Cinéma Pagnol_le suivi

à l’occasion des 25 ans prochains du cinéma Marcel Pagnol d’Aigues Mortes (ce sera le 16 décembre), Sodol Colombini (ancien maire et conseiller général) a rendue ouverte la lettre qu’il adresse à Cédric Bonato, le maire actuel.

En fin d’article, un fichier PDF rappelle ce jour de l’inauguration il y a 25 ans.

Sodol Colombini     24, rue Roger Salengro    30220 AIGUES-MORTES

Aigues-Mortes le 29 novembre 2013

Monsieur Cédric BONATO Maire,

Hôtel de ville 30220 AIGUES-MORTES

Objet : cinéma Marcel Pagnol (lettre ouverte)

Monsieur le Maire,

Il y aura 25 ans, le 16 décembre prochain, j’ai eu l’immense honneur d’inaugurer le cinéma municipal. En lui donnant le nom de Marcel Pagnol nous avons voulu rendre hommage à l’un des géants du théâtre et du cinéma. Dans mon allocution j’indiquais : « Souhaitons que l’utilisation de ce cinéma soit digne du nom qu’il porte ». Nous avons écarté toute idée de gestion privée, mais aussi d’une gestion municipale. Nous avons pris le parti d’une gestion associative tant nous savions que notre cité comptait de nombreux amoureux du 7e Art.

Qui peut prétendre que cette option ne fut pas la bonne ?

l’AGEPT a assuré une programmation à la satisfaction de tous, y compris des scolaires. Elle a obtenu le financement pour le numérique et la Mairie n’a eu qu’à financer à hauteur de 10 %.

Comment avez-vous pu avoir l’idée, de confier à une société privée (filiale de SUEZ) l’utilisation du cinéma de 9h à 19h, pour passer, en boucle, un film de 22 mn destiné aux touristes ? Lire la suite

Quand Matt Damon lit Howard Zinn

« Le problème n’est pas la désobéissance civile, le problème est l’obéissance civile »

Petit discours de  5 mn qui font du bien et témoignent, une fois de plus s’il le fallait, que ça bouge partout. Et quand des valeurs humanistes et universalistes sont au rendez-vous, on ne va pas s’en plaindre.

Voici, sous-titré en français, le discours récemment prononcé par Matt Damon, celui écrit en 1970 par Howard Zinn.

Wikipedia : Howard Zinn  né le 24 août 1922et mort le 27 janvier 2010 à Santa Monica, Californie est un historien et politologue américain, Professeur au département de science politique de l’Université de Boston durant 24 ans.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il s’engage dans l’armée de l’air et est nommé lieutenant bombardier naviguant. Son expérience dans l’armée a été le déclencheur de son positionnement politique pacifiste qui élève au rang de devoir la désobéissance civile. Il a été un acteur de premier plan du mouvement des droits civiques et du courant pacifiste aux États-Unis.

Écarts de salaires en France : de 1 à 264

À l’heure où l’annonce des salaires mirobolants et autres parachutes dorés titillent enfin les consciences (au point que Moscovici et Montebourg se sont sentis obligés d’intervenir par rapport au PDG de PSA), le journal Bastamag a mené l’enquête sur les écarts de rémunérations entre salariés et PDG. On y découvre entre autres que l’entreprise française la plus inégalitaire en 2012 est Publicis.

Pour percevoir la rétribution annuelle du PDG Maurice Lévy, les 57 500 salariés du groupe de communication devront travailler en moyenne 264 ans ! En d’autres termes, six générations d’une même famille devront chacun leur tour bosser pendant 40 ans à Publicis pour égaler les émoluments de leur patron sur une année ! En 2012, Maurice Lévy s’est vu octroyer une « rémunération conditionnelle différée » de 16 millions d’euros s’ajoutant aux 2,7 millions de salaire annuel.

Toujours en 2012, avec un écart allant de 1 à 264, l’entreprise la plus inégalitaire est bien Publicis, suivie de LVMH et Danone. Les entreprises les plus « raisonnables » en matière d’échelle de salaires sont Iliad (Free), Bouygues et Safran.

Mais quel devrait être l’écart raisonnable de rémunération entre les salariés et leur patron ?

Dans les années 1930, l’industriel Henry Ford, grande figure du capitalisme, estimait que pour être « admissible », l’échelle des salaires au sein d’une entreprise ne devait pas dépasser 1 à 40. Un bon demi-siècle plus tard, suite à la crise financière de 2008, le président Barak Obama propose de plafonner à 500 000 dollars la rémunération annuelle des dirigeants des entreprises renflouées par l’État. Soit un écart d’environ 1 à 25 avec le salaire minimum.

De son côté, le gouvernement français décide en juin 2012 d’encadrer les rémunérations des dirigeants des entreprises publiques, sur une échelle de 1 à 20 comparé au salaire moyen. Soit 450 000 euros maximum – 37 500 euros par mois – pour les PDG d’Areva, d’EDF ou de La Poste. Promise par François Hollande avant son élection, la mesure est entrée en vigueur en 2013. Nos voisins suisses ont failli aller plus loin encore en proposant un écart salarial de 1 à 12, mais ils se prononcés par référendum populaire le 24 novembre en votant… contre.

