Spéciale section Dassault

Nous n’avions mis qu’une note dans notre fil d’actu de la semaine en cours, pensant que l’info ferait assez de bruit dans le landerneau pour nous dispenser d’y revenir. Mais non. On chercherait en vain autre chose qu’un entrefilet ou un bas de page dans la presse locale (Midi Libre, par exemple…), et l’on comprend bien que le Figaro ne va pas s’y étaler. Et comme tout le monde n’est pas abonné à Mediapart (qui une fois de plus fournit les preuves de ce qu’il avance), nous proposons ces quelques éléments glanés ici et là. Dans la perspective des élections municipales à venir, il est plus que temps de dénoncer, Dassault ou pas Dassault, sénateur ou pas, tous les pourris qui empoisonnent le système démocratique et la politique digne de ce nom.

Petite compil à l’attention de qui aurait tout raté :

intitulé « Serge Dassault : la conquête et la tétée », par Hubert Huertas sur France culture, certes un parti-pris mais un portrait plutôt réaliste.

Serge Dassault sera entendu par les juges le 2 octobre prochain dans une affaire qui mêle l’argent, la politique, et des malfrats à la gâchette facile. Un mélange des genres extrême pour un soupçon d’achat de voix, à Corbeil-Essonnes, chez un homme habitué, depuis le jour de sa naissance, à occuper tous les terrains.

Qui est Serge Dassault, fils de Marcel ? Est-il un créateur, un conquérant, l’un de ces hommes partis de rien, ou de pas grand-chose, comme Bill Gates, Steve Jobs, ou Xavier Niel ?

Non. Premier mélange des genres, c’est un fils, qui confond la conquête et la tétée. Son père avait tout inventé, lui, il a pris la peine de naître. Ce n’est pas un profil rare en France, où bien des grandes fortunes, et des empires industriels, sont souvent dynastiques, Arnaud Lagardère ne dira pas le contraire quand il roucoule avec sa belle en affolant ses conseils d’administration. (…)

Voilà donc un libéral de combat, qui vit des subsides de l’État, c’est à dire des impôts qu’il dénonce, en défendant les exilés fiscaux.

Héritier politisé, libéral subventionné, Serge Dassault est finalement emblématique d’une tradition nationale, un patronat dynastique, à l’ancienne, mais toujours virulent. La différence avec les autres, c’est que lui n’a pas de limites, et que la justice se demande aujourd’hui s’il ne les a pas franchies…

Écouter le billet en entier :

 

Par ailleurs, le président PS du conseil général de l’Essonne, Jérôme Guedj, livre son sentiment à Mediapart : « La seule catharsis possible, c’est la justice. Mais désormais, il y a un changement de nature. Ce n’est plus uniquement l’argent qui corrompt, mais on se trouve face à une dimension au moins délinquante, si ce n’est mafieuse. Il y a besoin de remettre les compteurs à zéro. »

Et toujours en provenance de l’Essonne, Mediapart publie

la lettre d’un député PS au premier ministre

Elle provient d’un autre député PS de l’Essonne, Carlos Da Silva, suppléant de Manuel Valls. Il demande au premier ministre de « prendre toutes les mesures nécessaires » pour que les municipales de Corbeil-Essonnes se déroulent en toute « sécurité » et « transparence ». Et aussi de « garantir à la justice la possibilité de mener des investigations en toute indépendance ».

Lettre Au Premier Ministre


 

À Sémaphores, on se demande plutôt quand partira une lettre d’un député PS des Bouches-du Rhône demandant au Premier Ministre de prendre les dispositions nécessaires pour éviter que M. Guérini et la députée PS condamnée pour favoritisme n’altèrent la sincérité du scrutin à Marseille.

Et la mère Tapedur ? Vous savez, cette cumularde qu’est Marie-Arlette Carlotti, qui était la porte-parole de Guérini, qui a arrosé d’argent public de fausses associations à Marseille et qui brigue maintenant la mairie. Qui surveille ?

Petit bonus

Sorti en 2012 et financé par la Région Ile de France, le film « La cause et l’usage » raconte comment la politique apparaît d’abord comme une activité de terrain, comme un rapport avant tout pratique et concret aux questions qu’elle soulève. Au final, le film donne à voir la liquidation progressive du politique dans la politique.


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