This land is mine, bordel de Dieu !

On ne présenterait plus « Cette terre est à moi, Dieu me l’a donnée », également connue sous son titre « The Exodus Song », si elle n’était aussi régulièrement reprise par des chanteurs(ses) voire des chorales un peu partout dans le monde.

Basée sur la version originale de 1963 et la voix chaude de Pat Boone (arrangements par Quincy Jones) , cette version nouvelle et décapante de « This land is mine » est due à l’artiste Nina Paley. D’ailleurs, s’il arrivait en la visionnant que vous ne sachiez plus qui tue qui sur cette terre où certains (aveugles ?) voient des enfants courir librement, un petit guide visuel (en anglais) vous attend sur le site de l’auteure : http://blog.ninapaley.com/2012/10/01/this-land-is-mine/

A la fin de la vidéo apparait le message : « Copier est un acte d’amour. Merci de bien vouloir copier et faire circuler« . Dont acte !


This land is mine par rikiai

Paroles: The Exodus Song, « This Land is Mine » (Lyrics by Pat Boone. Sung by Andy Williams)

This land is mine God gave this land to me

This brave and ancient land to me

And when the morning sun Reveals her hills and plains

Then I see a land Where children can run free.

So take my hand

And walk this land with me

And walk this lovely land with me

Tho’ I am just a man When you are by my side

With the help of God I know I can be strong.

Tho’ I am just a man When you are by my side

With the help of God I know I can be strong.

To make this land our home

If I must fight I’ll fight to make this land our own.

Until I die this land is mine!

Pourquoi Hugo Chavez a remporté les élections

Lorsque les despotes de nations comme l’Arabie Saoudite ou le Kazakhstan pillent les richesses de leurs pays, transfèrent les richesses tirées du pétrole sur des comptes privés en Suisse et utilisent le reste pour financer le terrorisme extrémiste (comme c’est le cas des dirigeants saoudiens), les hommes politiques américains (bien trop souvent suivis par leurs homologues français, OTAN oblige) chantent leurs louanges et les présentent comme des amis et des alliés. Mais il est un terrible despote à qui aucune puissance occidentale bien pensante ne veut serrer la main : Hugo Chavez, président du Venezuela, élu pour la 13ème fois en 13 ans !

Peut-être serait-il temps d’essayer de comprendre ce qui se passe au Venezuela, ne serait-ce que pour éviter de raconter ces conneries comme on n’en entend que trop dans la bouche des politiques français (Cohn-Bendit en tête, par exemple…). Petit portrait signé Pepe Escobar.

Il l’a fait. Encore une fois. Lors de la 14e élection en 13 ans, Hugo Chavez Frias – celui que les réactionnaires atlantistes détestent jusqu’à la haine – a été sans appel possible réélu président, dans des conditions absolument transparentes, contrôlées par le personnel des Nations Unies, de l’Union européenne et de l’Organisation des États Américains (OEA).

Deux élections étaient en jeu ici. Une mettait Chavez face au représentant des compradores [gros propriétaires], néolibéral et réactionnaire reconverti en démocrate, Henrique Capriles Radonski – un avocat représentant les intérêts de Washington au Venezuela. L’autre concernait la sud-Amérique progressiste face au désir de Big Brother de disposer d’un État en position de client et malléable.

Chavez a gagné d’abord parce que le projet bolivarien est populaire. Les années de chavisme – malgré tous leurs défauts et un culte effréné de la personnalité – ont permis de rétablir la souveraineté nationale vénézuélienne, de redistribuer les richesses au profit des services publics et des exclus par l’intermédiaire de missions sociales et d’un salaire minimum décent. On peut l’appeler, comme le fait Chavez, le « socialisme du 21e siècle ». En Amérique latine, selon les termes qui y prédominent, c’est certainement une voie vers une société plus égalitaire.

Dans la période qui a précédé l’élection, Chavez a mis un point d’honneur à rappeler la figure de Guacaipuro – un leader indigène qui commandait les tribus Teque et Caracas contre la colonisation espagnole – comme un symbole-clé de la résistance du Venezuela. « Nous sommes tous des Guacaipuro » était un appel qui sonnait bien, qui mettait l’accent sur les racines autochtones du pays : « la résistance indigène et noire menant la lutte des opprimés ».

Pas d’analphabétisme en échange de pétrole !

Les faits sont parlants. Le Venezuela détient ce qui est maintenant reconnu comme la plus grande réserve de pétrole de la planète – encore plus que l’Arabie Saoudite. Mais jusqu’à récemment, le Venezuela était un « Graal » pétrolier, géré par l’habituelle petite élite arrogante et avide, où les masses n’avaient pas la possibilité d’un enseignement décent, d’un logement décent ou d’un salaire décent.

Le succès du chavisme est d’avoir su mettre progressivement à l’horizontal une société alors verticale. Le chavisme a consacré pas moins de 43 pour cent du budget de l’État à un éventail de politiques sociales.

Le taux de chômage est passé de plus de 20 pour cent à moins de 7 pour cent. Pas moins de 22 universités publiques ont été construites au cours des 10 dernières années. Le nombre d’enseignants est passé de 65 000 à 350 000. L’analphabétisme a été éradiqué. Et une réforme agraire est en cours – encore un rêve dans la plupart des latitudes d’Amérique du Sud.

La classe dirigeante de toute évidence n’était pas à la fête – comme elle ne l’a pas été au Brésil, en Argentine ou en Bolivie (mais elle a tout de même réussi à organiser un « coup d’État constitutionnel » au Paraguay pour renverser un gouvernement démocratique et légitime). Au Venezuela, il y a dix ans, cette même classe avait également réussi à concocter un coup de force – avec le soutien des grands médias – qui a duré trois misérables jours. Les masses ont alors dit « No Pasaran ».

Le candidat battu à la présidentielle, Henrique Capriles Radonski, soit dit en passant une sorte de nouveau né démocrate, puisqu’il avait été directement impliqué dans le coup d’État d’avril 2002 et avait même dû passer un certain temps en prison pour cette raison.

Le Venezuela a le meilleur coefficient de l’index Gini – qui signifie que c’est le pays avec le moins d’inégalités – sur l’ensemble de l’Amérique latine. Dans son rapport de janvier 2012, la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (connu sous son acronyme espagnol, Cepal) atteste que le Venezuela et l’Équateur, entre 1996 et 2010, étaient les champions en matière de réduction de la pauvreté à travers toutes les Amériques.

Pendant ce temps, les Américains vivant aux États-Unis pourraient être surpris de savoir que l’index Gallup a classé le Venezuela, le « 5e plus heureux pays dans le monde ». Et pas seulement à cause de la Salsa…

Pas étonnant alors que les médias aux États-Unis, en Europe occidentale et en Amérique du Sud aient colporté des histoires de Vénézuéliens rêvant d’exil et de siroter des martinis à Miami. Mais le fait est qu’un grand nombre de jeunes Espagnols sans avenir en Europe vont au Venezuela pour trouver un emploi.

La diabolisation de Chavez dans les grands médias occidentaux est pitoyablement caricaturale – comme dans la récente obstination à proclamer sa mort imminente pratiquement sur une base journalière. Il leur a été difficile d’admettre que le cancer dont souffrait Chavez a été traité avec succès par des médecins cubains. Lire la suite

Amerikkka

Sous le titre « États-Unis état policier : En Amérike, il n’y aura jamais de véritable débat », cet article a été publié par le 25 octobre 2012 sur le site Global Research, et sa version française sur Mondialisation.ca. (lien en fin d’article)

Note : Dans ses écrits Paul Craig Roberts parle de l’ « AMERIKA » avec un K majuscule pour faire référence au sinistre KKK, le KU KLUX KLAN. Nous avons maintenu (et légèrement accentué) cette orthographe dans le titre.

 Il faudrait une aide divine à Obama et Romney s’ils devaient jamais participer à un véritable débat sur un véritable problème à l’Oxford Union. Ils se feraient massacrer.

Les “débats” pré-présidentielles ont révélé que non seulement les candidats, mais aussi le pays entier, sont complètement déconnectés de tout véritable problème et de la tournure dangereuse que tout cela prend. Par exemple, vous ne sauriez jamais que maintenant tout citoyen américain peut-être emprisonné et exécuté sans procédure judiciaire légale. Il suffit que la décision soit prise quelque part en haut de la pyramide de l’exécutif pour que la liberté voire la vie d’un citoyen américain soit terminée.

Aucun ne doute de ce que les Américains pensent, s’ils pensent que cela existe déjà, que cela ne pourra arriver qu’à des terroristes qui méritent leur sort. Mais comme absolument aucune preuve ou procédure légale n’est requise, comment saurons-nous jamais que cela n’arrive qu’à des terroristes ? Peut-on vraiment faire confiance à un gouvernement qui a déclenché des guerres dans 7 pays différents sur la seule base de mensonges et de fabrications ? Si le gouvernement américain a menti à propos des armes de destruction massives irakiennes afin d’envahir ce pays, pourquoi ne mentirait-il pas à propos des terroristes ?

L’Amérique a besoin d’un débat public sur le comment peut-on être plus en sécurité après avoir éliminé la protection constitutionnelle de la procédure judiciaire ? Si le pouvoir du gouvernement n’est pas limité par la constitution, alors sommes-nous gouvernés par des Césars ? Les pères fondateurs ne pensaient pas que nous devrions faire confiance à un César en ce qui concerne notre sécurité. Pourquoi le devrions-nous maintenant, qu’est-ce qui a changé ?

Si nous sommes placés devant tant de menaces terroristes que la constitution se doit d’être suspendue pour être remplacée par des actions issues de décrets venant d’un exécutif incontrôlable, comment se fait-il alors que toutes les actions terroristes sont des arnaques organisées par le FBI ? En 11 ans, il n’y a pas eu un seul cas dans lequel le “terroriste” a eu l’initiative !

