de l’incontournable Sarkozy

 

Par Passifou (source : Le Club Mediapart)

On peut dire qu’avec Sarkozy, on se trouve en face d’un phénomène extraordinaire, le déni total, définitif, et jamais interrompu de toute vérité à l’évènement.

Sarkozy existe d’abord par les médias.

Ce qu’il fait et dit, est amplifié, amélioré, asséné jusqu’à faire partie des meubles. Sarkozy est incontournable parce qu’on vous le dit, et parce que partout, on entend parler de lui et on le voit mis en situation d’être vanté, approuvé ou soutenu.

C’est le compagnon de votre quotidien, du lever à la radio, au coucher avec le dernier journal télévisé.

Que fait-il ? Rien, ce sont les médias qui vous diront ce qu’il a fait de bien, ce qu’il a empêché de mal, c’est à eux de trouver.

Lui s’enferme dans ses refuges élyséens ou partisans avec des copains, évacue tout ce qui peut ressembler à un cadre contraignant officiel, pour ne faire exactement que ce qu’il veut, aux autres de récupérer le coup.

Les lieutenants se contorsionnent pour essuyer la dernière lubie, les médias pour étouffer la dernière vilénie.

On a de l’Hitler et de ses proches avec Sarko et l’état-major Ump, il perd sans cesse chaque bataille, mais personne n’ose s’en débarrasser.

C’est qu’il terrorise.

Parce que le bonhomme est vindicatif jusqu’à l’obsession, méchant comme une teigne et qu’il n’oublie rien, faisant d’un manque de flagornerie et de soumission veule, une attaque personnelle.

Le type est visiblement givré. Tout le monde le sait. Alors pourquoi lui laissent-ils donc autant de pouvoir ?

C’est que les amis de Sarkozy sont propriétaires d’immenses champs de blé variété dollar, et qu’il les a aidés sans jamais hésiter. 600 milliards de déficit, principalement en raison de la gestion de la fiscalité. Cela a une signification.

On fait porter l’essentiel du poids de l’État sur ceux qui n’en profitent pas, les classes moyennes.

Sarkozy a besoin de serfs.

Et nous on a besoin de lui casser sa gueule médiatique enfarinée, encore et encore, jusqu’à ce que la simple idée de revenir plastronner devant les caméras, en France ou ailleurs, lui donne la nausée.

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Par ailleurs, Christophe Geugnot a placé depuis hier (lundi 8 juillet) sur Mediapart une note de veille qui récapitule les principaux éléments d’une Sarkosie cernée de toutes parts  par la justice.

Extraits :

Édouard Balladur

Premier ministre quand fut signé en 1994 le contrat de vente de sous-marins au Pakistan et de frégates à l’Arabie saoudite. Au vu de l’avancée de l’enquête menée par le juge Renaud Van Ruymbeke, il devrait logiquement être auditionné dans les mois à venir, d’autant que placé en détention depuis plus d’un mois, Ziad Takieddine a reconnu le 20 juin 2013 avoir financé la campagne de l’ancien premier ministre.

Nicolas Bazire

Proche de Nicolas Sarkozy dont il a été témoin de mariage avec Carla Bruni, ancien directeur de cabinet d’Édouard Balladur et directeur de la campagne de ce dernier en 1995, Nicolas Bazire, 54 ans, a été mis en examen le 22 septembre 2011 pour « complicité d’abus de biens sociaux » dans le cadre de l’affaire Karachi.

 

Philippe Courroye

Le procureur de Nanterre, proche notoire de Nicolas Sarkozy, a été mis en examen le 17 janvier pour « atteinte au secret des correspondances par personne dépositaire de l’autorité publique » et « collecte de données à caractère personnel par moyen frauduleux, déloyal ou illicite ». Une décision par la suite annulée par la chambre de l’instruction car au moment de la mise en examen du procureur, le caractère illégal de la procédure engagée contre les journalistes n’était pas établi (ce ne sera établi qu’en décembre 2011). L’instruction va donc pouvoir reprendre.

En charge de l’affaire Bettencourt, le procureur Courroye était nommément cité dans les enregistrements publiés par Mediapart, lorsque, le 21 juillet 2009, Patrice de Maistre, le gestionnaire de Liliane Bettencourt, expliquait à sa cliente que Patrick Ouart, à l’époque conseiller juridique de Nicolas Sarkozy, lui avait assuré que le procureur Courroye allait annoncer le 3 septembre que la demande de sa fille était irrecevable, avant que le procureur rejette effectivement la plainte le 3 septembre 2009.

