Comment ça va, l’Europe ?

 Espagne

 Malgré de fortes réticences, bon nombre de médias ont dû se résoudre à parler de la manif du 25 septembre en Espagne. C’est que l’analyse de l’événement oblige à réaliser qu’il ne s’agit plus de simples manifestations mais que les mouvements des peuples européens prennent l’allure d’une insurrection. Sur les banderoles dressées à Madrid les revendications témoignent de l’exaspération et de la colère. « Ras-le-bol », « Assez », « Gouvernement, démission ! », « Non au 4e Reich !».

Certains observateurs considèrent que ce 25-S marque une radicalisation du mouvement, même si pour l’instant c’est plutôt la répression policière qui vient de franchir une nouvelle étape, voir la vidéo ci-après. Qui plus est, on apprend que les débordements ont été provoqués par des policiers infiltrés, habillés en simples civils manifestants et faisant mine d’arborer des drapeaux rouges, les vidéos accablantes circulent sur le net (liens plus bas). On peut parier que s’il n’y avait pas eu tant de blessés, nos télés nationales n’auraient pas concédé la moindre image, comme ce fut le cas pour la manifestation au Portugal où plus d’un million de personnes sont descendues dans la rue le 15 septembre, bel exemple pour un pays qui compte 10 millions d’habitants, soit 10 % de la population.

Une très belle photo qui prouve qu’il y a force et force ! Avis aux robocops !

Un site où retrouver la journée du 25 en détails : http://actualutte.com/25s-le-direct/

Et pour les hispanisants : http://www.tercerainformacion.es/spip.php?article41808

Grèce

Alexis Tsipras, leader du parti grec anti-austérité Syriza, a plaidé jeudi au Parlement européen, à Bruxelles, pour la tenue d’une « conférence européenne sur la dette (…) en vue de déprécier une grande partie de la dette, comme cela a été fait pour l’Allemagne en 1953 ».

En amont d’une rencontre avec le président du Parlement, l’Allemand Martin Schulz, Tsipras a insisté : « Nous avons un problème commun, nous devons trouver des solutions communes ».

Interrogé sur les manifestations en Grèce il a remis les pendules à l’heure : « Les télévisions ont retenu ces incidents isolés. (…) La population grecque est restée contenue dans son comportement, en dépit des attaques qu’elle subit. Les images que vous avez vues, on les a vues aussi en Espagne aux portes du Parlement, on les verra peut-être à Paris dimanche (lors de manifestation contre le nouveau traité européen – ndlr), ou dans d’autres pays. »

source Mediapart

Allemagne

Blockupy 2012, Ce n’était qu’un début, nous revoilà !

« Les journées d’action de Blockupy de Mai 2012 ont représenté un tournant en Allemagne. Lors de ces manifestations qui dénonçaient la gestion de la crise en Europe, Blockupy a lancé des actions massives et internationales de désobéissance au cœur même du monde de la finance, à Francfort sur le Main.

Un des mots d’ordre : « Résistance contre l’austérité de la Troïka et du gouvernement – pour une solidarité internationale et une démocratisation de tout domaine de la vie ».

 Le défi que représente ce mouvement pour les responsables du gouvernement du land de la Hesse – et pour la police – fut tel qu’ils ont interdit pratiquement toute manifestation et ont instauré un état d’urgence préventif à Francfort afin d’imposer ces interdictions absurdes. Or voilà qu’aujourd’hui la ville de Frankfort bloque à nouveau Blockupy. Le service du maintien de l’ordre de Francfort interdit l’érection d’une tente d’information dans le centre ville.

Nouvel avis d’action est lancé : le 20 octobre 2012 à partir de 12 heures, prenons la ville !

En savoir plus :  http://blockupy-frankfurt.org

France

Le grand rendez-vous de solidarité avec les autres peuples européens aura lieu le 30 septembre, essentiellement à Paris mais aussi partout ailleurs où ce sera possible. Nous avons déjà fait mention des appels en provenance des partis composant le Front de Gauche, en voici d’autres qui témoignent de l’ampleur de la mobilisation.

D’abord quelques mots du président d’ATTAC-France à l’attention de ceux qui se demanderaient encore pourquoi manifester.


Pourquoi manifester le 30 septembre, 2012 par BTrenaissance

Communiqué des organisations CGT, FSU, Solidaires, UNEF

Les organisations CGT, FSU, Solidaires et UNEF réaffirment ensemble leur opposition à la ratification du Traité européen sur la stabilité, la coordination et la gouvernance qu’elles jugent économiquement inefficace et socialement injuste.

Si ce Traité devait être ratifié, il institutionnaliserait de fait l’austérité et enfoncerait les États dans une crise durable. Ce Traité pèserait de manière négative sur leurs politiques et leurs programmations budgétaires. Il aurait des conséquences lourdes sur l’emploi, le pouvoir d’achat, les services publics… pour l’ensemble des salariés, des jeunes, des retraités et privés d’emploi, et particulièrement pour les femmes.

Le Traité continuerait et accentuerait la logique des indicateurs absurdes hérités du Pacte de stabilité et de croissance de 1997 (limitation à 3% du déficit et 60% de la dette) sans tenir compte des cycles économiques et de la crise actuelle.

L’austérité n’est pas la solution face à la crise. Il faut sortir de la logique de réduction des dépenses publiques et trouver de nouvelles recettes pour des investissements productifs et socialement utiles. L’alternative à ce TSCG repose donc notamment sur la redistribution des richesses et une réforme fiscale d’ampleur.

A l’opposé de ce Traité, l’Europe a besoin d’une nouvelle politique économique et sociale, créatrice d’emplois de qualité et favorisant le pouvoir d’achat. Une Europe fondée sur la démocratie, les solidarités, la justice sociale et le souci de la transition écologique.

Aucun débat démocratique n’a eu lieu avec les citoyens.

Les organisations CGT, FSU, Solidaires, UNEF demandent aux parlementaires de ne pas voter ce Traité. Elles poursuivront la campagne, et notamment celle initiée par le Collectif audit citoyen de la dette, pour alerter et mobiliser sur les dangers de ce Traité et porter d’autres alternatives.

L’Appel des 100 écologistes contre le traité austéritaire

Des militants écologistes proches du Front de gauche et d’EELV s’associent pour prendre position contre la ratification du traité de stabilité budgétaire européen et appeler à la manifestation nationale du 30 septembre. Selon eux, le texte rendra impossibles toutes propositions et investissements publics en faveur d’une politique d’écologie sociale.

Pour nous, militant(es) écologistes, la transition écologique et sociale ne peut en aucun cas passer par l’austérité et la réduction des acquis sociaux, pas plus que la répartition des richesses ne peut attendre une improbable et destructrice croissance du PIB. Il y a urgence !

