La douleur, qu’en faire ?

La douleur, qu’en faire ?

La chronique de Daniel Schneidermann ce 31 mai 2014

Aussitôt chassé des Unes par le « séisme » à l’UMP, le « séisme » du score FN aux Européennes subira sans doute le sort de ses devanciers : il sera oublié, jusqu’à la prochaine. Dans le flot des réactions, il en est une qui, pourtant, ne passe pas : la douleur de Mélenchon (séquence sur laquelle nous ouvrons l’émission de cette semaine). L’autre matin, j’assurais ne pas la partager. Il faut bien admettre, après quelques jours, que c’est plus compliqué.

Si je l’ai évacuée d’un revers de main, cette douleur, si je me suis empressé de parler d’autre chose, c’est, pour une part, parce que je m’en suis protégé. Oui, protégé. Parce que Mélenchon, dans cette douleur de voir la France lui échapper, exprimait trop bien une part de moi, et que je me sentais piteux d’être si bien démasqué en mes ultimes retranchements.

Non pas que je croie ce pays prêt à basculer dans le fascisme. Ce ne sont « que » les Européennes, et il ne faut pas oublier l’abstention, qui ramène le score FN à 10% du corps électoral. Il y a aujourd’hui un emballement europhobe, contrecoup brutal et inévitable de décennies d’eurolâtrie aveugle des élites. Mais enfin, on voit de moins en moins ce qui pourrait ramener les abstentionnistes au vote. Les quelques baisses d’impôts annoncées par Valls y suffiront peut-être, et peut-être pas. Pour l’avenir, rien n’est inéluctable, mais tout est possible.

On a toujours tort de se protéger contre des émotions parce qu’elles sont trop fortes, trop puissantes, parce qu’on ne sait pas où elles vont nous entrainer, parce qu’elles ne sont pas mobilisatrices, pas politiques, inutiles, parce que c’est de l’énergie perdue, camarade, que veux-tu qu’on en fasse, de ta douleur, ce n’est pas avec de la douleur qu’on va attirer l’électeur, ou l’abonné. La colère, oui. La colère qui fait les belles manifs, les beaux discours, les beaux éditos. Mais ta douleur, tu crois qu’elle va faire le buzz ? Tu penses qu’elle va cartonner sur Twitter ? Alors garde la pour toi, c’est privé, ça ne nous regarde pas (Mélenchon n’a d’ailleurs pas été le seul. Le Canard de cette semaine nous apprenait que chez EELV, Pascal Durand, en larmes après les résultats, n’a pas été en état de réagir devant les caméras).

Et pourtant, évanouis les cris, le foudroiement, l’accablement, les postures, les échanges d’injures entre résignés (le-peuple-a-parlé-c’est-sacré) et combattants (pas de pitié pour les fachos), les éternelles et toujours vaines recherches de stratégies de rebond, une fois épuisés les trésors de vocabulaire qui s’évertuent à nommer l’événement (séisme, coup de tonnerre, raz de marée, claque, branlée, etc) que reste-t-il d’autre, dans l’immédiat, que la douleur ? La douleur simple et nue, la douleur qui n’a pas de mot, rien d’autre que le sanglot étouffé.

« A droite des voyous, à gauche des médiocres », dit Régis Debray, Douleur de se sentir en accord avec cette phrase désespérée. Douleur de se sentir prêt à la qualifier de désespérée quand on l’aurait, hier, jugée ignoble. Douleur de sentir la brutalité du basculement du monde, de son propre regard. Douleur de sentir le mépris pour les voyous et les médiocres engloutir, si près de nous, les réflexes les plus élémentaires, nourrir toutes les résignations.

« Va la France. Va ma belle patrie. Allez les travailleurs, ressaisissez-vous… » : si elle est si poignante, cette apostrophe de Mélenchon, c’est de cette contradiction, de cette incohérence même, entre l’immense amertume et l’appel au ressaisissement. L’homme est foudroyé de voir sa « belle patrie » tant aimée larguer ses amarres, partir pour les mers lointaines. Il voudrait la retenir, mais ceux qui partent, ce sont les jeunes, les ouvriers, tous ceux qu’il croyait siens, qu’il a cherché en vain à retenir. Ses bras, son corps, ses mots, ses larmes lui échappent.

La douleur ne peut pas être la fin de l’histoire. Elle ne peut être qu’un tremplin vers d’autres histoires. En attendant, il a le mérite de nommer l’innommable.

400 CDD en dix ans

Lettre ouverte d’une précaire de France TV

Un chiffre impressionnant : plus de 400 contrats à durée déterminée en l’espace de 10 ans avec le même employeur : France Télévisions.

Dans une lettre ouverte adressée au PDG, Rémy Pflimlin et publiée sur le site de Télérama, une salariée du groupe public dénonce cette précarité institutionnalisée.

« Désormais c’est par SMS qu’on me siffle pour travailler. La veille pour le lendemain. Pour un jour, pour deux et, par chance, pour la semaine si le collègue que je dois remplacer est vraiment très malade. Sans visibilité, je ne peux rien proposer, rien organiser, rien caler, rien suivre. »

Cerise sur le gâteau : depuis le 1er janvier, certains salariés sous contrat sont rémunérés pour 35h alors qu’ils en effectuent 40. Cette « arnaque scandaleuse » serait liée à « un bug de logiciel ». Pour la salariée en question, c’est 23 euros par jour en moins, soit 1500 euros de manque à gagner. Et le bug n’aurait toujours pas été corrigé. « Pour vous ce n’est peut-être pas grand-chose ; pour moi, plus de deux mois de loyer », écrit la journaliste à son PDG.

Face à cette situation, certains de ces salariés se tournent désormais vers la justice : « Foutus pour foutus, 300 précaires sont allés aux prud’hommes l’année dernière. Deux cents autres devraient les suivre cette année. France Télévisions a déjà tout prévu : 80 millions d’euros provisionnés pour ces contentieux sur la période 2013-2014″.

Article et lettre à lire sur Télérama : http://television.telerama.fr/television/lettre-ouverte-d-une-precaire-au-president-de-france-televisions,112845.php

Libéral Thermidor

Olivier Tonneau est blogueur dans la partie Club de Mediapart et ses « Lettres » sont, pardon du jeu de mots mais il s’impose, souvent du meilleur tonneau. En complément au précédent billet de Christian Salmon, voici la lettre publiée le 29 mai. (ndlr : le choix des photos illustrant l’article n’est pas de l’auteur mais de Sémaphores)

Dix-neuvième lettre : libéral Thermidor

Par Olivier Tonneau

Chers amis,

S’il est vrai, comme le suggère le beau documentaire de Jean-Robert Viallet, que la crise est la cause première de la montée du Front National, les chiffres annoncés au lendemain des élections européennes ne sont pas faits pour nous rassurer : le chômage continue d’augmenter et les impôts ont rapporté deux fois moins que prévu à l’État. Espériez-vous autre chose ? Non : ces tristes nouvelles ne suscitent plus aujourd’hui qu’une morne résignation.

Le plus affolant dans la situation actuelle n’est pas que les raisons de l’échec soient très faciles à comprendre ; c’est que les solutions sont bien connues. La première partie de cette lettre les récapitule en quelques mots. Mais si les solutions sont connues, comment le gouvernement peut-il ne pas les mettre en œuvre ? Je ne ferai pas l’injure à François Hollande et ses sbires de les prendre pour des imbéciles et j’explorerai dans la seconde partie de cette lettre l’autre explication possible : la malhonnêteté.

         Nous avons donc appris hier que malgré les augmentations d’impôts directs et indirects, les rentrées n’augmentent pas. Malgré la flexibilisation du marché du travail et le Crédit Impôt-Compétitivité, les entreprises n’embauchent pas. Comment ne pas voir que les deux échecs sont liés ? Se pourrait-il que les augmentations de TVA aient contraint les ménages appauvris à diminuer leur consommation, contribuant ainsi aux banqueroutes de TPE/PME privées de clients et diminuant d’autant les rentrées de l’État au titre de l’impôt sur les sociétés ?

Mais les TPE/PME n’ont pas fini de souffrir. C’est en leur nom que le gouvernement entend procéder à des exonérations de charges, qu’il veut financer en faisant des « économies », c’est-à-dire principalement en diminuant les dotations de l’État aux collectivités locales. Mais là où le bât blesse, c’est que les premiers clients des PME sont – vous avez deviné – les collectivités locales elles-mêmes. La vague de faillites n’est donc pas près de refluer. Le nombre de chômeurs augmentera donc, et l’État s’appauvrira d’autant. Mais comment un État toujours plus pauvre pourra-t-il indemniser un nombre de chômeurs toujours plus grand, sinon en creusant les sacrosaints déficits ?

