Section Dassault_2

Et maintenant des menaces ?

Pascal Boistel, bras droit de Dassault depuis 1995 s’est fendu d’une mise en garde à l’attention de Mediapart : « Sachez que nous avons déposé plusieurs plaintes contre les gens que vous citez. (…) Il n’est pas du tout impossible qu’on découvre par la suite que tout cela soit une manière de racketter Serge Dassault. Je vous le redis, “faites très attention”. »

La justice ayant déjà ordonné à Mediapart de retirer tous ses articles concernant l’affaire Bettencourt, va-t-il falloir aussi se taire sur cette affaire Dassault à la veille d’élections municipales ? De quel droit ? Parce que le vieux gâteux serait plus puissant, entend-on, que la justice des tribunaux, plus puissant que n’importe quel ministre ou chef d’état ? Intouchable ?

Sémaphores ne peut reproduire l’article intégral de Médiapart (nous respectons que l’information ait un prix) mais relaie volontiers ce large extrait pour les non abonnés devant le silence qui risque de recouvrir cette affaire. Il ne s’agit pas de s’acharner sur un bonhomme, pas plus que jeter l’opprobre à travers lui sur un des fleurons de l’industrie française. Mais tel père n’implique pas toujours tel fils, et si nous saluons la mémoire de Marcel Dassault, nous n’avons pas à le faire aveuglément avec l’un de ses héritiers qui ne mesure pas le degré d’indignité auquel il est parvenu en regard des valeurs républicaines. Peut-être y a-t-il manière de sortir la tête haute de ces errements politiques, mais ce ne sera sans doute pas par la menace.

Voici le début de l’enquête de Mediapart.

C’est un habitant du quartier « sensible » des Tarterêts qui lance à un socialiste en campagne, en 1999 : « Tu me donnes quoi si je vote pour toi ? » C’est un adjoint de Dassault approché pour rejoindre une liste MoDem en 1998 qui répond : « Combien tu me donnes pour que je vienne ? ». Ce sont des jeunes qui viennent réclamer à l’adjoint jeunesse UMP « ce que le “Vieux” (leur) doit », en 2002.

À Corbeil-Essonnes, « tout se monnaye aujourd’hui », résume Joël Roret, l’ancien adjoint jeunesse de Serge Dassault. Le résultat de deux décennies de système Dassault. Depuis 1995, l’industriel – et sa doublure Jean-Pierre Bechter, son successeur à la mairie et l’administrateur de la Socpresse et du Figaro, contrôlés par Dassault –, règne en seigneur sur cette ville arrachée aux communistes après trois tentatives infructueuses. Corbeil, son jouet, sa « danseuse », dit-il.

Lors des législatives de 2002, M. Valls croise S. Dassault et lui lance : « Ben alors, vous avez refusé le débat ? »© Ina

Lors de sa première campagne, en 1977, « son équipe distribuait déjà des pièces de dix francs dans les quartiers populaires », se souvient Jacques Picard, conseiller régional écolo qui a jeté l’éponge en 2009, après avoir bataillé treize ans au conseil municipal. « C’est un système enraciné depuis plusieurs générations, cela produit une gangrène. Les gens attendent de toucher à leur tour », se désole Nathalie Boulay-Laurent, l’ancienne première adjointe (MoDem) de Dassault, qui a démissionné après l’invalidation des municipales de 2008.

« Dassault a perverti le rapport à la démocratie et à la politique à Corbeil-Essonnes. Il a véhiculé cette idée que tout s’achète. Il va falloir changer les esprits », explique Carlos Da Silva, opposant PS et député suppléant de Manuel Valls. Le communiste Bruno Piriou, principal adversaire de l’avionneur, décrit « l’ambiance délétère » qui règne « dans le microcosme de Corbeil » : « Il y a deux camps : ceux qui tirent et ceux qui se font tirer dessus. Cela dépasse la réalité. »

Serge Dassault au défilé du 14-Juillet 2013.© Reuters


Ce système inédit n’a pu perdurer que parce que le milliardaire est intouchable. Connexions au plus haut sommet de l’État, force de frappe médiatique impressionnante, puissance financière : en Essonne, Dassault a tissé sa toile et imposé un certain respect, à droite comme à gauche.


À l’origine de la conquête de Corbeil, une revanche de Serge Dassault, 88 ans aujourd’hui, sur son père Marcel, fondateur de l’empire familial, député des Alpes-Maritimes puis sénateur de l’Oise (lire notre article sur la dynastie). « Il y a un but psychologique : égaler son père », raconte Pascal Boistel, plus proche collaborateur de Dassault depuis 1995. « Il voulait montrer qu’il pouvait être élu sans lui. Corbeil a été son tremplin pour accéder à la reconnaissance. Nous, nous n’étions là que pour être ses yeux et ses oreilles », rapporte son ex-adjoint Joël Roret, parti en 2006 et aujourd’hui soutien de Bruno Piriou.

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Dossier PUB

Plutôt sympa _et pour le moins parlante_ cette affiche 2013 d’une rentrée sans marques. L’occasion de signaler d’autres luttes qui n’ont pas souvent de micros tendus, à savoir « Casseurs de Pub » et « RAP » (Résistance à l’Agression Publicitaire).

Non à la tyrannie des marques Alors que la publicité est déjà omniprésente dans quasiment dans tous les espaces (télévision, magasine, internet, rues, transports en commun, tables de cafés,…), elle s’introduit de plus en plus dans les milieux scolaires et ce sous plusieurs formes : les enfants et les jeunes sont utilisés comme des hommes-sandwichs via les vêtements siglés qu’ils portent. Les marques continuent de cracher leur propagandes avec des fournitures scolaires et parascolaires siglées de plus en plus folklorisées. Le tout pour mieux imprégner les esprits des plus jeunes dans un imaginaire tourné vers l’idéologie et l’esclavage mental de la surconsommation.

