Le retour de Sarko ? Et puis quoi, encore !

mise à jour samedi 14 décembre 2013

L’avis d’un ancien haut magistrat

Philippe Bilger est aujourd’hui conseiller dans un cabinet d’avocats, mais il tient aussi le blog « Justice au singulier » (consultable ici) et sa chaîne personnelle sur YouTube (c’est ).

« Comment ne pas juger dangereuse moralement et politiquement une personnalité qui, au plus haut niveau de l’État, a laissé au fil du temps, sous sa seule influence, des serviteurs, des collaborateurs, des auxiliaires se déliter alors qu’auparavant, sur des registres divers, ils n’avaient pas démérité et au contraire, pour certains, s’étaient illustrés ? »

« Durant cinq ans, (…) il a été le mauvais génie de personnalités qui, à son contact et parce qu’il leur faisait miroiter ambitions, espérances, privilèges et impunité, ont perdu leur valeur originelle et se sont retrouvées, pour quelques-unes, après l’élection de François Hollande, dans des processus judiciaires ou disciplinaires préoccupants. »

Et de citer Philippe Courroye, Georges-Marc Benamou, François Pérol, Stéphane Richard, Claude Guéant, Brice Hortefeux, Rachida Dati et Christine Lagarde, une liste non exhaustive. Mais s’il y a lieu d’en faire aujourd’hui le tour, c’est bien parce que, intox ou info, certains parlent d’un retour possible de Sarkozy en politique, à quoi s’ajouterait que les 48% de français qui ont voté pour lui seraient prêts à le refaire. Nous invitons ces aveugles-là à réfléchir sur la base des quelques éléments suivants, sachant que d’autres vont s’y ajouter dans les mois qui arrivent car l’étau se resserre, ex président de la République ou pas.

« corruption active et passive », « trafic d’influence », « faux et usage de faux », « abus de biens sociaux », même après avoir échappé de justesse à la mise en examen dans l’affaire Bettencourt, voici autant d’accusations qui pèsent encore sur l’ancien chef d’état pour les affaires Karachi, Kadhafi, Tapie et on en passe. Mais pas sans se poser la question de savoir jusqu’à quand la justice ne fera tomber que ceux qui ont servi de fusibles (Woerth, Bazire, Gaubert, Takkiedine, etc.).

Bref, Nicolas Sarkozy envisage de créer un nouveau parti. C’est l’une des options sur la table dans la perspective de son retour, avec pour principal mérite de régler la question de la primaire UMP…

à propos de Karachi…

D’abord ce rappel d’un profond cynisme qui ose parler de « la douleur des victimes et de leurs familles »…


La fable, Karachi et le rire de Sarkozy par politistution

Et l’actualité…

Par un courrier officiel daté du 19 décembre 1994, Nicolas Sarkozy, alors ministre du budget, a donné « son accord » aux lettres de garantie destinées à couvrir un contrat avec l’Arabie saoudite et des commissions versées au réseau Takieddine. Cette autorisation signée a permis à Ziad Takieddine de recevoir des paiements anticipés, en partie reversés à Thierry Gaubert, alors collaborateur de Sarkozy.

Retrouvé par les enquêteurs dans les archives du ministère de la défense

Les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire ont saisi un courrier officiel daté du 19 décembre 1994 et signé par Nicolas Sarkozy, alors ministre du budget, qui valide les lettres de garantie destinées à couvrir le contrat et les commissions versées aux intermédiaires de l’affaire Karachi. Depuis le début des investigations en 2010, l’ancien président a publiquement, et avec insistance, contesté avoir joué le moindre rôle, comme ministre, dans l’affaire des ventes d’armes à l’Arabie saoudite et au Pakistan. Confronté à sa propre signature, il ne pourra plus nier comme avant.

Rappel : En juin dernier, Ziad Takieddine a reconnu avoir financé illégalement sur ces fonds la campagne présidentielle d’Édouard Balladur en 1995. Les remises de cash à Thierry Gaubert ont été effectuées à Genève. À deux reprises, Takieddine remet 1,5 million de francs à l’ancien conseiller de Sarkozy. La troisième fois, il s’agit de 3 millions. « Gaubert me disait qu’ils en avaient besoin pour finir la campagne », a commenté Takieddine.

Mais, comme va probablement s’en défendre l’ex président de la République… « C’est pas moi que j’ai fait le signement, d’ailleurs je r’trouvais pas mon stylo ! Si ça c’est pas le preuvement de mon innocenture… ! »

à propos de Kadhafi…

In Mediapart le 11 décembre : « Pour revenir en politique, comme il en a toujours l’intention, Nicolas Sarkozy a besoin d’être libéré des nombreuses affaires qui l’encombrent et le discréditent. Pour ce faire, tous les moyens sont bons, y compris les plus retors et les plus obscurs. »

« L’ancien président a été entendu comme plaignant, à la suite du dépôt d’une plainte avec constitution de partie civile, non pas pour diffamation mais pour « faux », « usage de faux » et « diffusion de fausses nouvelles » visant deux articles consacrés par Mediapart à l’affaire libyenne. Le directeur de Mediapart, Edwy Plenel, et les deux auteurs de cet article ont été entendus sous le statut du témoin assisté, fin novembre et début décembre. Ils ont dénoncé cette procédure contournant le droit de la presse. »

« Pour tenter d’échapper aux soupçons de financement illicite par la dictature libyenne avant 2007, sur lesquels plusieurs juges d’instruction enquêtent, Nicolas Sarkozy continue de s’acharner sur Mediapart en violant le droit de la presse, qui garantit la liberté de l’information. »

Lire l’article d’Edwy Plenel, en accès libre : http://blogs.mediapart.fr/blog/edwy-plenel/111213/libye-la-nouvelle-attaque-de-nicolas-sarkozy-contre-mediapart#comment-4189232

Les dessous du témoignage historique du n°2 libyen contre Sarkozy.

En août 2011, alors que Tripoli est attaqué par les rebelles, le jeune journaliste indépendant Julien Teil se trouve au cœur des opérations, pris en tenaille dans l’hôtel Rixos. Le n°2 du régime libyen, Abdallah Senoussi, s’y rend pour y donner un témoignage unique en son genre sur le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Julien Teil filme… Les médias français n’ont pas, jusqu’à présent, exploité ces images, pas même Mediapart, sans doute pour ne pas faire de publicité (on les comprend) à celui qui fut dans les tout premiers à dénoncer le financement illicite en question, un certain Dieudonné Mbala Mbala…

la photo que personne n’a encore prise…

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