Comment mener la transition écologique et parvenir à 60% de réduction des gaz à effet de serre en 2040 en se contentant de « réguler » le marché européen des quotas carbone, en poursuivant les grands projets inutiles et imposés, ou en laissant les choix d’intérêt général aux mains des multinationales de l’agro-business, de l’eau et de l’énergie ?

Une véritable politique d’écologie sociale a, au contraire, besoin d’une intervention publique déterminée et d’investissements forts, de services publics de l’eau, du rail et de l’énergie renforcés ! Or ces propositions deviendraient impossibles à mettre en œuvre dans le cadre du TSCG qui impose la limitation des dépenses publiques.

Or, ces dépenses, dès lors qu’elles sont réalisées au nom de l’intérêt général, devraient être considérées comme des investissements : parce que nous n’avons pas de planète de rechange, la « solidarité » avec les générations futures réside en réalité dans des investissements publics forts au service de la bifurcation écologique de la société.

La relocalisation de l’activité, la reconversion industrielle, le maintien des emplois et la création de nouveaux, le plus grand gisement de « redressement productif » enfin, passe aujourd’hui par la transition énergétique et la révolution écologique de notre société. Elle est incompatible avec l’austérité qu’implique le TSCG.

Pour toutes ces raisons, nous, militant(es) écologistes, 
Appelons toutes celles et ceux qui comprennent l’extrême urgence de la transition écologique et sociale, à rejoindre la grande manifestation nationale du 30 septembre contre le TSCG à Paris
 et appelons l’ensemble des parlementaires français à voter contre cette ratification.

Voir la liste des signataires après la balise Lire la suite

la grande menace

Ainsi que le rappelle le site pétitionnaire Avaaz, la Une du magazine américain Newsweek illustre parfaitement le message ressassé par les médias ces quinze derniers jours: le monde musulman s’embraserait d’une colère anti-occidentaux en réaction à un film islamophobe, et des hordes de protestataires violents nous menaceraient tous…
De l’Égypte au Pakistan en passant par le Yémen, l’Iran, l’Irak, etc., onze pays auraient manifesté leur rage contre le film en particulier et l’occident en général.

Il aura fallu près de quinze jours pour que les médias commencent à rapporter que la grande majorité des manifestants étaient pacifiques. Un rapport établi le 20 septembre chiffrait à zéro le nombre de victimes tuées par les manifestants. Quant à leur nombre, une estimation qui circule sur Internet l’évalue à une dizaine de milliers pour toute la planète. Une évaluation apparemment plus circonstanciée a été avancée dans la dernière émission d’Arrêt sur Image consacrée au sujet, et pousse le nombre global à 150 000 manifestants, toujours pour la planète entière.
Quel que soit le nombre retenu, sachant qu’un milliard et demi d’individus se réclament de l’islam, c’est au maximum 0,001 % qui ont pris sur eux d’aller manifester à juste titre leur indignation, au demeurant soutenus par la quasi totalité des dirigeants mondiaux qui ont condamné le film, qu’ils soient musulmans ou occidentaux.
Mais qu’en est-il vraiment de cette prétendue mise à feu du monde musulman ? Proposée par un site anglais, voici quelques extraits d’un reportage photographique témoignant bien de ces quinze jours de rage (note: les commentaires sous les photos sont de Sémaphores)

Le Caire, Égypte. Manifestation des faiseurs de bulles en colère devant la mosquée Al-Hussein

 

Le Caire. Des manifestants enragés vérifient les stocks de tomates bombardières

Un fondu mentaliste s’énerve tout seul en apprenant la nouvelle par le journal.

Excédé, un couple iranien tente de prendre de la hauteur avant de reprendre le combat

Irak, Bagdad. Pour tenter d’échapper aux débordements, certains n’hésitent pas à se jeter du haut des immeubles

Pakistan. D’autres préfèrent carrément l’exode sur des routes incertaines

Bangladesh. Les jeunes aussi sont touchés, certains préfèrent se noyer par paire plutôt que perdre leur innocence

Plus sérieusement, une autre presse a noté combien ce non-événement a occulté plus ou moins des infos de toute autre importance. Ainsi ces musulmans “énervés” ont-ils relégué aux brèves ces dizaines de milliers d’autres « énervés » qui manifestaient en Russie contre le président Vladimir Poutine. Combien de minutes ou de pages consacrées à ces centaines de milliers de Portugais et d’Espagnols indignados lors de rassemblements anti-austérité ? et le million de Catalans qui réclament l’indépendance ? Et les 1 000 personnes tuées en Syrie en une seule semaine ? A-t-on parlé des véritables mobilisations en Tunisie et en Égypte ? A-t-on dit que les courants de l’islam politique en Libye n’ont obtenu à travers les premières élections libres du pays que 17 sièges sur les 200 qui forment la constituante ?
Voilà bien encore une fois posé le problème d’une presse entre les mains des chiens de garde, une presse obnubilée par son chiffre d’affaire ou son audimat, mais de plus en plus exempte de déontologie, d’éthique, et qui n’hésite plus à mettre de l’huile sur des feux quasi inexistants tout en prétendant informer.
Dans son n°82 (septembre-octobre 2012) la revue Nexus rapporte comment des fondamentalistes musulmans ont récemment utilisé une photo du tremblement de terre de Gyegu en Chine, en y accolant une fausse légende pour accréditer leur cause. On y voit des moines tibétains préparer les crémations pour le millier de victimes de la catastrophe. Des corps nus et entassés qui renvoient aux heures les plus sombres de l’Histoire. L’image retouchée et commentée par ces islamistes est devenue sur les réseaux une sorte de pièce à conviction sur un prétendu massacre de musulmans en Birmanie, commis par des moines tibétains. Le problème est que cela est intervenu au moment où des tensions confessionnelles et raciales s’accentuaient en Assam et dans les régions frontalières entre l’Inde et la Birmanie, fin juillet 2012. Malgré les communiqués des gouvernements indien et du Tibet, le feu de la haine s’est propagé sans trêve. Depuis le début août les représailles s’enchaînent. Les tentatives d’apaisement n’ont pas encore été suffisantes pour stopper l’exil de masse des populations originaires du Sikkim, du Népal, de Birmanie ou d’autres ethnies des Himalayas.
Cet exemple parmi d’autres montre comment, grâce aux réseaux planétaires, le détournement d’une seule image peut désormais facilement provoquer la terreur et l’exode d’ethnies ciblées.
Internet est sans conteste un très bel outil, sans doute aussi un des plus dangereux. Usagers de blogs, de tweets et autres réseaux dits sociaux, il appartient plus que jamais à chacun de nous d’être en responsabilité et conscience à chaque utilisation.

