Le grand enfumage des medias

Dimanche 15 septembre, à 11h30, dans le cadre de la fête de l’Humanité, un débat aura pour thème : « Peut-on encore croire au journalisme ? Le cœur de métier de la presse – informer, expliquer, proposer – est fortement endommagé. Est-ce irréversible ? ». Il confrontera les points de vue de Thomas Legrand, éditorialiste à France-Inter, Edwy Plenel, directeur de Mediapart, Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité et député européen. Il est organisé par la société des Amis de l’Humanité, dans son espace, en partenariat avec Mediapart.

Sur le même sujet, article très intéressant sur le blog de Charles Sylvestre : http://blogs.mediapart.fr/edition/complices/article/090913/les-journalistes-ont-ils-un-coeur-de-metier-defendre

Mais en attendant ce débat du 15 à venir… Voici d’autres preuves du grand enfumage.

Photos volées, fausses identités, emplois bidon dans des entreprises bien réelles… Des agences de communication ont envahi les espaces de libre expression des médias Web.

Le lieu de prédilection de cet enfumage organisé ? Les rubriques de libre expression des sites comme Le Plus du Nouvel Observateur, le Cercle des Echos, les blogs du magazine Capital, les pages Express Yourself de L’Express ou…les Chroniques du JDN.

Ainsi par exemple Leila Bernardin ne dispose d’aucune existence numérique en dehors de ses chroniques dans Le Journal du Net. Idem pour Catherine Delarge ou Anaïs Roy

Stephane Philippi ou Brett Allison ?

Le Stéphane Filippi qui écrit dans le JDN en tant que formateur a un « sosie » sur Facebook qui travaille dans les assurances dans l’Arkansas.

Idem pour François Morillon qui s’annonce comme consultant en stratégie auprès du JDN mais qui apparaît sous les traits de Sébastien L. sur Foursquare.com.

Ainsi pendant plusieurs semaines Marc Chevrier a signé des chroniques dans le JDN au nom du département fusions & acquisitions aux États-Unis du très établi cabinet de recrutement Mercuri Urval.

Ce Marc Chevrier fait également les belles heures du site du magazine L’Express où il signe en mentionnant l’Université de Tbilissi en Géorgie (L’Express a effacé son profil suite à la publication de l’article du JDN).

Ici un prétendu Laurent Duhesmes annonce travailler pour le Musée d’Orsay alors que cette maison ne compte absolument aucun collaborateur à ce nom.

Même situation chez la très haut de gamme HSBC Private Banking chez qui on affirme n’avoir jamais recruté d’analyste du nom d’Edouard Cachan. Celui-ci prend également la plume dans les colonnes du site du magazine Capital.fr.

Et le fantomatique journaliste Henry Maggi, en fait un communicant payé pour assurer la com’ d’un site commercial, est solennellement tweeté par le Centre d’Analyse stratégique du Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Idéal pour consolider une réputation.

 

 

Article intégral sur le Journal du Net:  http://www.journaldunet.com/ebusiness/crm-marketing/les-pros-de-la-e-reputation-infiltrent-les-medias-web.shtml

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À l’attention du parterre de journalistes et étudiants en journalisme venus l’écouter, cette conférence de Michel Collon avait pour thème « Le rôle des médias dans les guerres humanitaires ». C’était le 25 Avril 2013, soit quelques mois avant le « massacre chimique » de Damas.

Dans ce même sens, nous pourrions dire que c’était donc également avant la prochaine guerre en Iran, inéluctable si les consciences populaires ne s’éclairent pas plus vite, si la presse des chiens de garde du système continue de mettre en avant les quelques centaines d’enfants syriens gazés sans les mettre en rapport avec les 500 000 enfants irakiens morts des suites de l’embargo, et nous sommes très gentils de ne citer que ceux-là. Identifier et désigner à la face du monde le véritable ennemi, rien ne pourra changer avant cela. C’est à chacun d’entre nous qu’il appartient de propager toutes les contre-vérités au discours officiel.

« On ne règle pas les problèmes avec ceux qui les ont créés » (Albert Einstein)


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