Dossier PUB

Plutôt sympa _et pour le moins parlante_ cette affiche 2013 d’une rentrée sans marques. L’occasion de signaler d’autres luttes qui n’ont pas souvent de micros tendus, à savoir « Casseurs de Pub » et « RAP » (Résistance à l’Agression Publicitaire).

Non à la tyrannie des marques Alors que la publicité est déjà omniprésente dans quasiment dans tous les espaces (télévision, magasine, internet, rues, transports en commun, tables de cafés,…), elle s’introduit de plus en plus dans les milieux scolaires et ce sous plusieurs formes : les enfants et les jeunes sont utilisés comme des hommes-sandwichs via les vêtements siglés qu’ils portent. Les marques continuent de cracher leur propagandes avec des fournitures scolaires et parascolaires siglées de plus en plus folklorisées. Le tout pour mieux imprégner les esprits des plus jeunes dans un imaginaire tourné vers l’idéologie et l’esclavage mental de la surconsommation.

Non aux marchands qui remplacent les enseignants. Résistance à l’agression publicitaire et Casseurs de Pub alertent depuis plusieurs années les députés au sujet de la publicité à l’école. La législation actuelle (circulaire Lang du 28 mars 2001 nommée « Code de bonne conduite des interventions des entreprises en milieu scolaire ») permet en effet une marchandisation de l’école toujours plus inquiétante. Les gouvernements successifs se gardent bien, depuis plus de 10 ans, de remettre en question cette circulaire Lang. Aujourd’hui, cela devient normal au point que même les patrons du CAC 40 passent dans les écoles via cette porte ouverte pour vociférer leur propagande et éduquer (voire même dresser) les plus jeunes à leurs modes de vie et leurs normes dont les intérêts sont privés et contraires à l’intérêt général (voir plus bas un article d’Acrimed sur le « Coaching patronal au collège »). Grâce à cette circulaire et sous couvert de contenu pédagogique, les marques remplacent petit à petit l’enseignant. Pourtant, les marques religieuses ou idéologiques sont contraires aux principes de neutralité et de laïcité si elles introduisent une soumission à une autorité et à des valeurs contradictoires à celles de l’école.

R.A.P. et Casseurs de Pub appellent tous les citoyens à envoyer une lettre à leur député afin de demander le retrait de la circulaire Lang du 28 mars 2001 nommée « Code de bonne conduite des interventions des entreprises en milieu scolaire ».

Un modèle de lettre est visible sur les sites internet de R.A.P. et Casseurs de Pub : www.antipub.org/ http://www.casseursdepub.org/

Résistance à l’agression Publicitaire (R.A.P.) et Casseurs de Pub

DOGMATIQUE ET DANGEREUSE

La publicité propage des idéologies néfastes : sexisme, ethnocentrisme, culte de l’apparence, du « tout, tout de suite », compétition, matérialisme, conformisme, violence, maigreur et jeunisme. Elle n’hésite pas à jouer sur nos pulsions animales, nos souffrances et nos frustrations pour nous vendre cette recette trompeuse qu’est le bonheur par la seule consommation.

La publicité génère la violence à la fois chez ceux qui ont les moyens d’écraser les autres de leur pouvoir d’achat, et chez ceux qui sont exclus de ce pouvoir, mais restent persuadés qu’acheter est l’unique clef du bonheur. Humiliés de ne pouvoir atteindre les « modèles de vie » que célèbrent les médias, ceux-ci vivent une frustration sans fin. La publicité pousse ainsi à la consommation dans un mépris total des réalités humaines, écologiques, et sociales.

LIBERTICIDE

La publicité dans sa forme actuelle est totalitaire. L’envoi de messages se fait à sens unique sans réponse possible. Elle a le monopole de l’expression dans l’espace public qu’elle privatise de par son omniprésence. Elle s’impose aux yeux des passants qui n’ont pas droit à la liberté de [non] réception.

La publicité lie financièrement les médias de masse aux exigences des annonceurs-entreprises. Elle les pousse et les réduit à ne rechercher que le « chiffre » et l’audimat au détriment de la qualité et de l’esprit critique.

La publicité crée aussi un danger pour l’information : avec la menace de retirer les budgets dont les médias dépendent, les pouvoirs économiques deviennent intouchables, compromettant l’indépendance des médias.