Non aux marchands qui remplacent les enseignants. Résistance à l’agression publicitaire et Casseurs de Pub alertent depuis plusieurs années les députés au sujet de la publicité à l’école. La législation actuelle (circulaire Lang du 28 mars 2001 nommée « Code de bonne conduite des interventions des entreprises en milieu scolaire ») permet en effet une marchandisation de l’école toujours plus inquiétante. Les gouvernements successifs se gardent bien, depuis plus de 10 ans, de remettre en question cette circulaire Lang. Aujourd’hui, cela devient normal au point que même les patrons du CAC 40 passent dans les écoles via cette porte ouverte pour vociférer leur propagande et éduquer (voire même dresser) les plus jeunes à leurs modes de vie et leurs normes dont les intérêts sont privés et contraires à l’intérêt général (voir plus bas un article d’Acrimed sur le « Coaching patronal au collège »). Grâce à cette circulaire et sous couvert de contenu pédagogique, les marques remplacent petit à petit l’enseignant. Pourtant, les marques religieuses ou idéologiques sont contraires aux principes de neutralité et de laïcité si elles introduisent une soumission à une autorité et à des valeurs contradictoires à celles de l’école.

R.A.P. et Casseurs de Pub appellent tous les citoyens à envoyer une lettre à leur député afin de demander le retrait de la circulaire Lang du 28 mars 2001 nommée « Code de bonne conduite des interventions des entreprises en milieu scolaire ».

Un modèle de lettre est visible sur les sites internet de R.A.P. et Casseurs de Pub : www.antipub.org/ http://www.casseursdepub.org/

Résistance à l’agression Publicitaire (R.A.P.) et Casseurs de Pub

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Une liste noire des sites « captivants »

Internet : la liste noire des sites dont vous ne pouvez pas vous désinscrire

Depuis août 2013, un Britannique a mis en ligne une interface qui explique les étapes pour se désinscrire des sites les plus célèbres. Sur certains, c’est carrément impossible

Lancé en août 2013, le succès de son initiative ne faiblit pas, et plusieurs collaborateurs traducteurs ont rejoint sa quête d’un Internet plus sûr.

Plus qu’un annuaire de liens permettant d’accéder aux différents formulaires de désinscription, « Justdelete.me » va plus loin et classe les sites selon leur niveau de difficulté pour supprimer un compte. Un code couleur de quatre niveaux classe les processus de désinscription, de facile (couleur verte) à impossible (couleur noire).

Rappelons que la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) est compétente pour récolter les plaintes d’internautes qui ne parviennent pas à supprimer leurs données personnelles d’un site. Un formulaire est disponible avec ce lien.

Selon l’article 38 de la loi « informatique et libertés » du 6 janvier 1978 modifiée, l’éditeur du site a deux mois pour supprimer un contenu vous concernant.

découvrir le site : http://justdelete.me/fr.html#

Spéciale section Dassault

Nous n’avions mis qu’une note dans notre fil d’actu de la semaine en cours, pensant que l’info ferait assez de bruit dans le landerneau pour nous dispenser d’y revenir. Mais non. On chercherait en vain autre chose qu’un entrefilet ou un bas de page dans la presse locale (Midi Libre, par exemple…), et l’on comprend bien que le Figaro ne va pas s’y étaler. Et comme tout le monde n’est pas abonné à Mediapart (qui une fois de plus fournit les preuves de ce qu’il avance), nous proposons ces quelques éléments glanés ici et là. Dans la perspective des élections municipales à venir, il est plus que temps de dénoncer, Dassault ou pas Dassault, sénateur ou pas, tous les pourris qui empoisonnent le système démocratique et la politique digne de ce nom.

Petite compil à l’attention de qui aurait tout raté :

intitulé « Serge Dassault : la conquête et la tétée », par Hubert Huertas sur France culture, certes un parti-pris mais un portrait plutôt réaliste.

Serge Dassault sera entendu par les juges le 2 octobre prochain dans une affaire qui mêle l’argent, la politique, et des malfrats à la gâchette facile. Un mélange des genres extrême pour un soupçon d’achat de voix, à Corbeil-Essonnes, chez un homme habitué, depuis le jour de sa naissance, à occuper tous les terrains.

Qui est Serge Dassault, fils de Marcel ? Est-il un créateur, un conquérant, l’un de ces hommes partis de rien, ou de pas grand-chose, comme Bill Gates, Steve Jobs, ou Xavier Niel ?

Non. Premier mélange des genres, c’est un fils, qui confond la conquête et la tétée. Son père avait tout inventé, lui, il a pris la peine de naître. Ce n’est pas un profil rare en France, où bien des grandes fortunes, et des empires industriels, sont souvent dynastiques, Arnaud Lagardère ne dira pas le contraire quand il roucoule avec sa belle en affolant ses conseils d’administration. (…)

Voilà donc un libéral de combat, qui vit des subsides de l’État, c’est à dire des impôts qu’il dénonce, en défendant les exilés fiscaux.

Héritier politisé, libéral subventionné, Serge Dassault est finalement emblématique d’une tradition nationale, un patronat dynastique, à l’ancienne, mais toujours virulent. La différence avec les autres, c’est que lui n’a pas de limites, et que la justice se demande aujourd’hui s’il ne les a pas franchies…

Écouter le billet en entier :

 

Par ailleurs, le président PS du conseil général de l’Essonne, Jérôme Guedj, livre son sentiment à Mediapart : « La seule catharsis possible, c’est la justice. Mais désormais, il y a un changement de nature. Ce n’est plus uniquement l’argent qui corrompt, mais on se trouve face à une dimension au moins délinquante, si ce n’est mafieuse. Il y a besoin de remettre les compteurs à zéro. » Lire la suite

À propos du GMT, attention danger !

Jean-Luc Mélenchon dénonce les dangers du grand marché transatlantique imposé par les États-Unis et les multinationales. C’était à la Fête de L’Humanité, le 14 septembre 2013.

