Ah, ces élus embellisseurs…

 On n’est jamais mieux servi que par soi-même

 

C’est drôle, ça ! Le 24 juin dans une interview accordée au Figaro, Gilles Carrez, le président UMP de la commission des finances de l’Assemblée se plaignait que « Notre pays est drogué à la dépense ». Jusque-là, ce n’est pas nous qui l’aurions contredit. Mais voilà qu’un certain Hervé Lebreton, professeur de mathématiques et surtout simple citoyen, s’était mis en tête depuis plus de deux ans d’obtenir des renseignements sur la façon dont la réserve parlementaire est utilisée. Parcours du combattant mais cette fois payant puisque les services du ministère de l’Intérieur lui ont fait parvenir le document réclamé, un fichier PDF de 1008 pages !

Assez pour y découvrir, entre autres parlementaires particulièrement bien choyés, que ledit Gilles Carrez a distribué l’essentiel de sa réserve parlementaire au maire du Perreux-sur-Marne (94), qui est un certain… Carrez Gilles.

La réserve parlementaire, de quoi s’agit-il ?

C’est une cagnotte d’environ 120 à 150 millions d’euros  qui permet chaque année aux parlementaires de financer des aménagements de voiries, la rénovation de bâtiments vétustes ou des réparations d’infrastructures dans leur circonscription.

Il est à noter que, depuis cette année, les réserves parlementaires sont distribuées équitablement entre parlementaires (de l’ordre de 130 000 euros). Le Canard Enchaîné indique que seuls les responsables de groupe, présidents de commission et vice-présidents bénéficient du double de cette somme. Quant au président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, il n’aurait plus « QUE » 520 000 euros, ce qui, évidemment, peut paraître faible comparé aux 11 millions d’euros dont bénéficiait son prédécesseur Accoyer). Selon le nouvel engagement, nous devrions connaître à la fin de cette année 2013 la liste complète des investissements financés par la réserve parlementaire.

Eh bien nous l’espérons aussi afin que chaque citoyen de chaque commune puisse se faire une plus juste idée de savoir si son maire le bichonne ou le prend pour un con.

Pour la bonne ville de Gilles Carrez, par exemple, nous sommes heureux d’apprendre qu’il a fallu consacrer 170 000 euros pour « la réfection des trottoirs, avenue du 11 Novembre, côté pair entre le rond point et la rue de la Paix ».

Voici la rue en question en 2008 (merci Gougol)

Et la voici après les travaux de 2012. Y a pas à dire, c’est vraiment new look !

Pour connaître les autres travaux engagés sous la houlette de Carrez vous pouvez ouvrir ou télécharger le fichier suivant, c’est un tout petit morceau des 1000 pages : reserve_parlmentaire_2011_gilles_carrez . Et apprécier le dessus et le dessous, autre exemple, du « nouveau parking de l’Hôtel de ville ».

Nous aimons beaucoup cette esplanade de la Mairie décrite comme « lieu de vie et de détente ». Il crève les yeux que ça pète de vie ! (et si ça se trouve il est interdit de marcher sur les pelouses.). Mais si le bureau du maire donne sur l’esplanade, bon… euh… c’est pas tout à fait de l’argent en l’air. Nous aussi, au Grau du Roi (moins de 10 000 h), nous avons un maire (UMP) en bout de rouleau qui est en train de nous construire une nouvelle mairie avec vue sur la mer. Ça devrait taper dans les dix millions d’euros au final, voire quelques dépassements habituels. Bah ! Quand le million devient l’unité de base… c’est franchement donné !

Allez, une prochaine fois on vous parlera de Michèle Tabarot, actuelle n°2 de l’UMP promotionnée par le mal inspiré JF Copé.

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