En savoir beaucoup plus, c’est sur : http://www.bastamag.net/article3400.html

cette austérité qui frappe partout…

Petit coup de cœur musical, en solidarité avec tous ces peuples d’Europe qui pâtissent de l’austérité. En Espagne, par exemple, pays de la guitare par excellence, la pauvreté fait qu’il arrive qu’il n’y en ait plus qu’une de disponible pour deux musiciens. Mais lorsqu’il s’agit d’Anabel Montesinos y Marco Tamayo, on doit bien avouer que ce n’est pas pour nous déplaire. Allez, on monte le son !

Les tambours de Gaïa se sont réveillés

par Dominique Guillet_ président de l’association Kokopelli

Une nuit de pleine lune embrasée de feux de forêts d’eucalyptus australiens naufragés dans la vallée de l’Urubamba, près de Cuzco dans les Andes,  Xochipelli le Rêveur rencontra Kokopelli le Porteur de Semences. Il lui asséna une question fatidique : il y a 14 000 années de cela, l’agriculture n’aurait-elle pas été le début du chaos social ? Et il déclina coléreusement les dommages collatéraux de cette invention « tombée du ciel » après des millions d’années de chasse et de cueillette : surpopulation, monocultures, esclavage des animaux domestiques, établissement des villes avec leurs polices, leurs armées et leurs tribunaux afférents… et surtout, la destruction intégrale de la biosphère. Il lui asséna une seconde question fatidique : Monsanto, Syngenta, Bayer – et tous les criminels de l’agrochimie – ne constitueraient-ils pas l’aboutissement inéluctable de cette invention de l’agriculture? (…)

Dominique Guillet

Au fil de ces deux derniers milliers d’années, les tambours qui rythmaient la vie quotidienne des Peuples Premiers, des Peuples Indigènes, se sont tus, à jamais, de la Sibérie au Congo, de la Chine au Pérou … et sur toute la planète. Ces peuples qui n’avaient pas inventé le concept d’écologie – puisqu’il ne leur était pas venu à l’imagination de détruire les écrins de vie qui les nourrissaient – furent annihilés inexorablement par un syndrome connu sous le nom de détergent blanc plus blanc que blanc.

Nous sommes au cœur du génocide. (…)

L’opposition contrôlée gangrène une grande partie des mouvements de la société civile.

En Amérique latine, par exemple, les fondations Ashoka et Avina qui financent la lutte contre les chimères génétiques sont elles-mêmes financées par Monsanto ou par les fondations de Bill Gates et de Rockefeller…

En Europe et en Amérique du nord, la plus grande partie des distributeurs d’aliments « biologiques » ont été rachetés par les grands cartels de l’agro-alimentaire : Nestlé, Cargill, Coca-Cola, etc.

En France, par exemple, Lima et Danival ont été rachetés par Hain Celestial, derrière lequel se cache l’argent de Monsanto, Walmart, Philipp Moris, City Group et Martin Lockeed. En France encore, acheter les produits bios de Bonneterre, de Bjorg, d’Evernat, d’Allos, de Tartex, d’Alter Eco… c’est participer à la prospérité du Hollandais Royal Wessanen, l’un des grands groupes Européens de l’agro-alimentaire. En France encore, 95 % des légumes bios commercialisés sont produits à partir de semences de variétés hybrides F1; ce qui signifie que le consommateur bio, par exemple, a une « chance » sur deux d’acheter un melon bio « Monsanto/Bayer/Syngenta » puisque ces trois groupes de la chimie possèdent la moitié des 250 variétés de melons inscrites dans le catalogue national du GNIS; ce qui signifie que de très nombreux maraîchers bios sont complices de la destruction de la biodiversité alimentaire. En France encore, l’association Kokopelli est « certifiée » bio par Qualité France, qui a été racheté par Bureau Veritas, l’un des leaders mondiaux du contrôle industriel. Lire la suite

Et les gagnants sont… Véolia, Areva, Auchan.

Dans un précédent article nous avons présenté le prix Pinocchio (voir ici), décerné aux multinationales qui tiennent un discours et qui ont une pratique différente. Cette opération est organisée par Les Amis de la Terre, en partenariat avec Peuples Solidaires, ActionAid France et le Centre de Recherche et d’Information pour le Développement (CRID).Cette année, les votes ont été nombreux puisque 41 000 internautes ont désigné les lauréats, soit le double de votants que les années précédentes.

Veolia a reçu le Prix Pinocchio dans la catégorie « Une pour tous, tout pour moi » avec 39 % des votes, pour son implication dans des projets de privatisation de l’eau en Inde, en particulier à Nagpur », indique Reporterre. Cela alors que la firme se présente en facilitateur d’accès à l’eau dans les pays pauvres.