A moins, bien sûr, qu’il ne rabote sur d’autres dépenses – peut-être les services publics ? Moins de subventions aux associations, moins de culture, moins de soutien aux plus fragiles, moins de lien social : plus d’isolement, de précarité, de solitude, d’ennui, d’angoisse, de sentiment de déclassement. Dans ces conditions, vous êtes sans doute comme moi sur des charbons ardents : le Front National baissera-t-il aux prochaines élections ? Les Français se seront-ils miraculeusement « rassemblés » ?

Trêve de balivernes. Il y a maintenant trois ans que les Économistes Atterrés publiaient un petit manifeste dans lequel ils prévenaient que l’austérité ne pouvait qu’étouffer l’activité, donc augmenter le chômage et diminuer les recettes, donc creuser les déficits, ce qui entraînerait davantage d’austérité en une spirale récessive sans fin.

Pauvres atterrés ! De quel adjectif les qualifier aujourd’hui ? Cela fait deux ans que leurs pronostics se vérifient ponctuellement – on rêve de voir leurs préconisations mises en œuvre. Elles sont nombreuses et je vous laisse les découvrir. Je n’en retiendrai ici qu’une seule: il faut relancer l’activité via des investissements massifs dans la fameuse « transition énergétique » porteuse de millions d’emplois (isolation thermique, géothermie, hydroliennes, recherche scientifique) mais également dans les services publics. Plus d’assistants sociaux, plus d’hôpitaux, d’instituteurs font un accroissement de bien-être, renouent le lien social, secourent les plus faibles, permettant un assainissement de la société – peut-être la décrue du Front National ? Oh les belles perspectives !

Tout cela serait possible si la Banque Centrale Européenne (BCE) pouvait prêter aux États à taux zéro, voire créer ex nihilo la monnaie qu’il leur faut (création monétaire qui aurait le petit inconvénient de provoquer un peu d’inflation mais aussi l’avantage de dévaluer un euro dont chacun s’accorde à dire qu’il est trop fort). Mais comme vous savez, les traités européens l’interdisent et privent au contraire les États de toute marge de manœuvre budgétaire. Tout revient donc à ce fameux Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG) que François Hollande avait promis de renégocier, ce dont il n’a rien fait.

                 Mais peut-être a-t-il du moins essayé ? Nous avons une preuve irréfutable du contraire : souvenez-vous. En 2012, la Grèce est engagée sur la pente d’une austérité qui va la dévaster, imposant la baisse des salaires et des retraites, le démantèlement des services sociaux et par conséquent le retour de la malaria, une épidémie de SIDA, l’explosion de la mortalité infantile, des suicides et de la prostitution. Les élections présidentielles approchent et déjà Syriza est très haut dans les sondages.

A l’aube de son martyr, la Grèce tient le sort de l’Europe dans sa main. Vous connaissez l’adage : si vous devez 500 euros à votre banquier, c’est un problème pour vous, mais si vous lui devez cinq milliards, c’est un problème pour lui. Si la Grèce avait refusé, à ce moment-là, d’obéir aux injonctions de la Troïka, l’Europe n’aurait eu d’autre choix que de mettre en place une autre politique : laisser la Grèce sortir de l’Euro, c’était condamner à la faillite instantanée la Société Générale, la BNP, la Deutsche Bank et donc plonger la zone euro dans une crise mortelle.

La victoire de Syriza eût été pain béni pour un président souhaitant réorienter l’Europe. Imaginez ce qui se serait passé si François Hollande avait annoncé que la France de gauche était prête à soutenir la Grèce dans son combat contre la Troïka ! Alors, la face de l’Europe aurait changé. Diplomatiquement impossible ? Mais il pouvait au moins espérer silencieusement en une victoire de Syriza. Il aurait alors eu beau jeu de dire à Angela Merkel : « Ni vous, ni moi n’y pouvons rien ; les Grecs ne céderont pas ; il faut renoncer à leur imposer l’austérité. La Banque Centrale doit donc leur prêter directement de l’argent pour engager un plan de relance de l’activité qui leur permette, à terme, de rembourser leur dette ». Lire la suite

Un président qui rétrécit

Pour préparer cet article, Christian Salmon s’est entretenu avec un certain nombre de conseillers et de ministres du gouvernement. Pour des raisons évidentes, ils ont souhaité rester anonymes. C’était le prix d’une plus grande liberté de parole et l’auteur les en remercie. Manuel Valls et ses conseillers sont les seuls à avoir refusé de répondre à ses questions.

Christian Salmon brosse ici un large récapitulatif de ce qui était observable de cette présidence de la République depuis deux ans. À l’attention des non abonnés à Mediapart, nous en reproduisons de larges extraits.

copyright Élysée

François Hollande, un président qui rétrécit

|  Par christian salmon

Son allocution au lendemain des européennes en est une nouvelle illustration. La chronique du hollandisme se donne à lire comme une suite incohérente de contre-performances, une succession de couacs, de tête-à-queue idéologiques, de télescopages entre la vie privée et la vie publique, de trahisons et de scandales d’État. Ce n’est pas seulement à la chute de la maison Hollande que nous assistons mais aux derniers jours de la Ve République. (…)

On peut invoquer toutes sortes de raisons pour expliquer cette situation, la principale étant l’orientation politique suivie par le gouvernement contrairement aux engagements pris pendant la campagne, au contrat noué avec les Français au moment de l’élection. De ce point de vue, la déception des électeurs socialistes est à la mesure des réformes ajournées : réforme du traité européen de stabilité budgétaire, taxe à 75 % des hauts revenus, réforme bancaire, réforme fiscale transformée en pause fiscale, droit de vote des étrangers, récépissés pour les contrôles policiers… Des batailles perdues parfois sans combat et parfois sans ennemis déclarés ou face à des ennemis imaginaires, des fantômes d’ennemis, fabriqués et agités par les médias.

Le discrédit qui frappe François Hollande à mi-mandat ne se résume pas à une liste de promesses non tenues, ni même à l’absence de résultats économiques en matière de croissance, de chômage. L’écart entre les discours de la campagne et l’orientation politique n’est devenu explicite qu’au début de l’année 2014, avec l’annonce du pacte de responsabilité. Son discrédit est bien plus ancien ; il date des premiers mois de son mandat. (…)

Dès l’automne 2012, la presse n’a pas eu de mots assez durs pour dénoncer l’amateurisme de l’exécutif, le défaut de communication ou de cap, bref l’absence d’un récit structurant qui serait le péché originel du hollandisme. C’est en effet l’illusion fréquente des communicants, qui appliquent à la vie politique les recettes du marketing. L’identification avec un président de la République n’est pas simple « connexion » avec une marque. C’est un enjeu symbolique complexe, qui dépend du succès ou de l’échec d’une série de performances : la cohérence du récit politique, le système de métaphores utilisé, le contrôle de la réception et de la diffusion de ce récit sur les réseaux sociaux. C’est une bataille qui oppose des forces sociales, des institutions, des narrateurs sur une scène – la médiasphère – où chacun intervient, usant d’un langage de persuasion. (…)

L’épreuve des mots

Le premier plateau que doit traverser l’acteur politique, c’est le champ lexical. Un véritable champ de bataille, qui a pour enjeu le contrôle des mots. Si vous cédez sur les mots, disait Freud, vous cédez sur les choses. Si vous voulez changer les choses, il faut savoir changer les mots. Face au cryptage néolibéral des enjeux de la crise, forger une nouvelle « lingua franca » politique n’est pas chose aisée. Les éléments de langage n’y suffisent pas. (…)

Dès les premiers mois de son mandat, François Hollande s’est fondu dans un univers lexical de droite (« coût du travail », « compétitivité », « charges sociales », attractivité des investissements étrangers), un ralliement que le ministre de l’économie, Pierre Moscovici, qualifia de « révolution copernicienne ». À l’automne 2013, l’introduction dans le débat public de l’expression « pause fiscale » rendit évidente l’influence des thèses néolibérales sur le gouvernement. (…)

La guerre des récits

Un simple examen des discours et des déclarations du gouvernement au cours des six premiers mois du mandat de François Hollande fait apparaître au moins deux lignes narratives, déclinées en plusieurs variantes selon les auditoires et les circonstances. Le premier de ces récits – l’appel au « patriotisme économique » – est un récit de guerre qui s’inscrit dans un champ lexical cohérent : « bataille », « front », « bras armé », « puissance ». Le deuxième de ces récits, c’est « l’épopée des inventeurs », qui évoque un nouvel âge industriel dont les héros seraient les ingénieurs, les techniciens, les créateurs. (…)

Faute de choisir entre ces différentes lignes narratives, le gouvernement a multiplié les lapsus, les couacs et les équivoques. On ne peut être à la fois Achille et Ulysse, a fortiori Reagan et Roosevelt. Or ces deux postures cohabitent dans le discours des ministres, et même chez le seul ministre du redressement productif. Parfois c’est l’une qui prend l’ascendant sur l’autre. Depuis le remaniement, elles ont fusionné, donnant naissance à un hybride affreux, qui parle la novlangue – le Vallsebourg –, amalgame de discours sécuritaire et de patriotisme économique, accouplement républicain de la matraque et de la marinière.