En onze ans après le 11 Septembre, les actes de terrorisme domestique ont été insignifiants pour tant qu’ils aient existés. Qu’est-ce qui justifie les dépenses de l’énorme Département de la Sécurité de la Patrie ? (NdT: Department of Homeland Security ou DHS, la Stasi, securitate de l’empire du goulag levant…) Pourquoi ce département possède-t-il des équipes spéciales ultrasophistiquées avec des véhicules blindés ? Qui sont les cibles de ces unités militarisées ? Si 11 années de meurtres, assassinats, estropiages et déplacement de millions de musulmans de par le monde par le gouvernement américain n’ont pas provoqué d’énormes actes de terrorisme aux États-Unis, pourquoi le département de la sécurité de la patrie crée-t-il une force armée pour lui-même ? Pourquoi n’y a t’il pas de débat parlementaire à ce sujet ? Pourquoi n’y a t’il pas de débat public ? Comment un gouvernement qui est déjà largement dans le rouge concernant son budget, peut-il se permettre une seconde force militaire intramuros n’ayant aucun but défini légalement et constitutionnellement ?

Quelle est la motivation de la Sécurité de la Patrie pour créer une “Jeunesse de la Patrie” (NdT: un équivalent américain de la Hitler Jugend) Le corps constitué de la FEMA (Federal Emergency Management Administration) est-il un déguisement pour de plus sinistres actions à venir, une jeunesse hitlérienne comme certains sites internet le suggèrent ? Est-ce que l’achat massif de munitions par le département de la sécurité de la patrie est lié à la montée nationale du corps des 18-24 ans ? Comment tant de choses incroyables peuvent-elles se dérouler sous nos yeux et ne pas être questionnées ?

Pourquoi Romney n’a t’il pas demandé à Obama pourquoi il travaille à renverser le délibéré d’une cour fédérale de justice ayant établi que les citoyens américains ne peuvent pas être sujets à la détention indéfinie en violation totale de la constitution des États-Unis ? Est-ce que parce que Romney et ses conseillers néoconservateurs sont d’accord avec Obama et ses conseillers ? Si cela est le cas, alors pourquoi un tyran serait-il meilleur qu’un autre ?

Pourquoi les États-Unis ont-ils construit tout un réseau de camps de détention pour lesquels ils sont en train de recruter des “spécialistes en internement” ? Pourquoi l’armée américaine a maintenant comme politique “d’établir un programme de travail pour les prisonniers civils ainsi que des prisons civiles sur des camps militaires” ? Lire la suite

affaire Merah, le rapport

Le ministre de l’intérieur Manuel Valls a rendu public ce 23 octobre 2012 un rapport sur l’affaire Merah commandé en juin. Publié aussitôt par Mediapart, ce document de 17 pages se montre très sévère avec la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) dont il souligne « plusieurs défaillances objectives ».
Des défaillances ? Ils sont bien gentils les inspecteurs de l’IGPN qui ont rédigé le rapport. Et comme on ne saurait accuser la DCRI de laxisme ou d’incompétence, on peut largement entrevoir à travers les lignes les manipulations dont l’opinion publique a fait les frais. Ou l’art de passer du renseignement secret à une politique-spectacle d’appui aux élections.
Rapport de retour d’expérience commandé à deux inspecteurs généraux sur la lutte anti-terroriste rendu publ…
si le document Scribd ne fonctionnait pas bien dans nos pages, essayez le lien suivant :

http://www.scribd.com/doc/110877148/Rapport-de-retour-d%E2%80%99experience-commande-a-deux-inspecteurs-generaux-sur-la-lutte-anti-terroriste-rendu-public-19-10

Cannabis : oui, on doit ouvrir le débat !

Pour la deuxième fois depuis le début de l’année, des politiques ont essayé d’ouvrir le débat sur la dépénalisation, voire la légalisation du cannabis. En vain, tant la pression est forte devant toute tentative d’y voir plus clair sur un sujet qui, n’en déplaise à certains, pose un véritable problème de société qu’il convient de traiter autrement que par la politique de l’autruche.

A commencer, on ne voit pas pourquoi Cécile Duflot ou Vincent Peillon devraient se taire (hormis un rappel aux ordres par le patron mais ça les regarde…) se taire devant le baigneur Jean François Copé. Nous avons tous encore en tête (et en archives) une photo témoin de sa macération dans la piscine du sieur Takkiedine, qui comme chacun sait (affaire Karachi entre autres affaires) n’est pas spécialement connu pour vendre de la dentelle ou des fruits et légumes.

Car par delà le premier problème de santé publique que pourrait poser le cannabis, il y a ces autres problèmes bien connus de tous (c’est pour ça qu’on suppose que M.Copé ne doit pas les ignorer non plus), qui sont que le joint est une réalité socialement bien ancrée  ( 1,3 millions de fumeurs-fumeuses en France, estiment certains officiels mais ils sont largement en dessous), une réalité qui a ses réseaux, son chiffre d’affaire, ses frais et dommages collatéraux… Une nébuleuse (pas pour tout le monde) qui passe par d’autres drogues et des trafics d’armes, avec un chouilla de prostitution par-ci et une bonne dose de blanchiments fiscaux par là. Une hydre qui, outre ses propres acteurs de première ligne, implique par force des services de police, de santé, de justice, de prévention, d’éducation… Et l’on voudrait encore une fois empêcher le débat ? Il n’en est plus question, il faut cesser l’hypocrisie !

La première des vigilances est d’ailleurs de ne pas se faire confisquer le débat, ce qui est le cas avec la majeure partie des grands médias. Qui invite-t-on à donner son avis « autorisé » ou « avisé » sur le cannabis ? Soit des politiques de tous bords, de préférence pour faire s’affronter les « pour » et les « contre », soit des médecins et autres chercheurs, en bref des têtes qu’on dit savantes, mais qui vont tous jurer par leurs grands dieux qu’ils n’ont jamais touché au produit, pas plus qu’ils ne toucheraient d’ailleurs à d’autres stupéfiants. On peut dès lors se demander légitimement s’ils savent de quoi ils parlent, d’où ils en parlent et pourquoi ils le font. Pour autant que leur parole soit bien évidemment légitime dans certains cas (s’ils ont un vrai savoir sur le sujet ou s’ils sont en charge de responsabilité politique, par exemple) mais ras-le-bol de ces études faites sur des rats et des souris de labos dont on voudrait souligner la similitude avec l’homme sous prétexte de code ADN quasi identique. La réaction physiologique des uns et des autres au produit n’est qu’une infime partie de l’iceberg représenté par les drogues et il ne nous est pas apparu que 25 % des souriceaux aillent d’eux-mêmes se ravitailler chez des rats dealers, ou profiter de leurs reventes pour acquérir des armes. Le problème est humain et sociétal, sa part « médicale » doit être ramenée à sa juste proportion. Elle le doit d’autant plus que la plupart des recherches (en théorie illégales puisque le produit l’est) se révèlent souvent contradictoires, que leurs analyses sont comme les sondages et qu’il s’agit toujours d’interprétations, quand elles ne sont pas purement et simplement des commandes de lobbies.

Soyons clairs ! Il ne s’agit pas de réclamer une action prioritaire du gouvernement. Dans la situation actuelle, nous partageons qu’il y ait d’autres priorités à traiter que le statut du cannabis. Mais qu’il n’y ait pas le feu au lac au point de devoir légaliser ou dépénaliser en urgence ne doit pas empêcher le débat. Si ce débat ne peut jamais commencer à cause d’un manque de liberté d’expression il reviendra sans cesse sur le tapis, comme il le fait depuis déjà 75 ans selon les pays. Si ce n’est qu’en 75 ans le monde a changé plusieurs fois de visage, ce qu’ignorent les autruches qui, tête enfouie, ne reconnaissent jamais le visage du présent.

Cannabis : le changement c’est maintenant ?


Cannabis: le changement c’est maintenant? par lesinrocks

En vrac, voici quelques éléments de dossier (à la mode sémaphorienne), manière d’aborder le sujet par d’autres biais et en donnant la parole à d’autres interlocuteurs afin que chacun puisse étayer ses propres convictions en connaissance de cause.

75 ans de contrôle racial : joyeux anniversaire à la prohibition de la marijuana

Ce titre d’article trouvé sur le site de Sensiseeds positionne d’emblée la situation. L’herbe à pétards, voilà une plante dont l’usage est attesté par des milliers d’années et de civilisations, soudainement dans la lorgnette du législateur à l’aube du troisième millénaire ! 6 000 ans ! C’est à désespérer de la prétendue intelligence humaine (chercheurs et médecins compris) s’il nous faut six mille années pour comprendre la toxicité ou pas d’une plante, qui plus est parmi tant d’autres plantes possibles. Un point de départ pour comprendre l’impact actuel du cannabis sur le plan politique et social est de savoir que ce sont nos amis amerlocains qui ont les premiers légiféré contre la fumette. C’était il y a 75 ans, mais pour des raisons qu’on ne connait pas toujours. Celle avancée par Harry Anslinger, véritable McCarthy de la drogue dans les années 30 et suivantes, était assez explicite (et le bougre a sévi pendant 32 ans !) :

« Il y a au total 100 000 fumeurs de marijuana aux États-Unis, dont la plupart sont des nègres, des latinos, des Philippins et des saltimbanques. Leur musique satanique, le jazz et le swing, est le fruit de la consommation de marijuana. Cette marijuana qui pousse les femmes blanches à rechercher des relations sexuelles avec des nègres, des saltimbanques et autres. » Harry Anslinger

En fait, les lois sur la marijuana n’ont pas été conçues pour contrôler la marijuana, mais pour contrôler les immigrants mexicains qui avaient introduit avec eux cette plante aux États-Unis. Aujourd’hui dans ces mêmes États-Unis, une personne est arrêtée pour un motif lié à la marijuana toutes les 38 secondes.

Mais on peut savoir que des Amerlocains réfléchissent aussi et cherchent la meilleure solution. L’Oregon, le Colorado et l’état de Washington envisagent une approche plus sensible et humaine de la marijuana. Ces trois états ont inscrit des initiatives de fiscalité et de réglementation à leur bulletin de vote en ce mois de novembre prochain.

