Les étonnantes pratiques de Maître Gilbert Collard

Dans la série « Tenons notre Collard au chaud », nous avons bien apprécié l’article qu’André GENOT (Vauvert) a consacré aux relations fort ambiguës que notre député casse-couilles, pardon… orchidoclaste, entretenait avec le tortionnaire avoué Aussaresses. Nous invitons donc les lecteurs qui auraient manqué cet épisode à cliquer sur le lien suivant : http://pcfgard.over-blog.com/2013/12/collard-et-aussaresses.html

Mais comme nous avions promis de vous faire découvrir d’autres facettes encore du personnage qui brigue aujourd’hui la mairie de Saint Gilles, en voici une qui montre, dans toute sa splendeur, ce que peut être la déontologie de ce grand donneur de leçons que certains s’apprêtent à suivre.

À l’origine, c’est sur la plainte d’un particulier que le barreau de Marseille et le parquet général d’Aix-en-Provence s’était sentis obligés d’ouvrir discrètement des investigations sur le comportement de l’avocat alors marseillais, Me Collard. Pas le choix, les récriminations du plaignant s’étaient retrouvées dans les colonnes de La Dépêche du Midi en décembre 2005. Quelques mois plus tard, en mars 2006, c’est La Dépêche (tout court) qui révèle « Les étonnantes pratiques de Maître Gilbert Collard »

Empêtré dans une affaire de démarchage de clientèle (ce qui est rigoureusement interdit par la profession), voilà que notre Collard sollicite un curieux témoignage pour échapper aux poursuites de l’ordre et de la justice. Ce qu’il ne sait pas à ce moment-là, c’est que la conversation est enregistrée…

Mais pour comprendre la conversation… il faut connaître le début de l’histoire, et elle est assez édifiante.

« Charles-Louis Roche, fils d’un magistrat de Montpellier décédé dans des conditions qu’il juge suspectes, racontait dans l’article de la Dépêche du Midi comment Me Collard l’avait directement contacté pour assurer sa défense dans une affaire de photos licencieuses diffusées sur internet.

« Il nous a dit qu’il nous assisterait gratuitement et qu’il se paierait en retour sur la publicité faite autour du dossier », explique, alors, Charles-Louis Roche qui dispose déjà des conseils d’un avocat du barreau d’Angoulême, Me Hoepffner. La démarche de Gilbert Collard lui paraît d’autant plus singulière que le jeune homme et sa sœur font le lien entre la vie dissolue de leur père et l’affaire Alègre… dont Gilbert Collard est déjà l’avocat. Rapprochement stratégique ?

Charles-Louis Roche se pose la question, mais accepte le concours « gracieux », lui qui a été accusé par son père décédé d’avoir divulgué sur le net avec la complicité de sa mère, des photos dénudées de la seconde épouse du magistrat, une ex-prostituée. Au mois de janvier, trois jours avant le procès en appel de ce dossier devant la cour de Nîmes, c’est un Gilbert Collard aux abois qui appelle Charles-Louis Roche. »

Voici des extraits de la conversation téléphonique enregistrée par Charles-Louis Roche le mardi 24 janvier à 14 h 30.

Gilbert Collard : J’ai le sentiment que tout est fait pour me déstabiliser à l’approche de l’audience et pour amoindrir votre défense. Je reçois du bâtonnier une lettre émanant du Parquet général. (Il lit) « Monsieur le Bâtonnier : j’ai l’honneur de vous faire parvenir la copie d’un article de presse paru dans le quotidien « La Dépêche du Midi » du 13 décembre 2005, relative à certaines pratiques professionnelles de Me Collard. Je vous serais très obligé de bien vouloir faire recueillir les observations de votre confrère, de me les faire parvenir accompagnées de votre avis sur la suite qu’il convient de donner à cette affaire ». Alors, l’article, c’est celui que vous avez accordé à un voyou, qui s’appelle Souillés. Alors, les questions qui se posent sont les suivantes (…) Est-ce que je vous ai démarché ?

Charles-Louis Roche : Alors, maître, je vais vous répondre en mon âme et conscience. Bon, je ne sais pas ce que vous placez sous le terme de démarchage.

Collard : Mais est-ce que je vous ai appelé pour vous dire : Monsieur, votre affaire m’intéresse ?