La trahison des images

La télévision par câble et l’explosion d’Internet ont imposé une forme de téléprésence des gouvernants et substitué à l’incarnation de la fonction, la surexposition de la personne des présidents.

Dès sa prise de fonctions, les images à l’Arc de triomphe du nouveau président trempé sous la pluie, les lunettes embuées, le visage ruisselant constituaient l’anti-portrait d’un président en majesté… La photo officielle du président réalisée par Raymond Depardon est venue confirmer la contre-performance de la cérémonie d’investiture. Le photographe de la France rurale et des gens simples réalisa le portrait d’un président non plus simplement normal mais banal, un « monsieur Tout-le-Monde » égaré dans les jardins de l’Élysée, figé, les bras ballants, un sous-préfet aux champs.

Dans les palais de la monarchie républicaine. © (Elysée)

Cette image est en contradiction avec le décorum monarchique lié à l’exercice de l’État. Un conseiller à Matignon observait qu’il est « extrêmement difficile » pour la gauche de gouverner la France dans un « décor de droite : des hôtels particuliers, entourés de gardes républicains, avec des huissiers qui ont des chaînes, dans des escaliers en marbre,  et des bureaux couvert d’or et de miroirs, ces hôtels qui ont appartenu soit à la Pompadour, soit au prince de Monaco, etc. » Lire la suite

Dernier fil d’actu sémaphorien

rappel ndlr : Sémaphores.info est à J-1. Ce blog cessera les mises à jour au soir du 31 mai.

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Deux sinistres, un enterrement et une congélation.

L’enterrement c’est celui du droit de vote des étrangers aux élections municipales. Circulez, y a plus rien à voir. C’est Bernard Cazeneuve, nouveau sinistre de l’intérieur, qui l’a annoncé lui-même. Nous avions pourtant cru entendre le président de la République décréter le contraire le 6 mai dernier, second anniversaire de son élection, en assurant que sa promesse de campagne serait tenue pour les prochaines municipales.

La deuxième surprise est venue de François Rebsamen, sinistre du travail et de la congélation. Après le gel des salaires, on va essayer celui des droits sociaux des travailleurs. Pendant trois ans, « les seuils sociaux » seraient suspendus, c’est-à-dire qu’une entreprise ne serait plus tenue d’installer un comité d’entreprise à partir de cinquante salariés, ni de nommer un délégué du personnel à partir de dix salariés. Paraît que ça faciliterait l’embauche.

« C’est considérer que les représentants du personnel, les droits des salariés, le syndicalisme sont un frein au développement de l’entreprise » a estimé Thierry Le Paon, pour la CGT.

Mais Le Paon n’a pas tout compris. Pour le Medef, le syndicalisme est surtout un frein au rétablissement de l’esclavage. C’est pourquoi nous proposons aussi le rétablissement de la peine de mort pendant 3 ans. Si la criminalité ne baisse pas, ça prouvera que l’idée était mauvaise. Et puisque Valls est en si bonne odeur de sainteté avec le Pape, c’est le moment de proposer le rétablissement de la torture et de l’inquisition. Si au bout de trois ans il n’y a plus de sorcières, ça prouvera que l’idée était bonne. Ça coûte quoi d’essayer, hein ?

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L’UMP a (encore) changé de logo

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le dessin du jour

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lien pour une carte interactive et très pratique des résultats des européennes, toutes les communes de France.

http://www.lepoint.fr/europeennes-2014/europeennes-les-resultats-16-04-2014-1813638_2095.php

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Les ministres sont « persona non grata » à Avignon. Les intermittents menacent d’interrompre les spectacles auxquels assisteraient cet été des ministres au Festival d’Avignon ou ailleurs en France, pour protester contre la réforme de leur régime.

« Nous nous mettrons en grève dès lors que des ministres participent à un spectacle et nous ne reprendrons que lorsqu’ils en seront sortis », a expliqué Marc Slyper, un des responsables de la CGT spectacle lundi 26 mai lors de la conférence de presse du Festival « off » à Avignon.

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Le « Collectif pour un audit citoyen de la dette publique » a dévoilé ce mardi un rapport important qui ruine l’idée selon laquelle le pays vivrait au-dessus de ses moyens. Ce rapport établit clairement que la dette publique aurait été limitée à 43 % du PIB en 2012, au lieu des 90 % constatés, si la France ne s’était pas lancée dans une course folle aux baisses d’impôt et avait refusé de se soumettre à des taux d’intérêt exorbitants.

Ce constat est évidemment ravageur car il suggère que la politique économique actuelle, conduite par François Hollande et Manuel Valls, est construite sur un mensonge : elle tend à faire croire aux Français que le pays vit au-dessus de ses moyens et que c’est cela qui est à l’origine du creusement des déficits et de la dette.

Audit de la dette publique

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parce que les chiffres et les graphiques parlent mieux que les discours…

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Il est minuit moins cinq

Les Français ont voté…

Un camembert qui, selon le bon goût français, commence à puer…

Le « vrai » résultat, c’est-à-dire en rapportant le nombre d’exprimés à celui des inscrits.
Abstention : 58%
FN : 10,5%
UMP : 8,7%
PS : 5,9%
UDI-Modem : 4,1%
EELV : 3,8%
FDG : 2,7%
Autres : 6,3%

La chronique de Didier Porte


Didier Porte : « Le FN à 25% : pas de panique ! » par Mediapart

 

Le parti-pris de François Bonnet (Mediapart) sera notre sélection du jour :

Il est minuit moins cinq

C’est donc sous la présidence de François Hollande que le Front national, à l’occasion d’un scrutin à la proportionnelle intégrale, est devenu le premier parti de France. Et c’est sous la présidence de François Hollande que l’ensemble de la gauche se désintègre en réalisant un score historiquement bas : tout juste un tiers des suffrages exprimés. Pire qu’en 1994, pire qu’en 1984, deux élections terribles pour la gauche, mais lors desquelles celle-ci réunissait tout de même 39 % des suffrages. Cette fois, PS, écologistes, Front de gauche et Nouvelle Donne ne totalisent que 33 % des voix. Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, la gauche – les gauches – n’ont été dans un tel état de faiblesse, tandis que l’extrême droite caracole.

«Séisme», «choc», ont reconnu hier les principaux responsables socialistes. «Une information suffocante», a lancé Jean-Luc Mélenchon. C’est une défaite historique, dont il faut bien prendre la mesure et comprendre les dynamiques mortifères qu’elle porte. En 1994, Michel Rocard, chef de file du PS, défait avec 14 % des voix, voyait sa carrière brisée net. Il payait cher l’usure du pouvoir socialiste après treize ans de mitterrandisme, mais d’autres forces à gauche (à l’époque la liste Tapie) venaient amortir ce choc. Rien de tel cette fois-ci. La sanction – un PS sous les 14 % –, qui amplifie encore la défaite des municipales, intervient deux ans seulement après l’installation de François Hollande à l’Élysée.

En deux ans, le président a tout à la fois perdu son électorat, détruit son parti et entraîné au fond du gouffre l’ensemble de la gauche.

photo Reuters

Dès lors, deux questions majeures vont se poser dans les jours à venir. La première est de savoir comment Hollande pourra terminer son mandat présidentiel et, si oui, ce qu’il compte faire des trois longues années qui nous séparent de 2017. La seconde va porter sur les nouvelles stratégies à développer pour empêcher ce qui, aujourd’hui, devient un scénario crédible : celui de l’élection de Marine Le Pen à la présidence de la République en 2017. Lire la suite

Le come back de la Marseillaise

Le jour du quatorze-Juillet,
Je reste dans mon lit douillet ;
La musique qui marche au pas,
Cela ne me regarde pas.
Je ne fais pourtant de tort à personne,
En n’écoutant pas le clairon qui sonne ;
Mais les braves gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux…

Georges Brassens_La mauvaise réputation

 

C’est le grand retour de la Marseillaise, particulièrement depuis les dernières élections municipales. On ne compte plus le nombre de communes qui ouvrent leur conseil municipal en chantant l’hymne national, du moins le peu qu’en savent en général les prétendants au patriotisme de bon aloi, c’est-à-dire le premier couplet et le refrain, point barre.