Les outils techniques de communications numériques – internet, écrans publicitaires, téléphone mobile – sont les yeux et les oreilles du système publicitaire. Après des décennies d’agression visuelle, la publicité se nourrit désormais de nos données personnelles pour accroitre son talent manipulatoire. Organisé par quelques grandes multinationales, ce fichage généralisé et centralisé de la population mondiale, contre lequel il est bien difficile de se prémunir, échappe la plupart du temps aux réglementations nationales. Jamais dans l’histoire de l’humanité il n’y a eu de système de fichage aussi bien renseigné : bien d’avantage que les États totalitaires.

INÉGALITAIRE

Avec le système publicitaire actuel, seuls ceux qui ont de l’argent peuvent communiquer massivement de façon pérenne. Une grosse entreprise peut facilement se doter d’une image positive et vendeuse même si elle a des mauvais produits à vendre et un comportement irresponsable. Au contraire, un petit producteur aux procédés éthiques se retrouve noyé, faute de moyens…

La publicité est le carburant de l’économie libérale et industrielle, exploite sans vergogne les ressources des pays pauvres en prétendant les aider, renforce les inégalités et réserve la richesse à ceux qui en ont déjà trop.

La publicité est massivement au service d’une poignée d’entreprises multinationales hégémonique qui s’en servent pour étouffer toute concurrence. En 2011, en France, 550 annonceurs effectuent à elles seules 80 % des investissements publicitaires dans les médias nationaux. Rapporté aux 3 millions d’entreprises françaises, cela donne donc moins de 2 entreprises sur 10 000 ayant la capacité d’être largement visible du grand public.

Elle construit un système de prétendue compétition où ce n’est pas vraiment le meilleur qui gagne mais le plus riche. A coups de millions, les groupes de pressions ou lobbies font leur propagande quels que soient les risques sur l’environnement et les répercussions sur la santé physique et mentale (nucléaire, automobile, alcool, tabac …).

INUTILE ET COUTEUSE

La publicité et ses services ne sont jamais gratuits que ce soit dans l’espace public (mobilier urbain), dans les médias ou ailleurs.

En tant que consommateurs, nous payons son coût en achetant des produits vantés par la publicité, puisque le coût de celle-ci est inclus dans le prix de la vente. Les annonceurs ont dépensé 31,4 milliards d’euros en 2011 en France (soit 480€ par habitant).

La publicité crée de faux besoins et provoque des dépenses inutiles et le sur-endettement. Le mythe du bonheur, la frustration et la déception continuelle de la consommation suscités par la publicité sont un cercle de dépendance sans fin.

En poussant à une consommation superflue et futile, la publicité contribue à l’épuisement des ressources et à la création de déchets aussi polluants que coûteux, et dont nous payons le retraitement en tant que contribuables ainsi que les conséquences sanitaires (obésité, anorexie, surcharge cognitive,…), sociales et environnementales à long terme en tant que citoyen. Ainsi, par exemple, en va-t-il des 31 kilos de prospectus par an et par boîte aux lettres qui vont généralement directement dans nos poubelles…

Coaching patronal au collège, sous l’œil attendri de France 2

par Olivier Poche, le 24 juin 2013

Mardi 18 juin, dans le 20h de France 2, après les 9 min inaugurales sur les inondations en France, et parmi les quelques miettes distribuées aux autres sujets (3 min sur le mouvement social au Brésil, 2 sur l’accueil des touristes à Paris), on retiendra un reportage d’anthologie, intitulé (sur le site de France 2) « Éducation : du coaching en ZEP » : 4 min 20 consacrées à l’intervention d’une cadre dirigeante dans un collège de « ZEP », pour appliquer, selon ses propres dires, les « méthodes d’entreprise » à l’école. 4 min 20 pour un « gros plan » qui « traite » un sujet sans (se) poser la moindre question, sans rien en dire sinon célébrer les vertus d’une initiative qui, avec d’autres, relève d’un entrisme entrepreneurial dans l’institution scolaire, du reste fort à la mode. Une initiative présentée sans contrepoint ni distance : un tel éloge relève-t-il encore de l’information ?

Le lancement de David Pujadas indique assez quel sera l’angle du reportage : « Gros plan sur un atout qui manque souvent aux élèves dans les zones sensibles : la confiance, la confiance en soi, la confiance en son potentiel. Eh bien le CAC 40 s’en mêle. Depuis quelques années des cadres de très grandes entreprises viennent parler aux collégiens, ils viennent les coacher comme on dit aujourd’hui, les secouer aussi parfois : les managers au service des élèves […] »

Lire la suite : Coaching patronal au collège, sous l’œil attendri de France 2, le 24 juin 2013 http://www.acrimed.org/article4096.html

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