Soutenir Emmanuel Giboulot

Madame, Monsieur,

Comme vous l’avez sans doute entendu à la radio ou à la télévision, le viticulteur Emmanuel Giboulot, poursuivi pour avoir refusé un dangereux pesticide, est passé hier au tribunal correctionnel de Dijon, comme prévu.

Nous étions plus de mille personnes à ses côtés. De nombreuses associations, locales et nationales, étaient présentes. Nous lui avons remis près de 500 000 pétitions de soutien, dans une atmosphère d’enthousiasme extraordinaire. Grâce à vous, je peux témoigner que cette épreuve a été transformée pour Emmanuel et sa compagne en un grand moment de chaleur et de convivialité.


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Vous pouvez consulter sur la page Facebook de soutien nos photos du pique-nique festif organisé devant le tribunal, et de la remise de notre pétition, juste avant l’audience. (1)

Mais malgré cette mobilisation, la Procureure a insisté sur sa culpabilité. Elle a requis 1000 euros d’amende, dont la moitié avec sursis, avec inscription à son casier judiciaire.

Le jugement sera rendu le 7 avril.

Nul ne sait aujourd’hui de quel côté pencheront les juges. Mais une condamnation, même symbolique, serait un terrible désaveu envoyé au monde de l’agriculture bio, et une très mauvaise nouvelle pour l’environnement.

Car, ne l’oublions pas, Emmanuel Giboulot entrerait alors juridiquement dans la catégorie des délinquants. Un homme qui mériterait au contraire d’être décoré pour son courage !

Cette condamnation, si elle a lieu, contribuera de façon grave à amplifier le climat de peur, et à décourager les bonnes volontés parmi les personnes tentées par l’approche biologique.

Elle confirmera les agriculteurs biologiques dans l’idée que, quelles que soient leurs convictions personnelles, c’est au bout du compte les autorités administratives et leurs méthodes chimiques qui s’imposent sur leur propre terrain !

La décision du tribunal n’a pas encore été prise. Mais si notre mouvement s’essouffle maintenant, cela pourrait être considéré par les juges comme le signe que l’opinion publique se désintéresse du problème !

Ne commettons pas cette erreur stratégique. Poussons maintenant notre mobilisation encore plus loin. Nous avons encore 5 semaines et nous pouvons atteindre un million de signatures !

Je compte donc sur vous pour continuer à récolter des pétitions de soutien autour de vous en transférant l’appel d’Emmanuel Giboulot (à voir ici).

Parmi bien d’autres, la radio Europe 1 a relevé l’exceptionnel mouvement de soutien autour d’Emmanuel, et indiqué que « cette mobilisation pourrait jouer en la faveur du vigneron lundi ». (2)

C’est certainement vrai car, sans cela, la Procureure aurait très probablement requis une peine beaucoup plus grave.

Mais en continuant à récolter des pétitions, nous pouvons obtenir qu’Emmanuel Giboulot soit relaxé et sorte du tribunal sans la moindre condamnation le 7 avril. Et c’est ça qui est, de très loin, le plus important.

Face à nous, de puissants réseaux se mobilisent. Certains accusent Emmanuel Giboulot d’être un « intégriste du bio ». Il a pourtant déclaré lui-même à l’audience qu’il aurait accepté de traiter sa vigne si la menace de le maladie avait été réelle. Mais la maladie, la flavescence dorée, n’est même pas présente dans son département, la Côte-d’Or ! Il n’y en a pas à l’heure actuelle à des kilomètres autour de ses vignes. Traiter avec un pesticide ne servirait strictement à rien.

D’autres font courir le bruit un peu partout sur Internet que le traitement par pesticide est indispensable et bénéfique. Ceci alors que l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), a lui-même publié un rapport sur cette maladie, expliquant que les traitements actuels imposés aux agriculteurs sont :

« polluants, coûteux, et contrecarrent la démarche de réduction de pesticides de la filière viticole. Ces plans de lutte obligatoire posent en outre d’énormes problèmes aux viticulteurs engagés en Agriculture Biologique ou en processus de conversion vers celle-ci. » (3)


Encore une fois, nul ne sait aujourd’hui de quel côté pencheront les juges. Mais après tout ce que nous avons fait jusqu’à présent, n’abandonnons pas Emmanuel maintenant, alors que le danger d’une condamnation pèse plus que jamais sur sa tête.

Continuez à rassembler des signatures de soutien autour de vous.

Transférez la pétition à toutes les personnes que vous connaissez, en leur indiquant qu’elles ont encore jusqu’au 7 avril pour signer !


Lien ici.


Un grand merci,

Augustin de Livois
Président de l’Institut pour la Protection de la Santé Naturelle

Sources :

1 Notre page Facebook
2 Europe 1, Un agriculteur bio poursuivi pour avoir dit non aux pesticides
3 INRA, Flavescence dorée de la vigne

Pour aller plus loin, par exemple en savoir plus sur cet Institut (IPSN) peu connu du public qui a pris en charge la pétition, Sémaphores propose après la balise Lire plus un extrait que Anne-Sophie Jacques a publié le 25 février 2014 dans sa chronique à Arrêt sur Image. Quelques éléments pour couper court aux ragots distillés par les lobbies des pesticides à tout prix.

