.

La plus haute délinquance n’est pas celle qu’on désigne à la vindicte publique mais celle pratiquée en toute légalité par les véritables assistés, pontes, banksters et autres patrons-voyous. Dire que la finance n’a pas de visage est une tromperie éhontée. Elle a des visages et nous connaissons les noms. Alors c’est quand, le changement ?

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Les caravanes de Saint Laurent

Dans le dernier épisode de notre feuilleton estival « La caravane s’arrête à St Laurent », nous nous étions arrêtés en plein suspense : le maire allait-il enfin répondre favorablement au projet des époux Duplissy ?… Faute de respecter le délai, le village de Saint Laurent risquait de voir arriver 200 caravanes de roms, manière de mettre un peu plus d’ambiance pendant la fête votive.
Mais voilà, la fête a commencé pour le plaisir de tous et les désagréments envisagés n’auront pas lieu car les Duplissy ont décidé de rester des citoyens responsables. Pas de caravanes en vue, mais un simple tract distribué dans les boites à lettres des Saint-Laurentais, une lettre d’explications destinée à rassurer la population locale, ce qui était le meilleur signe d’intelligence dans la situation actuelle, et nous le saluons sincèrement.
Au-delà de ça notre feuilleton s’arrête donc. Il ne nous appartient pas de prendre position tant que les élus liés à cette affaire ne donnent pas la leur publiquement. Toutefois nous rappelons leur attention sur le fait que, si le petit coup médiatique autour des caravanes évangélistes a fonctionné une fois de plus, cela met en exergue la persistante absence d’emplacements réservés aux gens du voyage. Et là, les élus ne pourront pas toujours garder le silence.

Chercher la cause des causes

Après Michel Collon, et pour poursuivre l’idée de laisser la parole à ces « voix alternatives », c’est Étienne Chouard que nous présentons aujourd’hui pour qui ne le connaîtrait pas encore malgré le nombre copieux de vidéos présentes sur la Toile. Celle-ci a été filmée dans le cadre de TED-x dont nous avons déjà parlé, mini conférences dont l’objectif est de porter à la connaissance d’un plus grand nombre des idées ou des avancées dans les domaines de la recherche ou l’enseignement, la politique ou l’économie, la création artistique, etc. Le principe TED-X est le même pour tous : 18 minutes pour exposer une idée ou un travail. Etienne Chouard aborde ici le problème de la démocratie sous l’angle de la constitution et des élections.

note de Sémaphores : il nous semble bon de préciser que si nous proposons de tendre une oreille à ces idées, cela ne signifie pas que nous y adhérons dans leur totalité. Simplement elles nous semblent être des éléments importants à mettre dans la balance du débat qui ne fait que commencer autour des institutions (quelles soient françaises, européennes ou internationales) et de leur responsabilité dans la gestion de la crise. Par ailleurs, le fait de ces paroles laissées à des individus qui ne prétendent à aucun pouvoir politique (ni d’aucune autre sorte), ni ne se présentent comme « spécialistes » de ceci ou de cela, nous semble tout aussi important.    Notre prochain « invité » sera le Pr Hillard.

Si la vidéo ne fonctionnait pas sur nos pages essayez le lien suivant : http://www.docusdunet.net/etienne-chouard-chercher-la-cause-des-causes.html

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur le mouvement organisé autour du travail d’Étienne Chouard, un long entretien est publié par Arrêt sur Images depuis le 10 août 2012: http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=5121

sinon un maximum de vidéos se trouve sur le site : http://www.le-message.org/?p=29

Guerres et mediamensonges

Michel Collon est un journaliste belge dont les analyses, notamment en géopolitique, ne lui valent guère d’accès aux tévés aseptisées. Restent le Net et les conférences, telle cette dernière  au Centre de recherche sur la mondialisation. C’était le 4 juillet 2012, sur le thème : « Les enjeux de la crise mondiale : austérité, guerres, brutalité policière et mensonge médiatique« .

