le TER à 1€ va bon train

Pour une fois que ce n’est pas nous qui disons qu’il y a ceux qui agissent et les autres…

C’était dans le Midi Libre du 31 août, sous le titre « Des trains de bonne conduite » et la plume d’ALESSANDRO XENOS

En tenue adaptée à leur mission estivale, les agents de la brigade préfèrent la prévention à la répression.

Baskets, short et tee-shirt blanc. À partir de leur look, les membres de la Brigade de prévention de la délinquance juvénile (BPDJ) semblent tout faire pour ne pas ressembler à des gendarmes. En effet, les méthodes utilisées par cette brigade spéciale de la Gendarmerie nationale, créée en 1997 pour faire face à la croissance de la délinquance des mineurs, diffèrent nettement de celles, plus fermes, de leurs collègues.
« Nous essayons d’aller à la rencontre des jeunes avec sensibilité et bon sens, afin de les initier au respect des règles et des autres. Nous sommes plus dans la prévention que dans la répression », affirme ainsi le lieutenant Alain Boucherie, chef de service de la BPDJ du Gard.

Depuis fin avril et jusqu’au 2 septembre, sa brigade, qui compte en été dix militaires, patrouille dans les trains TER à 1 €, entre Nîmes et le Grau-du-Roi, dans le centre-ville et sur le front de mer de la localité maritime.
« J’aime être en contact avec les gens »
Dégradations, violences verbales, parfois physiques, insultes envers le personnel SNCF… Pendant l’été, les trains entre Nîmes et le Grau-du-Roi sont le théâtre de fréquentes incivilités, auxquelles la BPDJ à tenter de mettre un frein.
« Pendant les mois de juin et juillet, il y avait plus de 700 personnes qui montaient sur le train, dont beaucoup de groupes de jeunes de 11 à 16 ans. Nous avons essayé de parler avec eux sans leur faire la morale, en leur faisant passer des messages. Nous n’avons jamais eu besoin d’utiliser des méthodes plus dures, à part dans deux ou trois cas« , ajoute le lieutenant Alain Boucherie.
Les membres de la brigade travaillent quotidiennement dans les quartiers de plusieurs communes du département, telle Saint-Gilles ou encore Vauvert. Ce travail de proximité, ajouté à leurs interventions au cours de l’année dans les établissements scolaires, leur permet d’avoir une connaissance approfondie des jeunes et de leurs parents.  »
« Certains mineurs, que nous rencontrons dans le train, viennent des quartiers que nous suivons, ou parfois ils nous ont rencontrés lors d’une intervention dans leur école. Cela facilite le contact et l’échange avec eux, explique le maréchal des logis chef, Ingrid Lefrère. Je suis gendarme depuis neuf ans et il y a un an, j’ai choisi de faire partie de la BPDJ. J’aime être en contact avec les gens. »
Problèmes liés à la consommation d’alcool et de drogue
L’action de prévention et de communication de la brigade ne s’arrête pas dans le train. Une fois arrivés au Grau-du-Roi, les militaires se promènent à pied ou en VTT, en centre-ville et sur le front de mer. Accompagnés par une jeune du service civique, ils interpellent de nombreux mineurs présents sur place.
« Dans une petite ville comme le Grau-du-Roi, qui compte environ 7 000 habitants en hiver et 100 000 en été, l’arrivée en masse de 700 personnes à la fois fait peur. Effectivement, il y a des problèmes liés à la consommation d’alcool et de drogue, mais aussi des incivilités, et ça ne concerne pas que les jeunes des quartiers. Mais ce n’est pas non plus le Bronx« , relativise le lieutenant Boucherie.
À noter que les résultats de cette opération estivale ne sont pas quantifiables. « Pas de chiffre pour la BPDJ », certifie le lieutenant.

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