Renaud Donnedieu de Vabres

Renaud Donnedieu de Vabres a été mis en examen en décembre 2011 pour « complicité d’abus de biens sociaux » dans l’affaire des ventes d’armes au Pakistan et à l’Arabie saoudite. Il est soupçonné d’avoir participé à la mise en place, au sein du gouvernement Balladur, d’un système de détournement de fonds.

 

Thierry Gaubert

Thierry Gaubert, 60 ans, proche de Nicolas Sarkozy, aujourd’hui conseiller du président du groupe Banques populaires-Caisse d’épargne, est interpellé et placé en garde à vue en septembre 2011. Mis en examen deux jours plus tard pour « recel d’abus de biens sociaux », il est laissé en liberté.

Thierry Gaubert est également mis en examen pour « subornation de témoin » le 22 novembre 2011.

En mai 2012, Thierry Gaubert a annoncé lui-même avoir à nouveau été mis en examen, cette fois pour blanchiment aggravé.

Claude Guéant

L’ancien ministre de l’intérieur et ancien secrétaire général de l’Élysée a reçu Bernard Tapie en mai 2009 et interféré dans la négociation fiscale que l’ex-homme d’affaires avait avec le directeur de cabinet d’Éric Woerth et qui ne prenait pas la tournure qu’il souhaitait.

Mis en cause par Ziad Takieddine, dans l’affaire du financement libyen de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy.

Claude Guéant est également mis en cause pour avoir bénéficié de sommes d’argent en liquide pour environ 250 000 euros, provenant selon lui de « primes de cabinet », « non déclarées ». Le parquet de Paris a cependant ouvert, le 14 juin 2013, une enquête préliminaire pour de possibles « détournements de fonds publics » et « recel » visant ces primes.

Brice Hortefeux

L’ex-ministre de l’intérieur a appelé son ami Gaubert pour le prévenir que sa femme, Hélène de Yougoslavie, « balançait beaucoup » au juge Van Ruymbeke. L’échange entre les deux hommes laisse penser que M. Hortefeux a eu accès au dossier d’instruction.

L’avocat des familles des victimes de l’attentat de Karachi a déposé plainte contre Brice Hortefeux pour « complicité de subornation de témoin »« violation du secret de l’enquête » et « entrave au déroulement des investigations ou à la manifestation de la vérité ».

L’enquête pour violation du secret professionnel a été classée sans suite.

Brice Hortefeux est également mis en cause dans l’affaire Kadhafi concernant le financement de la campagne présidentielle de 2007.

Christine Lagarde

mise en cause dans le cadre d’une enquête de la CJR, ouverte le 4 août, pour « complicité de faux » et « complicité de détournement de fonds publics ». Le 25 mai 2013, elle a été placée sous le statut de témoin assisté par la Cour de justice de la République.

La Cour de justice de la République estime que l’ex-ministre de l’économie s’est impliquée « personnellement » dans un processus comportant « de nombreuses anomalies et irrégularités », qui a abouti à un dédommagement de Bernard Tapie de centaines de millions d’euros sur fonds publics.

François Léotard

Il est celui qui a signé les contrats de l’affaire de Karachi. L’ancien ministre de la défense, François Léotard, est au cœur de l’enquête du juge Van Ruymbeke sur les ventes d’armes du gouvernement Balladur avec le Pakistan et l’Arabie saoudite.

À la clé : plus de 80 millions d’euros de commissions occultes. Avec les derniers rebondissements de l’affaire, une audition de François Léotard devrait intervenir prochainement.

Stéphane Richard

Stéphane Richard, ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde, est convoqué le 10 juin 2013 devant la Cour de justice de la République (CJR) dans le cadre de l’arbitrage rendu en 2008, favorable à Bernard Tapie, qui avait touché 403 millions d’euros dans l’affaire l’opposant au Crédit lyonnais sur la vente d’Adidas.