Une vidéo de 43 minutes, donc un peu longue mais qu’il suffit de regarder en deux où trois fois plutôt que de se dire « J’ai pas le temps » ou « Ras-la-crise ». Ce n’est pas que Michel Collon y développe des arguments extraordinaires, à l’inverse ce sont de simples infos que nous avons tous plus ou moins reçues, pour peu que l’on intéresse à la politique au sens large. Nous savons tout ce que raconte Collon, tout ce qui fait notre quotidien sur une planète en plein délire, où la loi de la jungle est la règle de prétendues démocraties. Alors d’où vient notre impuissance citoyenne à bâtir une civilisation au moins apaisée à défaut d’être heureuse ? Peut-être faut-il commencer par ne pas se tromper de combat. Tout homme/femme politique dira qu’il ne se trompe pas en choisissant le sien. Mais qui choisit vraiment et que choisit-on en absence de démocratie ? A l’heure de demander des referendums et de corriger ou rédiger des constitutions, sans doute faut-il commencer par la bonne question : qu’est-ce que la démocratie ? Sémaphores a déjà abordé ce thème en renvoyant sur Castoriadis. D’autres voix se font de plus en plus entendre et trouvent oreilles, Michel Collon n’en est qu’un exemple, notre prochain épisode sera consacré à Etienne Choard.

« Guerres et médiamensonges » par Michel Collon -… par Super_Resistence

Exigeons un référendum !

Sous la plume de Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité et député au parlement européen, une pétition a été lancée depuis le 20 juillet pour dire « Non à l’austérité dans le droit européen, exigeons un référendum!« .
Mais c’est l’été, les vacances, et sa collatérale démobilisation. Or ceux qui dirigent le monde de la finance et de ses crises ne débrayent jamais. C’est toujours pendant qu’on bronze qu’ils avancent leurs pions (Ne vous inquiétez pas pour eux, ils sont bronzés toute l’année). Mais il faut se défendre parce ce que ce qui se prépare est non seulement très grave mais inacceptable. Signer une pétition ne prend que cinq minutes, ça ne bousille pas des vacances et ça prépare la rentrée. Et pour toutes celles et ceux qui n’ont pas la chance d’être bronzés toute l’année, ça peut être important de savoir à quelle sauce on va être mangés à la rentrée. Un petit rien peut parfois sauver tant de choses…
extraits :
« Pourquoi le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire – le TSCG – est-il caché aux citoyens de l’Europe ? Pourquoi ce silence autour d’un texte si important que ses rédacteurs principaux, M. Sarkozy et Mme Merkel, déclaraient qu’il allait permettre de sortir de la crise et de… sauver l’Europe ?
François Hollande avait fait de l’objectif de la renégociation de ce traité l’un des axes essentiels de sa campagne. Parmi ses soixante engagements, la proposition numéro 11 est la « réorientation de la construction européenne », qui stipule : « Je renégocierai le traité européen issu de l’accord du 9 décembre 2011 en privilégiant la croissance et l’emploi et en réorientant le rôle de la Banque centrale européenne dans cette direction.» Le candidat socialiste l’a fortement réaffirmé le 22 janvier 2012, lors de son discours du Bourget, et le 15 avril au meeting de Vincennes. Ce thème a été l’objet d’un engagement net de François Hollande dans le face-à-face qui l’a opposé à M. Sarkozy à la télévision le 2 mai dernier. «Ce que j’ai demandé, c’est qu’il y ait une renégociation du traité», puis, quelques minutes plus tard, « je prends l’engagement de venir au lendemain de l’élection présidentielle porter ce plan de renégociation ». Ce moment fut particulièrement intense dans le débat, où curieusement M. Sarkozy a très peu défendu le texte qu’il avait approuvé quelques semaines plus tôt.
Le nouveau traité est pire que ceux de Maastricht et de Lisbonne. Sous couvert de «discipline budgétaire», les critères de déficit public comparé aux richesses produites sont modifiés, imposant le niveau de 0,5 % contre 3 %. Si cet objectif n’est pas atteint, un « mécanisme de correction » se déclenche automatiquement.
Un État ne se conformant pas à ces injonctions sera traduit devant la Cour de justice de l’Union européenne.