Au feu !

billet d’humeur, par Mario

Ce n’est pas une info de dernière fraîcheur, à force de tergiverser, de me demander qui ça peut bien intéresser. Il y a des sujets qui n’ont pas l’heur d’être très partagés, d’autant qu’il y a des variables à cela, comme par exemple le moment où tombe une info. En l’occurrence, ce dont je veux parler s’est passé cet été, en plein Jeux Olympiques, entre deux remises de médailles, celles que des sportifs recevaient pour de prétendus exploits, et celles, posthumes, qu’un François Hollande fraîchement président remettait à deux de nos soldats morts pour la France en Afghanistan.
Ces soldats-là au moins avaient un nom, ils ont été cités comme il se doit au champ d’honneur. Tel n’a pas été le cas de cet inconnu qui a donc choisi le mauvais moment pour s’immoler devant un bureau de la CAF où il venait et revenait depuis quelques temps parce qu’il lui manquait toujours un papier.
Jamais radine en rubriques des chiens écrasés, la presse a largement diffusé l’info de cette immolation d’un « allocataire lambda ».
Comme l’a dit Véronique Valentino dans un article pour Actu Chômage : « Les communiqués officiels ont mis l’accent sur le drame personnel d’un homme, que certains
journaux avait simplement baptisé «le désespéré», son nom n’ayant à aucun moment été révélé. Un drame personnel, un cas isolé. Et anonyme. En fait, l’homme, d’origine tunisienne et âgé de 51 ans, était, selon Philippe Castanet, directeur de cabinet du sous-préfet de Mantes, un ex-infirmier au chômage, inscrit au RSA depuis juin 2010, qui alternait quelques missions d’intérim en tant qu’infirmier ou brancardier avec des périodes d’inactivité. Séparé de sa femme, père de deux enfants, il était domicilié chez sa sœur à Mantes-la-Ville, mais vivait depuis plusieurs mois dans une caravane sur un camping de Moisson, une commune voisine de Mantes-la-Jolie. »
http://www.actuchomage.org/2012081822002/Social-economie-et-politique/quan-un-allocataire-du-rsa-simmole-dans-une-caf-enquete.html
Fin de citation. Un mec ou une nana qui s’immole, c’est pas un sujet qui enflamme les foules. C’est perso, une immolation. Et c’est forcément un geste de désespéré, de déséquilibré, en tout cas un être trop fragile pour vivre, même avec un RSA, dans ce monde de brutes.
Mais qu’est-ce qui ferait de cet être fragile un cas isolé comme le prétendent certains journaleux ? Pour ne prendre que quelques dates parmi les plus récentes…

Le 16 mars 2011, un SDF de 65 ans s’immole dans la cave de la personne qui réceptionnait son courrier à Calais.
Le 26 avril 2011, un homme de 56 ans s’immole sur le parking du site Orange-France Telecom de Mérignac.
Le 9 août 2011, un homme d’une cinquantaine d’années, à la CAF de Marseille. À force de dialogue, un membre de la BAC l’a empêché d’aller jusqu’au bout.
Le 13 octobre 2011, une enseignante de 44 ans s’immole dans la cour du lycée Jean Moulin de Béziers.
Le 16 octobre 2011, une femme de 77 ans s’immole dans un bosquet à proximité de son domicile à Talence.
Le 26 octobre 2011, une femme de 68 ans s’asperge d’alcool à brûler devant l’Élysée. Une policière intervient, la vieille dame s’en sort avec des brûlures légères.
Le 10 février 2012, un travailleur handicapé de 56 ans s’immole dans la salle du personnel du Carrefour-Market de Chambourcy.
Le 15 février 2012, une femme de 38 ans s’immole dans le hall de la Mairie de Saint Denis.
Le 26 mars 2012, un homme de 40 ans à l’agence Pôle Emploi de Dieppe s’asperge de liquide inflammable mais n’a pas le temps d’utiliser son briquet.
Le 6 avril 2012, un homme de 62 ans s’immole sur le parking du foyer social de Saint Priest.
Le 11 juillet 2012, un homme de 40 ans s’asperge d’essence à la Trésorerie de Valence, mais est heureusement maîtrisé avant de passer à l’acte.
Le 19 juillet 2012, un agent de maîtrise du Grand Lyon s’immole par le feu devant son lieu de travail à Vénissieux.

Pour plus de détail sur tous ces cas et d’autres, voir le lien suivant, les veilleurs de cet observatoire ont fait un sacré boulot de recensement macabre : http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.fr/2012/08/brule.html

additif du 24 septembre_ Alors que cet article était déjà en ligne, on peut lire dans le Midi Libre du 22 septembre courant : Un homme de 57 ans, salarié du groupe Michelin, a mis fin à ses jours hier à Paris en s’immolant par le feu en bas de chez lui. La police a retrouvé dans son appartement une lettre faisant part de son « mal de vivre ».

En attendant, puisqu’il paraît qu’on cherche 30 milliards pour boucler le budget, suggérons qu’à titre provisoire et exceptionnel (pendant deux ans, par exemple) le gouvernement puisse puiser dans les 5,3 milliards d’euros d’aides non distribuées en 2010 ( et combien en 2011 ?), tout ça parce que ces salauds de pauvres ne les ont même pas réclamées, parfois parce qu’il leur manquait un papier et que, globalement, les administrations représentent toujours un parcours du combattant. Mais je trouve que ça finit par faire un bon nombre de soldats inconnus, des soldats qui ne coûtent pas cher et ne nécessitent pas de venir en ranimer la flamme chaque année, ceux-là brûlent à feu continu.

dernière note : la photo en exergue d’un homme qui prend feu n’a pas été prise en France mais en Grèce. Paraît que ça brûle pas mal aussi là-bas.

ajouté le 30 octobre 2012, ce complément d’enquête dû à France 2:

Main basse sur l’énergie

Énergie et trafic d’influences des courants de moins en moins alternatifs

C’est sous ce titre que Marie Caroline PORTEU nous alerte (voir son blog sur Mediapart) du véritable HOLD UP qui est en train d’être organisé, couvert une fois de plus par une omerta médiatique démentielle.

Après avoir dit dans un billet précédent que « la zone euro n’est que la variable d’ajustement de la politique monétaire américaine pour éviter la chute de la maison dollar », force lui est de reconnaître qu’elle s’est trompée et que, davantage qu’une variable d’ajustement, la zone euro est « le territoire de colonisation  des financiers US et de leurs banques d’investissements pour les  enjeux stratégiques de notre planète dans  les prochaines décennies : l’énergie  et l’environnement avec le carbone. »

On sait déjà comment l’État Grec se retrouve privé, avec l’aide de la Troïka, de la gestion de son réseau de transports, de celle de l’eau et de toutes autres ressources énergétiques. D’ailleurs Chypre a suivi dans la foulée puisque les ressources chypriotes sont exploitées par Noble Energy (voir le dernier rapport de développement 2020 sur Chypre  de la Commission Européenne).