De même, dans la catégorie « Plus vert que vert », c’est Areva qui a été couronnée. Son fait d’arme : avoir « osé l’inimaginable : ouvrir « Urêka », un musée à la gloire des mines d’uranium sur le site d’anciennes mines du Limousin qui ont laissé un lourd passif environnemental et sanitaire. « Entrez dans l’aventure de l’uranium », propose ainsi Areva, » détaille Reporterre.

Enfin, dans la catégorie « Mains sales, poches pleines », c’est Auchan qui a remporté la palme, pour refuser de reconnaître sa responsabilité dans l’effondrement des usines textiles de Rana Plaza au Bangladesh, mais aussi pour refuser de participer à l’indemnisation des victimes.

Plus de détail sur le site : http://www.reporterre.net/spip.php?article5032

Notre-Dame-des-Landes_le suivi

Les services de l’État s’apprêtent à publier les arrêtés “loi sur l’eau” et “déplacement d’espèces protégées”, étape préalable au lancement des travaux de transfert de l’aéroport dans la campagne nantaise.

Communiqué EELV, le 20 novembre 2013

La Commission européenne a annoncé aujourd’hui avoir jugée compatible avec le droit européen la décision de l’État français d’attribuer une subvention publique de 150 millions d’euros à la Société Aéroports du Grand Ouest chargée de la conduite du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. La délégation des députés EELV au Parlement européen réagit à cette décision distincte de la procédure d’enquête européenne.

« Nous regrettons vivement ce blanc-seing donnée à la France de gaspiller l’argent des contribuables français dans un projet dont l’inutilité a été maintes fois démontrée, au seul motif qu’il ne porte pas atteinte aux règles de la concurrence européenne. Si cette subvention respecte les règles européennes en matière d’aides d’État, le projet n’en reste pas moins contraire aux droits environnementaux français et européens. La Commission européenne prend soin de préciser que sa décision est sans préjudice pour l’enquête qu’elle mène de concert avec la Commission des Pétitions du Parlement européen.

Au fil des auditions et grâce à l’action des élus, des associations et de citoyens mobilisés, la violation de plusieurs lois de la législation environnementale européenne a été mise en lumière. Sont notamment concernées la directive sur l’évaluation des incidences sur l’environnement, la directive cadre sur l’eau, et les directives dites « Oiseaux » et « Habitats »… La Commission, partageant notre analyse d’une potentielle violation du droit communautaire, conduit une procédure précontentieuse dite ’EU Pilot’.

Les pratiques de désinformation des pro-aéroport ainsi que les freins et pressions qui pèsent sur l’enquête européenne témoignent d’un profond irrespect pour le droit des citoyens français à être protégés par le droit européen. Aux côtés des associations et des citoyens mobilisés, les élus EÉLV sont plus que jamais déterminés à faire admettre aux autorités françaises que ce grand projet inutile pour l’économie, coûteux pour les Français et désastreux pour l’environnement doit être abandonné. »

 

Ajout Sémaphores le 22/11/2013

Dans un entretien au quotidien Ouest France, l’ancien dirigeant de compagnies aériennes Jacques Bankir se déclare opposé au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, considérant le projet « coûteux » et « illusoire ».

L’ancien dirigeant de Régional Airlines plaide pour l’aménagement de l’actuel aéroport Nantes Atlantique, selon lui moins coûteux et plus cohérent avec la configuration économico-géographique de la région. « Je ne suis pas contre les grands projets. Encore faut-il qu’ils soient justifiés. Ici, on engage de l’argent public, on gèle 1 200 ha de bocage, c’est la surface d’Heathrow, premier aéroport européen, 70 millions de passagers… »

Lire l’entretien sur Ouest-France

Et ce sont toujours les banques qui gagnent à la fin

Ce titre est celui d’un article de Martine Orange (Mediapart) publié il y a deux jours et qui n’a pas eu beaucoup d’écho. Nous avons été plusieurs à demander qu’il figure à la une, mais en vain. Aussi le republions-nous en intégralité sur Sémaphores par crainte que peu de médias n’y portent attention alors qu’il s’agit encore une fois de la gestion des finances publiques. Mais en préalable à l’article, il reste valable de se remémorer ces propos tenus il n’y a pas si longtemps par un François Hollande candidat.

(…) je vais vous confier une chose. (…), je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. Sous nos yeux, en vingt ans, la finance a pris le contrôle de l’économie, de la société et même de nos vies. Désormais, il est possible en une fraction de seconde de déplacer des sommes d’argent vertigineuses, de menacer des États.

Cette emprise est devenue un empire. (…) Les banques, sauvées par les États, mangent désormais la main qui les a nourries. (…). Quant aux fonds spéculatifs, loin d’avoir disparu, ils sont encore les vecteurs de la déstabilisation qui nous vise. Ainsi, la finance s’est affranchie de toute règle, de toute morale, de tout contrôle. (…)

Un seul mot résume cette présidence : la dégradation. Tout s’est dégradé. Je ne parle pas d’une note. Je ne parle même pas des comptes publics. Je parle des conditions de vie, des comportements, tout simplement de la situation du pays. A l’injustice dans les choix, l’incohérence des décisions se sont ajoutés l’accaparement du pouvoir et la connivence avec les puissants, avec ce paradoxe ultime que la volonté d’omnipotence débouche sur un aveu d’impuissance.(F.Hollande, discours du Bourget, 22/01/2012)

Ah bon, j’ai dit ça, moi ?