Sources : http://fr.sensiseeds.com/75-ans-de-controle-racial-joyeux-anniversaire-a-la-prohibition-de-la-marijuana-2/

Et (en anglais) The Huffington Post, par Amanda Reimann, directrice de la politique pour la Drug Policy Alliance.

Pour savoir qui, du gouvernement français, est pour ou contre la dépénalisation c’est chez les Inrocks qu’il faut aller voir. (Lien et article entier en fin de dossier) mais voici l’expression de trois voix « contre » :

– Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication. La ministre évacue la question d’un revers en expliquant que “ce sujet n’est pas la préoccupation principale des Français“.“La position de François Hollande, de Jean-Marc Ayrault et du gouvernement est très claire : c’est le maintien de l’interdit, nécessaire pour toutes les formes de drogue”, conclut-elle.

– Manuel Valls, ministre de l’Intérieur. Est-il besoin de le préciser, Valls s’affiche comme un farouche opposant à la dépénalisation. Interrogé sur le cannabis lors du premier débat des primaires socialistes organisé par France 2 en septembre 2011, Valls s’était dit “fermement opposé, au nom même des valeurs de gauche (…), à toute concession dans ce domaine“.

(ndlr : au passage nous prions monsieur le ministre de bien vouloir ne pas s’approprier l’ensemble des « valeurs de gauche » tant qu’il n’a pas fait montre de savoir de quoi il parle. Merci)

– François Hollande. Le 6 juin 2011, lors d’un débat organisé par le “Collectif du 21 avril”, François Hollande, candidat aux primaires du PS s’était dit prêt à ouvrir le débat sur la dépénalisation du cannabis à l’échelle européenne : “Il va falloir réunir une commission à l’échelle de l’Europe, comme celle qui vient d’avoir lieu aux États-Unis. Le Portugal est dans la dépénalisation, mais pas tout à fait dans la légalisation. Ça mérite qu’on regarde ce qui se passe au Portugal. Ça mérite qu’on fasse une proposition pour l’Europe entière.

En attendant d’agir, selon la loi de 1970 qui condamne « la présentation sous un jour favorable » des stupéfiants à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende, il est impossible de dire du bien du cannabis dans les médias. Autrement dit, si telle était l’envie ou la conviction d’un journaliste, il est gentiment invité à fermer sa gueule.

La France, qui possède l’une des législations les plus répressives d’Europe, figure au cinquième rang européen au niveau de la consommation de cannabis. Cinquième rang européen en ce qui concerne sa population globale mais première pour l’addiction de sa jeunesse. Les jeunes français sont les plus en pétards de toute l’Europe et même du monde ! Ici, comme pour sa consommation de médocs et anti-dépresseurs, la France affiche de tristes records.

Petite histoire : L’appel du 18 joint.

L’appel du 18 joint est initialement un manifeste publié le 18 juin 1976 dans Libération.

En 1993, le CIRC, Collectif d’information et de recherche cannabique, ressort ce texte de l’appel pour en faire une pétition, régulièrement réitérée depuis. En porte-parole du MLC, Mouvement pour la Légalisation Contrôlée, l’avocat Francis Caballero démontre avec maestria l’évidence sociale, économique et éthique de la « Légalisation contrôlée » ! Le document suivant a été réalisé le 15 juin 1993. Depuis, si tous les chiffres cités dans la conférence ont explosés, qu’il s’agisse des saisies, des condamnations comme des violences, la justesse de cette analyse s’impose encore. Et voilà pour le moins quelqu’un qui connaît son sujet.


Mouvement pour la Légalisation Contrôlée par Giorgiocham

652 CANNABIS_FAITES TOURNER LE BOUQUIN

A LaTéléLibre on aime bien Bruno Blum, un des journalistes symbole de la culture rock des années 70-80. Cet ancien gros fumeur de chanvre, qui a arrêté d’en consommer depuis vingt ans, sort un nouveau livre « Culture Cannabis ». Il y raconte son expérience (franchement désastreuse sur la fin : son livre n’est donc pas prosélyte) de façon très vivante, puis fait le tour de la question avec une enquête approfondie : aspects botaniques, culturels, musicaux, légaux, historiques, politiques (il a contacté tous les candidats aux présidentielles), géopolitiques, rituels, spirituels, ludiques, agricoles, financiers mais aussi applications thérapeutiques, surpopulation carcérale, désintoxication, chiffres, guide des DVD… comme il le dit lui-même, « pas besoin d’être pour ou contre pour apprécier ce livre ».

John Paul Lepers, Caroline Lançon. Réalisation: Antoine Heidler


652 CANNABIS: FAITES TOURNER LE BOUQUIN par latelelibre

pour des articles sur les aspects médicaux et les liens vers les études sur le cannabis, c’est par ici : http://www.cannabis-med.org/french/bulletin/ww_fr_db_cannabis_artikel.php?id=116

Les “cannabis social clubs” arrivent en France

Article paru le 19 juin 2012 dans Les Inrocks.

 Des militants antiprohibitionnistes ont annoncé leur intention de se déclarer en préfecture comme producteurs de cannabis dans le cadre de ces associations dont le modèle est venu d’Espagne.

Si PS et UMP pensaient avoir enterré le débat sur le cannabis avec la fin de la campagne des législatives, ils se sont trompés. Des militants viennent en effet d’afficher leur détermination à faire évoluer la législation en annonçant, lors d’un Appel du 18 Joint anticipé à Tours, la création de nombreux “Cannabis social club” un peu partout en France.

Un “cannabis social club” (CSC), c’est une coopérative de consommateurs réguliers de marijuana qui cultivent la plante pour satisfaire leurs propres besoins. Le but est de leur permettre de se fournir sans alimenter le trafic. Pour cela, les plantes poussent dans les jardins, les balcons et les placards des membres. A but non lucratif, ces associations prônent une “autoproduction contrôlée”. Elles visent également à couvrir les besoins “thérapeutiques”.

A lire: l’Espagne invente le coffee-shop solidaire

Ces structures ont vu le jour de manière formelle en Espagne et commencent à apparaître en Belgique, des pays où la détention, la consommation et la production de cannabis à usage personnel ne constituent pas un délit pénal. Interrogée par des élus espagnols en 2005, la Commission de Bruxelles avait estimé que ces clubs, assimilés à de l’autoproduction, étaient hors des compétences de l’Union et dépendaient donc uniquement du bon vouloir des autorités nationales.

Peu importe, en France, la situation est différente. La loi y interdit “toute présentation sous un jour favorable” de la substance, ainsi que sa production, sa détention et sa simple consommation sous peine de longs séjours en prison.

Illégaux dans l’Hexagone, ces “clubs” n’en resteront donc, pour l’instant, qu’au stade de groupes informels d’amateurs d’herbe ne réunissant chacun pas plus d’une dizaine de membres, selon les initiateurs du projet.

Comme dans les clubs espagnols, l’herbe sera répartie gratuitement entre tous, à condition de s’acquitter d’une adhésion d’environ 25€ à l’année et de participer aux frais de production (éclairage, engrais, entretien des plants). Ces structures s’appuieront sur le réseau existant de ceux qui font déjà pousser la plante chez eux. Des cannabiculteurs qui seraient déjà près de 200 000, selon une enquête de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies datant de 2007.

“Ceux qui prennent ce risque à titre personnel ne seront désormais plus tout seuls face à la Justice”, clame Dominique Broc, l’un des représentants du Collectif d’information et de recherche cannabique (mouvement réclamant la fin de la prohibition du cannabis), et porteur du projet de ces clubs sociaux du cannabis à la française.

Ce militant de longue date, passé par la case prison après avoir tenté de ramener de l’herbe des Pays-Bas pour sa consommation personnelle, en a eu assez de la “pression” exercée sur lui et les autres fumeurs. “C’est aberrant de savoir qu’on peut se faire envoyer en prison pour ça”, renchérit Farid Ghehiouech, candidat aux législatives en 2012 en Essonne sous l’étiquette “Cannabis santé libertés justice”.

A lire: les ados français sont les plus gros fumeurs de pétards d’Europe

Si ces clubs apparaissent en France, ce n’est pas “pour avoir plus à fumer” selon Dominique Broc, mais dans une “volonté de collaborer avec les autorités en toute transparence” :

“Nous voulons être crédibles et irréprochables, confie-t-il aux Inrocks. Nous ferons de la prévention, en incitant par exemple les gens à utiliser des filtres en fumant leurs joints. On ne cherche pas à se cacher de la police. La semaine prochaine, j’irai signaler à la préfecture que je fais pousser de la Ganja dans mon jardin.

Ce qui risque bien de ne pas se passer aussi simplement qu’en Espagne. Sur la page Facebook du Cannabis social club français, les militants affirment ne pas craindre les procès à venir :

Aussi, avons-nous décidé, consommateurs et jardiniers en herbe, de nous engager collectivement et solidairement afin d’imposer par un acte de désobéissance civile les changements nécessaires à la mise en place du Cannabis Social Club à la française.

Si par hasard on décidait de nous poursuivre, nous exigerions de l’être collectivement et demanderions à être jugés, en tant que producteurs de stupéfiants en bande organisée par la Cour d’assise spéciale prévue à cet effet.

Cette transparence a pourtant un prix. L’article 222-35 du Code pénal stipule que la production ou la fabrication illicites sont punies de vingt ans de prison et de 750 000 € d’amende. Mais lorsque les faits sont commis en bande organisée, la peine grimpe à trente ans de réclusion criminelle et à 7,5 millions d’euros d’amende.

On est prêt pour un éventuel procès. Mieux : on ne demande qu’à être jugés, affirme Dominique Broc. Avec les autres militants actifs, il compte se baser sur deux arguments “chocs” pour éviter des poursuites judiciaires : l’urgence thérapeutique pour les personnes gravement malades, et le rejet du trafic alimentant les organisations criminelles. Ce n’est pas que de la provoc’, l’ambition est d’être solidaires, précise Farid Ghehiouech.

