Aigues-Mortes en devoir de mémoire

En mémoire d’Adélaïde Fontaine

Les 16 et 17août 1893, ici même dans ces lieux, autrefois occupés par une modeste boulangerie, Adélaïde Fontaine née Vical (1853-1906), s’est dressée avec courage face à la vindicte xénophobe de plus d’une centaine d’émeutiers en furie.

Dès le mercredi 16 août les ouvriers saliniers italiens sont pourchassés dans les rues d’Aigues-Mortes.

Près d’une trentaine d’entre eux vont échapper à un massacre annoncé en trouvant un refuge inespéré : la boulangerie de la veuve Fontaine.

Malgré la violence des émeutiers déterminés à chasser les italiens, la boulangerie n’a jamais été prise d’assaut. La dignité et le courage d’Adélaïde Fontaine veuve en charge de 6 enfants les a sans doute retenus.

Sans le courage de cette femme ; sans le courage de l’abbé Jacques Eugène Mauger ; sans le courage de nombreux aigues-mortais et aigues-mortaises, le terrible bilan du drame des italiens d’août 1893 aurait pu être bien plus lourd…

Aujourd’hui, nous, enfants d’immigrés italiens ; nous aigues-mortais, aigues-mortaises, 120 ans jour pour jour après cette tragédie, nous saluons la mémoire d’Adélaïde Fontaine et de toutes celles et ceux qui, en ces jours du drame de l’été 1893, se sont dressés face à la violence xénophobe.

« Celui qui diffère de moi, loin de me léser, m’enrichit »

Ecrivait Antoine de Saint-Exupéry.

Afin que jamais le drame dAigues-Mortes daoût 1893, ne se reproduise, nous devons rester vigilants.

Mémoire déposé le 17 août 2013

EN MÉMOIRE DE

Secondo Torchio, 24 ans, de Tigliole (Asti)

Bartolomeo Calori, 26 ans, de Turin

Giuseppe Merlo, 29 ans, de Centallo (Cuneo)

Paolo Zanetti, 29 ans, d’Alzano Lombardo (Bergame)

Vittorio Caffaro, 29 ans, de Pinerolo (Turin)

Giovanni Bonetto, 31 ans, de Frassino (Cuneo)

Lorenzo Rolando, 31 ans, d’Altare (Savone)

Amaddio Caponi, 35 ans, de San Miniato (Pise)

Carlo Tasso, 58 ans de Cerrina Monferrato (Alessandria)

Ouvrier resté inconnu

Morts dans cette ville le 17 août 1893 et des dizaines d’ouvriers blessés le même jour, tous victimes innocentes de la folie xénophobe.

voir aussi notre article précédent « L’été de la colère »

lire aussi (en italien) :

http://www.aise.it/index.php?option=com_content&view=article&id=151710%
et (en français) l’article de Barnaba :

http://www.radici-press.net/easyblog/en-1893-mohammed-sappelait-giovanni

note : après la balise Lire la suite vous pouvez trouver les fac-similé de divers courriers échangés pour que cette commémoration puisse avoir lieu.

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