C’est pourtant pour ce minima qu’il est mal vu de faire semblant de remuer les lèvres ou fermer complètement sa bouche, Christiane Taubira en a encore récemment fait les frais, ce qui a permis à Christophe Lambert de monter au créneau pour fustiger encore une fois ce « sang impur » qui abreuve nos sillons, et même Edgar Morin s’est cru tenu d’un long rectificatif historico-lyrique dans les pages du Monde pour rappeler l’originelle impureté du sang.

photo_Reuters

Pour sa chronique hebdo à Mediapart, Didier Porte a eu le courage de visionner bon nombre de conneries ambiantes pour nous tenir au parfum de la descente des télés en général.


Didier Porte : « Touche pas à ma Marseillaise » par Mediapart

Mais aujourd’hui c’est dimanche 25 mai et jour d’élections. Alors en attendant que cette Europe en construction se dote d’un hymne européen, entonnons une fois de plus cette Marseillaise qui fait, après le sang, couler tant d’encre. Avec un petit conseil à la clé, essayez de trouver le bon tempo, la vidéo suivante devrait vous convaincre que ce n’est pas donné à tout le monde… qu’en témoigne cette version spéciale, dite « La Marseillaise de VGE ».

L’occasion de relire nos précédents articles dédiés à nos valeureux pioupious et bien sûr aux différentes versions de la Marseillaise.

Une lettre à José Bové

Reçu au courrier

Par Romain Jammes

Salut José, tu permets que je te tutoie ? On ne s’est jamais vu, du moins tu ne m’as jamais vu. Mais on a partagé tant de combats que j’aurais du mal à ne pas te considérer comme l’un des nôtres. Mes premières idées politiques, je te les dois. Pendant mes vacances à Millau quand j’étais encore gamin, j’entendais mille légendes sur tes actions, je voyais sur la route des messages demandant ta libération. J’ai vite partagé ce goût des produits de l’agriculture paysanne que tu représentais alors pour moi.
Le démontage du Mac Do de Millau a longtemps été un symbole pour l’ado que j’étais. Le symbole d’une forme de résistance qui me touchait, celui de ce que cette malbouffe n’était pas une fatalité et avait ses détracteurs. Une pointe d’espoir face à l’impérialisme américain qui me paraissait écrasant.
En 2007, je votais pour la première fois. Longtemps j’ai hésité à te rejoindre, tes idées me parlaient : radicales, concrètes… Je sentais encore le faucheur d’OGM, celui qui ne se résigne pas à accepter un système productiviste et destructeur pour les humains et la nature. Si j’ai finalement voté Besancenot, c’était pour pousser plus loin une démarche que je trouvais proche de la tienne, mais en capacité de rassembler davantage et de peser dans le débat politique. Tout ça pour te dire que tu as beaucoup compté dans mon engagement politique et que ce José Bové-là, je partageais ses idées et son engagement.
Aujourd’hui, José, je ne te reconnais plus. Je comprends plus où est passé ce militant qui m’a tant inspiré. Je t’ai vu voter la libération du rail, qui détricote sciemment notre grand service public. Comment développer le ferroutage, remettre des trains partout, améliorer encore le meilleur train du monde sans cet outil central ? Comment endiguer le tout-automobile si la logique du profit et non de l’intérêt général — car c’est de ça dont il s’agit — devient maîtresse de l’aménagement ferré ? Comment construire un service accessible à tous, sans que la puissance publique intervienne sur les tarifs ?
Je t’ai vu soutenir la libéralisation de l’énergie. Là non plus je n’ai pas compris. La transition énergétique est un axe central de la politique écologique. Elle ne peut pas répondre à une logique marchande, parce que nous devons avoir comme objectif de consommer moins. Si c’est la puissance publique qui a créé tant de centrales nucléaires, il n’y a qu’elle qui est assez puissante pour planifier la sortie de cette énergie dangereuse. Il n’y a qu’elle qui est capable d’investir sur 20, 30, 50 ans dans d’autres formes d’énergies : celle de la mer, de la chaleur des profondeurs, ou d’autres encore inconnues…
Je t’ai vu te prétendre « grand défenseur des traités européens ». J’en suis resté bouche bée. Ces traités sont l’ADN d’une Union européenne autoritaire qui prive le peuple de sa voix. Des traités passés en force, ou en catimini dont les objectifs sont toujours la destruction des souverainetés nationales, et la concurrence libre et non faussée. Oui, celle que tu veux « pousser jusqu’au bout ». En somme, c’est une Europe qui veut imposer l’austérité et le productivisme à tous les peuples membres. Comment peut-on être écologiste et défendre un tel principe ? Au-delà des FEDER, FEADER et autres fonds qui aident les collectivités dans certains aménagements intéressants, n’y a-t-il pas une direction générale mortifère dans laquelle cette logique nous emmène ? Est-ce que l’écologie ne contient pas la graine d’une société différente : relocalisée, solidaire, en paix ?
José, j’ai la sensation que tu t’es perdu dans la jungle bureaucrate de Bruxelles. Que tes combats ont été dilués, comme ces cuistres diluent le vin pour augmenter leurs marges. Tu es si bon élève de cette école, que l’assiduité devient ton seul argument face à Mélenchon, quand tu ne te déverses pas en insultes comme récemment.
Au fond, j’aimerais voter pour toi José, pour celui qui a participé à la construction de mes idées, peut-être celui qui a provoqué la première étincelle qui a embrasé mon engagement. J’aimerais aussi parce que tu viens de notre de camp et que tu y as toute ta place au regard de tes engagements passés.
Dimanche, je donnerai ma voix au Front de Gauche, ce sera aussi, un peu, au nom du José Bové d’autrefois…

Romain JAMMES

 

de quelques normes européennes…

Billet d’humeur et d’humour

On ne saluera jamais assez le travail remarquable des fonctionnaires européens qui ont à charge de coucher noir sur blanc les normes communautaires. Et tant pis si la récente directive de limiter la contenance des chasses d’eau à 6 litres et la demi-chasse à 3 litres fait râler la perfide Albion, elle qui aurait préféré que ce fût 4 litres pour n’avoir pas à changer tous ses blocs sanitaires. Il y aura toujours des râleurs, mais faut pourtant que certains se collent à définir les normes de notre espace communautaire.

On se souviendra, par exemple, du feuilleton des essuie-glaces de tracteurs agricoles.

Déjà en 1997, un rapport du Sénat avait cité quelques perles se référant à la directive relative aux essuie-glaces des tracteurs agricoles ou forestiers à roues selon laquelle : « si le tracteur est muni d’un pare-brise, il doit également être équipé d’un ou plusieurs essuie-glaces actionnés par un moteur. Leur champ d’action doit assurer une vision nette vers l’avant correspondant à une corde de l’hémicycle d’au moins 8 mètres à l’intérieur du secteur de vision ».

C’est ben vrai, ça ! Tout bon agriculteur, même s’il n’est pas au niveau Bac+3, devrait comprendre que lorsqu’il est assis sur son tracteur à roues (et non pas sur son bœuf ou son cheval, qui sont des tracteurs à pattes) ledit agriculteur doit avoir une vision vers l’avant au moins égale à une corde d’hémicycle de 8 mètres dans son secteur de vision. Très important, la vision ! Quand on veut bien cultiver son champ, il faut d’abord être au point avec le champ de vision. Et donc, autre exemple, être sûr d’avoir bien calé son rétroviseur. C’est pourquoi il existe une autre directive européenne relative aux rétroviseurs des tracteurs agricoles ou forestiers à roues (ça ne s’applique donc pas aux tracteurs à chenilles), selon laquelle

« le rétroviseur extérieur doit être placé de manière à permettre au conducteur, assis sur son siège dans la position normale de conduite, de surveiller la portion de route définie au point 2.5 », ledit point disposant que « le champ de vision du rétroviseur extérieur gauche doit être tel que le conducteur puisse voir vers l’arrière au moins une portion de route plane jusqu’à l’horizon, située à gauche du plan parallèle au plan vertical longitudinal médian tangent à l’extrémité gauche de la largeur hors tout du tracteur isolé ou de l’ensemble tracteur-remorque » !

Ah oui, pour le rétro c’est plus complexe que pour les essuie-glaces, et il aurait fallu pouvoir continuer jusqu’à Bac+5. D’ailleurs ça permettrait de se lancer dans la culture des bananes, ce qui est très technique comme chacun sait, car on ne transige pas sur la qualité de la banane. Le règlement de la Commission du 16 septembre 1994 définit les qualités que doivent présenter les bananes vertes non mûries après conditionnement et emballage.