150 clubs en France

Les deux hommes espèrent que le mouvement prendra de l’ampleur partout en France, jusqu’à arriver, pour Dominique Broc, à “un représentant dans chaque département”. 150 structures seraient selon lui déjà en place ou sur le point de démarrer la production. Elles s’inspirent d’une expérience menée à Tours depuis deux ans, où soixante consommateurs répartis dans une dizaine de “social clubs” font déjà pousser illégalement des pieds de cannabis. Un “mouvement citoyen qui vise à se légaliser”, selon les mots de Farid Ghehioueche, qui devait annoncer hier la création d’un Cannabis social club francilien.

“La meilleure chose à faire avec le cannabis c’est de ne pas le consommer, mais la pire, c’est de le prohiber” Lire la suite

Going back to my roots

Il est né en 1941 à Brooklyn, certains se souviendront qu’il a fait l’ouverture du Festival de Woodstock en 1969, et l’on découvre avec plaisir qu’en 2012 il se sert toujours de sa musique pour transmettre un message de fraternité et de liberté : monsieur Richie Havens.

Ce coup de cœur musical de la semaine est une interprétation en live de « Going back to my roots » (chanson créée par Lamont Dauzier en 1977) et nous dédions cette vidéo aux sémaphoriens et sémaphoriennes qui auraient peu ou prou dans les 70 balais, pour leur souhaiter du fond du cœur d’avoir la même pêche, aujourd’hui et pour longtemps !

le cercle des poètes_10

A la gloire de l’alexandrin, cette poésie est née d’un petit amusement entre amis, réponse à l’un d’entre eux qui reprochait (gentiment) à Léo Ferré d’avoir usé et abusé de cette forme poétique qu’est le vers de 12 pieds. Petit feu d’artifice fait d’emprunts aux plus belles pages de la poésie française…

 

GLOIRE AU GRAND ALEXANDRE ET AUX ALEXANDRINS

Quoi ! Je ne t’ai point dit quelle était ma querelle ?

Jean Galtier Boissière

 

Comme disait Destouches (et non Boileau l’habile)

La critique est aisée et l’art est difficile.

C’est là ce qui produit ce peuple de censeurs

Et ce qui rétrécit le talent des auteurs.

 

Vous teniez le propos, votre tasse à la main,

Que notre ami Léo, le grand Léo Ferré

Ne sache s’exprimer que par l’alexandrin.

En quelle occultation vous voilà enferré !

 

Un, deux, trois, un, deux, trois… Auriez-vous oublié

Que sur ce rythme là dansait la jolie môme

Toute nue sous son pull ? Joli miracle, en somme,

Qu’elle nous fit danser avec si peu de pieds.

 

Puis, à ces beaux terçains que Larousse refuse,

Léo allait sonder sizains, huitains, dizains.

Réécoutez s’il faut et, si je ne m’abuse,

Vous conviendrez qu’il fut poète tout terrain.

 

            Un bateau ça dépend comment
            on l’arrime au port de justesse
            il pleure de mon firmament
            des années lumières et j’en laisse…

 

Qui donc m’aurait donné La mémoire et la mer,

La marée remontant dans mon cœur comme un signe,

Cette robe de cuir qu’en extra mes yeux guignent

Pour voir choir ce fuseau sur un lit moins amer ?

 

Mais quittons donc Léo pour baigner dans l’encens

Des terres élargies de rythmes et de sens

Qu’avec délectation tout mon esprit enjambe,

Sans jamais s’inquiéter d’un problème d’iambes.

 

C’est que l’alexandrin est bien plus qu’une langue ;

Il est souffle de vie propre à tout exprimer ;

L’univers tout entier s’en trouverait exsangue

Si, comme vous, certains le voulaient réprimer.

(…)

Alexandre, vous dis-je ! Il n’en fut de plus grand !

Lors que l’ennui naissait de l’uniformité

Des lais et des rondeaux, il fit monter d’un cran

La teneur des propos vers leur éternité.

 

Ne me cassez les pieds, ils sont douze et j’y tiens !

Pour accorder les notes on a choisi le la,

Pour la beauté du son je prends l’alexandrin

Et s’il n’en reste qu’un je serai celui-là !

 

Où, mieux qu’en douze pieds, lèverait-on ce voile

Qui donne un sens moins pur aux mots de la tribu,

Qui empêche qu’on voie, depuis son tout début,

Cette obscure clarté qui tombe des étoiles ?

 

Douze appartient au temps qui porte l’infini.

Douze sont les Maisons et les coups de minuit,

Douze sont ces apôtres qui rappellent sans cesse

Que ce nombre est un signe : in hoc signo vinces.

 

Ô vous, grand butineur de fleurs, de renoncules,

De roses à effeuiller… Auriez-vous oublié

Que le désir s’accroît quand l’effet se recule,

Qu’un seul pétale absent, tout vous est dépeuplé ?

 

Croyez bien, mon ami, qu’avecque nos poèmes,

Balades et chansons, l’absence agit de même.

Le texte fut-il bon, la rime fort adroite,

Manque-t-il quelques pieds, toute la strophe boite !

 

Ô ! Combien de poètes et combien d’écrivains

Croient pouvoir exprimer par l’encre de leurs veines

La vie et ses tourments et ses joies et ses peines…

Hors de l’alexandrin, ils écrivent en vain !

 

Faytes ce que vouldrez, huitainez, dizainez…

L’œuvre porte toujours ce que l’esprit lui prête.

Mais vous prendrez le risque de vers inanimés

Et de voir des serpents siffler sur votre tête.

 

Que nous resterait-il de nos plus belles pages ?

Quid d’Hugo, de Musset, de Lamartine aussi ?

Ferions-nous comme Ulysse un merveilleux voyage

En ces vivants piliers au mystère épaissi ?

 

Voici ces mots, ces traits sur une feuille blanche,

Et puis voici ce texte écrit rien que pour vous.

Plutôt qu’un long discours voici une avalanche

D’emprunts à ces amis de tous les rendez-vous : Lire la suite

Vous reprendrez bien un peu de changement européen, non ?

D’une certaine manière, sitôt créée l’Europe était à changer. Qui dirait le contraire ? Sans doute personne à part les tenants de l’UPR de François Asselineau (Union populaire républicaine) pour qui cette volonté de changement européen ne serait qu’un enfumage. Soyons clairs, ce billet n’a nulle intention de prôner une sortie de l’Europe, à l’instar des propositions d’Asselineau. Que l’Europe soit éloignée des désirs des peuples qui la constituent est un fait que nul ne peut plus nier (à part la finance et les banksters). Mais elle reste la possible construction de tous, et nous y tenons comme la seule solution d’avenir apte à nous protéger d’un retour aux nationalismes. N’empêche que cette suite d’affiches et d’images proposée ci-après (source UPR) est de nature à interpeller. Nous n’en tirons aucune analyse, juste un constat du temps qui passe, et d’une idée qui semble bien tourner en boucle. Chacun jugera.

En 1979, une affiche de Folon nous dit « L’Europe, c’est l’espoir », suivi d’un deuxième slogan : « Choisissez votre Europe ! »

  Toujours en 1979, ça fait 34 ans, le PS appelait aux élections européennes pour « CHANGER L’EUROPE »

Notons qu’en 1997, il n’y a plus que 15 ans, le PS promettait toujours de «  CHANGER D’EUROPE »

 « Il faut changer d’Europe et mettre en œuvre une politique économique et monétaire au service de la croissance et de l’emploi, pour une Europe plus démocratique, plus sociale, plus respectueuse de l’environnement ».

Déclaration du Parti Socialiste à l’Assemblée nationale, faite le 12 juin 1997 au moment de la formation du gouvernement Jospin.

En l’an 2000 c’est le président Chirac qui promet une « EUROPE PLUS EFFICACE, PLUS DÉMOCRATIQUE ET PLUS PROCHE DES CITOYENS »   

« Nous voulons une Europe plus efficace, une Europe plus démocratique, une Europe plus proche des problèmes qui concernent l’ensemble des Européens, notamment ceux qui touchent au travail, c’est-à-dire à l’emploi, [….] Il nous faut construire une Europe plus proche des citoyens.  »

Jacques Chirac, Président de la République, présentant le programme de la Présidence française de l’Union européenne devant le Parlement européen. Strasbourg le mardi 4 juillet 2000.

La même année, le « Collectif pour une Autre Europe » annonce l’arrivée d’une « AUTRE EUROPE DANS UN AUTRE MONDE »

« Tandis que les gouvernements construisent sans les citoyens et contre eux une Europe dominée par la logique néolibérale, une autre Europe se dessine à travers les luttes des « sans » (sans domicile, sans travail, sans revenu, sans papiers, sans droits), les mobilisations citoyennes, les luttes des salarié(e) s, les luttes des femmes contre les violences et la pauvreté. […] Il est possible de construire une autre Europe, dans un autre Monde. Cette Europe doit se faire entendre à Nice ».

C’était à l’occasion du sommet européen de Nice de décembre 2000, action soutenue par les associations AC ! – agir contre le chômage, APEIS, ATTAC, CCCOMC, CDSL, Collectif national pour les droits des femmes-Marche mondiale des femmes, DAL – Droit au Logement, Droits Devants !, FASTI, FTCR, Marches Européennes, MNCP, Observatoire de la Mondialisation, RAJFIRE, « Souriez, vous êtes filmés ! » par les syndicats Confédération Paysanne, CGT-Correcteurs, FGTE-CFDT, FSU, Union syndicale-G10 Solidaires et par les organisations politiques Alternative Libertaire, les Alternatifs, Chiche !, JCR-Red, LCR, PCF, Socialisme par en bas, et Les Verts.

En 2001, c’est l’éternel revenant Jean-Pierre Chevènement qui réclame une « AUTRE EUROPE » 

« Il est temps, Monsieur le Premier ministre, d’organiser le retour de l’État républicain et de faire en sorte que la France pèse à Bruxelles pour qu’une réponse, si possible coordonnée, soit apportée à la crise qui vient. Nous avons besoin d’une autre Europe. ».

Jean-Pierre Chevènement, Discours à l’Assemblée Nationale, le 3 octobre 2001.