L’extrait dure 15 mn. Oubliez Jean-Luc Mélenchon si ce n’est pas votre tasse de thé, oubliez un instant vos préjugés et vos opinions, personne ne va vous les voler et vous les retrouverez bien assez vite. Mais comme ce qui se trame à travers le grand marché transatlantique n’a pas l’heur d’être répercuté comme il se devrait par les médias, il nous semble important d’alerter sur le danger évident que les multinationales font peser sur la souveraineté des états, France incluse et Europe en général, ne parlons même pas des petits pays qui n’auront pas les moyens de se défendre.

Il faut d’urgence dénoncer ce piège monstrueux qu’est le projet secret et sournois du grand marché transatlantique, stratégie de domination impériale des États-Unis et des multinationales sur le monde.

Les cousins d’abord

Non, ce n’était pas le radeau de La Méduse, ce bateau

Qu’on se le dise sur le port, dise sur le port

Il naviguait en père Peinard sur la grand’ mare des canards

Et s’appelait les cousins d’abord, les cousins d’abord

(pardon Brassens, et merci quand même)

Une famille aux affaires qui fait de bonnes affaires

Le tandem MOURRUT–ROSSO fonctionne assez bien, on le dit. Mais imaginerait-on qu’il puisse aussi fonctionner pour servir des intérêts particuliers, voire de clan ou de dynastie ?

Pour tenter de répondre, il faut se souvenir que le fils du maire s’est jadis porté acquéreur de la station service BP au Grau du Roi. (voir les pages que Sémaphores consacrait à ce sujet en mars 2012_lien en fin d’article)

Par ailleurs, on se souviendra aussi que le maire a participé en conseil municipal à un débat sur le PLU, qui accorde une augmentation de 10% à 35% de la constructibilité du terrain sur lequel est sise ladite station service du fiston. En termes d’urbanisme on appelle ça le « terrain d’assiette », et vous allez voir que l’assiette pourrait être bien garnie…

La surface du terrain en question est de 5134 m²

Lorsque le COS (coefficient d’occupation du sol) est fixé à 10%, cela signifie donc que seulement 513,4 m² sont autorisés à la construction.

Mais si le même COS est révisé à 35% pour la même zone, ce sont 1796,9 m² qui deviennent constructibles. Belle plus-value, non ?

À présent, si l’on tient compte que la valeur du mètre carré construit dans ce secteur est estimée en moyenne à 4 000 euros… Lire la suite

Le grand enfumage des medias

Dimanche 15 septembre, à 11h30, dans le cadre de la fête de l’Humanité, un débat aura pour thème : « Peut-on encore croire au journalisme ? Le cœur de métier de la presse – informer, expliquer, proposer – est fortement endommagé. Est-ce irréversible ? ». Il confrontera les points de vue de Thomas Legrand, éditorialiste à France-Inter, Edwy Plenel, directeur de Mediapart, Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité et député européen. Il est organisé par la société des Amis de l’Humanité, dans son espace, en partenariat avec Mediapart.

Sur le même sujet, article très intéressant sur le blog de Charles Sylvestre : http://blogs.mediapart.fr/edition/complices/article/090913/les-journalistes-ont-ils-un-coeur-de-metier-defendre

Mais en attendant ce débat du 15 à venir… Voici d’autres preuves du grand enfumage.

Photos volées, fausses identités, emplois bidon dans des entreprises bien réelles… Des agences de communication ont envahi les espaces de libre expression des médias Web.

Le lieu de prédilection de cet enfumage organisé ? Les rubriques de libre expression des sites comme Le Plus du Nouvel Observateur, le Cercle des Echos, les blogs du magazine Capital, les pages Express Yourself de L’Express ou…les Chroniques du JDN.

Ainsi par exemple Leila Bernardin ne dispose d’aucune existence numérique en dehors de ses chroniques dans Le Journal du Net. Idem pour Catherine Delarge ou Anaïs Roy

Stephane Philippi ou Brett Allison ?

Le Stéphane Filippi qui écrit dans le JDN en tant que formateur a un « sosie » sur Facebook qui travaille dans les assurances dans l’Arkansas.

Idem pour François Morillon qui s’annonce comme consultant en stratégie auprès du JDN mais qui apparaît sous les traits de Sébastien L. sur Foursquare.com.

Ainsi pendant plusieurs semaines Marc Chevrier a signé des chroniques dans le JDN au nom du département fusions & acquisitions aux États-Unis du très établi cabinet de recrutement Mercuri Urval.

Ce Marc Chevrier fait également les belles heures du site du magazine L’Express où il signe en mentionnant l’Université de Tbilissi en Géorgie (L’Express a effacé son profil suite à la publication de l’article du JDN).

Ici un prétendu Laurent Duhesmes annonce travailler pour le Musée d’Orsay alors que cette maison ne compte absolument aucun collaborateur à ce nom.

Même situation chez la très haut de gamme HSBC Private Banking chez qui on affirme n’avoir jamais recruté d’analyste du nom d’Edouard Cachan. Celui-ci prend également la plume dans les colonnes du site du magazine Capital.fr.

Et le fantomatique journaliste Henry Maggi, en fait un communicant payé pour assurer la com’ d’un site commercial, est solennellement tweeté par le Centre d’Analyse stratégique du Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Idéal pour consolider une réputation.

 

 

Article intégral sur le Journal du Net:  http://www.journaldunet.com/ebusiness/crm-marketing/les-pros-de-la-e-reputation-infiltrent-les-medias-web.shtml

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À l’attention du parterre de journalistes et étudiants en journalisme venus l’écouter, cette conférence de Michel Collon avait pour thème « Le rôle des médias dans les guerres humanitaires ». C’était le 25 Avril 2013, soit quelques mois avant le « massacre chimique » de Damas.

Dans ce même sens, nous pourrions dire que c’était donc également avant la prochaine guerre en Iran, inéluctable si les consciences populaires ne s’éclairent pas plus vite, si la presse des chiens de garde du système continue de mettre en avant les quelques centaines d’enfants syriens gazés sans les mettre en rapport avec les 500 000 enfants irakiens morts des suites de l’embargo, et nous sommes très gentils de ne citer que ceux-là. Identifier et désigner à la face du monde le véritable ennemi, rien ne pourra changer avant cela. C’est à chacun d’entre nous qu’il appartient de propager toutes les contre-vérités au discours officiel.