 

Bernard Squarcini

Le 17 octobre 2011, alors qu’il est toujours directeur de la DCRI, Bernard Squarcini est mis en examen pour « atteinte au secret des correspondances », « collecte illicite de données » et « recel du secret professionnel », dans le cadre de l“affaire des fadettes” des journalistes du Monde en pleine affaire Bettencourt. Le 12 décembre 2012, la cour d’appel de Paris annule deux des trois chefs de mise en examen. Il reste mis en examen pour « collecte de données à caractère personnel par un moyen frauduleux, déloyal ou illicite ». En juin 2013, il est renvoyé en correctionnelle pour ce dernier chef d’accusation.

Ziad Takieddine

L’homme d’affaires franco-libanais, soupçonné d’avoir voulu prendre la fuite à l’étranger alors qu’il fait l’objet d’un contrôle judiciaire, a été mis en examen le 1er juin 2013 et écroué à la prison de la Santé.

Au cœur de l’affaire Karachi, Ziad Takieddine est mis en examen trois fois dans ce dossier : d’abord pour complicité et recel d’abus de biens sociaux et faux témoignage, puis pour blanchiment et recel d’abus de biens sociaux.

De septembre à décembre 2005, Ziad Takieddine aura été l’organisateur des visites à Tripoli du ministre Sarkozy, de Claude Guéant, son directeur de cabinet, et même de Brice Hortefeux, ministre délégué… aux collectivités territoriales. Officiellement, il s’agit de parler d’immigration et de lutte contre le terrorisme. En coulisses, le cabinet Sarkozy et Ziad Takieddine négocient en secret des contrats commerciaux, plus ou moins avouables.

Bernard Tapie

Le 28 juin 2013, Bernard Tapie et son avocat Maurice Lantourne sont mis en examen pour « escroquerie en bande organisée » dans l’affaire Tapie-Crédit lyonnais.

Bernard Tapie a fini par admettre avoir participé à une réunion à la présidence de la République, en juillet 2007, en vue de mettre en place le processus d’arbitrage qui, un an plus tard, lui accordera 403 millions de dommages et intérêts.

Éric Woerth

Accusé par l’ex-comptable de Liliane Bettencourt, Claire Thibout, d’avoir reçu début 2007, alors qu’il était ministre du budget et trésorier de l’UMP, 150 000 euros de Patrice de Maistre, l’ex-gestionnaire de fortune de la milliardaire, Éric Woerth a déposé plainte pour dénonciation calomnieuse.

Le 8 février 2012, il est mis en examen pour trafic d’influence passif, et le lendemain pour recel de financement illicite de parti politique. Le 4 juillet 2013, Éric Woerth est renvoyé en correctionnelle pour ce dernier volet du dossier.

La justice détient une lettre de l’ancien ministre du budget adressée aux avocats de Bernard Tapie. Datée d’avril 2009, elle fixerait le montant d’impôt dû par l’ex-homme d’affaires au terme de l’arbitrage à environ 12 millions d’euros alors que d’autres modes de calcul auraient pu aboutir à… 120 millions d’euros.

Il est par ailleurs sous le coup d’une enquête de la Cour de justice de la République (CJR) pour « prise illégale d’intérêts » dans la vente de l’hippodrome de Compiègne.

 

Et dire qu’on manque de place dans les prisons !… A moins que…

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extrait de l’Humanité (9 juillet)

Jean-Luc Mélenchon: face aux affaires, « les citoyens doivent réécrire la règle du jeu »

Entretien exclusif HD.  Tapie, Cahuzac, retrocommissions de Balladur, financement de la campagne de Sarkozy par la Libye de Kadhafi… Interrogé sur les «affaires», le coprésident du Parti de gauche dénonce un système qui «organise l’irresponsabilité à tous les étages». Il appelle à nouveau à l’élection d’une Assemblée constituante «pour rédiger la Constitution d’une VIe République».

HD. Affaire Cahuzac, affaire Tapie, nouvelles révélations sur l’affaire Karachi et le financement de la campagne de Balladur. Comment réagissez-vous à ce grand déballage?

Jean-Luc Mélenchon. Même si elles sont différentes, ces affaires ne sont pas des cas particuliers. Ce sont des symptômes du pourrissement de la Ve République. En concentrant tous les pouvoirs sur un seul homme, ce système organise l’irresponsabilité à tous les étages. Il rend ainsi les institutions perméables avec la finance: une technocratie irresponsable navigue des banques et du commerce vers la politique via l’administration et par le copinage. L’UMP, le PS participent de cette oligarchie par leur politique autant que par leurs connivences de personnes. Mais l’affaire Cahuzac a montré aussi que la chaîne du mensonge commence au PS pour finir au FN.

