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Dans notre article sur le cannabis (que vous pouvez retrouver ici) nous citions les avancées de trois états américains qui ont choisi la dépénalisation voire la légalisation de l’herbe. Dans l’Oregon, par exemple, la mesure 80 du programme s’est accompagnée d’une campagne publicitaire à grande échelle. Voici une des affiches.

Note pour les non anglophones, il est écrit : “Vous avez le choix : les policiers peuvent poursuivre les fumeurs d’herbe. Ou les criminels.”

C’est en effet un choix, et la question se pose de la même façon en France ou ailleurs, celle de l’hypocrisie des politiques aussi.

En 1992, le baby-boomer héritier des sixties, Bill Clinton, s’était dégonflé en expliquant qu’il avait bien un jour tiré sur un joint, mais « sans inhaler ». George W. Bush lui, n’avait jamais caché avoir été alcoolique, mais il restait extrêmement discret sur l’usage d’autres drogues (sa consommation de cocaïne durant sa jeunesse est un secret de Polichinelle, mais l’herbe ne faisait pas partie de sa panoplie récréative). Quant à Barack Obama, il a admis dans son autobiographie avoir consommé régulièrement de la marijuana et expérimenté d’autres substances.

Dans le Colorado, c’est l’amendement 64 qui a bénéficié d’une campagne de pub similaire, avec des affiches aussi parlantes. “Dans quel marché a-t-on plus de chance de tomber sur des drogues dures ?»

Cette attitude de plus en plus décomplexée des politiciens américains (Michael Bloomberg, Al Gore, Sarah Palin ou Arnold Schwarzenegger reconnaissent également avoir fumé) ne s’est pas pour autant traduite dans les discours ou la législation. « La question de la drogue est toujours traitée comme le test de la qualité morale d’un candidat », explique l’universitaire et spécialiste des drogues Mark Kleiman. « Le résultat, c’est que le discours au niveau national est terriblement en retard sur l’attitude générale des Américains et ce qui se passe au niveau local. »

Et en France ? C’est quand que le discours national se met au diapason de l’attitude générale des français ? Bien sûr, on va pas compter sur Copé. Mais il est intéressant de mettre ses intox en rapport avec une étude qui avait été demandée par le gouvernement en 98. Et puis vous constaterez sur la photo que s’il ne fume pas le pétard à table, le Jean-François ne fait pas que sucer les glaçons. Mais bon, ce n’est pas nous qui dirons le contraire, chacun ses choix.

À propos de glaçons, ça nous rappelle cette vieille pub Ricard dont l’argument semble prévenir toute tentative de prohibition : Le vrai pastis de Marseille, autorisé sur demande des débitants Marseillais !

S’il suffit de demander …

 

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