« On ne règle pas les problèmes avec ceux qui les ont créés » (Albert Einstein)


Charte de la laïcité

A partir d’aujourd’hui (lundi 09 septembre 2013), dans toutes les écoles publiques, sera affichée la charte de la laïcité, voulue par le ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon.

Cette charte est composée de 15 articles, destinés aux élèves mais aussi au personnel. Elle précise que la laïcité de l’école «offre aux élèves les conditions pour forger leur personnalité, exercer leur libre arbitre et faire l’apprentissage de la citoyenneté. Elle les protège de tout prosélytisme et de toute pression qui les empêcheraient de faire leurs propres choix». De même, «Aucun élève ne peut invoquer une conviction religieuse ou politique pour contester à un enseignant le droit de traiter une question au programme».

Charte de la laïcité :

1. La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi, sur l’ensemble de son territoire, de tous les citoyens. Elle respecte toutes les croyances

2. La République laïque organise la séparation des religions et de l’État. L’État est neutre à l’égard des convictions religieuses ou spirituelles. Il n’y a pas de religion d’État.

3. La Laïcité garantit la liberté de conscience à tous. Chacun est libre de croire ou de ne pas croire. Elle permet la libre expression de ses convictions dans le respect de celles d’autrui et dans les limites de l’ordre public. Lire la suite

OTAN en apporte le vent_3

Le président syrien Bachar al-Assad a déclaré à la chaîne américaine CBS qu’il démentait être derrière l’attaque chimique du 21 août, selon le journaliste Charlie Rose, qui l’a interviewé à Damas.

Selon des écoutes de l’armée allemande révélées dimanche par le journal Bild, Bachar al-Assad n’aurait pas approuvé personnellement l’attaque du 21 août. De hauts gradés de l’armée syrienne « réclament régulièrement depuis environ quatre mois des attaques chimiques au palais présidentiel à Damas (mais) ces demandes ont été toujours refusées, et l’attaque du 21 août n’a vraisemblablement pas été approuvée personnellement par Bachar al-Assad », rapporte le Bild, s’appuyant sur des écoutes effectuées par un navire allemand près des côtes syriennes.

L’enseignant belge Pierre Piccinin da Prata, kidnappé en Syrie au mois d’avril et libéré ce dimanche (en même temps que son confrère Domenico Quirico, journaliste italien), a accordé une interview à RTL-TVI ce lundi matin. Il a indiqué que le gaz sarin n’avait pas été utilisé par le régime de Bachar Al-Assad.09 Septembre 2013 12h35

« C’est un devoir moral de le dire. Ce n’est pas le gouvernement de Bachar Al-Assad qui a utilisé le gaz sarin ou autre gaz de combat dans la banlieue de Damas. Nous en sommes certains suite à une conversation que nous avons surprise. Même s’il m’en coûte de le dire parce que depuis mai 2012 je soutiens férocement l’armée syrienne libre dans sa juste lutte pour la démocratie« , a-t-il déclaré à Luc Gilson dans une interview enregistrée à Gembloux pour RTL-TVi.

Lire sur : Le Belge libéré en Syrie: « Ce n’est pas le gouvernement de Bachar Al-Assad qui a utilisé le gaz »

la lettre d’un ancien ambassadeur de France à François Hollande

Diplomate de carrière de 1972 à 2009, Pierre Charasse fut ambassadeur, notamment au Pakistan, en Uruguay et au Pérou, et a représenté la France dans de nombreuses instances internationales. Depuis le Mexique où, retraité, il réside, il vient d’adresser une lettre aussi ironique que cinglante à François Hollande sur la crise syrienne.

bref extrait : « Lorsque cette mission humanitaire sera terminée et que Bashar Al Assad aura fait amende honorable après la tripotée qu’on va lui mettre tout en le laissant au pouvoir, vous aurez la satisfaction d’avoir contribué à appliquer en Syrie la théorie du « chaos constructif » élaborée par des « think tanks » américains à l’époque de George Bush, en espérant que les grandes entreprises américaines, principales bénéficiaires du chaos, auront  la bonté de laisser  aux entreprises françaises la possibilité de tirer quelques avantages du désordre institutionnalisé qui a désormais vocation à se substituer à des Etats forts comme c’est le cas en Irak ou en Libye. Quelques contrats pétroliers feraient bien l’affaire de nos grands groupes. »

Pierre Charasse, Français de l’étranger, contribuable et électeur

à lire ici : http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/060913/syrie-la-lettre-dun-ancien-ambassadeur-de-france-francois-hollande

EDITORIAL DE L’HUMA

Délire guerrier par Jean-Emmanuel DUCOIN

C’est parfois dans les coulisses des sommets internationaux que nous sommes fondés à apprécier l’universalité de ceux qui nous gouvernent. Jugez plutôt. À peine sorti d’un G20 qui entérina l’isolement des États-Unis et de la France sur le dossier syrien, à quoi s’est prêté Laurent Fabius lors de la rencontre entre les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, samedi, à Vilnius ? À la construction d’un simulacre de consensus entre pays européens, doublée d’une tentative d’enfumage des opinions publiques qui restera dans les annales des tours de passe-passe diplomatiques. Alors qu’une réunion sur le processus de paix israélo-palestinien s’éternisait à l’initiative de Catherine Ashton, celle-ci profita du départ de plusieurs dignitaires des pays membres – assurés qu’il n’y aurait pas de vote sur la question syrienne – pour affirmer que le « consensus » des présents suffisait afin d’exiger « une réponse forte » à l’attaque chimique du 20 août à Damas. Lire la suite

Occupation du cinéma d’Aigues Mortes

Après deux jours, l’occupation du cinéma par le Collectif continue

Vendredi 6 septembre à 15h, après que le Maire ait refusé notre demande de report, le directeur général des services et le directeur des services techniques se sont présentés accompagnés de leur huissier pour l’état des lieux contradictoire. Ils ont été reçus par Jean-Louis Parody et Max Geiger, président et trésorier par interim, Claude Morello, ancien président, accompagnés de l’huissier mandaté par l’AGEPT, en présence d’une quarantaine de membres de l’association et du Collectif.