En 2003, entre deux fondues béarnaises, c’est notre Bayrou national qui annonce qu’ « IL FAUT CHANGER D’EUROPE » !

« Tout le monde voit bien qu’il faut changer d’Europe et le sommet de Bruxelles vendredi montre à l’évidence qu’une certaine Europe c’est fini. Il faut en bâtir une autre enfin digne de ce nom, c’est-à-dire un jour capable, elle aussi, de faire preuve de la puissance dont les Américains font preuve sur le terrain ». 

François BAYROU, Dépêche AFP du 15 mars 2003, 15h12.

En 2003, le PCF veut aussi « CONSTRUIRE UNE AUTRE EUROPE ». 

« Les communistes ne veulent pas être pris pour des anti-européens, et ils affirment leur volonté de construire « une autre Europe. Nous ne devons pas céder à la facilité du rejet ou de l’abandon de l’Europe parce que nous rejetons sa construction actuelle. La question d’une autre Europe est bien essentielle dans le projet communiste ». 

Marie-George Buffet Secrétaire nationale du PCF – Dépêche AFP du 27/06/2003 17h44 – Le PCF dénonce les « bases libérales » du projet de Constitution européenne.

En 2004, Philippe de Villiers appelle à voter MPF aux européennes pour « CHANGER D’EUROPE », usant d’un superbe oxymore : « Oui à l’Europe, Non à Bruxelles »

Arrive 2005 et ce sont les Verts qui appellent à voter OUI au référendum sur la Constitution Européenne « POUR QU’UNE AUTRE EUROPE SOIT POSSIBLE ».

Affiche des Verts pour le référendum du 29 mai 2005.

La même année, Olivier Besancenot appelle à voter NON « POUR QU’UNE AUTRE EUROPE SOIT POSSIBLE » !

« C’est un encouragement formidable pour les forces, nombreuses, qui elles aussi pensent qu’une autre Europe est possible à condition de défaire cette Europe libérale et capitaliste. À nous qui venons de refuser cette Constitution de proposer des initiatives européennes dessinant une autre Europe. » 

Olivier BESANCENOT, Article « Écrasante victoire du « non » avec 55 % en juin 2005″ sur le site de la LCR.

De son côté, Nicolas Sarkozy appelle au OUI, devinez pour quelle raison… pour « CHANGER D’EUROPE »

« Si vous votez “non”, ça ne vous fera même pas plaisir.Vous allez garder l’Europe telle qu’elle est, et vous allez continuer à mourir. Alors votez “oui”. De toute façon, ça ne peut pas être pire qu’aujourd’hui… Vous voulez changer d’Europe ?  Votez “oui” ! »

Nicolas SARKOZY, repris par Thomas Lebègue dans Libération du 22 avril 2005.

Et le PCF appelle au NON, toujours pour « UNE AUTRE EUROPE ».

Du côté de la gauche extrême on ne se prononce pas moins « POUR UNE AUTRE EUROPE ». Exemple ce titre de « La Voix du Peuple » (de Touraine).

En 2006, il y a six ans, oh surprise, le Front National appelle à rester dans l’euro mais à changer d’Europe pour bâtir une « EUROPE DES PATRIES » !

« On m’accuse d’être contre l’Europe, c’est absurde ! La France est la plus vieille nation d’Europe mais je ne suis pas pour n’importe quelle Europe. C’est l’Europe des patries que nous voulons ».

Jean-Marie LE PEN – Dépêche AFP du 16 juin 2006 –  Le Front national cherche à nuancer son discours sur l’Europe

« Si Jean-Marie Le Pen est élu à la présidence de la République, il ne proposera pas la sortie de l’euro, mais il proposera en échange de récupérer des pouvoirs fondamentaux en matière fiscale ou en matière de frontières ».

Bruno GOLLNISCH – Dépêche AFP du 16 juin 2006 – Le Front national cherche à nuancer son discours sur l’Europe.

La même année (2006), François Hollande et le PS expriment encore  « LEURS SOUHAITS D’UNE AUTRE EUROPE ».

« L’Europe est en panne. Une panne économique et sociale, chacun reconnaissant l’échec du bilan de la stratégie de Lisbonne à mi-parcours, mais aussi budgétaire. Passé ce constat commun à tous les participants, la salle s’est surtout attachée à exprimer ses souhaits d’une autre Europe et les façons de la relancer ».

François HOLLANDE –  États généraux du PS tenus à Strasbourg le 3 juin 2006 : « l’Europe, un choix pour la France », animés par Benoît Hamon.

En 2008, l’extrême gauche explique toujours qu’ « UNE AUTRE EUROPE EST POSSIBLE ».

Puis, en 2009, le président Sarkozy appelle à voter UMP aux européennes car « C’EST LE MOMENT DE CONSTRUIRE UNE AUTRE EUROPE ».

Pour sa part, Nicolas Dupont-Aignan appelle à voter DLR pour « CHANGER D’EUROPE » et pour « CONSTRUIRE UNE AUTRE EUROPE ». 

Article de Valérie Sitnikow dans La Dépêche du Midi du 12 mai 2009

Imperturbable, le PS appelle à voter PS pour « CHANGER D’EUROPE ». Ne riez pas, c’est pas fini.

On remarquera que le slogan du PS pour les élections européennes de 2009 était donc un copié-collé du slogan du même PS pour les élections européennes de 1979. A 30 ans de distance, le PS est passé de « CHANGER L’EUROPE » à « CHANGER D’EUROPE.FR ».

Nous voici en 2012, et le dernier né Front de Gauche adopte aussi le slogan « POUR CHANGER D’EUROPE ».

Alors ? Qui a dit qu’il n’y avait pas de consensus ?

Et si l’on ne peut y joindre la voix de l’UPR qui a inspiré ce billet, on peut quand même apprécier le graphisme étonnant ou détonnant de la dernière affiche qui le clôt.

 

le Nobel de l’humour noir

On aura tout entendu ! L’ Union Européenne se voit décerner le prix Nobel de la Paix ! Commençons par noter que le prix du père dynamite est particulièrement incongru pour récompenser la paix. Ce n’est pas la première fois qu’il est décerné n’importe comment, souvenons-nous qu’Obama le reçut en son tour avant d’avoir rien fait, rien dit, juste accédé à la présidence du pays le plus guerrier du monde ! Ce Nobel devient ignoble, il a à peu près la même valeur que la légion d’honneur française : il vaut mieux ne plus mériter ces hochets des fausses républiques. Non, l’UE n’est pas une force de paix internationale, elle a même été, avec ses pays membres et l’OTAN, actrice des conflits internationaux majeurs de la période récompensée.

Parmi les premières réactions, Jean-Luc Mélenchon a décerné « le prix de l’humour noir » au comité Nobel.  » On comprend qu’elle n’ait pas reçu le prix Nobel d’économie tant sa politique aggrave la crise et le chômage. Certes, l’Union européenne a garanti la paix aux marchés financiers, aux spéculateurs et aux profits bancaires. Mais ne mène-t-elle pas une guerre contre les peuples qui la composent et leurs droits sociaux ? Dans ces conditions, autant lui accorder aussi le prix Nobel de littérature pour la qualité littéraire de ses traités. Le comité Nobel mérite quant à lui, le prix Nobel de l’humour noir ! « 

La réaction d’Attac-France et international :

Comment donner le prix Nobel de la paix à une Union européenne forteresse qui mène une politique de fermeture de ses frontières faisant des milliers de victimes ? Une Union qui s’engage à « améliorer progressivement ses capacités militaires (art. 42.3 du TUE) et qui reconnaît la suprématie de l’OTAN ? Qu’en pensent les peuples qui subissent sa stratégie d’exportation commerciale agressive par la signature d’Accords de partenariat économique qui laminent, par la libéralisation des marchés, des secteurs économiques entiers dans les pays du Sud ?

Enfin, qu’en pensent les millions de citoyens qui se mobilisent depuis deux ans, sur les places publiques en Grèce, en Espagne ou au Portugal, contre la destruction de leurs droits sociaux et les décisions de la Troïka, Commission et Banque centrale en tête ? Attac Norvège rappelle qu’actuellement « ceux qui manifestent contre les politiques néolibérales de l’Union européenne et les plans d’austérité subissent une répression policière brutale« .

Plutôt qu’un prix Nobel de la paix, nous proposons de décerner à l’Union européenne un prix Nobel de l’austérité. Les politiques d’austérité mises en œuvre depuis deux ans n’ont fait qu’aggraver la situation des pays qui les subissent. Elles creusent ainsi l’écart entre les pays « du centre » et ceux « de la périphérie ». Elles renforcent les nationalismes ambiants et accentuent la guerre économique, en mettant grandement en danger la construction d’une Europe de solidarité et de coopération, qu’Attac France défend, avec tous les autres Attac d’Europe.

Attac France, le 12 octobre 2012.

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et pendant ce temps là… réaction d’un ami grec :

« Cela fait maintenant 37 jours que des députés néonazis de l’Aube Dorée ont tabassé des vendeurs étrangers sur les marchés de Rafina et Missolonghi. Ces évènements ont été enregistrés sur des vidéos. Mais il ne se passe rien.

Un quatrième sondage place le groupuscule néonazi en 3ème position, devant le PASOK. Et il ne se passe rien.

Un ami chômeur en formation informatique dans un bureau pour l’emploi m’a dit dernièrement : « Il y a un bureau de l’Aube Dorée à côté du bureau pour l’emploi. Nous sommes 20 dans la formation. 18 sont pour l’Aube Dorée ». Et il ne se passe rien.

Ah si ! L’ Union Européenne vient de recevoir le prix Nobel de la paix! »

Et dire qu’en France les socialistes commencent à peine à s’inquiéter de la montée de l’extrême droite et se demandent pourquoi ! Doivent pas se souvenir de la stratégie irresponsable de Tonton Mitterrand… et z’ont déjà oublié l’odieux chantage que le présiflan Hollande a soumis au peuple grec au moment de leurs dernières élections. Le seul souci des socialos était qu’Alexis Tsipras et le mouvement Syriza ne l’emportent pas, ce qui, dans la situation actuelle de la Grèce, revenait une fois de plus à dire « Plutôt Hitler que le Front Populaire ! ».