Et en France ? Après avoir fait du permis Rhone-Maritime un véritable feuilleton, on apprend que la société titulaire de ce permis vient d’être rachetée par Petroceltic dont les actionnaires sont : Henderson international, Crédit Suisse, JP Morgan, Fidelity.

Aujourd’hui on vient nous dire que la fourniture énergétique Française courra de gros risques à compter de 2015, « du fait de l’arrêt attendu de nombreuses centrales au fioul ou au charbon et des réacteurs nucléaires de Fessenheim ». Et ceci «à cause du durcissement des normes anti-pollution » !

Mais qui détermine ces normes ? Une commission nommée le carbone disclosure project , située à Londres ! Qui regroupe cette Commission ?  À nouveau des noms très connus parmi eux:  HSBC, JPMorgan Chase, Bank of America, Merrill Lynch, Goldman Sachs, American International Group, and State Street Corp.

Autrement dit, rappelle MC PORTEU : « Nous nous retrouvons donc dans un contexte totalement surréaliste où ceux qui contribuent à fixer les normes sont également ceux qui, après avoir provoqué une explosion de l’endettement de ces pays, sont en train d’acquérir à prix bradés les forages et les exploitations des ressources naturelles Européennes, bien aidés en cela par les programmes de privatisation des services publics imposés par la Commission Européenne.

Pour rappel et à titre d’exemple : Goldman Sachs a déjà fait main basse sur la distribution du Gaz Espagnol, le même ainsi que JP Morgan sur les concessions françaises. La boucle est bouclée.

Il est donc urgent de s’affranchir totalement de la tutelle financière, celle que l’on appelle loi des marchés, qui n’est visiblement là que pour protéger des intérêts privés non européens et leur permettre de s’approprier notre futur énergétique.

Qu’il soit nécessaire de réduire l’émission carbone pour pouvoir conserver notre planète, personne ne le contestera. Mais énergies fossiles qui se trouvent en Europe appartiennent aux peuples européens et ne doivent en aucun cas être vendues. Les développements de nouvelles énergies doivent pouvoir être financées par une indépendance monétaire retrouvée au niveau du politique et des États pour créer des infrastructures publiques qui non seulement relanceront l’activité, mais qui de plus nous assureront une indépendance indispensable dans le futur.

C’est une raison de plus pour laquelle il est impératif de refuser la ratification des Traités Européens, qui seront en mesure de nous imposer la privatisation de ces services publics énergétiques, comme le fait déjà actuellement en Grèce la commission Européenne, ainsi qu’une main mise totale de la finance internationale sur nos politiques fiscales et budgétaires.

Merci de recommander, de diffuser ce billet le plus largement possible, pour permettre de bloquer ce qui n’est rien d’autre qu’un véritable Hold-up. »

SOURCES

http://blogs.mediapart.fr/blog/marie-caroline-porteu/100512/ceci-nest-pas-un-complot-cest-une-strategie-reposant-sur-des-

http://blogs.mediapart.fr/blog/marie-caroline-porteu/230612/trop-cest-trop-jaccuse

http://www.romandie.com/news/n/_Consommation_electrique_pas_de_souci_jusqu_en_2015_plus_tendu_apres86050920120932.asp?

http://en.wikipedia.org/wiki/Carbon_Disclosure_Project

http://ec.europa.eu/europe2020/europe-2020-in-your-country/cyprus/index_en.htm

http://fr.finance.yahoo.com/q/mh?s=NBL: actionnaires de Noble Energy

 

SALINS DU MIDI OPINION DU FRONT DE GAUCHE

SALINS DU MIDI, OPINION DU FRONT DE GAUCHE

  • Ø Nous défendons les Salins du midi, l’emploi, l’activité industrielle qui est la condition du maintien des équilibres de ce milieu apparemment naturel.
  • Ø Nous demandons l’arrêt du saccage systématique entrepris par la direction des Salins :
    • Casse de l’emploi et des acquis sociaux
    • Transfert d’activités à l’étranger
    • Vente de terrain pour une chasse de luxe en réduisant l’approvisionnement en eau saline pour la production
  • Ø Nous demandons à la mairie d’Aigues-Mortes la révision de l’implantation d’un centre d’allo thérapie afin qu’il ne porte pas atteinte à la pérennité du site.
  • Ø Nous exigeons du gouvernement des actes mettant « au pas » la direction de l’entreprise, faisant respecter les droits des salariés et l’emploi

Pour ce faire, il faut interdire les licenciements boursiers, classer le site et empêcher toute activité détruisant l’activité salinière, élément essentiel de l’équilibre écologique du site.

  • Ø Nous demandons aux collectivités territoriales d’étudier, si nécessaire, la préemption du site et sa mise en régie.

Il faut faire cesser le « bal des hypocrites » qui font semblant de ne pas connaître la finalité du projet de la direction et qui l’accompagnent.

  • Ø Nous ne sommes pas opposés à un tourisme, à un centre d’allo thérapie, mais pas au détriment des salins et de l’emploi industriel.
  • Ø Nous refusons un site touristique avec une activité salinière à minima, un « parc d’attraction salinier » avec des salariés « intermittents du spectacle »

Nous proposons :

  • D’organiser un grand débat public contradictoire avec toutes les parties concernées, en particulier les salariés et la population.
  • La mise en place d’un comité de vigilance et de défense de l’activité salinière en soutien à l’action des salariés.

le point sur le nucléaire français

On peut saluer la décision de geler tous les permis d’exploitation du gaz de schiste, et on ne va pas pleurer de la fermeture de la centrale Fessenheim. Mais qu’en est-il des autres centrales qui vont arriver en bout de course dans les proches années à venir ? Va-t-on les prolonger et à quel prix ? Quand va-t-on mettre sur la table le dossier de la transition énergétique ?

Voici une carte qui parle d’elle-même.

Samedi 13 octobre 2012 – Tous ensemble pour sortir du nucléaire
Rassemblements aux quatre coins de la France :
à Laval, Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Paris, Metz, Lille et Narbonne

Rejoignez le rassemblement le plus proche de chez vous !

Chers amis,

Le 11 mars 2011, la catastrophe de Fukushima a apporté une nouvelle preuve irréfutable des dangers du nucléaire. Depuis, de nombreux pays ont choisi de renoncer à cette énergie : l’Allemagne, la Suisse, la Belgique… et même le Japon ! Mais en France, pays le plus nucléarisé du monde, où est le changement ?

Mobilisons-nous pour dire à ceux qui nous gouvernent que nous voulons changer d’ère et sortir du nucléaire !