Et ce sont toujours les banques qui gagnent à la fin

18 novembre 2013 par Martine Orange

En se cachant derrière la débâcle de Dexia et des emprunts toxiques, le gouvernement vient de faire un formidable cadeau aux banques. Au mépris du principe de rétroactivité, il les amnistie de toutes leurs erreurs sur les prêts.

En matière de cadeaux aux banques, le gouvernement a déjà fait beaucoup. Mais il a décidé de faire plus. Après la farce sur la séparation des activités bancaires, c’est une véritable loi d’amnistie que vient d’accorder le gouvernement aux banques. À l’avenir, celles-ci vont pouvoir à titre rétroactif bénéficier d’une totale immunité sur les contrats de prêt signés avec toutes les personnes morales, et ne pourront plus être poursuivies si ces contrats n’indiquent pas le taux effectif global, comme le prévoyait jusqu’ici la loi.

L’affaire s’est jouée dans la discrétion au cours de la nuit du 14 novembre, à l’occasion de la discussion de l’article 60 de la loi de finances. Un article compliqué et très attendu par les collectivités locales : il s’agissait de trouver une sortie convenable pour les collectivités territoriales prises dans les rets des emprunts toxiques tout en limitant les risques pour l’État, et surtout ceux pesant sur la banque Dexia, qui depuis son effondrement est totalement à la charge de ce dernier. Lire la suite

une baleine en forêt

Un coup de cœur juste pour se détendre : cette très belle vidéo repérée par Arrêt sur Image. À regarder avec du son et en plein écran. Ça dure une minute… vraiment trop courte.

Le Whale and Dolphin Conservation (WDC), une association grand-bretonne de défense des dauphins et des baleines, vient de publier un petit film publicitaire d’une minute, réalisé gratuitement par l’agence californienne Gentleman Scholar.


202425634 par asi

Un Fukushima bis en Méditerranée ?

Une légende japonaise raconte que les tremblements de terre qui frappent régulièrement le pays sont dus aux spasmes colériques du poisson-chat géant sur lequel repose l’archipel. En Espagne, sur la côte méditerranéenne, près du delta de l’Èbre entre Barcelone et Valence, c’est un gros castor qui risque de tout faire sauter…

En cause, un ancien gisement d’hydrocarbure reconverti en réservoir de gaz naturel destiné à réguler le marché au gré de la demande. C’est le projet Castor développé par la société Escal UGS et qui est tout près d’exploser avec ses 100 millions de mètres cube de méthane. Avec un gaz injecté à très haute pression depuis le printemps dernier, l’opération de remplissage a généré depuis une réaction en chaîne conjuguant tremblements de terre ainsi qu’une modification de la structure géologique profonde allant jusqu’à réactiver d’anciennes failles souterraines endormies depuis des millions d’années. (…)

Depuis début septembre, plus de 400 tremblements de terre ont été répertoriés dont certains atteignent la magnitude de 4,3 sur l’échelle de Richter. Les aiguilles des sismographes de l’Institut National de Géographie s’affolent en permanence et les habitants des petites villes côtières aussi, car ces séismes à répétition occasionnent des déformations structurelles sur les édifices et autres constructions de génie civil

À lire ici : http://www.placeaupeuple.fr/?p=22248

Vous avez dit actualité ?

Le coup de cœur de la semaine va sembler nous ramener à bien des années en arrière, et pourtant… Ces morceaux choisis témoignent d’une actualité malheureusement bien intemporelle.

Ils avaient quelque chose à dire et se nommaient Balavoine, Desproges, Coluche, Le Luron ou Luis Rego… Apolitiques ou pas, rebelles ou pas, non classés, non classables. En regard, le show-biz d’aujourd’hui semble bien aphone.

Petite remontée dans le temps…

D’un Coluche qui dérangeait, voici la dernière apparition audiovisuelle. C’était le 9 juin 1986…quelques jours avant l’accident.


Balavoine et le racisme, c’était en 1983

 

Pierre DESPROGES et Thierry le LURON. C’était en mars 1977, lors d’un « Entretien au coin du feu », Giscard d’Estaing était président, on parlait aussi et déjà de chômage, d’évasion fiscale, des universités et des municipales…

 

Luis Rego et la journée d’un fasciste, c’était au Tribunal des flagrants délires, l’invité était Jean Marie Le Pen…

 

Fernand Raynaud et le douanier, c’était en 1972. Cette vidéo n’est plus disponible sur la plupart des sites (Youtube, Dailymotion…) mais vous pouvez essayer le lien suivant. Sinon il reste la possibilité de lire le texte après la balise de fin.

http://www.vlol.tv/videos/560/

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Quelle « affaire Taubira » ?