Les bananes doivent être vertes, entières, fermes, saines, propres, pratiquement exemptes de parasites et d’attaques de parasites, à pédoncule intact sans pliure ni attaque fongique et sans dessication, épistillées, exemptes de malformations et de courbure anormale des doigts, pratiquement exemptes de meurtrissures et de dommages dus à de basses températures, exemptes d’humidité extérieure anormale, d’odeurs et/ou de saveurs étrangères, les mains et les bouquets devant comporter une portion suffisante de coussinet de coloration normale, saine, sans contamination fongique, et une coupe de coussinet nette, non biseautée, sans trace d’arrachement et sans fragment de hampe.

Remarquez que si vous ne vous sentez pas d’épistiller vos bananes (désolé pour l’explication, mais on n’a pas trouvé le mot dans le Robert ni le Larousse), vous pouvez vous reporter sur le calibrage. Très important le calibrage de la banane !  Figurez-vous qu’il se trouve déterminé par

« la longueur du fruit, exprimée en centimètres et mesurée le long de la face convexe, depuis le point d’insertion du pédoncule sur le coussinet jusqu’à l’apex, le grade, c’est-à-dire la mesure, exprimée en millimètres, de l’épaisseur d’une section transversale du fruit pratiquée entre ses faces latérales et son milieu, perpendiculairement à l’axe longitudinal. Le fruit de référence servant à la mesure de la longueur et du grade est le doigt médian situé sur la rangée extérieure de la main, le doigt situé à côté de la coupe, qui a servi à sectionner la main, sur la rangée extérieure du bouquet. La longueur et le grade minimaux sont respectivement fixés à 14 cm et 27 mm ».

C’est technique, on vous avait prévenu. Cependant, si vous en avez assez de vous faire mettre la banane là où l’on pense, essayez le concombre. C’est plus facile le concombre :

Le poids minimal des concombres cultivés en plein air est fixé à 180 grammes et celui des concombres cultivés sous abri à 250 grammes. La longueur minimale de certains concombres (excluons ici les concombres de mer qui entrent dans une autre catégorie) doit être égale à 25 ou 30 cm suivant leur poids. Mais attention…

« La différence de poids entre la pièce la plus lourde et la pièce la plus légère contenues dans un même colis ne doit pas excéder 100 grammes lorsque la pièce la plus légère pèse entre 180 et 400 grammes, et 150 grammes lorsque la pièce la plus légère pèse au moins 400 grammes » !

Puisque vous avez été gentils de lire cet article jusque-là, on va vous épargner pour aujourd’hui la directive concernant le rapprochement des législations des États membres relatives au matériel électrique utilisable en atmosphère explosible des mines grisouteuses. Sachez cependant qu’elle existe parmi des centaines d’autres et que nul n’est censé ignorer la règlementation. C’est bien pourquoi nous proposons qu’une prochaine directive de la commission vienne règlementer l’utilisation des neurones des parlementaires normatifs. Ne serait-ce que pour cela, ça vaut le coup d’aller bousculer la fourmilière dimanche 25 mai 2014.

Cessons de veauter, votons !

Et que notre foi résiste à scie rose  et à la peste brune !

Les lecteurs informent

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Édition spéciale : Mediapart.fr est en accès libre pour tout le week-end

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Toros et édition, rencontre le 3 juin à Nîmes

Dans le but de promouvoir les littératures occitanes et catalanes, ainsi que les acteurs du livre en région travaillant en ce sens, Languedoc-Roussillon livre et lecture s’inscrit au cœur de la manifestation Total Festum en s’associant à l’organisation d’un événement par département.

Cette année, plusieurs thématiques sont à l’honneur. Le mardi 3 juin, les Toros seront présents près des arènes de Nîmes juste avant la Féria et en version papier.
Rencontre : Toros et édition
3 juin 2014 – 10h
À l’occasion de la Feria de Pentecôte et du Prix Hemingway, à la Maison de la Région
(3, place des Arènes)
Avec les auteurs Jacques Durand, Alain MontcouquiolEddie Pons et Jacky Siméon,
les éditions Au Diable VauvertAlcideAtelier Baie et Verdier,
les librairies La fontaine aux livres de Vauvert et Teissier de Nîmes,
l’association Les Avocats du diable fêtant les 10 ans du Prix Hemingway.

Jacques Durand
Jacques Durand a couvert l’actualité taurine depuis les années 80 jusqu’en 2012 pour le quotidien Libération. Il a été rédacteur en chef des émissions taurines sur Canal+, collaborateur du magazine télévisé Face au Toril, sur France 3 Sud. Il est aussi le signataire de très nombreuses contributions dans la presse française et espagnole et auteur d’ouvrages consacrés à la tauromachie. Il a reçu le premier prix de journalisme de Pampelune en 1987 et est responsable du numéro spécial d’Art Press consacré à la corrida publié en mai.

Alain Montcouquiol
Né en 1945 à Ambert, Alain Montcouquiol a été torero dans les années soixante sous le nom de El Nimeño. Lauréat en 1968 de la Fondation de la Vocation, il met fin à sa propre carrière en 1972, pour s’occuper de celle de son frère Christian, son cadet de neuf ans, qui deviendra célèbre sous le nom de Nimeño II. Pendant 20 ans, les deux frères partageront étroitement cette aventure passionnelle qui les conduira dans tous les pays taurins du monde. Après l’accident dans l’arène qui entraîna le suicide de son frère, Alain Montcouquiol ne s’investira plus de la même manière dans la tauromachie.
Si diverses activités (dont des lectures musicales) l’ont occupé depuis, la principale reste l’écriture où il ne cesse d’interroger l’étrange passion qui l’a uni puis séparé de son frère. Dans un premier livre Recouvre-le de lumière (Verdier, 1997), livre d’amour et de deuil, dont l’audience a largement dépassé les frontières taurines, Philippe Caubère en a fait un spectacle créé dans les arènes de Nîmes et joué durant 2 ans dans de nombreux théâtres et arènes. Son deuxième livre Le sens de la marche (Verdier, 2008) a obtenu le Prix Jean Carrière 2009. En janvier 2012 est sorti, toujours chez Verdier : Le fumeur de souvenirs, qui vient de recevoir le Prix Féria 2014 à Millas.

Eddie Pons
Né à Carcassonne d’origine espagnole, Eddie Pons publie ses premiers dessins à Barcelone, où il vit au début des années 80, dans Mundo Diario et le Diario de Barcelona. De retour à Nîmes, il poursuit son activité de dessinateur au sein de plusieurs rédactions : Le Journal de Montpellier, La Gazette de Montpellier, L’Indépendant, FR3, l’Agence de Presse Économique, Midi Libre, La Marseillaise et Cote à Marseille, Panorama Internacional à Madrid et L’Usine Nouvelle à Paris, Plaza et le Paysan du Midi. Ses illustrations figurent également dans les publications de nombreuses institutions.
Il est également réalisateur de courts-métrages : Don Luis en 1989 ; La Mort du torero, Prix spécial du Festival Méditerranéen de Montpellier en 1991 ; Le Matador Paroxystique en 1994 ; mais aussi de documentaires : La Bodega Bohemia en 1992, À l’Ombre du grand Pont en 2001 et Éclats de Feria, mémoires de Nîmes en 2002.

Jacky Siméon
Originaire du village de Pérols dans l’Hérault, Jacky Siméon est un raseteur de légende qui cumula les plus hautes distinctions. Une blessure à la fémorale le contraint à quitter l’arène en 1990. La littérature le ressuscitera : après une autobiographie et un recueil de nouvelles, Le Cours du Destin publié Au diable vauvert est son premier roman.

Le Prix Hemingway fêtera cette année ses 10 ans!
Créé en 2004 par l’association Les Avocats du Diable, avec le concours de Simon Casas Production et des éditions Au diable vauvert, le Prix Hemingway récompense chaque année pendant la feria de Pentecôte à Nîmes une nouvelle inédite sur le thème de la tauromachie, son univers ou sa culture, d’un écrivain français ou étranger ayant déjà publié. Il est demandé aux auteurs de faire oeuvre de littérature à partir de cet univers, pris au sens le plus large. Le prix Hemingway est le prix littéraire de nouvelles le mieux doté de la Francophonie : 4 000 € et 1 callejón à la prochaine temporada nîmoise sont offerts par Simon Casas Production au lauréat.
Le Prix Hemingway propose toute une programmation d’événements littéraires lors de la Féria de Pentecôte à Nîmes, du 5 au 9 juin 2014. L’association Les avocats du diable signera la Charte des manifestations littéraires avec LR livre et lecture le 3 juin.