Nous voulons en finir avec cette technologie dangereuse, avec ces milliards d’euros d’argent public gaspillés dans des grands projets inutiles ou pour rafistoler des installations nucléaires dont nous pouvons nous passer. L’avenir est à une société plus sobre, basée sur des énergies renouvelables et créatrices d’emplois locaux.

Le 13 octobre 2012, plusieurs rassemblements sont organisés pour exiger l’arrêt du chantier du réacteur EPR de Flamanville et des travaux de la ligne Très Haute Tension (THT) qui doit le desservir, ainsi que l’arrêt de toutes les centrales vieillissantes. Fessenheim est loin d’être la seule qu’il faut fermer !

Exigeons l’arrêt de la construction du réacteur EPR de Flamanville et de sa ligne THT.

Exigeons l’arrêt immédiat des réacteurs qui ont dépassé 30 ans de fonctionnement, durée pour laquelle ils ont été conçus.

Soutenons la Révolution des Hortensias des japonais qui se mobiliseront aussi le 13 octobre pour l’arrêt définitif de toutes les centrales nucléaires au Japon.
Soyons nombreux, chaque personne compte, et nous comptons sur VOUS !

Retrouvez toutes les informations sur : http://sortirdunucleaire.org/13octobre2012

la motion de Stéphane HESSEL

Stéphane HESSEL a déposé sa motion, et nombreux s’accordent déjà à en saluer le mordant. Il faut accélérer, dit-il en substance au gouvernement Hollande. L’histoire est là pour démontrer que toutes les réformes qui ne sont pas appliquées dans les trois premiers mois d’une prise de pouvoir ont peu de chance de l’être ensuite.

Du côté de la vraie gauche, même si on peut se réjouir de retrouver dans cette motion de nombreuses propositions portées depuis longtemps par le Front de Gauche et EELV, on peut noter à l’instar de Roger Cavaillès que :  » on y retrouve certes « la plupart » des propositions du FDG sauf les dispositions de base sans lesquelles rien n’est possible durablement, à savoir l’analyse de la dette et son traitement en conséquence, la rupture du circuit mortifère banque vers État, la dénonciation claire des produits dérivés illégaux qui empêchent l’investissement utile. On n’empêche pas une inondation en resserrant un peu les robinets, il est indispensable de les fermer. »

Cette motion d’Hessel constitue néanmoins un grand pas par rapport à la ligne actuelle et mérite d’être saluée. Un rapport d’une cinquantaine de pages, riche en données qu’il est toujours bon de voir synthétisées. A lire absolument. Après le « Indignons-nous ! » voici venu le temps du « Secouons-nous ! »

lien pour télécharger au cas où le doc s’ouvrirait mal dans nos pages : http://www.scribd.com/doc/105643016/La-motion-de-Stephane-Hessel

La motion de Stéphane Hessel

de TER en BUS et toujours 1 euro

Après le TER de la mer à 1 €, voilà que c’est le bus de la mer qui fait d’autres heureux, cette fois au départ d’Aramon et de Théziers.

L’info se trouve sur le blog Midi Libre de la ville d’Aramon. C’est une initiative de la communauté de communes du Pont du Gard qui propose aux habitants des communes de son ressort un bus de la mer à 1 € aller-retour.

« En effet, ce sont seize communes qui deviennent ainsi le point de départ d’un bus conduisant ceux qui le souhaitent au Grau-du-Roi. Tous les jours, les voyageurs sont regroupés par communes voisines et bénéficient de ce service. Par exemple le lundi, le bus, qui peut contenir jusqu’à 50 passagers, dessert les communes d’Estézargues, Montfrin et Fournès.Départ le matin à 8 heures, retour vers 19 h 30. Le car d’une entreprise privée emporte chaque jour vers la station balnéaire entre 35 et 45 personnes. Catherine, chauffeur du car, en connaît bien le fonctionnement. Pour utiliser le bus, il faut s’inscrire en mairie. Au pied du car, un élu ou un employé municipal s’enquiert de la nécessaire autorisation parentale pour les jeunes de 16 à 18 ans alors que les moins de 16 ans doivent être accompagnés par un adulte. Le chauffeur qui connaît ses habitués affirme n’avoir aucun problème dans la gestion de son bus, ni au départ, ni au retour. D’ailleurs elle n’encaisse pas elle-même la contribution exigée. Au moment du retour, Danielle d’Aramon ne tarit pas d’éloges sur cette initiative et parle avec enthousiasme de sa journée au Grau-du-Roi: la plage sur le front de mer, la promenade en bateau, puis une visite chez les commerçants : « Je les connais, ils sont sympathiques et puis on tchache ! » Alors que le moteur tourne, dans l’espace réfrigéré, on peut voir sur les visages le plaisir d’avoir passé une belle journée au bord de la mer si proche et si lointaine pour certains. »

Au Grau du Roi, certains vont sans doute voir des « hordes » de mamies et de papis. Pas grave. C’est juste qu’ils ne comprennent rien au contrat de générations.

à la gloire du jaune !

En nostre bel pays de Petite Camargue où les fêtes votives s’arrosent au jaune, et bien souvent au Ricard, nous ne pouvions pas rater ça. Qu’elle nous attriste ou non, la disparition de Patrick Ricard, fils de son père Paul qui avait créé l’entreprise et un peu Charles Pasqua, cette disparition n’est pas sans laisser une question fondamentale : Qui a été le plus fervent supporter du Ricard ?

On vous le donne en mille, Emile, nous mêmes n’aurions pas subodoré la chose sans les recherches de Didier Porte qui a fait sa rentrée fracassante à Arrêt sur Image et Mediapart. Ne cherchez plus, il s’agit de Johnny Hallyday. Même si la presse nous le présente de plus en plus souvent comme Jauni Alité, toute une génération (au moins) comprendra mieux pourquoi il fut un temps appelé L’idole des jaunes. La preuve en images et en chansons.


Porte : pastis on the rocks avec Johnny par asi

L’été de la colère

Un pan de notre histoire de Petite Camargue va s’éclairer davantage à la fin de ce mois de septembre avec la sortie d’un ouvrage sur le massacre des Italiens en 1893. Souvenons-nous, car cela reste un devoir de mémoire, c’était un mois d’août, lors de la récolte du sel.
Sous le titre L’été de la colère, le nouvel ouvrage est dû à Luc MARTIN qui, outre d’être un fervent d’histoire, est aussi employé au Salin d’Aigues-Mortes et se trouve être l’arrière petit-fils de Madame FONTAINE, la boulangère chez qui des Italiens trouvèrent refuge quand ça bardait par trop pour eux.
Par ailleurs le livre est préfacé par Sodol COLOMBINI, maire d’Aigues-Mortes de 1977 à 1989, et fils de Iago COLOMBINI qui fut à l’initiative de cette très poignante et édifiante affiche parue en 1938 que nous publions ci-après et que vous retrouverez comme page 114 de L’été de la colère.
En attendant cette sortie dont nous reparlerons, voici déjà la préface et les lecteurs de Sémaphores qui découvriraient tout de ce sombre événement peuvent se reporter à notre article précédent sur le sujet.