Nos ennemis peuvent couper toutes les fleurs, mais ils ne seront jamais maîtres du printemps. (Pablo Neruda) 

On peut se réjouir que Jean-Marc Ayrault ait saisi le procureur de la République de Paris pour la une odieuse du journal d’extrême droite Minute qui vise la ministre de la justice Christiane Taubira. Selon le premier ministre, cette une est « susceptible de constituer l’infraction d’injure publique à caractère racial ». Seulement « susceptible » ? Cela n’est toujours pas assez en regard de la loi ? Serait-ce un impair de la part de « Minute » ? En quoi cette une diffère-t-elle des précédentes sur lesquelles on n’a pas trop entendu les ministres en place, et l’hidalgo Valls en particulier ? Voici la une du numéro précédent :

Alors bien sûr, comme le notait Daniel Schneidermann il y a deux jours, non sans humour et colère non feinte : « Enfin une abjection, une vraie, une incontestable, sur laquelle tout le monde tombe d’accord, de Giesbert à Barbier, en passant par Ciotti, Pécresse, Valls et Le Pen. « Maligne comme un singe, Taubira retrouve la banane » : comme elle est confortablement ignominieuse, cette couverture de Minute. Ô douillette saloperie ! Comme on est tous heureux de se retrouver dans le confortable refuge de la réprobation, autour d’un café et d’un vin chaud, pour se réconforter des rigueurs des temps, et souffler un peu entre gens de bien, communiant sur l’essentiel. Haro sur Minute ! Interdisons Minute, qui déshonore nos petites ignominies raisonnables (comme Bernanos disait en 44 que Hitler avait « déshonoré l’antisémitisme ») ! Et on pourra continuer à titrer tranquillement sur l’Islam sans gêne, l’Islam qui fait peur, les femmes voilées qui aspirent notre aide sociale, ou à disserter sur les Roms qui n’ont pas vocation à s’intégrer. »

Car le problème est aussi et surtout là : le rôle odieux de ces mêmes médias qui font semblant de s’insurger aujourd’hui en désignant un bien pratique bouc émissaire dont ils ont fait le lit. Qu’ont à dire des Giesbert ou des Barbier de leurs propres unes ?

 

Noël Mamère préfère (et il a raison) noter la responsabilité énorme des médias dans cette dérive : « les « news magazines » ont remplacé les marronniers sur l’immobilier ou le classement des lycées les plus performants par des unes redondantes sur l’islam, l’immigration, les Roms. Plus c’est gros et plus ça fait vendre. La dictature de l’audimat se faisait auparavant sur le vide. Elle se décline aujourd’hui autour du racisme le plus exacerbé : « la carte des Roms », « l’invasion islamique »… Valeurs actuelles, Le Point, L’Express, L’Opinion, sont devenus les « Minute » politiquement corrects de la pensée rancie.

Médias, intellectuels et politiques se fourvoient. Les flux migratoires sont l’expression d’une mondialisation qui n’a pas débuté il y a trente ans : nous avons détruit des civilisations, des nations, des empires, en voulant imposer notre vision du monde. Le boomerang est là. »

http://blogs.rue89.com/chez-noel-mamere/2013/11/12/taubira-insultee-apres-le-tabou-de-la-parole-celui-des-actes-vient-toujours-231647

Voici une récente une du journal « Le Point ».

Vous avez dit « marronnier » ? En voici de précédentes :

Et quand on pense que la majorité de la presse ne vit que sous perfusion, c’est donc grâce à l’argent public que toute cette intox est diffusée. Mais là personne ne s’en offusque, en tout cas si peu…

Signalons tout de même la prise de position d’Edwy Plenel, que nous publions en intégralité pour les non-abonnés à Mediapart (qui ne reçoit aucune subvention de l’État). À cette précision près que nous trouvons très regrettable son appel à une marche le 3 décembre alors que l’appel à une autre marche (contre la fiscalité et la prochaine augmentation de la TVA) a été lancé par la plupart des organisations de gauche. La surenchère ne fait pas forcément l’union, cher Edwy. Merci néanmoins pour cette parole et ces rappels si nécessaires face à l’incurie de l’ensemble de la presse.

Ndlr : ce texte peut aussi être écouté sur France Culture.

Marchons le 3 décembre pour l’égalité et contre le racisme

Cette agression contre Christiane Taubira – c’est le troisième épisode en quelques semaines –, c’est une agression contre nous, c’est une agression contre la République qui se fait au nom du peuple français. Et la question qui est posée, bien au-delà des partis politiques, c’est : est-ce que nous, tous, ceux qui nous écoutent, là, nous sommes attachés à la République ?

C’est quoi la République ? L’article premier du Préambule de la Constitution depuis la catastrophe européenne, celui de la Constitution de la Quatrième République, maintenu par la Cinquième, énonce ceci, que je voudrais rappeler : « Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés. »

Le mot race, mot d’époque, que veut-il dire ? Il parle de l’apparence, il parle de la couleur de la peau. Alors il faut s’interroger sur qu’est-ce que c’est que le surgissement de ce racisme le plus archaïque : qu’une élue de la République, ancienne candidate à la présidentielle, aujourd’hui ministre d’un gouvernement de la République, soit traitée de guenon, de singe, parce qu’elle a une couleur de peau qui la distingue, la peau noire.