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Le fil sémaphorien_mai2014_n°3

¤=¤=¤=¤=¤ dernière mise à jour samedi 24 mai 2014

Rappel_ Sémaphores suspendra son activité à partir du 31 mai

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Affaire Tapie_le suivi

Nanar, toujours très calme… (Europe 1_23 mai 2014)


Bernard Tapie [Europe 1] par asi

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Planète foot et Brésil

Tandis que Michel Platini invite gentiment les Brésiliens à mettre entre parenthèses leurs revendications, le temps de l’épreuve, le sélectionneur français Didier Deschamps semble menacer les journalistes spécialisés de révéler…des scandales sexuels les concernant. En short et maillot, Didier Porte arbitre.


Platini contre les Brésiliens, Deschamps contre… par asi

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Ça fait plaisir mais c’est un peu court…

Plus de 23 000 évadés fiscaux se sont présentés en 2013 au fisc pour régulariser leur situation, rapporte le ministère de l’économie. Le service de traitement des déclarations rectificatives (STDR) a traité 1 260 des 23 000 dossiers qui lui ont été transmis, et ainsi récolté 764 millions d’euros. Bercy espère voir cette somme passer à 1,8 milliard d’euros au cours de l’année 2014.

Quand on sait que l’évasion fiscale en France est évaluée entre 60 et 80 milliards par an… on ne peut qu’applaudir très modérément les efforts de Bercy. Ces évadés repentis sont à l’évidence de petits fraudeurs qui ont fait dans leur pantalon en voyant exploser la bombe Cahuzac. Les sommes récupérées sont pour la plupart inférieures au million d’euros. Autrement dit les gros bonnets n’ont que faire des intimidations d’un gouvernement qui ne se donne pas les moyens d’une vraie chasse aux fraudeurs.

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Enquête sur de possibles détournements de fonds au profit de sénateurs UMP

Le Parquet de Paris vient d’ouvrir une information judiciaire sur de possibles détournements de fonds opérés au profit de plusieurs sénateurs UMP, révèle mardi 20 mai Le Parisien.

Au cœur de cette affaire apparaissent deux associations de loi 1901, l’Union républicaine du Sénat (URS) et le Cercle de réflexion et d’études sur les problèmes internationaux (Crespi). Les détournements de fonds pourraient s’élever à près de 400 000 euros en l’espace de deux ans.

Notre Mafiascope va-t-il s’augmenter de nouvelles entrées ?

Cela dit, ces nouvelles malversations apparaissent sans commune mesure avec la nouvelle affaire détaillée lundi dans les pages de Mediapart. Des millions d’euros de subventions européennes ont disparu dans des montages opaques à l’université des Antilles-Guyane. Une information judiciaire vient d’être ouverte pour « détournement de fonds » et « escroquerie en bande organisée » tandis que la nouvelle présidente de l’université parle de « système mafieux ». Primes et rémunérations hors normes, facturations diverses et variées… des millions continuent de disparaître, pas pour tout le monde.

Article Mediapart (seulement pour les abonnés) : http://www.mediapart.fr/journal/france/190514/universite-antilles-guyane-les-fonds-europeens-ont-ete-siphonnes-grande-echelle?page_article=3

AffaireS Balkany_le suivi

Isabelle Balkany a été placée en garde à vue dans les locaux de l’Office central de lutte contre la corruption à Nanterre, mercredi 21 mai. Isabelle Balkany est interrogée dans le cadre de l’information judiciaire pour « blanchiment de fraude fiscale » ouverte en décembre 2013 après les révélations d’un ancien proche des Balkany, Didier Schuller.

Selon des informations du Point, les enquêteurs soupçonnent fortement Isabelle Balkany d’être la propriétaire de la somptueuse villa « Pamplemousse », à Saint-Martin (Antilles), dissimulée au fisc par des montages off-shore. Quant au luxueux riad de Marrakech (Maroc) où se rendent souvent les Balkany, acquis via une fiduciaire suisse et une société panaméenne il pourrait être enregistré au nom de Jean-Pierre Aubry, toujours selon des informations du Point.

la villa « Pamplemousse »

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L’Europe sociale… Ils en ont tous parlé.

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Le pari de Pascal

Voter ou aller à la pêche, that is the question, puisqu’ainsi l’a voulu la très large majorité des médias qui ont choisi de mettre en avant l’abstention « record » pour ce type d’élections plutôt que d’informer sur ses véritables enjeux. C’est un fait, les peuples habituellement surinformés par un flot d’inepties se retrouvent, pour le coup, complètement sous-informés. On en voudrait pour énième preuve qu’à l’heure de la rédaction de ce billet, soit quatre jours avant le scrutin, les professions de foi des candidat(e)s ne sont toujours pas arrivées dans nos boîtes aux lettres. Et ce, sur l’ensemble du territoire français d’après les commentaires que nous avons pu observer sur les réseaux sociaux. Cette entorse au code électoral mériterait à elle seule l’invalidité du vote de dimanche 25.

Pour sa modeste part et dans son rôle de colibri, Sémaphores (qui, rappelons-le, cessera son activité au lendemain de ces élections) aura tenté de répercuter quelques voix discordantes dans cette apathie consensuelle (mais savamment entretenue, n’en doutons pas) des gouvernements en place et leurs médias aux ordres. Il nous reste peu de temps avant que de conduire ces pages sémaphoriennes vers une autre formule, mais assez pour inciter les indécis-es à lire ce dernier billet. Nous le devons à Pascal Campel (d’où notre titre) et le répercutons à l’attention de ceux qui ne l’auraient pas découvert sur la page Facebook de son auteur.

Par Pascal Campel

Voter, ou aller à la pêche le jour de l’élection au Parlement Européen ? Pour les candidats, telle est LA question. Et si dans les meetings ils exposent leurs programmes, la question de la participation est bien celle qui les préoccupe.

Pour ma part j’irai voter !

Européen, je le suis, et depuis des lustres, oserais-je dire des décennies !
J’irai voter sans illusion car l’Europe, celle de 2014, n’est pas celle dont je rêvais hier, celle à laquelle je ne cesse de rêver. Une Europe qui aurait d’abord l’ambition d’un objectif commun porté par des institutions démocratiques.

Alors, naïf ? Non ! Seulement européen. Viscéralement européen.

Naïf certainement pas. Qui peut croire en 2014 que la construction européenne a chassé le spectre de la guerre sur le continent ? Ce serait oublier le terrible conflit né du démantèlement de l’ex Yougoslavie, oublier que l’Europe a été une fois encore le théâtre d’un génocide en Bosnie. Une guerre que l’Europe a été incapable d’éviter, de maîtriser.

Naïf au point de penser que les pouvoirs du Parlement accrus par le traité de Lisbonne seraient une avancée majeure ? Ce serait oublier d’une part que le traité de Lisbonne a été imposé par les Etats après l’échec de plusieurs referendum sur le projet de Constitution, d’autre part que le Parlement s’il s’est parfois opposé à la Commission a voté le projet de budget européen 2014/2020, un budget d’austérité. Et pourtant, seul ce Parlement issu d’un vote populaire est la garantie d’un avenir démocratique pour l’Union Européenne.

La Commission en effet n’est que l’expression des intérêts divergents des États membres, et surtout l’artisan déterminé d’un politique ultra libérale dont le seul objectif est d’ouvrir le marché européen à tous les vents, vents d’ouest aujourd’hui avec le projet de traité transatlantique, le désormais fameux TAFTA , négocié en toute opacité par la Commission Barroso. Une opacité qui laisse craindre qu’au nombre des ennemis de la construction d’une Europe Unie, solidaire, et sociale il ne faille inscrire la Commission elle même

Pourquoi voter alors ?

Malgré tout ce qui ne me convient pas dans cette Europe ! Et pour cette seule raison, l’espoir. L’espoir qu’advienne enfin cette Europe où la parole des citoyens serait entendue, où le Parlement qu’ils auraient élu ait un pouvoir réel et non symbolique. Une Europe démocratique où la finance pour reprendre une formule de Keynes ne serait pas au volant mais reléguée sur le siège arrière, une Europe qui par ses valeurs serait un exemple comme la France de la Révolution l’a longtemps été.

Et donc j’irai voter ! Sans illusion certes, mais je ne suis pas naïf au point de penser que cette Europe idéale se fera en un jour. Et surtout pas naïf au point d’ignorer que nous citoyens européens avons trop longtemps laissé les mains libres aux eurocrates en allant à la pêche les jours d’élections européennes. L’Europe en ce début du XXI° siècle reste notre horizon incontournable et tous ceux qui proclament le contraire jouent avec le feu des nationalismes, et de toutes leurs perversions Voter pour un pouvoir parlementaire en Europe c’est exprimer sa confiance dans l’avenir européen.