L’AGEPT a fait valoir ses droits sur tout le matériel et les documents qui sont sa propriété, en particulier sur le projecteur numérique, l’écran, et l’ensemble du matériel lié à la projection numérique. Bien que la Mairie n’ait subventionné ce matériel qu’à hauteur de 10%, elle nous en conteste la propriété et le réclame en totalité.

Le Président a du remettre les clés qui lui ont été réclamées mais l’occupation continue 24h sur 24.

Samedi matin, 3 gendarmes de la brigade d’Aigues-Mortes sont venus vers 10h et ont passé un long moment. Ils ont pu constater autour d’un café que l’occupation est pacifique et ordonnée. Ils ont dit de les appeler en cas de problème.

Toute la journée de vendredi et samedi, de nombreuses personnes sont passées, se sont informées de la situation et 377 ont signé pour soutenir l’action. De nombreux messages ont été laissés dans le livre d’or.

Midi Libre a publié un article samedi.

Pour ceux qui le peuvent rendez-vous dès 6h du matin devant le cinéma pour nous aider

Pour info et documents consulter :

le site du collectif : http://gardarem-lou–pagnol.fr/

le site de l’AGEPT : www.cinema-aiguesaigues-mortes.fr

communiqué du 08 septembre 2013

le trio R-M-C_suivi

Une rumeur (puisqu’il faut appeler les choses par leur nom) avait insidieusement laissé planer le doute que Léopold Rosso ne serait peut-être pas candidat à la succession de son cousin Étienne Mourrut, pour des raisons de santé, voire personnelles. Que nenni ! Il n’en est rien (les rumeurs sont toujours assassines) et Sémaphores est heureux d’annoncer depuis une source très fiable que le candidat à la mairie du Grau du Roi pète la forme. C’est donc en soi une excellente nouvelle de savoir tous les candidats en pleine bourre sur la ligne de départ d’une campagne qui s’annonce redoutable tant l’enjeu déborde déjà le simple plan local, nous aurons l’occasion d’y revenir amplement.

En attendant, petit retour sur le Collard, l’homme qui murmure à l’oreille de l’UMP

Gilbert Collard (RMB-FN) et Étienne Mourrut (UMP) préparent-t-ils ouvertement une alliance pour les élections municipales au Grau-du-Roi ? Un accord UMP-FN est-il possible dans d’autres villes du Gard, comme Saint-Gilles ou Aigues-Mortes ? Une certitude en tout cas, ce n’est pas un hasard si Collard et Mourrut apparaissent aujourd’hui aussi complices à quelques mois à peine des élections municipales.

 

 

« Ah, voilà mon maire préféré », lance Gilbert Collard, député RBM-FN, lorsqu’arrive Etienne Mourrut, maire UMP du Grau-du-Roi, qui ne sera pas candidat à sa propre succession lors des prochaines élections municipales en 2014. La scène se déroule aux yeux de tous, lors du lancement de la fête votive au Grau-du-Roi ce samedi 7 septembre 2013. Collard et Mourrut, complices, s’échangent des confidences au creux de l’oreille, discutent longuement, et restent ensemble pendant un très long moment.

Le député Rassemblement Bleu Marine n’a jamais caché qu’il était favorable, d’une manière globale, à des accords entre le Front National et l’UMP pour les prochaines élections municipales. Il semble clairement y travailler aujourd’hui sur le terrain ?

Il y avait d’abord eu cette photo où l’on voyait Gilbert Collard et Étienne Mourrut, maire UMP du Grau-du-Roi, en discussion,

Lire la suite ici : http://mlactu.fr/article/gard-collard-l%E2%80%99homme-qui-murmure-%C3%A0-l%E2%80%99oreille-de-l%E2%80%99ump/687

 

Spécial Aigues Mortes

Note de veille

Après la “dernière” séance hier au soir, 120 personnes sont restées pratiquement jusqu’à minuit pour discuter de l’avenir du cinéma.Après qu’un hommage fut rendu à Claude Morello qui, depuis 24 ans préside l’AGEPT, les présents sont convenus que pour que l’AGEPT continue et pour empêcher que Culturespaces commence les travaux,

Il fallait occuper le cinéma.

Des volontaires ont passé la nuit au cinéma.

Si vous approuvez l’action du collectif “Gardarem lou Pagnol”, imprimez la pétition en pièce jointe.

Signez et faites signer. Venez au cinéma ne serait-ce qu’une heure.

Ce matin (6 septembre) de 8 h à 9 h, il doit y avoir la presse. Après-midi à 15 h les huissiers de la Mairie et de l’AGEPT.

OccupationPétition

OTAN en apporte le vent_2

ajouts le 07 septembre

Eh bien ! Citoyens, dans l’obscurité qui nous environne, dans l’incertitude profonde où nous sommes de ce que sera demain, je ne veux prononcer aucune parole téméraire, j’espère encore malgré tout qu’en raison même de l’énormité du désastre dont nous sommes menacés, à la dernière minute, les gouvernements se ressaisiront et que nous n’aurons pas à frémir d’horreur à la pensée du cataclysme qu’entraînerait aujourd’hui pour les hommes une guerre….

Jean Jaurès     Extrait, Vaise, 25 juillet 1914

Une escalade aveugle vers la guerre

Vendredi, le journaliste François Bonnet notait dans son article à Mediapart que « l’opération se profile déjà très différente de celle qui fut présentée aux opinions comme aux parlementaires. Cette dynamique de guerre rend plus urgente encore la nécessité pour le pouvoir américain et l’exécutif français de s’expliquer par le menu s’ils veulent espérer convaincre l’opinion. »

Car les questions s’accumulent face à des réponses floues ou dilatoires.