D’où vient ce racisme le plus archaïque ? Il vient de ce qui a inventé le Blanc. Le blanc, ça n’existait pas cette couleur. Jusqu’à quoi ? Jusqu’à la Traite négrière, jusqu’à l’esclavage, jusqu’au fait de faire de femmes, d’enfants, d’hommes, de vieillards, de gens de tous âges, des esclaves, des marchandises dont on niait totalement l’humanité, que l’on renvoyait, en effet, à leur « animalité ».

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A Gardanne, le chef de la police et les roms…

A Gardanne (Bouches du Rhône) un témoignage du chef de la police, Christian Huc, interviewé par Rue 89 nous donne une idée des résultats obtenus au bout d’un an par la volonté d’une municipalité et de ses agents.

La mairie de Gardanne représentée par son maire Roger Meï (élu PCF depuis 1977) se trouve confronté en 2012 à l’arrivée de clandestins et au lieu de les expulser, il fait le choix de les installer sur un terrain minier désaffecté « le puits z » un peu à l’écart de la ville en contre partie de la signature d’une Charte pour le vivre ensemble. Cette charte datant du 12 février 2013, s’engage à accueillir 12 familles roumaines recensées sur liste nominative..

« Un équilibre difficile, fait de perpétuels allers-retours entre ce qui marche pour faire respecter des règles, et ce que la loi exige (« la main de fer dans un gant de velours », dit-il), qui a plutôt réussi à l’expérience ».

« A Gardanne, qui compte autour de 21 000 habitants, les gens ont encore du mal à voir les choses de cet œil. Dans une commune au paysage industriel parsemé de terrils, où « si tes grands-parents n’étaient pas mineurs, tu n’es pas vraiment gardannais », la nouvelle actualité du puits de mine n’a pas manqué d’agiter les esprits »

Le camp ayant une capacité d’accueil de 80 personnes pour des raisons de salubrité, toute famille supplémentaire se trouve refusée selon un cadre défini au départ.

On peut constater également des plaintes de villageois incriminant systématiquement les Roms de cambriolages, certes en recrudescence, mais la coïncidence étant voulue par des délinquants « gardanno-gardannais » connus des services de police et de gendarmerie.

Il est rom et son fils s’appellera Christian, comme le flic… Reportage à Gardanne en octobre 2013 © Audrey Cerdan/Rue89. Article entier ici : http://www.rue89.com/2013/11/05/est-rom-fils-sappellera-christian-comme-policier-247032

Lettre à Robert Badinter sur l’Europe

Dans le cadre de se préparer aux élections européennes qui représentent, bien plus que des municipales, la véritable échéance pour tenter de sortir du bourbier de la mondialisation et de la main-mise de la finance sur nos souverainetés, nous avons bien aimé cette Lettre à Badinter. Publiée le 08 novembre dernier sous la plume de Alban Ketelbuters , elle témoigne de ce qu’une certaine jeunesse n’est pas aux abonnés absents, comme on l’entend trop souvent.

Une version courte de ce texte est parue dans Libération le 31 octobre 2013. Le lecteur pressé pourra la lire ici : http://www.liberation.fr/monde/2013/10/31/lettre-a-robert-badinter-la-derive-postdemocratique-de-l-europe_943688

Voici la version intégrale

« Monsieur Badinter,

Alors que vous receviez le titre de Docteur Honoris Causa, vous avez récemment prononcé à l’Université libre de Bruxelles un discours sur l’Europe. Je n’ai pas connu la seconde guerre mondiale. Soixante ans nous séparent vous et moi. Je confesse pourtant que votre culte de l’Union Européenne, dépourvu de toute distance critique, suscite effarement et consternation.

Si le projet hugolien des États-Unis d’Europe a constitué une utopie universaliste magnifique, il est aujourd’hui instrumentalisé à des fins politiques par les ennemis de l’universalisme. Comment peut-on encenser l’Europe telle qu’elle se dessine, alors que sa dérive post-démocratique est officielle depuis le 29 mai 2005 ? Lire la suite

Le Prix Pinocchio

Les nominés 2013 sont…

Trois catégories sont en lice, le prix « Plus vert que vert », qui est décerné à l’entreprise ayant mené la campagne de communication la plus abusive et trompeuse au regard de ses activités réelles. Les entreprises aiment surfer sur la vague du développement durable pour légitimer leurs activités. Mais la réalité est souvent bien moins verte ! Sont nominés dans cette catégorie :
•Areva et son musée de la mine
•Air France et la compensation carbone
•BNP Paribas et le climat

Dans la Catégorie « Mains sales, poches pleines », le prix est décerné à l’entreprise ayant mené la politique la plus opaque au niveau financier (corruption, évasion fiscale, etc.), en termes de lobbying, ou dans sa chaîne d’approvisionnement. Certaines entreprises déploient des trésors d’imagination pour affaiblir ou contourner les normes environnementales et sociales existantes. Leur objectif ? Toujours plus de profit bien sûr, au détriment de l’environnement et des droits humains.
•Auchan et les usines textiles du Bangladesh
•Apple et l’extraction de l’étain en Indonésie
•Alstom et les grands barrages du Brésil

