Gestion des cousins MOURRUT-ROSSO, toujours entre comptes et contes

Lundi dernier, le Tribunal de Commerce a validé le plan de continuation de la Société RESITEL (groupe LAGRANGE) qui gère parmi d’autres l’ensemble immobilier communal qu’est la Résidence de Camargue, ce bâton devenu très merdeux pour le Grau du Roi.

En nous appuyant sur le rapport de la Cour des Comptes, nous avions déjà fait part en juin 2012 de l’essentiel du dossier, que vous pouvez retrouver ici. Il y a d’autant plus lieu d’y revenir que la décision du Tribunal de Commerce de Tarbes est estimée « incompréhensible » par bon nombre de propriétaires d’appartements Résitel ici ou là, voir en fin d’article le lien vers le texte officiel du jugement.

Lu sur Internet, sous la plume d’un de ces propriétaires qui s’avoue très défaitiste pour l’avenir : « Le problème c’est que Résitel est condamnée à plus ou moins long terme. Pour moi tout le monde est résilié, la seule différence c’est que pour certains c’est déjà arrivé pour d’autres c’est à venir. C’est juste qu’ils n’ont pas encore tous compris. »

Bien que la cour des comptes ait relevé qu’il ne lui semblait pas être dans le cœur de métier d’une commune de gérer de tels complexes touristiques, et que les procédés de financement allaient de pair avec un endettement dangereux pour la commune et ses concitoyens (affaire Dexia, entre autres), le conseil municipal mené par les cousins ROSSO-MOURRUT n’a pas moins procédé au renouvellement de bail avec la société incriminée. Si bien que la commune a l’obligation légale de continuer le bail jusqu’en 2020.

On peut savoir que, fin 2013, le montant des dettes à rembourser par la commune pour l’acquisition de la résidence plus les travaux nécessaires à son maintien s’élève au bas mot à une douzaine de millions d’euros, et qu’il faudrait en investir plusieurs autres pour rénover sérieusement ce bien patrimonial acheté 14,2 M€ dix ans plus tôt ! Mais la valse des millions, tous les Graulens connaissent ça, habitués qu’ils sont par les cousins, qui en ont fait l’unité de mesure de leur quotidien dynastique.

L’on se souviendra que la principale raison invoquée par le clan MOURRUT pour justifier l’achat de la Résidence de Camargue avait été la « montée en gamme de l’offre touristique » de la ville. Au vu de la situation financière catastrophique de l’entreprise RESITEL, le renouvellement de bail ne peut se traduire que par une descente en gamme des prestations touristiques. Ou peut-être une montée en flèche de l’endettement du Grau du Roi, qui se doit aussi de supporter le coût de sa nouvelle et pharaonique mairie en voie d’achèvement, dite « le blockhaus ».

Pour le gestionnaire Bernard Luciani (ex-FN aujourd’hui prétendant au trône sous l’étiquette Rassemblement des Droites ) : « Le jugement du Tribunal de Commerce ne fait que figer une situation au détriment des intérêts de notre collectivité et au profit exclusif de RESITEL : une mise en redressement judiciaire – voire une liquidation – de cette dernière aurait permis à la mairie de reprendre la main sur le dossier ( renégociation ou arrêt du bail ) et d’anticiper le retrait – inévitable à terme – de la société gestionnaire. »

Et de nous rappeler cette intervention de Léopold Rosso, lors du conseil municipal du 27 mars 2013, qui se proposait d’être éclairante et rassurante :

« De 2006 à 2012, les dépenses occasionnées par l’achat de cet établissement se montent à 11 191 757 € comprenant intérêt et capital de la dette, ainsi que les travaux d’embellissement. Dans le même temps les recettes s’élèvent à 14 903 750 € comprenant le loyer de l’établissement qui couvre, à lui seul, avec 11 249 509 € les dépenses occasionnées lors de   cette période : la différence provenant des placements financiers et de l’emprunt contracté pour les travaux. »

Des chiffres pas si clairs ni rassurants que ça sous une observation plus fine. Nous renvoyons à l’analyse qu’en fait le même Bernard Luciani consultable ici : http://www.legrauduroi2014.com/wp-content/uploads/2013/11/Les-vrais-comptes-de-la-r%C3%A9sidence-Camargue.pdf

Pour aller plus loin et tenter de comprendre pourquoi le plan de continuation de Résitel validé le 16 décembre par le tribunal de commerce de Tarbes est estimé “incompréhensible” pour les propriétaires d’appartements.

Le tribunal de commerce de Tarbes a validé le plan présenté par la direction qui ne retient que 5 millions d’euros de créances sur un total de 64,57 millions de créance déposées.

Pour mieux le comprendre, il faut savoir que les 64,57 millions de passif déclaré par les différents créanciers de Résitel comprenaient environ :

  • 50 millions d’euros de créances antérieures à la sauvegarde (passif “échu”) : correspondant en grande partie aux loyers et charges impayés.
  • 15 millions d’euros de passif “à échoir” : il s’agit grosso-modo pour les 500 baux résiliés par Résitel, du total des loyers à échoir entre la date de résiliation et la date prévue de fin du bail.

Or, dans son jugement, le tribunal n’a retenu que :

  • 3,7 millions d’euros de créances “échues”
  • 187.000 euros de créances “à échoir”. Attention : “Somme qui pourrait être augmentée d’un montant compris entre 745.000 et 945.000, montant évalué par Résitel à 806,139″, précise le jugement.

Soit un total de créances “admises” compris entre 5 millions et 5,2 millions d’euros.

Ce qui est sûr c’est que Résitel devra faire face à ses charges d’exploitation courantes, auxquelles il faudra ajouter le plan de remboursement du passif. Ce qui semble difficile, alors que la trésorerie s’avère très réduite, aux alentours de 100.000 euros. Mais peut-être que ROSSO, via les Graulens, leur prêtera un peu d’argent pour finir en beauté…

Retrouvez ici le texte du jugement : http://www.enqueteouverte.info/residencesdetourisme/2013/12/18/document-le-plan-de-continuation-de-resitel-votre-avis-nous-interesse/

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