(…) Roche : Eh bien oui, pour autant que je me rappelle. D’ailleurs j’étais encore étudiant à Toulouse (…) Je vous ai accueilli comme le Messie.

Collard : Mais c’est vous qui m’aviez appelé, Monsieur Roche, rappelez-vous. Vous l’avez fait par l’intermédiaire d’un tiers qui vous a donné mon numéro de téléphone portable (…) Mais je ne me souviens plus du nom du tiers. (…) ça va vous revenir en mémoire, rappelez-vous, rappelez-vous. J’ai été contacté….

Roche : Mais de toute manière est-ce que ça a une quelconque importance, Maître, parce-pour un avocat, démarcher un client, c’est une infraction ?

Collard : Oui.

Roche : Pénale ?

( …) Collard : Bien sûr, civile et pénale, déontologique et pénale (…) moi en tout cas je suis dans une situation horrible, parce que je vous assure que je ne vous ai pas appelé (…) Je vous le jure sur la tête de mes deux filles, Monsieur Roche. Ce journaliste est un voyou, il le fait exprès. C’est lui qui a monté (…) il l’a fait exprès (…) Et, en plus, ce qu’il dit ce n’est pas vrai, on va vérifier mes honoraires (…) Vous m’avez réglé les honoraires en espèces, rappelez-vous.

Roche : Écoutez, ça ne me dit rien. Nous n’avons jamais eu de reçu, ni de note d’honoraires, ni quoi que ce soit.

Collard : J’ai les factures au dossier.(…) Écoutez, Monsieur Roche, il faut vraiment que vous m’aidiez, là, parce que vous m’avez mis dans l’embarras…Écoutez. Envoyez-moi un fax, hein…

Roche : (…) Éventuellement, qui dirait quoi ?

Collard : Maître Collard, je prends connaissance de l’article du 13 décembre, hein, vous m’écoutez là ? Les propos rapportés par le journaliste ont été déformés, d’une part, je ne pense pas que vous cherchiez à nous contrôler, sinon vous ne seriez plus notre avocat (…) d’autre part, j’ai voulu dire, et le journaliste a mal compris, que vous vous étiez mis généreusement à notre disposition compte tenu de la situation. Et vous n’avez en aucun cas fait une démarche auprès de nous.

Roche : Le problème, maître, c’est que je ne sais pas si je peux faire ce fax, hein, parce que sinon je crois que c’est moi qui vais me trouver dans l’embarras, hein (…) La vérité, bon je suis quand même honnête, bon, ce journaliste n’a pas trahi mes propos. Si vous voulez (…) Ce que je veux que vous sachiez, c’est que mon père est véritablement impliqué dans l’affaire Alègre …

Collard : Monsieur Roche, je vous crois (…) Est-ce qu’on ne peut pas se mettre d’accord sur une rédaction qui me permettrait de sauver la face ? (…) Il vous suffirait de faire un courrier qui n’aura qu’un intérêt interne pour que l’affaire s’arrête là.

(…) Roche : Je ne veux pas dédire le journaliste de «La Dépêche».

Collard : Écoutez, Monsieur, je vous promets que la lettre restera entre nous, et je ne ferai pas de procès au journaliste, et je ne ferai rien au journaliste, vous avez ma parole d’honneur (…) Mais un simple courrier c’est : «Maître Collard, j’ai pris connaissance de l’article de «La Dépêche», (…) j’ai simplement voulu insister sur votre dévouement, votre spontanéité, votre générosité, c’est tout. Ça engage pas ça. Encore une fois, on peut se mettre d’accord sur les termes du fax, hein ? (…) Si vous êtes un honnête homme, et je sais que vous en êtes un (… ) ils ont réussi à me mettre dans une situation qui va me valoir une comparution devant le conseil juridique. (…) Mais moi, je suis dans une situation dramatique, dramatique, alors que je suis parfaitement honnête et de bonne foi. (…) Je vous jure, je vous jure, (…) faites un effort de mémoire (…) j’étais à la plage, du côté des Saintes -Marie de la mer, il y avait un vent infernal (…) si vous faites un effort vous allez peut-être retrouver le nom de la personne qui nous a mis en contact…

G.-R. Souillès

Lire l’article intégral sur la Dépêche : http://www.ladepeche.fr/article/2006/03/16/66622-les-etonnantes-pratiques-de-maitre-gilbert-collard.html

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