1. Est-il vraiment impossible de construire un consensus sur la responsabilité directe du régime d’Assad dans l’utilisation d’armes chimiques ? Pourquoi, plutôt qu’un rapport de cinq pages de synthèse, ne pas rendre publics des éléments matériels de preuves : script des enregistrements de communications de militaires syriens, analyses scientifiques des échantillons collectés sur le terrain ; photos satellites ?

2. Quels sont les termes de l’analyse qui conduit Washington et Paris à affirmer que des frappes « dissuaderont » Assad de recommencer ?

3. Quelles sont les analyses des militaires sur les capacités de représailles du régime syrien ?

4. Quelles sont les garanties que l’opération militaire sera « limitée » ?

5. Y a-t-il une estimation des dommages collatéraux sur la population civile d’une telle campagne ?

6. Pourquoi le Hezbollah, aujourd’hui engagé sur le champ de bataille syrien, serait-il dans l’incapacité de récupérer des armes chimiques ? Quelles sont les garanties qu’il ne mette pas le Liban à feu et à sang ou ne s’en prenne à Israël ?

7. Comment la Russie, l’Iran mais aussi les milices chiites irakiennes peuvent-elles répondre à une telle intervention ?

8. Comment et par qui, jusqu’à aujourd’hui, ont été armées les forces rebelles syriennes ? Comment distinguer entre l’Armée syrienne libre, des forces kurdes, les combattants islamistes, les groupes liés à Al Qaïda ? Comment armer les uns et pas les autres ?

9. Quels ont été les rôles de l’Arabie saoudite et du Qatar. Comment s’impliqueraient-ils dans une telle opération militaire ?

10. Pourquoi la France n’a-t-elle pas convoqué un conseil européen extraordinaire ou, à tout le moins, une réunion en urgence des ministres européens des affaires étrangères ?

11. Pourquoi une politique de sanctions drastique (gel des avoirs, interdiction de voyager, embargo) n’a-t-elle pas été mise en place depuis des mois ?

12. Pourquoi Bachar al-Assad et les principaux dirigeants et militaires syriens ne sont-ils pas inculpés de crimes de guerre et crimes contre l’humanité par la Cour pénale internationale, dont la mission est justement de « punir et sanctionner » ?

A-t-on entendu des réponses précises à ces questions simples (et il pourrait y en avoir bien d’autres) ?

Oui, il pourrait y avoir d’autres questions, et Sémaphores n’en ajoutera qu’une pour aujourd’hui : qui veut bien nous rappeler que 53 ans après la fin de la guerre au Vietnam, les USA n’ont toujours réduit leurs stocks d’armes chimiques que de 50 % ? A l’époque c’était du gaz orange (merci encore Monsanto) qui a été répandu sur plus de 10 % du territoire vietnamien. Et les séquelles sont toujours là, témoin cette photo prise au hasard dans l’exposition qu’en fit le photographe Brian Driscoll en 2008 sous le titre « Cela cessera-t-il un jour ? » (Will it ever end ?). Les ravages n’ont jamais cessé.

ajout le 06 septembre

Ambiance glaciale au dîner réunissant les vingt plus grandes puissances mondiales. Le premier dîner du G20 qui s’est tenu ce jeudi à Saint-Pétersbourg s’est terminé sur un constat d’échec pour Barack Obama et François Hollande qui espéraient obtenir de nouveaux soutiens sur la Syrie. Vladimir Poutine a d’abord sèchement suggéré d’aborder le dossier syrien directement pendant le dîner de gala, traditionnellement dévolu aux questions économiques. Et selon le chef du gouvernement italien Enrico Letta, les discussions n’ont fait que « confirmer la division » sur le dossier syrien des dirigeants du G20.

*=*=*=*

C’était il y a dix ans, à l’Assemblée Nationale, quelqu’un tenait ces propos :

« Il s’agit non pas uniquement d’arrêter une crise, mais de préserver la stabilité du monde. En cet instant, l’ONU doit se faire respecter. Elle joue là son avenir dans la période de l’après-guerre froide. L’Europe doit comprendre qu’elle est l’instrument d’un monde multipolaire et qu’elle ne peut pas être simplement une union agglomérant des intérêts de marché. L’Europe doit également comprendre que de sa capacité à intervenir dépend aussi la stabilité du monde. Enfin, la France doit porter son message universel, celui de la paix, du droit, de la justice internationale contre la force. Cette position, nous, les socialistes, nous voulons qu’elle soit tenue jusqu’au bout, sans relâche, sans faiblesse, sans fléchissement. Cette position, la nôtre, monsieur le Premier ministre, ne variera pas. C’est et ce sera toujours « Non à la guerre ! », et je souhaite, au plus profond de mon cœur, que ce soit aussi celle de la France. »

François Hollande,
Assemblée Nationale,
Le 16 février 2003

Mardi, Itélé lançait sa première de « Duel » (ce sera chaque mardi). Les invités étaient Edwy Plenel et Alexis Brézet, pour évoquent le sujet épineux du conflit syrien qui met à mal le leadership de François Hollande.

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Jean-Luc Mélenchon était entendu sur LCI à l’émission Le grand jury

Jean-Luc Mélenchon au « Grand Jury » sur LCI 1ère… par lepartidegauche

Syrie, l’avis d’anciens de l’ONU

Des anciens responsables de l’ONU et de plusieurs organisations internationales -OIT, Unicef, Unesco- mettent en garde contre une intervention armée en Syrie, rappelant la nécessité d’obtenir un accord du conseil de sécurité des Nations Unies. «Les gouvernements syriens, iraniens et russes ont fait des offres de négociations qui ont été traitées par le mépris en Occident», assurent-ils, appelant à relancer un vrai processus de négociations politiques.

Les bruits de bottes se font entendre une nouvelle fois au Moyen Orient, avec la possibilité d’une attaque imminente sur la Syrie, suite aux allégations d’usage d’armes chimiques par son gouvernement. C’est précisément dans des temps de crise comme ceux-ci que les arguments en faveur de la paix sont les plus clairs et les plus évidents.

