Une histoire à la con

” Le bonheur d’un con fait toujours peine à voir ”

« Traiter son prochain de con n’est pas un outrage mais un diagnostic. »
Frédéric Dard_ Les pensées de San-Antonio_1996.

C’est dimanche, on se relaxe, c’est pour rire… même si, faut pas déconner, la connerie c’est quand même du sérieux.

Françoise Martres, présidente du Syndicat de la magistrature, a été mise en examen pour « injure publique » dans l’affaire du célèbre “Mur des cons”, ce panneau syndical qui avait suscité une vive polémique en avril 2013.

Il se trouve qu’il existe une jurisprudence constante et bien établie sur la liberté d’expression. Mais la justice peut-elle répondre à la question de fait : Qu’est-ce qu’un con ? Qui est le con de l’autre ?

Le con dira-t-on.

La procédure qui s’annonce fera date. La juge d’instruction vérifiera que les parties civiles ont un intérêt à agir. Elles doivent amener la preuve qu’elles ne sont pas connes. La juge d’instruction s’inquiètera ensuite de savoir comment le droit appréhende la notion de con. Le vocabulaire juridique l’ignore.

Il s’agit d’être précis, comme l’exige le droit pénal, d‘interprétation stricte. La juge ne peut pas procéder par extension, analogie ou induction. Un con n’est pas un imbécile. La juge n’adoptera donc pas une interprétation large (« En matière pénale, tout est de droit étroit« ), ce qui lui évitera de s’épuiser sur le dossier, tant la notion de con est vaste, voire poreuse.

Elle est hiérarchisée (du roi des cons au dernier des cons), elle connaît une approche morphopsychologique (jeune, vieux, gros, grand, pti’con), elle peut-être universaliste (espèce de cons), corporatiste (une bande de cons) ou seulement organique (tête de con, con comme une b…)… La notion de con peut être apologétique (voir poésie), idéaliste (idem) ou réaliste (quel con !). Elle peut être aussi fonctionnelle (un métier de con, un service à la con, un directeur à la con), géographique (un pays à la con ou de cons), historique (quelle époque à la con, une histoire à la con), objective (un vrai con), honorifique (une médaille à la con)… La notion con est très étendue. Un président a initié une approche sociologique (le pauv’con, le riche con) et les mathématiques ont effleuré la notion (le con intégral). Enfin, des auteurs ont trouvé de la poésie ou du charme au mot con, permis d’en parler sans le dire, et d’autres en le disant sans fard.

Médecin : Désolé. Je ne peux pas le prendre.
Directeur de la prison : Oh non ! Ne me dites pas ça !
Médecin : Je l’ai bien examiné. Il n’est pas fou. C’est un petit mental, qui a l’incapacité totale à s’extraire du présent.
Directeur de la prison : Parlez clairement docteur !
Médecin : D’accord ! En clair, il est incroyablement con.
Le directeur de la prison : Docteur, il faut me débarrasser de lui. Je suis sûr qu’il serait mieux à l’asile.
Médecin : C’est un asile de fous, pas un asile de cons. Faudrait construire des asiles de cons, mais vous imaginez un peu la taille des bâtiments !

Article intégral (avec détails (plus sérieux) sur les jurisprudences) à retrouver ici : http://blogs.mediapart.fr/blog/patrick-cahez/140314/le-mur-des-cons

Mais on l’a dit, c’est dimanche, et on préfère vous quitter en chanson. Trois minutes de con, celui d’Alice, selon un bon poète du vielh terroir françois.

Si je me réfère
A mon dictionnaire
Il est temps de faire
La définition
De ce mot espiègle
Qui échappe à la règle
Plus noble qu’un aigle
Dans sa condition
Ce mot vous le dites
Censeurs hypocrites
Établissez vite
Son vrai sens profond
Car si on l’ausculte
Au lieu d’une insulte
On peut faire un culte
Du joli mot con

 

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