Souvenons-nous qu’on nous a déjà confisqué ça en 2005 :
L’urgence et la gravité de ce qui se joue imposent de réagir au cœur de l’été avec une étape retentissante lors de la Fête de l’Humanité les 14, 15 et 16?septembre.

Le texte de la pétition.

Pétition pour un référendum sur le nouveau traité européen. François Hollande s’était engagé à renégocier le traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), appelé aussi pacte budgétaire, signé par N. Sarkozy et A. Merkel. Il n’en est rien. Or ce texte durcit encore les traités de Maastricht et de Lisbonne et prône à la fois l’austérité à perpétuité, et le contrôle des budgets par la Commission de Bruxelles. Pourtant l’expérience montre que cette orientation n’a fait qu’enfoncer les pays européens dans la crise et les peuples dans la souffrance. N. Sarkozy battu, son traité ne doit pas être appliqué. Il faut aujourd’hui un débat public sur les orientations européennes et un référendum sur le nouveau traité. Seul le peuple souverain peut décider de son avenir. C’est une question de démocratie. Je demande au président de la République de convoquer la tenue d’un référendum sur l’approbation ou non de ce traité (TSCG).

Lire l’article entier : http://www.humanite.fr/politique/non-l%E2%80%99austerite-dans-le-droit-europeen-exigeons-un-referendum%E2%80%89-501172

signer la pétition :
https://docs.google.com/spreadsheet/viewform?formkey=dHUzNk8tQmNKb0tqdzdYZEpoNlBIVFE6MQ#gid=0

Les belles lettres_3

Lettre ouverte d’un membre du Parti Socialiste au Président de la République Française

J’ai cru en vous, je vous ai parlé (Université d’été 2011), j’ai rencontré un homme abordable, affable, normal (tout le contraire de votre prédécesseur), je vous ai donné mon livre (Nouvelle Civilisation 2012) et je veux encore croire en vous mais, j’ai quelques questions et quelques suggestions.

 

Pensez-vous que les réflexions politiques et les analyses économiques de citoyens qui ne sont pas issues de l’ENA ne sont pas dignes d’intérêt ? Pensez-vous que toutes personnes non issues de l’ENA sont des imbéciles et qu’il n’est pas utile de les lire ?

 Comme nous savons vous et moi ainsi que nombre de nos concitoyens, le problème des dettes souveraines a pour origine la loi n°73-7 du 3 janvier 1973, remplacé par les articles 104 (Maastricht) puis123 (Lisbonne). Alors, quand pensez-vous aborder un débat ouvert, serein et sincère sur le fait que les États européens se sont interdit à eux-mêmes de se prêter de l’argent sans intérêt ? Et au delà, une réflexion générale sur notre système monétaire à réserves fractionnaires qui débouche sur un empilage de dettes sans fin et qui nous emprisonne dans une croissance obligatoire afin de payer, jusqu’à la fin des temps, une rente à l’oligarchie financière de la planète ? En clair, pensez-vous que la privatisation de la planche à billet soit une idée supportable pour un socialiste ?

 La crise de confiance dans le système bancaire associée au manque de courage des politiques est à la base d’un mélange détonnant, capable de transformer la crise financière en catastrophe politique et sociale irréversible.

 Les récentes révélations concernant l’implication de banques, parmi les plus importantes de la planète, dans des manipulations frauduleuses de taux de référence de marché (LIBOR, EURIBOR, TIBOR servant à la fixation des conditions financières de contrats portant sur des trillions de dollars) sont capables de porter un coup fatal à la réputation déjà sulfureuse des banquiers et c’est tant mieux ! Au même moment, d’autres institutions confessent des violations caractérisées de la réglementation sur le blanchiment d’argent, des transgressions d’embargos officiels ou encore d’assistance à la fraude fiscale. Lire la suite

Carla la plumassière

Une statue de Carla (ben oui, celle à qui vous pensez jour et nuit) vient d’être installée discrètement à Nogent-sur-Marne, et c’est le Guardian qui nous en informe.