Que sait-on sur l’IPSN ? Pas grand-chose. Le Monde nous apprend qu’il est basé à Bruxelles. C’est court. Son site Internet est lapidaire car consacré entièrement à la pétition. On apprend néanmoins que cet « organisme militant, indépendant et déterminé défend les intérêts des patients auprès des pouvoirs publics français et européens« . Son but ? « Défendre la liberté thérapeutique, promouvoir la coopération entre les médecines, et protéger les médecines naturelles et complémentaires« . Parmi les membres du conseil scientifique, peu de noms connus, si ce n’est celui du professeur Henry Joyeux, cancérologue à l’Institut public du cancer de Montpellier, et brocardé sur sa page wikipedia pour une vision de la sexualité marquée par l’homophobie. Là encore c’est court. Pas de téléphone. Juste un nom, celui de son président, Augustin de Livois. Un avocat a priori consultant pour une agence de lobbying. Quelques évocations de leurs combats sur des blogs confidentiels et des messages très circonspects sur le dessein de cet Institut. Roule-t-il pour l’industrie de la santé naturelle ? se demande l’un d’entre eux.

Place aux spécialistes des émotions

Bizarre non ? Même pas. Après des dizaines de pirouettes pour réussir à joindre le mystérieux Augustin de Livois, je découvre non pas un loup mais un jeune homme engagé dans les médecines alternatives, et très transparent. Tout d’abord, il n’est pas avocat. Il est certes diplômé du barreau de Versailles, mais n’a jamais exercé. Il s’est fait embaucher par ce cabinet de lobbying donc avant de se mettre à son compte puis de fonder il y a trois ans son Institut pour défendre les intérêts de la santé naturelle. Autrement dit des naturopathes, des homéopathes, des nutritionnistes ou encore des spécialistes des émotions. En gros, tout ce qui touche à la médecine parallèle. Ou douce. Ou naturelle, comme vous préférez.

Première mobilisation pour l’Institut : un règlement européen qui prévoit « d’interdire aux fabricants de produits de santé naturelle d’informer le public des effets favorables possibles de leurs produits ». De Livois reprend là une campagne menée en Grande-Bretagne, lance une pétition et obtient 500 000 signatures. Autant d’adresses qui deviendront son trésor de guerre. Il envoie alors une newsletter régulière pour informer de ses mobilisations ou encore des ateliers et conférences menées tous les mois sans être pour autant, dit-il, « un guerrier. Je nous vois davantage comme des lanceurs d’alertes qui veulent accompagner l’idée d’un changement des habitudes qui sont les nôtres. Il y a d’autres possibilités que de boire du coca ou de regarder la téléréalité, même si la pub qui nous envahit soutient le contraire ».

Comment lui est venue l’idée de soutenir le viticulteur ? En lisant, en novembre, un article sur le site Bastamag consacré à cette affaire. « Je décide alors de monter une page Facebook qui recueille plus de 35 000 « like ». Puis j’oublie, et c’est un article du Canard enchaîné du 12 février qui me rappelle au calendrier : eh oui il y a un procès ! » De Livois contacte le viticulteur, lui propose de lancer une pétition et de tourner une vidéo. Depuis il suit l’affaire sur ses talons. Il était bien sûr au procès de Dijon. Il raconte que la substitut du procureur n’était pas du tout à l’aise, s’excusant presque d’être là. Tout de même : pourquoi trouve-t-on si peu d’infos sur vous ? « Parce que nous sommes tout petits. Et on ne souhaite pas forcément aller trop vite ». Mais de Livois nie travailler pour l’industrie de la santé naturelle, autrement dit du complément alimentaire : « au contraire, ils se méfient de nous. Ils sont d’ailleurs plutôt liés à l’industrie pharmaceutique qui essaye d’absorber le secteur. Nous sommes financés par les dons, principalement de particuliers mais aussi par des PME d’herboristes, et grâce à nos conférences. Ça reste très artisanal. »

Flavescence et H1N1 : même problème

Et pourquoi avoir choisi Bruxelles ? « Je vivais là-bas quand j’ai fondé l’institut. Mais c’est vrai aussi que j’ai préféré la Belgique pour ne pas être gêné par l’Ordre français des médecins qui voit d’un très mauvais œil tout ce qui tourne autour de la santé naturelle. Faut dire que c’est facile de sortir du cadre du Conseil : sur 217 000 praticiens, 9 000 sont considérés déviants ». Déviant ? « Oui. On peut se faire épingler pour proposer des compléments alimentaires entre deux traitements de chimiothérapie ». Quant à ceux qui le mettent dans le même sac que les anti-vaccins, là encore Augustin de Livois s’en défend : « s’il y a un parallèle à faire avec la vaccination, il faut la faire non pas sur la rougeole – je suis moi-même vacciné – mais sur le vaccin du H1N1 fait dans l’urgence, refusé par le personnel médical, imposé à coups de millions et qui a profité avant tout au laboratoire qui l’a fabriqué. Comme pour le traitement de la flavescence, c’est l’impératif économique qui l’a emporté sur l’impératif de santé. Notre Institut se bat pour faire en sorte que, dans l’avenir, ce soit l’impératif de santé qui l’emporte sur le reste. Et je suis sûr qu’on y viendra ».

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