Les canons de Valls

La visite de Manuel Valls chez le Pape n’est pas sans faire couler d’encre, et à juste titre. Cette rencontre n’est pourtant pas la première pour qui se souvient que déjà le 11 octobre 2012, Jacques Berthieu et Louis Brisson étaient canonisés en présence de Manuel Valls. Sans doute l’hidalgo qui nous sert de Premier ministre n’a-t-il pas lu le fameux Brisson dans le texte. Sur son blog, François Cocq nous rappelle quelques perles édifiantes du canonisé :

 « Au lieu de laisser aux prêtres l’instruction et l’éducation, on établit des gymnases où on enseigne à la jeunesse la littérature, les arts, les coutumes et les religions des peuples étrangers. »

« Le confesseur doit toujours tenir pour la loi et pour l’autorité. Il doit apprendre (…) à la femme à obéir à son mari. Il ne faut jamais que le confesseur donne raison aux enfants contre leurs parents, contre leurs frères ou sœurs plus âgés, à la femme contre son mari. »

« Il faut obéir sans raisonner, ne pas écouter ce nous dit notre jugement propre. »

 « La femme est fourbe naturellement. (…) La femme est menteuse naturellement. (…) La femme est traîtresse. »

« C’étaient les couvents qui conduisaient le monde. Aujourd’hui ce sont les Francs-maçons et les Juifs. Ils sont partout. Tous nos livres d’histoire sont faussés par eux. C’est Satan qui est l’inspirateur de tout cela. »

Cette fois il s’agit d’assister à la canonisation de Jean-Paul II, celui-là même qui n’a pas manqué d’aller saluer Augusto Pinochet en 1987, l’assassin du Président Salvador Allende ! De quoi Valls veut-il témoigner avec ces visites déplacées ? A-t-il seulement souvenir que la laïcité française est fondée sur la séparation de l’Église et de l’État ? Cette fois c’est clairement non.

Et sur son blog, alexis-corbiere nous rappelle quelques principes :

La République laïque n’a pas à se prononcer sur l’importance d’une décision religieuse qui ne concerne fondamentalement que les croyants. Elle n’a pas à dire si c’est une chose positive ou négative. Elle est neutre sur ces questions là. C’est le sens, très clairement, de l’article 2 de la loi du 9 décembre 1905 : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte […] ». Concrètement, le fait que la République « ne reconnait aucune culte » ne signifie qu’elle les méprise, mais assure le fait que chaque religion fait que ce qu’elle veut, s’organise comme elle le souhaite et prend les décisions qui la concerne sans que la République ne soit consultée ni ne se mêle de ses décisions, ni ne donne son opinion (dans le cadre plus général du respect des lois bien entendu).

Quant à Didier Porte, il pense cette semaine que « Trop de papes tue le papisme »

Didier Porte : «Trop de papes tue le papisme» par Mediapart

 

 

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