Une statue en bronze, installée le 31 juillet et qui sera inaugurée officiellement le 21 septembre.Que ceux qui ne comprendraient pas la pose et le message apprennent que Carla y est représentée en plumassière. Les jeunes générations ont peu de chances de savoir que c’était le métier de femmes, surtout des italiennes, exploitées dans des manufactures pour fabriquer de belles plumes pour les plus riches. Ah qu’il est doux de penser que notre chère Carlita, ex-première dame de France, se souvienne de ses compatriotes immigrées d’hier, au point de les incarner!

La statue mesure deux mètres, elle a été payée par une société privée de spéculation immobilière et aurait coûté dans les 80 000 €. Ah ! quand le sarkozysme s’incarne dans le bronze… c’est qu’il a l’intention de durer.

commentaire sur PIB

Reçu en commentaire à notre billet sur la règle d’or et le PIB, nous avons pensé que cela pouvait faire un article en soi dans le sens de poursuivre la réflexion qui est de savoir pourquoi le PIB est devenu une référence en matière d’économie politique.

En 1968, le gauchiste Robert Kennedy (le frère de l’autre) écrivait (juste avant d’être assassiné) :

« Notre PIB prend en compte la publicité pour le tabac et les courses des ambulanciers qui ramassent les blessés sur nos routes. Il comptabilise les systèmes de sécurité que nous installons pour protéger nos habitations et le coût des prisons où nous enfermons ceux qui réussissent à les forcer. Il intègre la destruction de nos forêts de séquoias ainsi que leur remplacement par un urbanisme tentaculaire et chaotique. Il comprend la production du napalm, des armes nucléaires et des voitures blindées de la police destinées à réprimer les émeutes dans nos villes. Il comptabilise la fabrication du fusil Whitman et du couteau Speck, ainsi que les programmes de télévision qui glorifient la violence dans le but de vendre les jouets correspondants à nos enfants…

En revanche, le PIB ne tient pas compte de la santé de nos enfants, de la qualité de leur instruction, ni de la gaieté de leurs jeux. Il ne mesure pas la beauté de notre poésie ou la solidité de nos mariages. Il ne songe pas à évaluer la qualité de nos débats politiques, ou l’intégrité de nos représentants. Il ne prend pas en considération notre courage, notre sagesse ou notre culture. Il ne dit rien de notre sens de la compassion, ou du dévouement envers notre pays. En un mot, le PIB mesure tout, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue. »

La fabuleuse histoire de la règle d’or

La fabuleuse histoire de la règle d’or ou comment est né le sacro-saint ratio de 3% du PIB pour les déficits publics.

A l’origine, il s’agissait d’imposer la rigueur aux ministres socialistes. Puis, bien qu’elle fut dépourvue du moindre sens économique (c’est ce que l’on va voir), cette référence a fait école au point d’être retenue par le traité de Maastricht et qu’existe à présent un débat pour savoir s’il faut ou non inscrire ce ratio (devenu « règle d’or » !) dans la Constitution.

Outre que cela serait une violation de l’article 28 de la déclaration des droits de l’homme (Article 28. – Un peuple a toujours le droit de revoir, de réformer et de changer sa Constitution. Une génération ne peut assujettir à ses lois les générations futures.), voici quelques éléments de la fabuleuse histoire de la règle d’or. Nous les devons à Guy Abeille, qui fut chargé de mission au ministère des Finances d’abord sous Giscard puis sous Mitterrand (d’octobre 1977 à juin 1982) et s’en expliqua en octobre 2010 pour le journal La Tribune.