Préface

« A Théo MARTIN »

L’essai de Luc MARTIN reconstitue minutieusement la tragédie survenue les 16 et 17 aout 1893 dans notre cité. Des ouvriers italiens, venus participer, comme chaque année, à la récolte du sel, ont tout simplement été lynchés par une foule en furie… Et, sans le courage et la dignité du curé et d’Aigues-Mortais comme Adélaïde FONTAINE, les victimes se seraient comptées par dizaines.

Luc a fait un immense travail de recherche. Il narre avec précision et quasiment minute par minute, ces deux jours sombres qui marquent à jamais notre histoire. Il décrit, aussi avec une grande hauteur de vue, le contexte historique de l’époque. Les conditions socioéconomiques et politiques qui expliquent le pourquoi de l’intérêt pour la Cie des Salins du Midi d’avoir recours à cette main d’œuvre transalpine.

Il rappelle aussi pourquoi l’eau potable était, à l’époque, un bien précieux pour les populations locales. Beaucoup de lecteurs apprendront (et c’est mon cas) ce que représente pour la vie locale le 12 avril.

La lecture de cet essai m’a personnellement interpellé. En effet, ne serait-il pas temps (et c’est une critique que je me fais à moi-même, ayant eu l’honneur d’être le premier magistrat de notre cité de 1977 à 1989), de marquer officiellement cette tragédie ?

Pourquoi ne pas donner le nom de « Chemin des Italiens » au chemin bas de Péccais ? Et pourquoi ne pas donner le nom d’Adélaïde FONTAINE à une rue ? Ou poser une plaque à son nom sur le lieu où demeurait sa boulangerie dans laquelle se réfugièrent des italiens ?

Enfin, non seulement cet essai nous instruit sur notre histoire, mais il nous rappelle également que la Fraternité et la Solidarité doivent demeurer les biens les plus sacrés de l’humanité.

Sodol COLOMBINI

Fils de Iago COLOMBINI, ouvrier agricole italien venu, à plusieurs reprises, avec son équipe transalpine, faire la récolte du sel à Aigues-Mortes, ainsi que dans les autres salins de nos régions…Et qui fut à l’initiative de l’affiche parue le 28 septembre 1938, sur l’appel des émigrés italiens à défendre la France.

Aigues-Mortes, 23 juin 2012

Le casse du siècle !

C’est Bakchich qui balance cette info que nous aurions dû avoir depuis un an : les institutions financières ont bénéficié de 16 trillions de dollars pour se sauver. Parmi elles la Société Générale, Dexia et BNP ont touché près de 500 milliards…
Pire que le casse de Goldman Sachs, c’est le casse du siècle ! Un casse à 16 000 milliards de dollars, soit 16 trillions de dollars pour les banques au lieu des 700 milliards votés.

On doit à Bernie Sanders, sénateur américain « indépendant » du Vermont, d’avoir décidé le 1er septembre de mettre à disposition de ses concitoyens sur son site ce document (un audit) passé totalement inaperçu. Et pour cause !
« Il est vrai que les américains, ivres de colère, auraient pu être tentés d’aller décrocher leurs Winchester s’ils avaient découvert les conclusions de l’enquête du GAO (Government Accountability Office) une sorte de Cour des Comptes en forme d’Inspection Générale des Finances, qui a rendu ses décoiffantes conclusions en juillet 2011. »
Par exemple on peut lire en page 131 du rapport d’audit que, entre le 1er décembre 2007 et le 21 juillet 2012, BNP Paribas a fait le plein en dollars à la FED à hauteur de 175 milliards ( !) et sa meilleure ennemie la Société Générale a quant à elle, rempli ses soutes de 124 milliards ( !) de dollars aimablement prêtés par le contribuable yankee.
Et, à titre anecdotique… 168 milliards de dollars versés dans le puits sans fond de DEXIA…

Lire l’article sur : http://www.bakchich.info/international/2012/09/06/cest-bernie-sanders-qui-a-vendu-la-meche-61653
et les anglophones peuvent se rendre sur le site perso du sénateur : http://www.sanders.senate.gov/

16 trillions, on se doute à Sémaphores qu’il doit être malaisé de se les représenter, surtout dans la tête de ceux qui ont du mal à boucler les fins de mois. C’est pourquoi, avec le souci d’éducation populaire qui nous caractérise 😉 nous proposons l’imagerie suivante à l’attention de qui ne l’aurait pas déjà reçue dans sa boite mail.
Commençons par ce simple billet de 100 dollars, même si bon nombre d’amerlocains ne l’ont pas tous les jours dans la poche.

Et passons à la liasse de 10 000 dollars, facile à se représenter, même si elle commence à s’éloigner singulièrement du salaire médian

100 de ces liasses vont donc faire 1 million de dollars, ce que tout amerlocain peut avoir s’il a bien bossé pour son patron à Wall Street, ou gagné le gros lot au Sweepstake, ou fait un casse dans sa banque favorite, ou s’il est vraiment pote avec un patron du Cac40 qui lui reverse la moitié de son salaire mensuel. Quoi qu’il en soit, ça tient toujours dans une valise qu’on peut faire suivre si on part en week-end aux Caraïbes, au Luxembourg ou en Suisse, chacun ses tropiques…

A partir de 100 millions, ben non, ça tient plus dans une valise et faut commencer à réfléchir en palettes.

D’autant que pour embarquer 1 milliard de dollars, ce sont 10 palettes qu’il faudra réunir, autrement dit se procurer un bon gros poids lourd avec plein de roues car le papier ça pèse vite son poids.

Évidemment, pour transporter ce trillion qui représente mille milliards, faudra aussi de l’essence à cause des allers-retours, ou disposer d’un bon parc de camions.

Pour mieux comparer, un trillion de dollars sur un seul rang de palettes c’est grand comme un stade ou un parking à Boing.

Alors 15 trillions (oui, d’accord, on avait dit 16 mais on va pas chipoter pour si peu…) ça peut sembler beaucoup mais c’est presque décevant si on les met à côté de la statue de la Liberté. (mais ne garez pas là votre camion, c’est interdit à côté de la statue)

Et pour se représenter la dette (du moins déclarée) des Zétazunis, dont on dit qu’elle serait de 114,5 trillions, ça donnerait la tour de papier à droite sur cette image finale. Les quinze trillions seraient ce modeste immeuble entre la statue et la tour.