Un pari ? Peut être Mais ce pari je le fais !

« Des champs, pas d’Auchan ! »

Plus de 150 personnes se sont réunies samedi après-midi 17 mai à Roubaix devant un grand bâtiment de verre. Ses baies vitrées abritent l’association de la première fortune de France, la famille Mulliez. Elle est propriétaire de bon nombre d’enseignes de notre quotidien, parmi lesquelles Auchan, Kiabi, Decathlon, Leroy Merlin, Quick, Flunch, et elle ne compte pas s’arrêter là. Elle achète des terres agricoles pour y construire des zones commerciales. Mais le groupe Auchan se heurte à l’opposition de citoyens sur quatre fronts, à Orléans, à Rouen, à Cavaillon et à Gonesse, près de Paris. Ces quatre collectifs s’unissent contre la disparition des terres agricoles au profit des zones commerciales.

Les nombreux magasins du groupe inspirent largement les pancartes brandies par les manifestants, « Décathlon à fond le béton », « Mulliez, la vie, la vraie ? », « Mulliez, la mode à quel prix ? », « Mulliez, nous c’est le dégoût ». Sans oublier le mot d’ordre « Des champs, pas d’Auchan ». « La France est le pays européen où il y a le plus de surfaces commerciales par habitant, il faut arrêter ça », explique au micro Matthieu, porte-parole de cette mobilisation. « Les projets immobiliers à vocation commerciale augmentent les prix des terres agricoles, au détriment de ceux qui nous nourrissent. »

Lire l’article sur Reporterre

http://www.reporterre.net/spip.php?article5876

Quand Star Wars dérive…

On ne compte plus les produits dérivés de l’épopée cinématographique Star Wars. Mais certains débordent légèrement du public qui leur est habituellement réservé.

En attendant la sortie de Star Wars Episode VII, dont le casting a été revélé , rien ne vous empêche de compléter votre collection ou faire plaisir à ceux qui ne s’y attendraient vraiment pas. Par exemple votre grand-mère, qui a une si belle collection d’assiettes murales…

Mais peut-être préfèrera-t-elle quelques habits pour ses chienchiens adorés…

Non parce que son chien est plus grand que ça ? Pas de problème…

À notre avis, en plus d’avoir l’air con, le pauvre toutou a l’air malheureux de ne pas comprendre ce qui lui arrive. Peut-être n’était-ce pas la bonne taille. Mais pour rester dans les fringues, sachez que vous pouvez aussi offrir le bonnet Ioda à votre péquelet. Il se peut qu’à la crèche il fasse peur aux autres péquelets, en plus d’avoir l’air aussi con que le toutou à sa mémé. Mais que voulez vous ? Nous vivons une époque formidable, tout se fabrique, se vend et s’achète, c’est bien ce qui permet à certains de croire à la relance. On est bien barré !

Et s’il vous plaisait de découvrir d’autres inutilités star-wariennes… : http://hitek.fr/actualite/top-20-objets-wtf-star-wars_2634

Les mots ont un pouvoir

Deux petits coups de cœur parmi les glanes du net, proposé par PositivR.

Une femme croise un aveugle qui fait la manche dans la rue. Elle va apporter une petite modification à sa pancarte. Petite modification… mais qui va changer beaucoup pour lui.


Les mots ont un pouvoir. Belle vidéo ! par positivr

La seconde vidéo est dans un registre comique du style caméra cachée. Dans une ville calme, au beau milieu d’une place tranquille, un gros bouton a été installé en attendant qu’un petit curieux finisse par appuyer sur celui-ci. Que va-t-il se passer ?


Voici ce qui arrive quand on met un gros bouton… par positivr

en défense de Jérôme Kerviel

ajout du 19 mai 2014_

Jérôme Kerviel s’est constitué prisonnier et a été interpellé à minuit dès le passage de la frontière entre la France et l’Italie. Le Parquet lui avait fixé cet ultimatum pour se constituer prisonnier afin de purger sa condamnation à trois ans de prison, et menaçait de lancer un mandat international contre lui. Jérôme Kerviel n’a opposé aucune résistance.

A l’attention de ceux qui souhaitent afficher leur soutien, une pétition a été lancée, suivez le lien : http://www.avaaz.org/fr/petition/Le_President_de_la_Republique_francaise_La_Garde_des_Sceaux_La_suspension_immediate_de_la_peine_de_prison_de_Jerome_Kerv/?tcxHAhb

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Christiane Taubira, pouvez-vous voir votre nom associé à cette injustice ? François Hollande, vous qui aviez désigné la finance comme votre ennemie, allez-vous laisser perpétrer ce crime mené contre un seul homme pour sauver la face de cette finance qui a menacé de ruiner le monde ?

C’est par cette double interpellation à madame la ministre de la Justice et au président de la République que Martine Orange (équipe Mediapart) conclut son réquisitoire de soutien à l’ex trader Jérôme Kerviel. « Scandale démocratique d’une justice qui a failli », c’est bien ainsi qu’il faut nommer ce procès « abracadabrantesque ». Car n’en déplaise à monsieur Hollande, le monde de la finance est loin d’être sans visage, et chacun de ses visages porte un nom. Nous ne pouvons plus accepter, s’agissant de justice, que seuls quelques boucs émissaires soient envoyés à l’abattoir pendant que seraient maintenus dans une ombre protectrice les vrais responsables d’une mise à sac de la planète pour quelques dollars de plus.

Tout homme a le droit à un procès juste et équitable. Jérôme Kerviel n’a pas eu ce droit. Pendant six ans, il s’est heurté à une justice aveugle et sourde, qui ne voulait surtout rien voir, surtout rien entendre, surtout ne pas constater ses propres manquements et faiblesses. Alors que la Cour de cassation vient de casser le volet civil du procès, indiquant que les responsabilités de la banque n’avaient pas été prises en compte, qu’un homme seul ne pouvait devoir 4,9 milliards d’euros de dommages et intérêts, soulignant en creux tous les vices du dossier, le parquet s’apprête, sans attendre les conclusions d’un autre procès qui pourrait peut-être bousculer des certitudes, à l’incarcérer afin qu’il purge trois ans de prison. Comme s’il fallait le faire taire en urgence, cacher derrière les murs épais d’une prison ce scandale démocratique d’une justice qui a failli.

De toutes les années de tumulte financier que nous venons de connaître, la finance ennemie n’a qu’un nom, qu’un seul visage en France : celui de Jérôme Kerviel. Les banquiers qui ont ruiné leur établissement, coûté des milliards à la collectivité ne manquent pourtant pas. Un des plus emblématiques : Pierre Richard. L’ancien président de Dexia (6,6 milliards d’euros à ce stade pour la collectivité) continue de couler des jours tranquilles, avec une retraite chapeau à la clé, sans avoir eu à répondre une seule seconde de ses actions devant la justice. Mais Jérôme Kerviel, lui, doit payer tout suite et cash. Il est le trader fou et fraudeur, celui qui a manqué de précipiter la Société générale dans l’abîme, coûter des milliers d’emplois. Le costume lui a été taillé dès les premières heures de l’affaire par son employeur. La justice n’a jamais cherché à aller au-delà de cette image bâtie à coups de millions par des experts de la communication.

Car tout dans ce dossier a été mené sous l’emprise de la Société générale, dès le début de l’enquête. Lorsque dans la folie médiatique du moment, organisée par la banque elle-même, les premiers enquêteurs judiciaires prennent le dossier, ils débarquent sur Mars. Ils ne comprennent rien à ce monde de folie, où l’on parle warrants, valo, click options, système Elliot, broker, chambre de compensation. Mais la justice n’aime pas reconnaître son ignorance. Il ne sera pas fait appel à des experts extérieurs. La parole de la Société générale leur suffit.

La banque d’ailleurs pourvoit à tout. Elle prend l’enquête en main, la cadre. Elle indique aux enquêteurs où il faut chercher, ceux qu’il faut interroger. Elle désigne les ordinateurs qui peuvent être saisis, leur sélectionne les mails qui peuvent être pris, leur prépare les documents qu’ils peuvent emporter. Lire la suite

pour réfléchir à l’enjeu des européennes

Jeudi 15 mai, nous sommes à 10 jours des élections européennes et on ne peut pas dire que leur enjeu aura fait couler beaucoup d’encre chez les médias aux ordres. Tout juste entend-on répéter qu’il faut s’attendre à une abstention massive, mais sans trop pointer le danger qui résulterait de laisser le Parlement et la Commission européenne aux libéraux et aux fascistes de tous poils qui ne manqueront pas de se mobiliser, et sans trop rappeler qu’il s’agit d’un scrutin à 1 seul tour. Il n’y aura pas de rattrapage pour qui préfèrerait aller à la pêche ou à la plage ce 25 mai !