Dans la Catégorie « Une pour tous, tout pour moi », le prix doit aller à l’entreprise ayant mené la politique la plus agressive en terme d’appropriation, de surexploitation ou de destruction des ressources naturelles. Une planète pour sept milliards d’êtres humains, l’équation paraît simple. Pourtant certaines entreprises s’approprient une part excessive du gâteau, et dévorent celle des autres. Leur but ? Gaver une minorité au détriment du plus grand nombre.
•Total et les gaz de schiste en Argentine
•Veolia et la privatisation de l’eau en Inde
•Société Générale et le charbon australien

En savoir plus et voter : http://www.prix-pinocchio.org/nomines.php

Boycotter Unilever pour que vive Fralib

08 novembre 2013 |  Par ATTAC FRANCE

Nous, personnalités représentatives de diverses sensibilités, organisations et réseaux du mouvement social, politique et intellectuel, avons décidé, en accord avec les salariés de Fralib, de lancer un appel à la mobilisation citoyenne le samedi 7 décembre prochain. Nous proposons à toutes celles et ceux qui le veulent d’organiser localement ce jour-là des actions symboliques dans les supermarchés visant à populariser le boycott d’Unilever. Une page Facebook https://www.facebook.com/liberezelephant  est mise en place pour faciliter la coordination des actions au plan local. Merci à toutes et tous, et que vive l’Eléphant !

Une bonne idée d’action ? : cgt.fralibvivra.over-blog.com/pages/les-salaries-de-fralib-lancent-une-nouvelle-operation-boycott-de-lipton-4708808.html

Toutes les marques du Groupe UNILEVER sont identifiables avec ce logo :

L’appel 

Une entreprise industrielle ancrée dans son territoire, la Provence. Relançant par ses commandes une production locale et écologique de plantes– tilleul, verveine, menthe…- jusqu’alors en déshérence. Liée à ses fournisseurs et à ses clients par des relations commerciales équitables et durables, avec des prix justes. Fondée sur la démocratie interne et la participation de toutes et tous aux décisions.

Tel est le projet des travailleurs de Fralib à Géménos, près de Marseille, qui veulent relancer leur entreprise sous forme de coopérative. Depuis trois ans, elles et ils luttent pour obtenir de leur ancien employeur, la multinationale Unilever, le soutien minimum dont ils ont besoin pour se lancer : la cession du nom de marque « Éléphant », qu’Unilever a décidé de faire disparaitre au profit de LIPTON marque milliardaire du Groupe, et un certain volume de commandes pendant la période de démarrage.

Mais Unilever ne veut rien savoir. Lire la suite

La veste bleu marine de Collard

Dans notre série « Tenons notre Collard au chaud »…

Cet article était paru en septembre 2012 sous la plume de Jean-Baptiste Malet. Les amis Graulens de Sémaphores ont tenu à le rappeler aux amis Saint-Gillois à qui le Collard s’apprête à faire le coup du « il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ». Il est vrai qu’en matière de retournement régulier de veste, nous pouvons tous en prendre de la graine… ou avoir le tournis.

Gilbert Collard, maquignon politique opportuniste, carriériste et arriviste, bref, mariniste.

Si vous cherchez le sens du vent, il vous l’indiquera. Après trente années de militantisme politique, le 17 juin dernier Gilbert Collard savourait enfin sa victoire : il était élu député de la deuxième circonscription du Gard sous les couleurs du «Rassemblement Bleu Marine» soutenu par le Front national.

L’avocat médiatique, élève dès l’âge de 8 ans chez les pères maristes de l’Institution Sainte-Marie à La Seyne-sur-Mer (Var), se souvient «en être sorti avec un très mauvais souvenir. Mais maintenant, un très bon. Quand on avait un contentieux avec un camarade, on devait le régler sur un ring de boxe, pendant une fête de division. Cela nous apprenait la confrontation, c’était une manière loyale de régler les conflits. Cela codifiait la violence».

Enfant d’une famille bourgeoise, il grandit au château de la Madone à Marseille. Son père, maurassien, était membre des Camelots du Roi et aurait été l’ami de Léon Daudet. «Mon père m’a fait lire Maurras, Marx, j’ai lu Bainville, Jaurès, Proudhon…» étale-t-il volontiers. Après la faculté de droit à Aix-en-Provence, il devient avocat et installe son cabinet à Marseille, un cabinet devenu depuis une puissante machine bien rodée, éminemment lucrative, dont la vitrine est la forte teneur médiatique de «Maître Collard», toujours animateur de l’émission «Les Grandes Gueules» sur RMC, et qui, malgré son mandat de député, ne compte pas abandonner sa profession d’avocat.