Mais qui sait ? Peut-être que les 16 trillions dénoncés par le sénateur Sanders vont se retrouver dans l’économie active et la production redressée. N’empêche qu’en attendant ça nous fait un peu rigoler (jaune, on l’avoue) que les amerlocains de la phynance se réjouissent à l’idée que les zeuropéens soient prêts à règledoriser leur dette à 3 % de leur PIB. Eux, on voit vraiment pas comment ils pourraient faire, à moins de retourner aux années 50. Mais c’est toujours bien de donner des leçons aux autres.

Gauche, droite, question de cadre selon Lordon

Le 14 mars 2012 François Hollande répond à une question d’un journaliste du New York Times. (on apprend ça en page 231 du livre de Laurent Binet « Cela ne se passe pas comme prévu« )

question du NYT: Il y a beaucoup de points communs entre les positions de Hollande et Sarkozy sur bon nombre de réformes. S’agit il de choisir un caractère ?

réponse de FH: Oui mais il y a deux façons de faire: brutalement ou harmonieusement.

Ben dis-donc ! Si c’est tout ce que notre président peut faire comme différence entre un gouvernement de droite et un prétendu de gauche, on comprend que Frédéric Lordon soit amené à tenter de redéfinir qui est de droite et qui est de gauche.

des nouvelles du casse-couilles

Maître Collard sur son arbre perché, le même qui avait annoncé dès son élection qu’il serait le casse-couilles de l’Assemblée, a donné une interview à Nice-Matin qu’on vous laissera lire en intégralité en cliquant sur le lien.

Après avoir annoncé qu’il souhaitait « une révolution constitutionnelle complète » et « modifier la relation au travail, à l’impôt, à l’économie » (Vaste programme, mais au moins on ne peut pas dire que le casse-couilles n’en ait pas…), il a répondu à une question sur les salles de shoot en proposant de « légaliser le vol ». Toujours aussi provocateur, le Gilbert ! N’empêche qu’on en apprend à l’écouter, du moins entend-on se confirmer ce qu’on avait deviné lors des législatives : sans Etienne Mourrut, dépité maire du Grau du Roi, maître Collard n’aurait pas pu percher sur l’arbre.

A la question : 52% des sympathisants UMP souhaitent un rapprochement avec le FN. Vous-même, le souhaitez-vous ? la réponse est édifiante !

« Ça s’est fait pour moi. Sans les voix de l’UMP, je n’aurais pas été élu. On l’occulte parce que ça dérange mais je suis le premier à avoir été élu grâce à un rapprochement entre le Rassemblement Bleu Marine et l’UMP. C’est un tel facteur de dédiabolisation qu’on se refuse à le voir. La France est à droite et elle a un pouvoir de gauche. C’est une aberration. Je dirais même que c’est un viol démocratique. »

Vous avez bien lu : «  France à droite + pouvoir de gauche = viol démocratique « . C’est l’équation Collard. On comprend mieux qu’il souhaite une révolution constitutionnelle, il n’est pas le seul, mais rien n’est moins sûr que nous marchions dans le même sens.

ndlr : retrouvez ces petits dessins et découvrez-en d’autres sur Facebook à la page Leptitgraulen

de belles lettres_4

Nous n’avons pas exactement voté pour ça

Lettre ouverte à François Hollande, président socialiste de la république française.


Cher François Hollande, peut-être n’avez-vous pas tout à fait entendu par qui et pour quoi vous avez été élu. Sans doute votre élection a-t-elle en grande partie résulté d’un vaste mouvement de rejet de l’inacceptable, incarné par un représentant local de la multinationale ultralibérale qui s’acharne à détruire partout dans le monde et par tous les moyens les outils de la solidarité. Certes. Mais il ne semble pas que dans l’ensemble vous ayez été élu président de la république française par des gens qui rêvent d’un Tony Blair après l’inoubliable Margaret Thatcher, poursuivant la même politique destructrice en l’enrobant d’un sourire amical pour mieux en faire passer l’horreur.

Peut-être sous-estimez-vous cette réalité – et nous vous pensons suffisamment intelligent pour vous en rendre compte, en espérant que ce ne soit pas trop tard – mais vous avez été élu en bonne partie par un certain nombre de gens qui rêvent vraiment d’un autre monde que celui de la course au profit et de la déshumanisation générale. Des gens qui souvent œuvrent quotidiennement pour cela avec courage et dont certains, sans doute utopistes, imaginent par instants possible l’irruption d’un inespéré « hollandisme révolutionnaire » évoqué avec optimisme et malice par Emmanuel Todd.

Permettez-moi de soulever ici en quelques mots une question qui me tient à cœur et qui va au-delà des questions politiques au sens le plus courant du mot. Celle de l’importance des symboles.

Il est probable que vous ne mesuriez pas tout à fait la puissance des symboles, cher François Hollande, et c’est sans doute de notre faute à tous, nous dont le métier est d’essayer de raconter le monde, il faut la rappeler sans cesse, il faut que nous en parlions plus. Nous avons eu maintes fois chez nous et ailleurs la preuve ample et éclatante que les histoires que l’on raconte aux peuples, les tristement fameux «storytellings», ne sont la plupart du temps que des instruments de pouvoir creux, vides de sens, à l’usage totalement mensonger  – à la manière dont George Orwell en anticipa les sinistres dérives.

Il n’en reste pas moins que faire l’Histoire, comme vous y prétendez ambitieusement et je l’espère à juste titre, c’est également, et de tout temps, porter un récit, raconter une histoire tout en essayant de la faire, de façon à ce que l’on soit nombreux, ensemble, à la partager pour tenter de la mettre en route.

Or, comme le rappelait Mircea Eliade, les histoires, les contes et les mythes, instruments de transmission majeurs au sein de toutes les civilisations et de toutes les cultures, doivent absolument, pour être à même de nous instruire des éléments fondamentaux de l’existence, faire un bon usage des symboles. Les symboles sont des outils extrêmement puissants qui, dans toutes les cultures, ouvrent des fenêtres nouvelles dans l’imaginaire des hommes et les poussent à l’action. Ils ont ceci de particulier qu’ils parlent à chacun et à tous, à différents niveaux. Leur force évocatrice fait que chacun, à sa façon, les entend résonner au fond de soi, du fond de notre histoire commune, les savants comme les gens simples. Nous nous efforçons depuis longtemps de défendre en ce sens ce qu’on appelle «culture» et ce sont des symboles qui permettent de transmettre un certain horizon de l’humain vers lequel on doit tendre, de tenter de renverser les perspectives comme on doit le faire pour résister au pire et élever la condition humaine, pour forger les outils de la construction de l’humain.

