Nos amis les bêtes (sensibles)

Cet article est dédié au girafon Marius, euthanasié le 9 février 2014 au zoo de Copenhague.

La France reconnait désormais l’animal comme un « être vivant et sensible », et non plus seulement comme un bien meuble, une sorte de déclinaison à quatre pattes du canapé ou du frigo. Mais ne vous excitez pas, rien n’est fait. Contrairement à ce que laisse entendre une dépêche AFP trop rapide, ce n’est pour l’instant que la commission des lois de l’Assemblée qui a voté cet amendement animalier. Reste à le faire adopter en séance, puis vote au Sénat, patati patata, alors il pourrait intégrer le Code civil.

MAIS, car il risque d’y avoir un bon paquet de mais, on peut d’ores et déjà s’attendre aux embuscades de sénateurs chasseurs, de députés aficionados, ou ministres éleveurs de grenouilles pour la consommation, allez savoir. Ce qui semble certain est que le texte de l’amendement envisagé manque singulièrement de précision et de réflexion.
Pour commencer, il ne donne aucune définition de l’animal ni de la sensibilité. Chien, chat, cheval, peut-être cela va-t-il de soi pour certains animaux. Mais que vais-je annoncer à mon poisson rouge ? Et à mon petit diodon qui monte en surface de l’aquarium pour que je lui caresse le ventre ? L’est pas vivant et sensible, lui ? Et ma souris, ma tortue Caspienne, mon araignée du fond du jardin que je bichonne pour qu’elle attrape un max de moustiques ? Pas sensibles et vivantes ?

Et puis je va vous dire… C’est pas que l’idée soit bête de ne plus traiter un animal comme un bien mobilier. Mais alors il faudrait arrêter de le consommer, de le vendre et de l’acheter, faire du business avec. En bref arrêter de l’exploiter !

Euh… Tout bien réfléchi… va peut-être pas rester grand monde pour signer une connerie pareille. Ce qui est sûr, c’est que le débat à l’Assemblée ou au Sénat risque d’être entre cirque et corrida. Olé !

 

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