Salut à vous, braves pioupious du 17ème !

Légitime était votre colère
Le refus était un grand devoir
On ne doit pas tuer ses pères et mères
Pour les grands qui sont au pouvoir

Salut, salut à vous !
A votre geste magnifique
Vous auriez en tirant sur nous,
Assassiné la République !

 

Un peu d’histoire en cette année commémorative de 1914, même s’il nous faut remonter quelques années plus tôt encore pour comprendre cet hommage. Le Midi était alors bien plus rouge qu’aujourd’hui, un rouge où se mêlaient le vin, la colère et le sang de quelques vaillants insoumis. Ici encore on comprendra que le « sang impur » de l’hymne national n’était pas celui de l’ennemi mais celui de braves pioupious qu’on envoyait au feu.

Une partie du Comité d’Argeliers, Marcelin Albert, Elie Cathala, Louis Blanc et le médecin Senty

En 1907, les vignerons du midi de la France s’étaient révoltés contre le vin chimique, qui leur faisait concurrence. A leur tête était Marcelin Albert.
Quand ils manifestèrent à Béziers, on voulut envoyer contre eux les soldats du 17e régiment d’infanterie de ligne. Ceux-ci, originaires de la région, étaient de proches parents des manifestants. Ils se mutinèrent. Cette mutinerie vaudra au régiment de rejoindre sans délai les bataillons disciplinaire d’Afrique du Nord… Poursuivi par sa mauvaise réputation, le 17eme sera très souvent en première ligne, désigné d’office pour des assauts meurtriers pendant la guerre de 14…

A cette occasion, Montéhus écrivit la chanson suivante. La musique est de Raoul Chantegrelet et Pierre Doubis, l’interprétation est de Maurice Morelly. A notre connaissance l’enregistrement n’existe pas en CD. Il provient d’un disque 33t , « Histoire de France par les chansons  » édité par Vernillat / Barbier 1974.

Paroles complètes après la balise

Légitime était votre colère
Le refus était un grand devoir
On ne doit pas tuer ses pères et mères
Pour les grands qui sont au pouvoir
Soldat, votre conscience est nette
On n’se tue pas entre Français
Refusant de rougir vos baïonnettes
Petits soldats, oui, vous avez bien fait !

Refrain :
Salut, salut à vous !
Braves soldats du 17ème
Salut ! Braves pioupious
Chacun vous admire et vous aime
Salut, salut à vous !
A votre geste magnifique
Vous auriez en tirant sur nous,
Assassiné la République !

Comme les autres, vous aimez la France
J’en suis sûr, même vous l’aimez bien
Mais sous votre pantalon garance
Vous êtes restés des citoyens.
La patrie, c’est d’abord sa mère
Celle qui vous a donné le sein,
Et vaut mieux même aller aux galères
Que d’accepter d’être son assassin.

Espérons qu’un jour viendra en France
Où la paix, la concorde régnera.
Ayons tous au cœur cette espérance
Que bientôt ce grand jour viendra.
Vous avez jeté la première graine
Dans le sillon de l’humanité
La récolte sera prochaine,
Et ce jour là, vous serez tous fêtés.

 

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