Ce sont des symboles qui nous permettent de croire encore lorsque tout semble perdu, c’est avec des symboles que les anciens de la Résistance au nazisme ont transmis leurs valeurs, ce sont des symboles qui partout dans le monde portent aujourd’hui des mouvements d’«indignés» grandissants, des symboles qui ouvrent à l’humanité un horizon que le chiffre lui ferme. Et depuis Jaurès, on le sait, les socialistes ne peuvent ignorer la force des symboles.

Mais quels chemins mènent aux Roms ?…

Le sort fait aux Roms est un symbole fondamental d’un choix de civilisation. Au-delà de toutes discussions techniques et économiques, il porte une vision de notre avenir. Or, face à cela, c’est sous le poids écrasant, accablant, et pour beaucoup désespérant, d’une posture délétère et contradictoire que s’est déroulée votre première rentrée politique en tant que président socialiste de la république française. Lire la suite

Document ARTE sur la banque Goldman Sachs

Ils n’ont qu’un Dieu, l’argent. Qu’une religion, les profits. Autrefois respectés et admirés, les banquiers de Goldman Sachs sont devenus les plus grands voyous de la planète.

Goldman Sachs – La banque qui dirige le monde

Arte diffuse depuis le 4 septembre ce documentaire édifiant sur la banque la plus puissante du monde. De quoi donner des sueurs froides. Et comprendre un peu mieux les raisons de la crise actuelle.

Sémaphores laissera ce billet en page d’accueil aussi longtemps que ce document exceptionnel sera laissé en ligne par la chaîne. Il nous semble important qu’un maximum de citoyens voient ce film à l’heure où, précisément, ils vont devoir prendre position (référendum ou pas) sur le Traité Européen. En regard de la morgue avec laquelle ces hauts financiers bafouent les états de droits et les privent de leur souveraineté pour mieux écraser leurs peuples, on ne saurait se contenter encore longtemps de parler simplement de crise. C’est d’une guerre qu’il s’agit, et dire qu’elle est économique ne serait en voir que le masque. Il est grand temps de réagir, et rappeler à tous les gouvernements qui ont établi leur constitution sur la base des droits de l’homme et du citoyen qu’il n’est qu’une seule souveraineté : celle du peuple.

Occasion de rappeler la marche qui aura lieu le 30 septembre prochain pour appeler au référendum sur le Traité (nous aurons l’occasion d’en reparler). En démontant le mécanisme de la banque Goldman Sachs, le film proposé par Arte met en avant la place de ces financiers de l’enfer qui prétendent aujourd’hui diriger l’Europe, les Monti, les Draghi et tant d’autres affameurs.

Un film de Jérôme Fritel et Marc Roche (ARTE France, 2012, 75mn)
Date de première diffusion : Mar., 4 sept. 2012, 20h53

Date(s) de rediffusion : Mercredi, 19 septembre 2012, 10h25
Jeudi, 27 septembre 2012, 02h50

à voir sur votre télé aux horaires indiqués, ou à partir du lien ci-après si jamais la vidéo ne fonctionnait pas dans nos pages
http://videos.arte.tv/fr/videos#/tv/coverflow///1/120/

le TER à 1€ va bon train

Pour une fois que ce n’est pas nous qui disons qu’il y a ceux qui agissent et les autres…

C’était dans le Midi Libre du 31 août, sous le titre « Des trains de bonne conduite » et la plume d’ALESSANDRO XENOS

En tenue adaptée à leur mission estivale, les agents de la brigade préfèrent la prévention à la répression.

Baskets, short et tee-shirt blanc. À partir de leur look, les membres de la Brigade de prévention de la délinquance juvénile (BPDJ) semblent tout faire pour ne pas ressembler à des gendarmes. En effet, les méthodes utilisées par cette brigade spéciale de la Gendarmerie nationale, créée en 1997 pour faire face à la croissance de la délinquance des mineurs, diffèrent nettement de celles, plus fermes, de leurs collègues.
« Nous essayons d’aller à la rencontre des jeunes avec sensibilité et bon sens, afin de les initier au respect des règles et des autres. Nous sommes plus dans la prévention que dans la répression », affirme ainsi le lieutenant Alain Boucherie, chef de service de la BPDJ du Gard.

Depuis fin avril et jusqu’au 2 septembre, sa brigade, qui compte en été dix militaires, patrouille dans les trains TER à 1 €, entre Nîmes et le Grau-du-Roi, dans le centre-ville et sur le front de mer de la localité maritime.
« J’aime être en contact avec les gens »
Dégradations, violences verbales, parfois physiques, insultes envers le personnel SNCF… Pendant l’été, les trains entre Nîmes et le Grau-du-Roi sont le théâtre de fréquentes incivilités, auxquelles la BPDJ à tenter de mettre un frein.
« Pendant les mois de juin et juillet, il y avait plus de 700 personnes qui montaient sur le train, dont beaucoup de groupes de jeunes de 11 à 16 ans. Nous avons essayé de parler avec eux sans leur faire la morale, en leur faisant passer des messages. Nous n’avons jamais eu besoin d’utiliser des méthodes plus dures, à part dans deux ou trois cas« , ajoute le lieutenant Alain Boucherie.
Les membres de la brigade travaillent quotidiennement dans les quartiers de plusieurs communes du département, telle Saint-Gilles ou encore Vauvert. Ce travail de proximité, ajouté à leurs interventions au cours de l’année dans les établissements scolaires, leur permet d’avoir une connaissance approfondie des jeunes et de leurs parents.  »
« Certains mineurs, que nous rencontrons dans le train, viennent des quartiers que nous suivons, ou parfois ils nous ont rencontrés lors d’une intervention dans leur école. Cela facilite le contact et l’échange avec eux, explique le maréchal des logis chef, Ingrid Lefrère. Je suis gendarme depuis neuf ans et il y a un an, j’ai choisi de faire partie de la BPDJ. J’aime être en contact avec les gens. »
Problèmes liés à la consommation d’alcool et de drogue
L’action de prévention et de communication de la brigade ne s’arrête pas dans le train. Une fois arrivés au Grau-du-Roi, les militaires se promènent à pied ou en VTT, en centre-ville et sur le front de mer. Accompagnés par une jeune du service civique, ils interpellent de nombreux mineurs présents sur place.
« Dans une petite ville comme le Grau-du-Roi, qui compte environ 7 000 habitants en hiver et 100 000 en été, l’arrivée en masse de 700 personnes à la fois fait peur. Effectivement, il y a des problèmes liés à la consommation d’alcool et de drogue, mais aussi des incivilités, et ça ne concerne pas que les jeunes des quartiers. Mais ce n’est pas non plus le Bronx« , relativise le lieutenant Boucherie.
À noter que les résultats de cette opération estivale ne sont pas quantifiables. « Pas de chiffre pour la BPDJ », certifie le lieutenant.