Mais qu’on ne s’y trompe pas, par-delà ce qui pourrait apparaître comme un simple choix d’idées ou de leurs représentants, il s’agit d’un véritable choix de civilisation. De ce vote résultera la poursuite ou pas des politiques d’austérité, l’abandon ou pas des souverainetés nationales, ou encore l’entrée ou pas du bloc européen dans le giron des États-Unis via un grand marché transatlantique très assassin des libertés, des protections sociales et environnementales.

Petite compil à plusieurs voix…

vidéo proposée par Yannick Jadot

TTIP (ou GMT ou TAFTA) : la Commission européenne ne croit pas à ses propres mensonges !


TTIP: les mensonges de la Commission européenne… par EurodeputesEE

 

Sept raisons pour refuser de négocier l’accord de libre-échange UE-USA

Susan George et Cécile Monnier (Nouvelle Donne) exposent ici pourquoi le mouvement réclame « l’abandon pur et simple des négociations autour du Tafta » : un traité « façonné par des multinationales », et qui entend « privatiser » non seulement la justice mais une part du travail législatif. 

Parce que son nom, Tafta ou TTIP, ne dit pas la vérité sur son contenu. Ce traité concerne peu le commerce, mais davantage l’investissement, et s’intéresse surtout aux règlements et normes qui gouvernent toute mise sur le marché d’un produit ou d’un processus.

Parce que ce traité a été conçu et façonné depuis de longues années par des multinationales des deux côtés de l’Atlantique, dont le souci majeur est de réduire et « d’harmoniser » vers le bas les deux systèmes. Ces entreprises pensent ainsi économiser des milliards d’euros, mais cette économie se fera au prix d’une baisse de la protection du consommateur, de sa santé, de sa protection sociale et de l’environnement. Les États-Unis ne voient aucun inconvénient aux OGM, gaz de schiste, bœuf nourri aux hormones, poulets rincés au chlore, médicaments hors de prix. En revanche, ils voient d’un très mauvais œil – tout comme les grands groupes européens – les produits pharmaceutiques génériques, l’amélioration de la protection sociale, des salaires ou encore des retraites, les services publics qui « devraient » être privatisés, ainsi que toute restriction de la liberté du marché ou de la sacro-sainte « concurrence libre et non faussée ».

Parce qu’il est secret et négocié dans un déni de démocratie total : même les parlementaires européens n’ont pas le droit de le lire ou de consulter les comptes-rendus des cycles de négociation.

Comment peut-on accepter qu’un traité qui mettrait à mal toutes nos normes et réglementations et qui soumettrait nos États et nos collectivités à la volonté des multinationales soit négocié dans le dos des citoyens ? Encore une fois, Nouvelle Donne demande l’abandon pur et simple des négociations autour du TAFTA : sans dramatisation, mais avec conviction, refusons de nous asseoir à cette table-là !   

Susan George, membre du comité de soutien de Nouvelle Donne et présidente d’honneur d’Attac
Cécile Monnier, candidate dans le sud-ouest aux élections européennes pour Nouvelle Donne

(1) Tafta: TransAtlantic Free Trade Agreement (Accord Transatlantique de Libre-Échange). TTIP: Transatlantic Trade and Investment Partnership (Partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement).

Lire l’article entier : http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/130514/sept-raisons-pour-refuser-de-negocier-laccord-de-libre-echange-ue-usa

 

 

Connaître les dangers du Traité Transatlantique

La vidéo suivante a été réalisée à Perpignan le 11 décembre 2013. Raoul Marc Jennar, docteur en science politique et altermondialiste analyse le projet « GMT » qui est en cours de négociation entre l’UE et les États Unis d’Amérique. Pour ne pas effrayer le public ces négociations se déroulent dans le plus grand secret. De nombreux députés ne sont pas tenus au courant.

Note : cette conférence dure près de deux heures. N’hésitez pas à la regarder en plusieurs fois s’il le faut mais regardez-la, surtout si vous n’avez pas eu l’occasion d’assister en live à cette conférence que Raoul Marc Jennar déroule un peu partout en France depuis deux ans. Des éléments clairs et précis, pas de langue de bois, de l’info, pas de l’infaux. L’essentiel de ce qu’on essaie de nous cacher y est dit, et ça permet de prendre connaissance des articles les plus dangereux contenus dans ce Traité.

Autre article par Cécile Monnier (accès libre) concernant la protection des données personnelles : http://blogs.mediapart.fr/blog/cecile-monnier/150514/tafta-et-la-protection-des-donnees-personnelles-ou-les-enjeux-caches-de-l-election-europeenne

Que d’eau, que d’eau !

On l’entend dire de plus en plus : un des effets du dérèglement climatique sera la montée des eaux. Les hypothèses considérées parmi les plus sérieuses parlent de 1,40 mètre d’ici une centaine d’année. Mais si c’était plus ? Bon, d’accord, l’hypothèse suivante est peu crédible, mais pas moins amusante pour jouer à se faire peur.

Le site World Under Water.org propose aux internautes de se représenter des villes du monde entier en cas de montée importante des eaux. L’application se sert des photos de Google Street View et ajoute automatiquement une dizaine de mètres d’eau afin d’immerger les sites les plus remarquables de la planète. Voici par exemple le canal du Vidourle au Grau du Roi.

Vue depuis le pont vers la mer

Vue dans l’axe du pont depuis la rive gauche

Ce concept a été imaginé par Carbon Story.org, une plateforme de financement participatif pour les projets écologiques. L’application n’a aucune vocation scientifique, elle se contente de simuler la même montée des eaux dans tous les endroits du monde, qu’ils soient situés au niveau de la mer ou à 1 000 mètres d’altitude. La ville de Chamonix sera donc représentée sous la même quantité d’eau que l’île de Sein ou La Baule.

Autant savoir que les remparts d’Aigues Mortes n’empêcheront pas Saint Louis d’avoir de l’eau jusqu’au nez…

Les Saint-Laurentais auront intérêt à s’équiper de barques…

Quant aux Nîmois… ce sera juste une répétition, ils ont presque déjà vu ça.

Un autre site, beaucoup plus sérieux, propose des modélisations à partir de Google Earth. Les résultats sont compilés sur le Tumblr Drown Your Town.

On peut savoir qu’il faudrait par exemple une élévation du niveau de la mer de 45 mètres pour que celle-ci vienne lécher le pied des pyramides de Gizeh, mais seulement 1 mètre pour immerger une bonne partie de la Caroline du Nord.

S’abstenir aux européennes : une faute grave

par Raoul Marc Jennar

Il en est qui font campagne pour l’abstention lors du scrutin européen du 25 mai. Examinons leurs raisons.

Certains disent : « pourquoi voter pour un Parlement européen (P.E.) qui n’a aucun pouvoir ?» Ce n’est pas exact ; ils devraient s’informer et lire les traités actuellement en vigueur. Ils devraient lire cet excellent petit livre « Le Parlement européen, pour faire quoi ? » dont les auteurs qui ne peuvent être qualifiés d’européistes (B. Cassen, H.Michel, L. Weber). On n’argumente pas en travestissant la réalité. Reprenons leurs principales critiques :

– le P.E. n’a pas le pouvoir de proposer. C’est vrai. Mais qu’en est-il de ce pouvoir dans les parlements nationaux ? Quelle est la part réelle de l’initiative parlementaire dans le travail législatif national ? Dérisoire. Depuis le début de l’actuelle législature (depuis le 20 juin 2012), 125 des 157 lois adoptés étaient d’origine gouvernementale, soit près de 80% des textes votés.

– le P.E. n’est que co-législateur puisque tous les textes législatifs qu’il adopte doivent avoir l’agrément du Conseil des Ministres et de la Commission. C’est vrai. Mais encore une fois qu’en est-il au Parlement français ? Les textes adoptés ne doivent-ils pas, dans les faits, avoir l’accord du gouvernement ?

Par contre, ce qu’on passe trop souvent sous silence, c’est que le Parlement européen dispose du pouvoir de rejeter les textes proposés. Mais la majorité droite-pseudo gauche de ce Parlement préfère les approuver. Il est extrêmement rare qu’un texte législatif soit rejeté : au cours des trois dernières législatures (en quinze ans donc), seule la directive sur la libéralisation des services portuaires a été rejetée suite à l’intense mobilisation des dockers. Dans tous les autres cas, la majorité droite-PS a accepté les textes proposés. Lire la suite