Tout d’abord, nous n’avons pas de véritables preuves de l’usage des armes chimiques par le gouvernement syrien. Et même si des preuves étaient fournies par des gouvernements occidentaux, il y a lieu de rester sceptiques en se souvenant de tous les prétextes discutables ou fabriqués utilisés pour justifier les guerres antérieures ; l’incident du Golfe du Tonkin et la guerre du Vietnam, les couveuses koweitiennes et la première guerre du Golfe,  le massacre de Racak et la guerre du Kosovo, les armes de destruction massive irakiennes et la deuxième guerre du Golfe, les menaces sur Benghazi et la guerre de Libye. Notons aussi que certaines preuves de l’usage d’armes chimiques sont fournies aux États-Unis par les services de renseignement israéliens (lire ici) qui ne sont pas une source tout-à-fait neutre.

Même si, cette fois-ci, les preuves sont authentiques, cela ne légitimerait en aucune façon une quelconque action unilatérale. Toute action militaire nécessite l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU. Ceux qui se plaignent de « l’inaction » de ce Conseil devraient se rappeler que l’opposition de la Chine et de la Russie à une intervention en Syrie est en partie motivée par l’abus par les puissances occidentales des résolutions sur la Libye, de façon à opérer un « changement de régime » dans ce pays.

Ce qu’on appelle en Occident la « communauté internationale », prête à attaquer la Syrie, est réduite à essentiellement à deux pays importants (États-Unis et France), sur les presque deux cents pays au monde. Aucun respect du droit international n’est possible sans un minimum de respect pour ce qu’il y a de décent dans les opinions du reste du monde.

Même si une action militaire était autorisée et menée, que pourrait-elle accomplir ? Personne ne peut sérieusement contrôler des armes chimiques sans troupes au sol, option que nul ne considère comme réaliste après les désastres en Irak et en Afghanistan. L’Occident n’a pas réellement d’allié fiable en Syrie. Les jihadistes qui combattent le gouvernement n’ont pas plus d’amour pour l’Occident que ceux qui ont assassiné l’ambassadeur américain en Libye. C’est une chose d’accepter de l’argent et des armes venant d’un pays donné, une toute autre d’être son véritable allié.

Les gouvernements syriens, iraniens et russes ont fait des offres de négociations qui ont été traitées par le mépris en Occident. Ceux qui disent « nous ne pouvons pas parler ou négocier avec Assad » oublient qu’on a dit la même chose du FLN algérien, d’Ho chi Minh, de Mao, de l’URSS, de l’OLP, de l’IRA, de l’ETA, de Mandela et de l’ANC, ainsi que de plusieurs guérillas en Amérique Latine. La question n’est pas de savoir si on va parler à l’adversaire, mais après combien de morts inutiles on va accepter de le faire. L’époque où les États-Unis et les quelques alliés qui leur restent agissaient comme gendarme du monde est révolue. Le monde devient plus multipolaire, et les peuples du monde veulent plus de souveraineté, pas moins.

La plus grande transformation sociale du vingtième siècle a été la décolonisation et l’Occident doit s’adapter face au fait qu’il n’a ni le droit ni les compétences ni les moyens pour gouverner le monde.

Il n’y a pas d’endroit où la stratégie de guerre permanente a échoué plus misérablement qu’au Moyen-Orient. A long terme, le renversement de Mossadegh en Iran, l’aventure du canal de Suez, les nombreuses guerres israéliennes, les deux guerres du Golfe, les menaces et sanctions d’abord contre l’Irak, ensuite contre l’Iran, n’ont rien accompli d’autre qu’augmenter le  sang versé, la haine et le chaos. La Syrie ne peut être qu’un nouvel échec occidental sans un changement radical de politique.

Le véritable courage ne consiste pas à envoyer des missiles de croisière pour exhiber une puissance militaire qui devient de plus en plus inefficace. Le véritable courage consiste à rompre radicalement avec cette logique mortifère : obliger Israël à négocier de bonne foi avec les Palestiniens, convoquer la conférence Genève II sur la Syrie, et discuter avec les Iraniens de leur programme nucléaire, en prenant honnêtement en compte les intérêts légitimes de l’Iran en matière de sécurité et d’économie.

Le vote récent contre la guerre au parlement britannique, ainsi que les réactions sur les médias sociaux, reflètent un changement massif de l’opinion publique. Nous, Occidentaux, sommes fatigués des guerres et nous sommes prêts à rejoindre la véritable communauté internationale, en exigeant un monde fondé sur la Charte de l’ONU, la démilitarisation, le respect de la souveraineté nationale et l’égalité de toutes les nations.

Les peuples en Occident veulent aussi exercer leur droit à l’auto-détermination : si des guerres doivent être menées, elles doivent l’être après un débat ouvert et en tenant compte de préoccupations affectant directement notre sécurité, et non sur une notion mal définie de « droit d’ingérence », qui peut être aisément manipulée et qui est ouverte à tous les abus.

Il nous reste à forcer nos hommes et femmes politiques à respecter ce droit.

Signataires :

Dr. Hans-Christof von Sponeck, Secrétaire général adjoint de l’ONU et coordinateur humanitaire des Nations Unies en Irak de 1998 à 2000.
Dr. Denis J. Halliday
, Secrétaire général adjoint de l’ONU de 1994 à 1998.
Dr. Saïd Zulficar
, Fonctionnaire de l’Unesco de 1967 à 1996. Directeur des Activités opérationnelles, Division du Patrimoine Culturel de 1992 à 1996.
Dr. Samir Radwan
, Fonctionnaire OIT de 1979 à 2003. Conseiller du Directeur général de l’OIT sur les politiques de développement de 2001 à 2003. Ministre égyptien des Finances de janvier à juillet 2011.
Dr. Samir Basta,
directeur du bureau régional pour l’Europe de l’Unicef (1990 à 1995). Directeur Bureau d’Evaluation de l’Unicef (1985-1990)
Miguel d’Escoto Brockmann, président de la 63e Assemblée générale des Nations Unies (2008-2009) et ministre des affaires étrangères du Nicaragua (1979-1990).