L’entrée en déficits et le seuil magique (presque chamanique) de 3% du PIB.

Le premier choc pétrolier se produit à l’automne 1973. La guerre du Kippour frappe l’économie mondiale, les prix quadruplent, c’est la fin des Trente Glorieuses, plane alors le spectre du déséquilibre extérieur et de l’inflation.

Giscard d’Estaing, qui est tout nouveau Président, y répond par le «refroidissement», c’est le plan Fourcade, qui se traduit par un excédent budgétaire. Le plan de relance Chirac qui le suit en prend le contrepied. Nous sommes en 1975, les finances publiques viennent d’entrer lourdement dans le rouge.

En 1976 c’est Raymond Barre qui passe aux manettes de l’économie. Il aimerait bien revenir à l’équilibre en bon père de famille mais Giscard ne veut voir que la nécessité électorale (la gauche passe à un cheveu de la victoire en 1978) et lui en impose autrement. Il faut dire que Giscard a le nez au vent et sait qu’il souffle de l’ouest, un vent très libéral qui ne va pas tarder à mettre en scène Thatcher et Reagan.

Ainsi, après le refroidissement Fourcade, l’austérité Barre (et montée du chômage), la relance Chirac, puis la libéralisation Barre, le déficit qui était tenu en 1976-77 en lisière des 25 milliards (nous sommes en francs), bondit en 1978 à 41 milliards de francs.

Et voilà que fin 1979 débute le second choc pétrolier.

Notons déjà que tous les budgets de Giscard (sauf le premier mais il n’y est pour rien) et de Barre auront été en déficit, pour des montants légèrement supérieurs à 1% du PIB. Si ce n’est que personne n’use de cette référence à cette époque-là, ce ratio est absent des esprits et n’a aucune existence. Jusque là on regarde le chiffre de la dette, pas son pourcentage par rapport au prix du kilo de pommes ou à l’âge du capitaine. Malgré ce, Giscard d’Estaing a une fixette : ne plus laisser le déficit franchir la ligne des 30 milliards de francs ; cela aurait à ses yeux une portée politique à laquelle il ne tient pas. D’ailleurs les deux budgets d’avant la gauche s’y tiennent, on reste à moins 31 milliards de francs en 1979 et en 1980.

Arrive 1981

Le budget est présenté comme ayant un déficit de 29 milliards de francs (manière de ne pas annoncer 30 –loi du commerce pour les gogos, un prix à 9,9 ce n’est quand même pas 10 !). Mais les élections approchent, ainsi que les contingences financières collatérales, et une saison de compétition électorale n’est guère propice à une gestion retenue des finances publiques.

Lorsque la gauche tient enfin sa victoire, la droite ne peut plus lui cacher que les 29 milliards proclamés sont en fait devenus 50 sous le libéralisme giscardo-barriste des chaleurs pré-électorales. Deux mois plus tard, la première loi de finances rectificative socialiste en prend acte, actualise le déficit à 55 milliards et Laurent Fabius (pourquoi lui ?) rend ce chiffre public.

Fin juin, reste à préparer le budget de l’année 1982, qui sera pour la gauche au pouvoir la première année de plein exercice. Et il apparaît assez vite qu’on se dirige bon train vers un déficit du budget initial 1982 qui franchira le seuil des 100 milliards de francs !

Ce qu’il faut réaliser à ce stade est que ce chiffre de 100 milliards était jusque là hors de portée mentale.

Une commande, un soir

C’est dans ces circonstances qu’un soir, tard, raconte Guy Abeille, le téléphone sonne. C’est Pierre Bilger (celui-là même qui fera carrière chez Alcatel), devenu n°2 de la Direction du Budget après avoir été directeur de cabinet de Maurice Papon. Abeille est convoqué ainsi que Roland de Villepin (cousin de Dominique), et Bilger les informe que le Président Mitterrand « a urgemment et personnellement demandé à disposer d’une règle, simple, utilitaire, mais marquée du chrême de l’expert, et par là sans appel, vitrifiante, qu’il aura beau jeu de brandir à la face des plus coriaces de ses visiteurs budgétivores. »

Urgemment et personnellement, ça veut dire qu’il faut faire vite. Personne n’a guère d’idée, et à vrai dire nulle théorie économique n’est là pour orienter la réflexion. Mais si Tonton a commandé, pas question de se défausser, et nos économistes posent donc, « d’un neurone perplexe, l’animal budgétaire sur la table de dissection ».