Et toujours pendant ce temps-là… heureusement que certains se bougent !

Quelques images à l’attention de qui les aurait ratées : Discours de Jean-Pierre Mercier devant le mondial de l’automobile à Paris mardi 9 octobre 2012

Et non loin de notre belle France : Les manifestants espagnols font reculer les forces de répression__ © Indignés d’Europe


Les manifestants espagnols font reculer la… par Super_Resistence

Grèce : La voix de ceux qui résistent

Mardi 9 octobre, Angela Merkel s’est rendue en Grèce, du moins à Athènes, une ville qu’on aurait cru en état de siège et de couvre feu. Pas moins de 7 000 policiers étaient déployés sur le parcours balisé, interdit à la circulation et certaines rues interdites aux passants. Il fallait certes assurer la sécurité de notre vache allemande, n’empêche que les déplacements de nos dirigeants commencent à coûter cher, et nous laissons à chacun d’apprécier la signification d’autant de protection sécuritaire. A notre avis elle n’est jamais bon signe.

Rue grecque après le passage de la chancelante Merkel

L’objet du déplacement était essentiellement de rencontrer le premier ministre Grec, la presse chienne de garde s’en est fait l’écho, nous n’y revenons pas. Nous espérons plutôt que la grasse chancelière aura trouvé le temps de lire l’appel de Manolis Glezos, d’écouter « la voix de ceux qui résistent aux coupes brutales », rappelant l’aide offerte en 1953 par les Alliés et la Grèce à l’Allemagne: « la suspension des paiements de la dette et l’aide économique ».

Manolis Glezos, 90 ans, est le symbole vivant de la résistance contre l’occupation nazie. Le 30 mai 1941, il fut l’un des deux jeunes hommes qui avaient dérobé l’immense drapeau nazi flottant sur l’Acropole. Condamné à mort à plusieurs reprises durant et après la guerre civile, M. Glezos a passé au total plus de onze ans en prison. Aujourd’hui, il est député de Syriza (Coalition de la Gauche Radicale).

Voici un peu de cette voix qui résiste encore et toujours.

« A l’occasion de la visite de la Chancelière Allemande en Grèce, nous considérons notre devoir de rappeler tant à elle qu’au Premier Ministre Grec que:

1. La grande et puissante Allemagne n’a pas le droit de se dispenser de ses devoirs, privant ainsi la Grèce de son dû sur la base du droit internationale, tandis qu’il n’est pas aussi permis que la Grèce abdique de ses droits.

2. Les violations du droit international et des principes humains de l’honneur et de la morale portent en elle le danger de voir se répéter des phénomènes qui ont mis à feu et à sang l’Europe. La reconnaissance des crimes nazis constitue une garantie élémentaire que de telles monstruosités ne se répètent pas dans l’avenir.

Notre peuple n’a pas oublié et ne doit pas oublier. Aujourd’hui, il ne demande pas vengeance mais justice. Nous souhaitons que les Allemands aussi n’aient pas oublié. Car les peuples qui refusent leur mémoire historique sont condamnés à commettre les mêmes erreurs.  Et il semble qu’Angela Merkel conduise son pays et même la partie la plus sensible du peuple, la jeunesse, sur ce chemin glissant puisque en s’adressant aux jeunes de son parti elle n’a pas hésité de dire que « l’aide a la Grèce doit être liée aux devoirs de la Grèce ». Et quid des devoirs de l’Allemagne ?

On aurait attendu de la Chancelière qu’elle fasse preuve d’une attitude analogue à celle des Alliés envers l’Allemagne, quand, en 1953, avec la suspension des paiements de la dette et l’aide économique qu’ils lui ont offert, ils ont contribué au développement et à la reconstruction de l’Allemagne. La Grèce d’alors n’avait pas été absente de cet effort-là.

Nous n’avons pas l’intention d’inviter la Chancelière à dîner. Par contre, nous l’invitons à visiter ensemble le champ de tir de Kaisariani pour qu’elle voie aujourd’hui encore, soixante-sept ans après la fin de la guerre, que l’herbe ne pousse pas là où a été versé tant de sang. La terre n’oublie pas. Alors, les hommes aussi n’ont pas le droit d’oublier.

Il est temps d’unir notre voix à la voix du président du parti allemand de Gauche (Die Linke),  Bernd Riexinger, qui, à l’occasion de la venue d’Angela Merkel en Grèce, lui demande d’écouter la voix de ceux qui résistent aux coupes brutales, lesquelles menacent d’approfondir la polarisation dans le pays. Il avertit que la Grèce est en danger de catastrophe humanitaire.

Nous sommes déjà en train de payer cette polarisation en mon pays avec l’apparition de l’Aube Dorée. Est-ce qu’on va rester les bras croisés, attendant aussi de voir les conséquences de la catastrophe humanitaire ? Alors, il sera trop tard non seulement pour la Grèce, mais pour l’Europe toute entière. »


Pour qui veut aller plus loin, un article fouillé sur le site A l’encontre. La Grèce et l’occupation par les forces du IIIe Reich (1941-1944). Quels dédommagements? La dette de qui envers qui?

http://alencontre.org/europe/la-grece-et-loccupation-par-les-forces-du-iiie-reich-1941-1944-quels-dedommagements-la-dette-de-qui-envers-qui.html

Une faute politique

Un appel de Jean-Luc Mélenchon. La vidéo était enregistrée au soir de la ratification du Traité, avant d’être entérinée par le Sénat, avec le résultat que l’on sait. Dommage que dans son aveuglement la majorité en place ait fait le plus mauvais choix possible, celui de baisser les bras devant la finance. Tel n’est pas et ne sera pas celui de la vraie gauche, celle qui ne lâche rien, celle de la vigilance, de la démocratie, celle qui croit à l’intelligence et à la souveraineté des peuples.


Après l’adoption du TSCG – 9 octobre 2012 par Jean-Luc-Melenchon

 

Vous trouverez ci-dessous l’intervention intégrale de Pierre Laurent, sénateur de Paris dans le débat suivant la Déclaration du Gouvernement sur les nouvelles perspectives européennes. Seul le prononcé fait foi

« Monsieur le Président, Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les ministres, Mes chers Collègues,

Dans l’Europe entière, la ligne de rupture est atteinte. La visite d’Angela Merkel qui s’est déroulée hier à Athènes, dans une ville en état de siège, est le dernier stigmate de cette rupture sociale et démocratique.

La France compte 5 millions de personnes touchées par le chômage. L’UE en compte 25,4 millions. Partout, le chômage, la précarité, la dévastation industrielle et la casse des services publics sont en pleine expansion.

Nous traversons depuis 2008 une crise majeure du capitalisme financier mondialisé. Si l’UE est tant dans la tourmente, c’est parce qu’elle est taillée sur mesure pour satisfaire les marchés et les multinationales.

Vingt sommets européens ont promis depuis 2008, le « sauvetage de l’Europe ». Ils n’ont fait que précipiter sa fuite en avant, s’acharnant à faire payer l’addition de la crise des marchés financiers aux peuples européens.

Nous sommes arrivés au moment où l’histoire s’accélère. Ou nos potentiels émancipateurs seront mobilisés pour sortir de la crise, nous libérer des logiques destructrices de la finance, ou des risques de graves reculs de civilisation l’emporteront.

C’est dans cette situation, qu’avec le Président de la République, vous nous demandez de ratifier le « Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire », signé en mars dernier par Nicolas Sarkozy. Ne comptez pas sur nous. Cette ratification, Monsieur le Premier Ministre, est à nos yeux une faute politique.

Oui une faute. Vous avez été élu pour conduire le changement et rompre avec le Sarkozysme, non pour emprunter ses pas. Depuis hier, vous prétendez qu’une majorité de gauche existe pour adopter ce traité. C’est faux.

Faut-il rappeler que sans les 4 millions d’électeurs et d’électrices du Front de gauche, hostiles à ce traité, il n’y avait pas, au printemps dernier, de majorité pour battre la droite ? Faut-il rappeler que des millions d’électeurs ont cru à votre engagement de renégocier le traité ? Les artifices de présentation de l’arithmétique parlementaire ne masqueront pas la réalité.

A l’Assemblée nationale, 63 députés de toutes les familles de la gauche n’ont pas ratifié ce traité. Alors que le groupe socialiste dispose de la majorité des 289 sièges, seuls 263 députés PS l’ont approuvé. Et je veux saluer le courage de toutes celles et ceux qui à nos côtés, à gauche, écologistes ou socialistes, ont refusé de céder aux pressions, et sont restés fidèles à leurs convictions. Ici, au Sénat, le traité n’aura pas de majorité à gauche.

Les enquêtes d’opinion l’ont montré, les Français voulaient être consultés par référendum. Vous avez contourné cette volonté populaire. La ratification du traité restera à jamais entachée par ce refus.

Oui, il n’y a pas de majorité populaire, pas de majorité de gauche favorable à ce traité. Car le pays a compris que l’heure est à la refondation de l’Europe et que ce traité d’austérité tourne le dos à cette exigence. Ou bien l’Europe poursuit sa fuite en avant avec toujours plus d’austérité et de confiscation des pouvoirs, et elle laissera toujours plus de terrain aux apprentis sorciers qui prônent la dissolution de la zone euro et le retour au choc des égoïsmes nationalistes. Où bien elle choisit la voie de la solidarité et de la démocratie et c’est alors un projet de refondation de l’UE qui doit être d’urgence mis en chantier.

Voila 30 ans que l’objectif n°1 de l’Union est d’être attractive pour les capitaux qui n’ont ni patrie, ni sens de l’intérêt général. Voila 30 ans que tous les pouvoirs, à commencer par le pouvoir monétaire, ont été mis au service de la finance, qui dispose du droit de vie ou de mort sur les outils productifs. Privatisations, déréglementations, reculs des droits sociaux, mise en concurrence, sont allés de pair avec les missions d’une Banque centrale européenne indépendante des peuples et de leurs besoins, dont le seul rôle est de protéger les marchés.

