Rosso-Mourrut et le collège d’Alzon

Lors de la défense de son poulain Léopold Rosso samedi 15 dernier, Étienne Mourrut a cru bon rappeler que l’opposition avait voté contre un certain nombre de réalisations (par exemple le nouvel Hôtel de Ville), mais il semblait s’étonner de ce qu’elle n’ait pas « attaqué » le projet du futur collège d’Alzon. Reprenant les mots du maire sortant « Il faut que vous le sachiez, vous qui n’étiez peut-être pas encore là ! », Sémaphores met les quelques éléments suivants à disposition car, oui, il faut que vous sachiez la part d’enfumage sur ce dossier.

Pour rappel : Le collège d’Aigues Mortes dispose de 625 places. En 2003, au moment de l’affluence des enfants nés en nombre en 1990, le collège comptait plus de 800 élèves. C’est à ce moment là que la polémique du collège est née, et a justifié que M. Mourrut favorise le collège privé pour désengorger Aigues Mortes en urgence.

Il semblerait qu’aujourd’hui le collège d’Aigues Mortes ait l’effectif correspondant à sa capacité, et le collège D’Alzon semble accueillir 268 élèves, dont une partie vient de la Grande Motte.

Le projet de collège en cours offrirait une capacité de 500 élèves, soit le double de ce qu’il en accueille aujourd’hui. Au vu de l’évolution de la jeune population graulenne, on peut douter que le Grau du Roi soit en mesure de remplir ce collège. On ne peut nier qu’il corresponde à une demande d’une partie de la population, mais la commune n’a pas à financer ou favoriser un établissement privé. Il n’empêche qu’une délibération du conseil municipal (en 2008) s’est portée caution à hauteur de 750 000 € pour acquisition du terrain et construction du nouveau collège qui entrerait donc dans le patrimoine scolaire d’Yvan Lachaud.

Pourquoi y a-t-il eu polémique ?

Si on écoute le tandem Mourrut-Rosso, le passage d’un projet public à un projet privé serait la faute du Conseil Général de l’époque, qui n’aurait pas souhaité en assurer le financement. Autant, il est vrai, le CG n’était pas des plus chauds pour un second collège si près de celui d’Aigues Mortes (question de politique générale d’implantation des collèges et lycées), autant la raison du refus était tout autre : le terrain proposé par la mairie (route de l’Espiguette) était inconstructible à cause du risque d’inondation. Messieurs Mourrut et Rosso le savaient parfaitement et ont préféré se réfugier derrière l’argument que la ville ne disposait pas d’autre terrain à proposer. Quand on voit le nombre de constructions qui ont vu le jour au cours de ces dix dernières années, le mensonge devient flagrant.

La réalité est qu’une fois de plus les accointances politiques ont primé sur l’intérêt général, et le favoritisme envers Yvan Lachaud était déjà dans les têtes.

Quoiqu’il en soit, la parcelle sur laquelle repose le projet actuel de construction du collège a été rendu inconstructible par le PPRI (Plan de Prévention de Risques d’Inondation), pour risque grave d’inondation.

Le collège en projet. Surface plancher 3574 m². (Pour comparaison le nouvel hôtel de ville est dans les 2800 m²).

Sémaphores a donc posé la question aux élus de l’opposition : Monsieur Mourrut s’étonne de ce que vous n’ayez pas attaqué le projet de construction d’un collège dans une zone particulièrement sensible. Est-ce vrai et quelle est votre position sur le sujet ?

« Nous ne sommes pas opposés à la construction du collège, mais pas sur une zone de danger. Lors de l’enquête publique relative au PPRI, nous avions proposé que le PPRI permette qu’un nouveau bâtiment soit construit en lieu et place de l’actuel collège, c’est à dire dans les locaux de la colonie L’Espoir. Cette parcelle est en effet hors zone de danger, et la reconstruction du bâtiment permettrait de surélever le plancher pour garantir la sécurité de nos enfants en cas de submersion marine.

Nous proposions aussi l’extension de 20% de la surface de plancher existante. Le PPRI a été approuvé en permettant la reconstruction du collège comme nous l’avions suggéré, mais a interdit la constructibilité de la parcelle voisine sur laquelle M. le Maire a malgré tout délivré le permis de construire en septembre 2013.

Nous n’avons donc, en effet, pas attaqué ce permis de construire car nous ne pouvons imaginer que M. Lachaud ou le futur Maire assumera la responsabilité de la construction d’un collège sur la base d’un permis illégal. »

Ce permis n’a pas moins été validé le 11 septembre 2013

Quelques données sur le collège D’Alzon actuel :

http://www.letudiant.fr/etudes/annuaire-des-colleges/college-prive-emmanuel-d-alzon-2754.html

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