Ils évaluent les dépenses, leur volume, leur structure, avec dette ou sans dette, tentent des regroupements puis d’autres, mais rien ne semble pouvoir marquer l’arrêt des dépenses. Ils retournent l’animal côté recettes : impôts d’État, mais les impôts fluctuent avec la conjoncture, plusieurs sont décalés d’un an… Surtout ils ne peuvent échapper à l’attraction des prélèvements obligatoires, bref, la route des recettes est coupée et il ne reste qu’une voie : le déficit.

Un déficit, au moins, ça parle à tout le monde, du citoyen lambda jusqu’au Président normal. Être en déficit c’est être à court d’argent, tirer aujourd’hui un chèque qu’on remboursera demain. Et puis, en politique, au moins depuis Keynes, un déficit ne fait plus peur à personne, il est devenu une variable économique. That is the solution, un bon déficit ! Mais, c’est the hic et voilà qu’est l’os, à quelle contrainte le plier pour en extraire une norme ?

Le plus simple semble être cette bouée de sauvetage déjà bien connue : le PIB ! En économie, tout commence et s’achève avec le PIB. Dès qu’il y a de gros chiffres, il n’y a guère qu’à lui qu’on semble pouvoir raisonnablement se rapporter. Et donc on décide que ce sera le ratio « déficit sur PIB ».

Un critère douteux

Arrivé à ce point, une réflexion s’impose.

Il faut d’abord comprendre que le déficit est un solde, c’est à dire non pas une grandeur économique première, mais le résultat d’une opération entre deux grandeurs.

Tout le monde le savait ?

Alors tout le monde comprendra qu’un même déficit peut être obtenu par différence entre des masses dont l’ampleur est sans comparaison. 20 milliards sont aussi bien la différence entre 50 et 70 milliards qu’entre 700 et 720.

On comprendra donc que l’économie doive tenir compte de ce que la masse des dépenses et recettes publiques soit d’une ampleur des plus variables d’un pays à l’autre (35% du PIB des USA ou du Burkina-Faso ne sauraient représenter la même chose). De même faut-il considérer le contenu de chacune des masses : ce n’est pas la même chose de percevoir un volume de recettes avec une TVA à 10% et un impôt sur le revenu montant jusqu’à 75%, qu’avec une TVA à 20% et un impôt sur le revenu de 30%, par exemple. Sans compter que doivent se prendre en compte d’autres critères économiques selon que les dépenses peuvent inclure, toujours par exemple, 5% de subventions d’investissement dans un cas ou 20% dans un autre. On voit donc que considérer le seul montant d’un déficit en soi n’a qu’un sens très relatif.

Par ailleurs, tout le monde devrait avoir appris depuis l’école primaire qu’on ne peut diviser des choux par des carottes (sauf si on veut obtenir des charottes ou des cachoux). Et comme le déficit n’est rien d’autre qu’une dette, il est le chiffre exact de ce que la cigale doit emprunter tout de suite auprès de la fourmi prêteuse (si, si, monsieur de La Fontaine, certaines fourmis le sont, à usure), et qu’elle remboursera au fil des années suivantes.

Autrement dit, afficher un pourcentage de déficit par rapport au PIB d’une année donnée, c’est mettre en rapport des échéances à honorer dans les années futures avec la seule richesse produite en l’année origine. En cours de français on prendrait un zéro pointé pour non respect de la concordance des temps, mais là il s’agit d’économie et circulez, y a rien à voir. Lire la suite