Jamais, depuis que l’Union monétaire existe, les gouvernements successifs ne l’ont dotée d’un outil qui finance l’emploi, la coopération, oriente l’économie vers le progrès social et la transition écologique. Et quand la crise a éclaté, qu’a décidé le Conseil européen ? Soutenir la finance, encore et toujours. Tous les dispositifs mis en place l’ont été sans contre-partie pour les banques. Seuls les peuples ont été forcés de payer l’addition.

Recapitalisations, FESF, MES, 6 PACK, Pacte euro + , que de sigles barbares dont le revers est à chaque fois des plans d’austérité qui ne le sont pas moins, et dont la « troïka » est devenue la sinistre ambassadrice. Résultat, on parle de « crise humanitaire » en Grèce. La situation sociale est explosive en Espagne, au Portugal, où le chômage de masse est devenu la règle pour les jeunes et les femmes. La récession menace l’ensemble de la zone euro. En France, l’INSEE prévoit un nouveau trimestre de croissance nulle, un taux de chômage à 10% et une baisse du pouvoir d’achat de 1,1 point.

Si des ruptures ne sont pas opérées, c’est l’idée même d’Union qui est menacée. Aujourd’hui, donner des perspectives européennes, c’est agir pour une refondation de l’Union européenne, au service des Européens et dans la coopération solidaire avec les autres peuples du monde. Et jusqu’à ce jour, ce n’est pas le chemin qui est pris. Pas plus au sommet de juin dernier qu’à ceux qui l’ont précédés. Ce n’est pas non plus à l’ordre du jour du sommet des 18 et 19 octobre.

***

Nous proposons trois chemins pour refonder l’Union européenne.

Face aux impasses actuelles, les idées et les forces disponibles grandissent pour ré-inventer l’avenir de l’Europe. Vous devriez écouter les forces critiques qui rejettent le traité et travaillent comme nous à des propositions pour sortir de la crise. Lire la suite

Noire finance

Le succès du reportage d’Arte sur la banque Golman Sachs a été tel que la chaîne a décidé de le reprogrammer. (Ceux qui ne l’auraient pas vu peuvent le retrouver ici). Dans ce même souci d’informer sur nos noires finances, Arte propose également un film de Jean-Michel Meurice et Fabrizio Calvi : La grande pompe à « phynances ».

Une seconde partie sera prochainement disponible : Le bal des vautours
Le second volet montre comment, à travers l’éclatement de la bulle immobilière et la crise des subprimes des années 2000, le « piège à pauvres » s’est refermé. Il décortique les rouages de la « machine à dette » et expose avec clarté les logiques boursières qui ont mené à la crise mondiale actuelle. Dénonçant l’impunité des « banksters » et leur emprise sur la classe politique occidentale (aux États-Unis, on parle même d’un « gouvernement Goldman Sachs »), les réalisateurs concluent leur enquête sur un chiffre éloquent : les principaux dirigeants financiers mondiaux totalisent 95 milliards de dollars de salaire alors qu’ils ont accumulé 1 000 milliards de perte…

(France, Finlande, 2012, 52mn) ARTE / YLE

Date de première diffusion : Mar., 2 oct. 2012, 22h06

Date(s) de rediffusion : Mardi, 16 octobre 2012, 11h35
Samedi, 20 octobre 2012, 11h55

http://videos.arte.tv/fr/videos/le-bal-des-vautours–6965924.html

Une vie de moins, par Zebda

Coup de cœur musical et visuel avec ce dernier clip de Zebda proposé en avant-première par les invités de Mediapart.

La Palestine a disparu de nos écrans de télévision et on voudrait nous faire croire qu’elle a disparu de nos consciences.
La bande de Gaza accueille aujourd’hui sur 360 km2 un million six cent mille êtres humains. Plus de la moitié des habitants de Gaza ont moins de 18 ans et, dans leur écrasante majorité, ils n’ont jamais pu sortir, même une seule fois, de leur territoire de naissance. Pas une famille n’a été épargnée par la violence : dans chaque foyer de Gaza, au moins un membre a été tué, mutilé, blessé, ou emprisonné en Israël.
La nouvelle chanson de Zebda, «Une vie de moins», rend hommage aux habitants de la bande de Gaza.

racisme ordinaire_suite

Le 6 Août dernier à Aigues-Mortes, un couple, armé d’un fusil agresse des jeunes en proférant des propos racistes. Des victimes racontent l’agression et débattent de l’attitude à adopter face au racisme.

Un reportage audio d’Olivier Minot, réalisé par Philippe Baudouin.

Le 06 septembre 2012, un tract intitulé “On se calme !” signé « des habitants de Sumène et de ses environs » conviait à un pot de l’amitié « dans un esprit de vivre ensemble et de respect mutuel ». Après avoir rappelé les incidents (insultes et coups) dus à l’extrême-droite locale pendant la dernière campagne électorale, le tract mentionnait également que fin août, « suite à une altercation entre un membre de la Ligue du Midi et des clients sortis de la pizzeria, la situation a dégénéré en une véritable chasse à l’homme dans le village et ses environs : agression d’un touriste et de ses enfants sur le plan par quatre personnes armées de battes de base-ball et de barres de fer ; puis, prise en embuscade d’une famille à son domicile par une bande de dix personnes, armées elles aussi, se réclamant du Front National ou de la Ligue du Midi. ».

On a moins su que la Ligue du Midi s’est autorisé ce même mois d’août une descente au Grau du Roi en soutien aux détracteurs du train à 1 euro. Nous-mêmes à Sémaphores avions choisi de ne pas ajouter de l’huile sur le feu, avec le souci, il est vrai, de ne pas faire de pub aux fachos. Mais à l’heure des divers débats lancés dans la région pour comprendre et enrayer la montée de l’extrême-droite, nous revenons sur notre autocensure en mettant au partage une vidéo de ces virées de la Ligue. Ignorer l’ennemi ne servirait pas le combat, surtout lorsque les protagonistes ont des noms et des visages qu’il est toujours bon de connaître. Par delà la pub éventuelle à de tristes sires, il s’agit avant tout d’information. Une info qui ne sera sans doute pas une découverte pour bon nombre d’électeurs de Petite Camargue, mais qui vient clairement confirmer de quel côté de la démocratie a choisi de se positionner le maire du Grau du Roi, Etienne Mourrut. Lorsque la ligue fasciste vient déployer ses banderoles identitaires et racistes sous le fronton de la mairie, l’ex-député ne trouve rien de mieux que descendre leur serrer la main et saluer leur action.

Pour notre part nous pensons que la République ne peut accepter de tels gestes. Comment un maire se permet-il d’outrepasser la loi républicaine ? Comment un ex-député peut-il ignorer qu’il est interdit de manifester publiquement des opinions racistes ? C’est néanmoins un fait, la preuve en images. (note: la vidéo étant particulièrement mal filmée, vous pouvez avancer jusqu’à la 8ème minute. Mourrut en guest star se trouve là).

Le Traité retraité

ARTICLE 4. Par le présent traité, l’Union européenne s’engage à ne plus se foutre de la gueule des peuples en promettant une « coordination des politiques économiques et convergence » quand il n’est question que de stabilité des finances publiques.

Avez-vous lu le Traité européen (TSCG) en intégralité ? Probablement non, et qui pourrait vous en vouloir d’avoir zappé des lignes si indigestes ? Et si inutiles, à en juger par la mobilisation contre ledit traité !

« Comment peut-on lire un traité européen ? Un traité en cours de ratification dans toute la zone euro et dont on se sent d’avance complètement dépossédé. Un traité où souvent l’on ne comprend rien, et dont parfois, quand on croit comprendre, on ressort confondu par tant de bêtise et d’idéologie inassumée. Un traité qui écrase tout destin commun sous un même diktat économique et semble comme renoncer d’avance à être l’expression d’une âme, sinon commune au moins vivante. Un traité qu’on peut suivre et tenter de réécrire avec l’insolence et l’aplomb des sans nom et des sans titre un certain temps, mais qui oblige à un moment à lâcher prise pour s’interroger au moins sur l’Europe en laquelle on peut encore croire. »

Réécrire le Traité, la revue Vacarme, dont ce texte est extrait, s’y est essayé ! Le numéro 61 de Vacarme sera disponible en librairie le lundi 22 octobre 2012.

Note : Les modifications apportées au traité apparaissent en gras.

TRAITÉ SUR LA STABILITÉ, LA COORDINATION ET LA GOUVERNANCE, LA SOLIDARITÉ, LA COOPÉRATION ET LA DÉMOCRATIE AU SEIN DE L’UNION ÉCONOMIQUE ET MONÉTAIRE ENTRE LES PEUPLES ET LEURS INSTITUTIONS PROVISOIRES : LE ROYAUME DE BELGIQUE (sous la condition d’extrader Bernard Arnault), LA RÉPUBLIQUE DE BULGARIE, LE ROYAUME DE DU DANEMARK, LA RÉPUBLIQUE FÉDÉRALE D’ALLEMAGNE (sous la condition d’une gestion rationnelle et responsable de leurs finances publiques), LA RÉPUBLIQUE D’ESTONIE, L’IRLANDE, LA RÉPUBLIQUE HELLÉNIQUE, LE ROYAUME D’ESPAGNE, LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE (dès qu’elle arrêtera de pourchasser les Roms, citoyens européens), LA RÉPUBLIQUE ITALIENNE (idem), LA RÉPUBLIQUE DE CHYPRE, LA RÉPUBLIQUE DE LETTONIE, LA RÉPUBLIQUE DE LITUANIE, LE GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG (quand il aura cessé d’être un paradis fiscal), LA HONGRIE (sous réserve de retour à la démocratie), MALTE, LE ROYAUME DES PAYS-BAS, LA RÉPUBLIQUE D’AUTRICHE, LA RÉPUBLIQUE DE POLOGNE, LA RÉPUBLIQUE PORTUGAISE, LA ROUMANIE, LA RÉPUBLIQUE DE SLOVÉNIE, LA RÉPUBLIQUE SLOVAQUE, LA RÉPUBLIQUE DE FINLANDE ET LE ROYAUME DE SUÈDE (à condition de cesser ces extravagances),

ci-après dénommés les « parties contractantes » les « parties solidaires »

