Le Bangladesh ferme des usines textiles

Additif du 11 mai :

« Nous avons trouvé un grand nombre de corps dans la cage d’escalier et sous les escaliers, a raconté le brigadier général Siddiqul Alam Sikder. Lorsque l’immeuble a commencé à s’effondrer, les ouvriers ont pensé qu’ils seraient à l’abri sous les escaliers. »

Sur la seule journée de jeudi, les secouristes ont sorti des décombres environ 130 corps. Dix-sept jours après le drame, le bilan de la catastrophe est maintenant de 1 035 morts. Il devrait encore s’alourdir.

Des centaines de rescapés ont bloqué mardi un accès routier central au Bangladesh pour réclamer des arriérés de salaires et des dédommagements. La plupart des ouvriers travaillant pour des marques occidentales d’habillement étaient payés moins de 30 euros par mois, un niveau de rémunération dénoncé publiquement par les ONG et le pape François.

photo Reuters_Albert Gea

Une manifestation a également eu lieu en Europe devant un magasin Mango à Barcelone, pour fustiger la marque, qui a reconnu avoir commandé des « échantillons » auprès du Rana Plaza, et dénoncer les conditions de travail des ouvriers du textile. Les mains peintes en rouge sang, des membres du syndicat espagnol UGT ont déployé une banderole sur laquelle était inscrit en lettres rouge : « Death, precarity and fashion work » (« mort, précarité et travail dans la mode »).

Il existe une pétition proposée par Avaaz, vous pouvez la signer ici : http://www.avaaz.org/fr/ecrasees_en_faisant_nos_vetements/?bdUAlbb&v=24799

 Autres liens et bon coup de gueule sur le blog de Raymond Thiébaut, simple citoyen, retraité: http://blogs.mediapart.fr/blog/raymond-thiebaut/090513/bangladeshmorts-sur-ordonnance-neoliberale-capitalisme-de-desastre

Paul Jorion publiera un article sur le sujet dans Le Monde de lundi 13 mai

09 mai 2013

Au moins huit personnes ont péri jeudi dans l’incendie d’une usine textile dans la capitale du Bangladesh, Dacca, deux semaines après l’effondrement d’un immeuble abritant des ateliers de confection qui a fait plus de 800 morts

Bangladesh_photo Globe and Mail

En France, on reste évidemment surpris (pas trop à vrai dire…) que les grands médias ne fassent aucun suivi de ces sinistres accidents. Le site Arrêt sur Images y a consacré son émission de la semaine dernière, nous mettons le lien ci-après bien qu’elle ne soit peut-être pas en accès libre pour les non abonnés. Si c’est le cas se serait dommage ! On y découvre des moyens de pression individuels sur les marques esclavagistes par le biais des réseaux sociaux de type Facebook, pour peu qu’on soit simplement citoyens et qu’on y accorde un peu de temps libre. On découvre aussi et on s’en étonne (pas trop à vrai dire, là non plus…) qu’aucun journal de la presse féminine (Elle, Marie-Claire, etc.) ne se soit fendu du moindre article, en bref que le Bangladesh, l’Inde et la Chine sont peut-être trop loin de chez nous pour qu’on se sente responsable de vouloir des fringues toujours de moins en moins chères. Mais il est vrai que la vie humaine n’a plus guère de valeur, sinon marchande, pour toutes ces boîtes qui ne raisonnent plus qu’en termes de compétitivité.

N’empêche que lorsqu’on sait que ces femmes (parmi lesquelles se trouvent parfois des jeunes filles mineures) travaillent pour 30 euros par mois, qu’elles bossent 12 heures par jour et six jours sur sept (et certaines doivent travailler 7/7 )… on peut se demander qui, en France, peut encore penser que nous seront un jour compétitif dans un marché de libre échange !

http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=5811

 

Sources suivantes : Mediapart et Ropa Limpia (Linge propre)

Au moins huit personnes ont péri jeudi dans l’incendie d’une usine textile dans la capitale du Bangladesh, Dacca, deux semaines après l’effondrement d’un immeuble abritant des ateliers de confection qui a fait plus de 800 morts, a annoncé la police. L’incendie s’est déclaré dans la nuit de mercredi à jeudi au troisième niveau d’un immeuble qui en compte 11 et abrite deux ateliers de confection, dans le quartier Darussalam de Dacca.

Le Bangladesh vient de fermer 18 usines de fabrication textile pour des raisons de sécurité, a annoncé le ministre du Textile. Seize ont été fermées à Dacca et deux à Chittagong, la deuxième ville du pays. Il s’agit des premières fermetures décidées par les autorités depuis le drame du 24 avril, où un immeuble de neuf étages qui abritait des ateliers de confection s’est effondré. Le bilan s’alourdit de jour en jour, et dépasse désormais les huit cents morts, a annoncé l’armée. C’est le plus grave accident industriel de l’histoire du pays.

Le gouvernement est engagé dans une campagne de communication en direction des marques occidentales, qu’il craint de voir fuir. Lundi a été annoncée la mise en place d’une nouvelle commission d’enquête, censée inspecter les 4500 usines textiles du pays, à la recherche de défauts de construction.

Le Bangladesh est le deuxième exportateur mondial de textile, derrière la Chine. Cette industrie emploie plus de 40 % de la main-d’œuvre nationale, et représente 80 % de ses exportations.

photo_Ropa Limpia

Les lanceurs d’alerte de l’esclavage textile

La campagne Ropa Limpia (Linge propre) dénonce depuis 1989, depuis qu’une manifestation aux Pays-Bas contre les conditions de travail « déplorables » des ateliers textiles des Philippines a débouché sur un mouvement en faveur de droits du travail dans le secteur. Cette campagne est aujourd’hui menée dans 14 pays européens.

Cependant, Ropa Limpia est loin de se limiter à des campagnes ponctuelles, précise Eva Kreisler, sa coordinatrice en Espagne. Il s’agit d’un réseau international de plus de 300 ONG, syndicats et organisations de consommateurs. Il a dénoncé des cas d’exploitation professionnelle ou de violation des droits syndicaux dans des usines du Bangladesh, du Sri Lanka, d’Inde, du Pakistan et du Maroc. Son objectif est d’obtenir que les conditions de travail des ouvriers du textile soient équivalentes à celles qui ont été établies par l’Organisation internationale du travail (OIT) ainsi que de tenter de minimiser l’impact de la production textile sur l’environnement.

Ropa Limpia a par exemple annoncé que des entreprises comme El Corte Inglés (Espagne), Primark (Irlande), Bonmarché (Royaume-Uni) et Loblaw (Canada) se fournissaient dans des ateliers détruits dans l’effondrement du bâtiment de Dacca. Et les quatre ont fini par reconnaître qu’elles produisaient des vêtements dans l’édifice. Le mouvement est en train de recueillir de plus amples informations et il est possible que d’autres marques apparaissent dans les prochains jours.

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