Socialiste, trotskiste…
Le parcours politique sinueux de Gilbert Collard commence au Parti socialiste où, dès 1981, il entre au comité de soutien de François Mitterrand. Mais pour la présidentielle de 1988, son appui va plutôt à l’extrême gauche trotskiste, puisqu’il soutient Pierre Boussel, le candidat du Mouvement pour un parti des travailleurs (MPPT).

Filmé dans le clip de campagne de Pierre Boussel, Collard condamne à l’époque les centres de rétention pour étrangers. Sur un ton solennel, dans une archive disponible à l’INA (Institut national de l’audio-visuel), il proclame : «Je suis ici en tant que témoin. Je crois qu’à l’heure actuelle, sans que les gens s’en rendent bien compte, les droits de l’homme sont en danger. Comme partout on cherche, sur les mécanismes de la peur et de l’inquiétude, à gagner des voix. On peut se demander si ces hommes, ces femmes, ces enfants entassés dans ces cimetières de béton, que sont les centres de rétention, et qui subissent l’expulsion comme on subit l’humiliation, ce n’est pas plus la raison d’État racoleuse que la justice».

Deux ans plus tard, membre du secrétariat national du MRAP (Mouvement contre le racisme), au moment où il défend un négationniste, il est exclu en même temps qu’il démissionne du mouvement. Lire la suite

Histoire de carambars et de petits suisses

Le cabinet privé Poxinvest a publié des chiffres sur la rémunération des présidents des 120 plus grandes entreprises cotées à la bourse de Paris. Résultat : les revenus de leurs patrons ont augmenté de 6% en 2012. Quelqu’un pourrait-il nous rappeler quelle a été l’augmentation du SMIC sur la même période ? Facile ! Sachant qu’il a été indexé sur la valeur du carambar, on arrive à 0,6%, soit dix fois moins que les salaires des grands patrons !

Mais il y a patrons et patrons, et la solidarité devrait nous inciter à sortir les mouchoirs pour certains. En effet, sur les 120 boites citées, il faut d’abord défalquer les 40 patrons du CAC40 qui, eux, ont vu leur revenus baisser de 6,3% sur la même période, cependant que les 80 patrons des plus grosses entreprises suivantes voyaient les leurs progresser de 9,3%.

Un pauvre patron du CAC 40 a ainsi gagné en moyenne 3,96 millions d’euros en 2012. Finalement vous êtes autorisés à ranger les mouchoirs, d’autant que les 80 suivants ont gagné en moyenne 2,2 millions d’euros au cours de l’année.

Pour un patron du CAC 40, cela représente un gain de 10 849 euros par jour ! Eh oui, par jour ! Ce qui représente un gros manque à gagner en carambars pour les 80 patrons suivant qui n’auront gagné que 6 027 euros par jour !

Mais ne chipotons pas et faisons la moyenne de ces 120 premiers patrons de France : ils se sont donc adjugé chacun 2,79 millions d’euros pour la seule année 2012, ce qui ne représente en fin de compte que 7 634 euros par jour !

Sachant qu’un smicard à temps complet gagne environ 17 000 euros bruts par an, chacun des 120 premiers patrons du pays a touché en 2012 l’équivalent de 164 années de SMIC !

Sachant par ailleurs que la finance n’a pas de visage mais qu’elle a néanmoins des noms, on peut citer par exemple Bernard Charlès, directeur général de Dassault Systèmes. Ce Charlès qui n’est pas un charlot a empoché 14,9 millions d’euros en 2012, soit une hausse de 36%. Nous n’avons pas fait le calcul en carambars mais, traduit en SMIC, cela représente 876 années ! Osera-t-on citer le Poulidor de ce classement en la personne de Carlos Ghosn, fossoyeur de l’entreprise Renault ? Oui, mais alors du bout du clavier car le pauvre n’a atteint que 13,4 millions d’euros, soit seulement 788 années de SMIC. Devrait pouvoir faire mieux en 2013.

Trêve de plaisanterie, il va bien falloir songer plus sérieusement à limiter l’écart entre le salaire du patron et le salaire du salarié du bas de l’échelle à un niveau moralement acceptable. On se souvient que le Front de Gauche proposait (et propose toujours dans son programme) que cet écart soit de 1 à 20. Cela signifie que dans une entreprise où le salarié le moins payé l’est au SMIC, le patron conserve la possibilité de se payer 28 600 euros bruts par mois !

Ce n’est pas assez ? Certains pourtant trouvent que ça fait encore trop, et l’on ne saurait taxer de gauchistes les Jeunes Socialistes qui, en Suisse, ont rassemblé assez de signatures pour qu’un référendum d’initiative populaire soit organisé le 24 novembre prochain. Eux proposent de limiter les écarts de salaires dans les entreprises de 1 à 12, ce qui reviendrait à ce que personne ne gagne en un mois plus que ce que gagne le salarié le moins bien payé en un an.

Certes, rien n’est encore acquis et l’on ne sait si du côté de Genève l’indice de référence sera le carambar ou le petit Suisse, mais au vu de la proposition en cours, c’est Méluche qui va finir par passer pour un libéral…