  • CONSCIENTES de leur obligation, en tant qu’États que membres de l’Union européenne, de considérer leurs politiques économiques et sociales comme une question d’intérêt de bien commun ;
  • ESTIMANT que, vraiment, ça ne va pas très fort en ce moment;
  • DÉSIREUSES de favoriser les conditions d’une croissance économique plus forte vie meilleure, dans l’Union européenne et ailleurs, et à cette fin, de développer une coordination sans cesse plus étroite des politiques économiques et sociales au sein de la zone euro ;
  • TENANT COMPTE DU FAIT que la nécessité pour les gouvernements de maintenir des finances publiques saines et soutenables de mettre un terme à la concurrence fiscale et aux politiques de baisse des impôts et par là de prévenir tout déficit public excessif, est d’une importance essentielle pour préserver la stabilité de la zone euro dans son ensemble pour s’affranchir des marchés, et requiert dès lors l’introduction de règles spécifiques, dont une règle d’équilibre de coopération budgétaire et un mécanisme automatique pour l’adoption de mesures correctives un tant soit peu amicales;
  • CONVAINCUES que la montée des fascismes dans toute l’Europe est en rapport direct avec la double réduction par les États des politiques de l’Union à une simple intendance économique, et de celle-ci à un plan d’austérité perpétuelle, et PERSUADÉES que quand on impose sans débat démocratique une rigueur sans alternative, on passe le plat à des nationalismes qui ont alors beau jeu de mettre les difficultés sur le compte de l’Union européenne et, par-dessus le marché, de passer pour des démocrates attachés au débat;
  • CONSCIENTES de la nécessité de faire en sorte que leur déficit public ne dépasse pas 3 % de leur produit intérieur brut aux prix du marché et que leur dette publique ne dépasse pas 60 % de leur produit intérieur brut aux prix du marché ou diminue à un rythme satisfaisant pour se rapprocher de cette valeur de référence  ne dépassent pas un certain seuil, déterminé collectivement par l’Union en fonction de la conjoncture économique, de la souffrance sociale et des investissements nécessaires dans chaque pays ;
  • CONSIDÉRANT que l’obligation de ne pas laisser partir les déficits en sucette ne peut pas être le dernier mot de la politique économique de l’Union, qui a tout de même d’autres chats à fouetter et autant de chances à saisir, notamment celle d’assurer et de financer les conditions d’une transition écologique radicale et réaliste: fin des hydrocarbures et sortie du nucléaire;
  • RAPPELANT que les parties contractantes solidaires, en tant qu’États membres de l’Union européenne, doivent s’abstenir de toute mesure susceptible de mettre en péril la réalisation des objectifs de l’Union dans le cadre de l’union économique, et notamment d’accumuler une dette en dehors des comptes des administrations publiques de déconner avec la foireuse finance de marché ;
  • TENANT COMPTE DU FAIT que les chefs d’État ou de gouvernement des États membres de la zone euro se sont accordés le 9 décembre 2011, indépendemment de l’opinion de leurs peuples, sur une architecture renforcée pour l’Union économique et monétaire tout à fait en-deçà des enjeux, prenant pour base les traités sur lesquels l’Union européenne est fondée et visant à faciliter la mise en œuvre des mesures adoptées sur la base des articles 121, 126 et 136 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne;

 Lire le texte intégral sur Sémaphores (18 pages), c’est  après la balise « lire la suite »

Télécharger au format PDF c’est ici : 01_vacarme61_traite_europeen

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Survivre à la crise ?

Dans le cadre de ces voix « alternatives » qui peuvent nous inspirer, voici celle de Piero San Giorgio

Piero San Giorgio est, depuis vingt ans, responsable des marchés émergents d’Europe de l’Est, du Moyen Orient et d’Afrique dans l’industrie high-tech. Depuis 2005, il se prépare à l’effondrement de l’économie et étudie les moyens d’y survivre, qu’il développe au cours de livres et conférences. Dans une première partie, Piero San Giorgio a analysé l’épuisement des ressources naturelles lié à la surconsommation couplée à l’accroissement exponentielle de la population, ainsi que les troubles sociaux provoqués parles situations de pénuries et le risque d’éclosions de dictatures pour les contrôler. Il aborde également la question des troubles géopolitiques avec les guerres que les empires se livreraient pour le contrôle des matières premières encore exploitables. Voici les quatrième et cinquième vidéos de son exposé :

Partie 4

Partie 5

Lire l’article (le texte) et découvrir les parties précédentes sur Agoravox : http://www.agoravox.tv/tribune-libre/article/survivre-a-l- effondrement-36407

l’homme qui plantait des arbres

pour changer, un coup-de-cœur cinéma avec ce dessin animé presque autant oublié que le livre dont il est issu, cet homme qui plantait des arbres, sous la plume de Jean Giono, ici avec la voix de Philippe Noiret.

Giono écrivit cette nouvelle en 1953 et c’est l’illustrateur Frédéric Back qui la mit en film en 1987 pour Radio-Canada. Cette année-là il reçut l’Oscar du meilleur film d’animation et le grand prix du festival d’Annecy. On dit même que Frédéric Back fut tellement inspiré par l’histoire qu’il a lui-même replanté une petite forêt au Canada, dédiée à Jean Giono. Et si les noms ne sont pas tous connus, nous savons par ailleurs que l’exemple de cet homme qui plantait des arbres est régulièrement suivi par-ci par-là, et ce n’est pas l’anonymat qui ôtera ici à la beauté du geste, surtout dans un monde qui en a bien besoin.


L’homme qui plantait des arbres par ataill2005

PSA : et en plus, ils volent l’État !

Ce billet a été posté par CAC35 dans le Club Mediapart et ailleurs. Il est indispensable d’en connaître les principaux arguments afin de ne plus rapporter n’importe quoi, rapport Sartorius ou pas, sur le groupe Peugeot.

Au vu des derniers dividendes réservés aux actionnaires, il est clair que les raisons invoquées pour les suppressions d’emplois à venir ne sont que mensonges. Et puis il faut cesser cette novlangue qui voudrait faire passer pour des « plans sociaux » ce qui n’est que licenciements économiques, doublés ici de licenciements boursiers. Tant qu’une loi (pourtant déjà prête) ne viendra pas les sanctionner sévèrement, on ne voit pas comment le redressement pourrait être productif. Et si l’on tient à ce qu’il le soit un jour, de préférence proche, il est temps de lancer le débat sur la nationalisation ou la renationalisation de ce qui a été confisqué au nom de politiques économiques qui ont maintenant montré leurs limites. Aucun patron, nulle part sur la planète, n’est irremplaçable, à plus forte raison lorsqu’il rejoint le clan des voyous.

Voici donc quelques données selon le groupe Cac-35, dont on ne peut que se demander si elles sont arrivées entre les mains de notre ministre redresseur et pour le moment improductif Montebourg. Si oui, on peut vraiment s’inquiéter de la suite, Florange et Gandrange inclus.

« Le projet de fermeture des sites d’Aulnay sous Bois et d’Hordain, ainsi que les menaces de fermeture sur celui de La Janais à Rennes sont inacceptables et injustifiés. Qui peut sérieusement croire à la farce du recul d’activité due à la faiblesse du marché alors que la baisse globale des ventes résulte essentiellement de son retrait du marché iranien décidé par les financiers américains liés au groupe Général Motors ? Accepter ce plan « social » serait une catastrophe pour la survie du groupe, pour les sous traitants locaux et pour les ressources des collectivités locales.
La direction avance comme argument des pertes financières importantes alors que chacun sait qu’il n’en est rien et que de l’argent, il y en a et même énormément. Il s’agit uniquement d’une stratégie financière à court terme, à l’image des orientations du capitalisme qui a choisi la financiarisation plutôt que la production, et qui a mené la société toute entière à la crise mondiale la plus importante depuis 1929.
Nous affirmons d’autant plus notre solidarité pleine et entière avec les salarié(e)s de PSA que la direction et les actionnaires de cet empire industriel et financier volent, avec la complicité des gouvernements successifs depuis 30 ans, l’État français et donc les contribuables que nous sommes.

PSA, c’est aussi (et d’abord ?) une banque !

Il faut savoir que PSA Peugeot-Citroën n’est pas qu’un groupe industriel, c’est aussi un empire financier présent avec son groupe Société foncière, financière et de participations, la FFP, et sa « Banque PSA Finance », active dans une trentaine de pays dont plusieurs paradis fiscaux (Malte, Suisse, etc.). Ses activités d’assurance sont toutes concentrées à Malte où elles côtoient le recyclage de l’argent dissimulé des armateurs grecs et l’argent illégal de la mafia russe, entre autres…
Cette banque, détenue majoritairement par divers biais par la famille Peugeot, est la « pompe à fric » du groupe et le support de sa financiarisation.

Dividendes versés par Banque PSA au groupe Peugeot et à ses principaux actionnaires (en millions d’ euros)

2006

2007

2008

2009

2010

2011

30/06/2012

Dividendes versés

161

157

167

143

140

155

532

Source : rapport semestriel de Banque PSA Finances au 30/06/2012

Cela signifie qu’au moment où le groupe annonçait 8000 suppressions d’emplois, les principaux actionnaires s’empressaient de passer à la caisse tout en disant qu’ils perdaient de l’argent !

Des milliards d’euros de l’État pour spéculer !

Lorsque la crise a explosé en 2008 et 2009, le secteur automobile a appelé au secours l’État, soit disant pour garantir des prêts que le groupe avait en cours. Ce fut d’autant plus facile à obtenir que l’État, était dirigé par la bande à Sarkozy, tous amis et de la même coterie que les héritiers de la famille Peugeot. L’État n’a alors pris aucune garantie ni participation en contrepartie de son apport de plus de 3 Milliards d’€ d’argent frais.

Le groupe n’avait pas besoin de cet argent public !

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