Crise énergétique: et si on commençait à comprendre ?

C’était le 20 mars 2012, dans la salle Clemenceau du Sénat, sur le thème du Coût réel de l’électricité, mais vous allez voir que poser la question à un vrai spécialiste du débat « énergie-climat » nous entraîne beaucoup plus loin, et pourrait même en engager pas mal d’entre nous à réviser quelques positions quant aux urgences. Débarrassées de toute langue de bois et de pensée unique, ces réflexions sont décapantes, dérangeantes ou affolantes. C’est à notre sens un avis qui en vaut bien d’autres.

Jean-Marc Jancovici est un ingénieur français diplômé de l’École polytechnique et de Télécom, qui s’est spécialisé dans la thématique énergie-climat. Il est consultant, enseignant, conférencier, auteur de livres et chroniqueur. Il est connu pour son travail de sensibilisation et de vulgarisation sur le changement climatique et la crise énergétique.
Son site web est le suivant: http://www.manicore.com

 

Voici une autre conférence-audition à l’Assemblée Nationale le 06 février 2013, soit un an après celle au Sénat. Elle est évidemment riche d’enseignement même si l’on ne partage pas toutes les idées de Jancovici. Mais si elle devait nous amener à un premier constat, il serait celui du manque d’empressement de certains élus à maîtriser leurs dossiers. Lorsqu’un an, deux ans, trois ans après ce sont les mêmes questions qui reviennent en boucle, on se dit qu’ils auraient pu au moins visionner les conférences précédentes de JM Jancovici avant de se pointer à la réunion. Certes, mieux vaut tard que jamais… à condition de considérer que nous n’avons plus beaucoup de temps pour relever les immenses défis qui nous attendent si nous voulons éviter l’explosion générale.

Support PDF de l’audition du 20 mars 2012 : http://bit.ly/Hv9Wuk
Sous-titres disponibles en français et en anglais issu du compte rendu sénatorial : http://www.senat.fr/compte-rendu-comm…
Sénateur(s) : DESESSARD Jean, PONIATOWSKI Ladislas

Pour ceux qui veulent aller plus loin :
Cours « Énergie et changement climatique » à MINESParistech :
http://bit.ly/11yI5mJ (en podcast)

un appel d’offres pour 4 000 cocottes-minutes

L’association CEDRA a levé un drôle de lièvre : le centre de recherche nucléaire de Valduc (CEA) a dernièrement passé un curieux appel d’offres pour trouver 4000 cocottes-minutes afin de transporter des « matériaux sensibles ». Une pratique qui serait courante dans l’industrie nucléaire…

Les 4000 cocottes minutes du CEA de Valduc…

Petite histoire récente d’une cuisine nucléaire secrète et mortifère

Le 4 novembre 2010, on découvre, par hasard, qu’un tamis moléculaire, répertorié par erreur comme neuf par le CEA de Valduc (Centre de recherche du Commissariat à l’Énergie Atomique), a contaminé gravement un salarié d’une entreprise civile de Saint Maur des Fossés (Val de Marne) : 2 994 500 becquerels par litre dans les analyses. Le quartier est touché par une contamination irréversible (riverains, commerçants et collège). (1)

Le rapport annuel du CEA pour 2011 annonce des rejets liquides de tritium de 15 milliards de becquerels (évacués vers les sources et les rivières de la région).

En octobre 2012, le CEA de Valduc expédie par erreur 8 colis contenant des détecteurs de fumée radioactifs à l’américium 241 pour un stockage souterrain à au Centre de Stockage de Soulaines (Aube). Ils sont coulés dans le béton dans la plus parfaite illégalité suite à « une mauvaise interprétation de la classification des colis » par le CEA de Valduc. (2)

Aujourd’hui ce sont 4000 cocottes-minutes qui sont destinées au transport ou au stockage (informations contradictoires de la direction de Valduc) de matériaux radioactifs. Ce marché (3) n’est pas soumis au code des marchés publics.
lire l’appel d’offre

Jamais de problème puisque le CEA de Valduc, ses activités, ses erreurs sont protégées par le secret défense.

Le Réseau Sortir du Nucléaire dénonce le mépris le plus absolu adopté systématiquement par l’industrie nucléaire militaire et civile vis-à-vis de l’environnement et de la santé des riverains de ses installations.

1- http://groupes.sortirdunucleaire.org/Saint-Maur-des-Fosses

2- http://groupes.sortirdunucleaire.org/France-CSA-colis

3- http://ted.europa.eu/udl?uri=TED:NOTICE:214244-2013:TEXT:FR:HTML&src=0

par ailleurs mais dans le même registre :

Des niveaux de radioactivité très élevés, jusqu’à 1 800 millisieverts par heure (mSv/h), ont été détectés sur le site nucléaire de Fukushima Daiichi, au cours d’une série de contrôles effectués le 31 août sur les réservoirs de stockage par Tepco, l’exploitant de la centrale. Une personne exposée sans protection à 1 800 mSv/h pendant quatre heures risque une irradiation mortelle.

Récapitulons…

Reconstitution : pour une nouvelle ère politique

Parmi les thèmes abordés : l’histoire de la prise totale de pouvoir du grand capitalisme financier ; les crises, guerres et coups d’État orchestrés pour imposer un marché sauvage, exonéré de toute régulation étatique ; la privatisation de la nature ou la mise sous tutelle de toute l’agriculture mondiale ; le contrôle de la monnaie ; la situation en Grèce…

Intervenants :
– Etienne Chouard
– Frédéric Lordon
– Franck Lepage
– Bernard Stiegler
– Henri Guillemin
– Naomi Klein
– Olivier Delamarche
– Michel Collon
– Xavier Mathieu
– Jean-Paul Jouary
– Claude Bourguignon
– Dominique Guillet
– Pierre Rahbi