pour réfléchir sur  » l’appel  » du 30 mars

Cet article est paru sur la page Facebook de Bernard Campel. Nous le republions à l’attention des non facebookien(ne)s, avec son aimable autorisation.

Les élections municipales c’est déjà le passé ! La nomination dès le lendemain d’un nouveau Premier Ministre a ouvert une nouvelle séquence politique et expédié en quelques heures les élections municipales dans l’Histoire.

Et pourtant il y aurait tant à dire. Et singulièrement sur les conclusions qui en ont été tirées. Courbes, graphiques, diagrammes aux couleurs chatoyantes, analyses de spécialistes incontestables, et surtout incontournables, tout à concouru à un examen de ces élections au travers du filtre d’un climat politique national. Et qui songerait à nier que ce scrutin municipal a été l’expression d’une sanction ou d’une incompréhension de la politique conduite par le tandem Président-Premier Ministre.
Raclée pour la gauche, mais peut on parler de triomphe pour la droite ? Au petit jeu des villes gagnées ou perdues c’est difficilement contestable. Mais à observer les résultats dans le détail, on ne distingue nul effondrement de la gauche qui recueille 41,61 % des voix face aux 45,65 % des voix de droite. Et que dire du triomphe du Front National ? 6,75 % des électeurs. Où est la percée ? D’évidence l’ascension du FN est « résistible » pour paraphraser Brecht.

Et alors ? Comparons avec un demi-siècle d’élections présidentielles de 1974 à 2012, cela permet d’observer les évolutions du corps électoral. Dans une chronique, le 26 décembre 2013, le chef du service politique de France Culture, Hubert Huertas (aujourd’hui à Mediapart) s’était livré à cet exercice, pour conclure à l’extraordinaire stabilité du corps électoral. Les municipales 2014 semblent confirmer ce constat que les écarts oscillent autour de 4 %…
Mais si, au delà de ces analyses macro politiques, le regard s’attardait sur le local, sur ce que cachent peut être ces élections, il y trouverait le souhait exprimé par les électeurs d’une autre façon de concevoir la politique locale, l’a manifestation d’un désir de citoyenneté ? Dans la région deux exemples méritent peut être de s’y attarder, deux petites villes, Juvignac et Le Grau du Roi, la première en zone urbaine, l’autre en zone périphérique et littorale. Deux communes aux profils sociologiques et aux enjeux économiques différents.
Dans les deux cas, il s’agissait de remplacer un maire élu depuis 1983. Dans les deux cas ils avaient confié à des proches de leur famille politique le soin d’assurer la succession : ce sont des candidats sans étiquette qui ont emporté la mise au soir du 30 mars. Dans les deux cas, et même si la composition socioprofessionnelle des listes diverge, même si les réalités locales peuvent être différentes ces candidats se sont appuyé sur la lassitude d’une longue période sans alternance, mais aussi sur cette impression, réelle ou fantasmée, que la sphère publique était accaparée par des cercles de plus en plus restreints au détriment des intérêts du plus grand nombre. Et dans les deux cas, encore, d’avoir construit leur programme après avoir écouté les aspirations de leurs con-citoyens. Ce qui n’a rien d’anodin.

Si deux exemples ne peuvent autoriser l’amorce de la moindre théorie il ne serait peut être pas sans intérêt d’observer au plus près les résultats de Montpellier, ou de Grenoble, pour n’évoquer que ces deux villes Peut être y retrouverait t’ on cette même exigence des électeurs-citoyens de ne pas être consultés une fois tous les six ans seulement, mais de participer concrètement à la vie de leur ville, de leur village. Dans ces deux exemples aussi il n’est pas difficile de distinguer une méfiance des stratégies d’états major. Des états Majors, et un personnel politique, qui au delà des interprétations nationales du scrutin municipal devraient prêter l’oreille à cet appel du 30 mars.

En avant la rouge et en avant la bleue

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