Ce pourrissement des institutions par l’argent fait reculer le consentement à l’autorité dans l’ensemble de la société. Le peuple est systématiquement écarté du pouvoir au profit d’une oligarchie insubmersible, qui survit à toute alternance. Dans ces conditions, l’abstention de masse est une forme d’insurrection civique froide contre un système jugé illégitime. Face à une crise d’une telle ampleur, le changement ne peut pas être cosmétique. Les institutions doivent être entièrement refondées. Les citoyens doivent pouvoir réécrire la règle du jeu institutionnel et social, grâce à l’élection d’une Assemblée constituante pour rédiger la Constitution d’une VIe République. De la cité à l’entreprise et comme être humain responsable de l’écosystème, il s’agit de répondre à un objectif principal: assurer partout et tout le temps la souveraineté politique complète du peuple! Et imposer l’intérêt général de l’humanité face aux intérêts mercantiles en coupant tous les liens possibles entre finance et politique.

HD. Vous avez récemment pris la défense de Jérôme Kerviel contre la Société générale. Pourquoi? Selon vous, est-ce une nouvelle affaire d’État qui se profile?

J.-L. M. Cette affaire illustre à nouveau la collusion entre les financiers voyous et le gouvernement UMP qui a couvert à l’époque les méfaits de la Société générale par l’intermédiaire de Christine Lagarde, en faisant payer le contribuable pour des pertes dont le montant et l’origine restent obscurs. Pour maquiller les pertes abyssales de cette banque dans les subprimes aux États-Unis, ses dirigeants ont chargé un homme qui spéculait hors norme comme la banque le lui avait appris. Kerviel n’est pas responsable de ce dont on l’accable. Cette affaire révèle que les grandes banques représentent désormais en France un danger pour l’économie réelle et la démocratie. Nous affrontons un cancer financier. Une stricte séparation des activités de banque de détail et de banque de marché permettrait de commencer à briser ces monstres. On en est très loin avec la loi Hollande-Moscovici sur les banques, qui est la plus favorable à la finance de toute l’Europe. La création d’un pôle financier public, y compris à partir de la nationalisation des activités de détail des deux plus grandes banques françaises, permettrait de réorienter radicalement le financement de l’économie. Et de tourner le dos à l’économie de casino dont ces banques sont devenues les principaux moteurs.

HD. Dans cette ambiance, la crise politique semble plus qu’acquise. Jugez-vous que la montée du FN en fait partie?

J.-L. M. Le FN n’est pas seulement un bénéficiaire indu de cette crise. Il est directement lié aux causes de la crise. Voyez avec l’affaire Cahuzac: les Le Pen et leurs amis participent directement de cette oligarchie du fric, au point que c’est un proche de Mme Le Pen qui a ouvert le compte en Suisse de Cahuzac. Sans oublier que Jean-Marie Le Pen lui-même a déjà été condamné pour fraude fiscale. Et que Marion Le Pen a défendu les LBO (système qui permet le rachat à crédit des entreprises ou de leurs dettes) à l’assemblée. Le FN profite d’une crise car il est utilisé par le système politique UMP-PS et les médiacrates comme un chien de garde pour figer tout le paysage démocratique et empêcher l’émergence majoritaire d’autres forces politiques. Le PS utilise ainsi la menace du FN comme une assurance-vie. La principale machine à faire monter le FN est l’Élysée, où se décide une politique désespérante, et dans les directions de nombreux médias qui ont méthodiquement dédiabolisé le FN et m’ont couvert d’injures. Les médiacrates distillent des ingrédients qui alimentent directement le vote FN. D’abord, le déclinisme des experts et d’une grande partie des cadres PS et UMP qui installe un sentiment de décadence et d’impuissance. Ensuite, la recherche de boucs émissaires, arabes, juifs ou francs-maçons, que de nombreux médias, à commencer par de grands hebdomadaires, pointent du doigt, les uns pour leur pouvoir présumé, les autres pour la menace qu’ils représenteraient pour le pays. J’appelle à la résistance systématique face à ce lepénisme médiatique et à l’insurrection des consciences des journalistes eux-mêmes.

 

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