Des vérités qui dérangent

Ça se lit comme un roman, un bon polar sur fond de guerres et de barbouzes… Forcément, puisque l’article suivant de Fabrice Arfi et Karl Laske (Mediapart) se construit à travers l’interview d’un romancier… mais pas que ça.

De quoi ne pas lâcher l’affaire Sarkadhafi, ça devient chaud brûlant.

Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi sur le perron de l’Elysée, en 2007. © Reuters

 

Guerre en Libye : les vérités qui dérangent d’un homme de l’ombre

29 octobre 2014 |  Par Fabrice Arfi et Karl Laske

En mai 2011, Pierre Marziali, un ancien militaire français reconverti dans le privé, est tué à Benghazi par des hommes cagoulés. Son associé et ami Robert Dulas raconte dans un livre, Mort pour la Françafrique (Stock), l’histoire de leurs contacts avec le régime libyen. À la tête de la société militaire privée Secopex, les deux hommes avaient recueilli en mars 2011 les aveux du premier ministre de Kadhafi sur l’argent remis aux Français sous la présidence Sarkozy.

Le feu vert est passé à l’orange puis au rouge, sans qu’il s’en aperçoive. Pierre Marziali, ancien militaire français de 48 ans reconverti dans le privé, a été abattu le 11 mai 2011, en pleine rue à Benghazi, par des hommes cagoulés, alors qu’il revenait d’un restaurant où il avait dîné avec quatre collaborateurs de la société militaire privée Secopex.

Officiellement, Marziali est un espion tué « par accident » par une brigade rebelle pendant la guerre en Libye, à la suite d’un contrôle routier qui aurait dégénéré. C’est du moins la version officielle communiquée par le Conseil national de transition (CNT). Insatisfaite par cette version laconique et incohérente, la veuve de l’ancien militaire a déposé une plainte à l’origine de l’ouverture d’une information judiciaire en septembre 2011, à Narbonne.

« On nous a ordonné de nous coucher par terre, a expliqué lors de l’enquête Pierre Martinet, un ancien camarade de Marziali, présent à Benghazi le jour du drame. Pierre était à ma gauche. J’ai entendu un coup de feu. Et Pierre m’a dit « je suis touché ». Il ne s’est pas débattu. Il n’a rien dit, et n’a rien fait avant le coup de feu. J’ai fermé les yeux. J’attendais mon tour. J’avais les mains attachées dans le dos. Ils ont pris Pierre à deux. Il me semble avoir vu son ventre éclaté, ouvert. »

Depuis ses débuts, l’instruction bute sur l’inefficience de l’entraide judiciaire entre la Libye et la France. L’enquêteur du comité judiciaire local, en Libye, a été dans l’impossibilité d’obtenir de l’armée l’identification du tireur et de ses complices. L’exécution a été commise par des hommes cagoulés restés non identifiés, bien qu’ils se rattachent à la Brigade du 17 février, fondée par Abdelhakim Belhadj, l’ancien leader du groupe islamique combattant (GIC).  Lire la suite

Les prix Pinocchio 2014

Les prix Pinocchio du développement durable, organisés par Les Amis de la Terre, dénoncent les impacts négatifs de certaines entreprises : celles qui agissent en totale contradiction avec le concept de développement durable qu’elles utilisent pourtant abondamment.

Afin de dénoncer publiquement ce décalage entre les « beaux discours » d’un côté et la réalité des actes des entreprises de l’autre, les Amis de la Terre décernent chaque année trois prix Pinocchio. Une référence, bien entendu, à la fameuse marionnette en bois et à sa très personnelle conception de la vérité…

Samsung, Total, EDF, Perenco… Vous aussi mobilisez-vous pour que votre entreprise « préférée » l’emporte !

 

Catégorie « Plus vert que vert »
– EDF et le charbon de Serbie,
– Pur Projet et la compensation carbone au Pérou,
– GDF Suez et les « obligations vertes ».

Catégorie « Une pour tous,
tout pour moi ! »

– Shell et les gaz de schiste en Ukraine et Argentine,
– Total et les hydrocarbures au Nigéria,
– Crédit Agricole et le charbon des Appalaches.

Catégorie « Mains sales,
poches pleines »

– Perenco, pétrolier opaque en RDC,
– Samsung et l’exploitation d’enfants en Chine,
– Lyon-Turin Ferroviaire et les tunnels sous les Alpes.

http://courrier.peuples-solidaires.org/HS?a=ENX7CqkQXNQk8SA9MKJGpV_nGHxKLZMfA_cStGb5lw8W0bBhOG5mpqVsje_HhdDtiVNm

Jusqu’au 17 novembre 2014, votez sur www.prix-pinocchio.org !

Jusqu’où s’arrêteront-ils ?

Barrage du Testet, aéroport Notre-Dame des Landes, Tunnel Lyon/Turin, Stade de l’OL… une certaine frénésie des grands travaux, de grands et de petits saccages, sans compter ceux dont on ne parle guère. Par exemple :

Center Parcs de Roybon : la démocratie bâillonnée ?

ENQUÊTE – Dans les Chambarans, les politiques veulent leur Center Parc. Mais pas les habitants, pour leur majorité, ni les associations de protection de l’environnement. Alors que le préfet vient de donner le feu vert à Pierre et Vacances pour démarrer les travaux, les opposants se préparent à entamer une énième bataille devant les tribunaux. Car, au-delà l’atteinte à la biodiversité, c’est aussi la question du processus démocratique qui est posée…

91 des 200 hectares du bois des Avenières dans le massif des Chambarans seront urbanisés pour faire de ce Center Parcs le sixième de France. Après sept années de procédures administratives émaillées de recours, les premiers coups de pioche du futur Center parc ont résonné lundi 20 octobre dans le bois des Avenières.
C’est là, dans le massif des Chambarans, que Pierre et Vacances projette de construire un millier de cottages assortis d’un complexe touristico-commercial avec espace aqualudique de 9 000 m³ chauffé à 29 °C. Un immense village vacances de plus de 5 000 habitants posé au beau milieu d’une zone humide, au sommet de deux bassins versants, l’Herbasse et la Galaure.

_ La destruction d’espèces protégées autorisée par le préfet

L’ultime feu vert, le promoteur l’a obtenu vendredi 17 octobre grâce à un arrêté préfectoral autorisant la destruction d’espèces protégées. Quelques jours auparavant, le préfet de l’Isère avait déjà donné son blanc-seing, autorisant le projet au titre de la loi sur l’eau. Une décision certes souveraine mais qui fait visiblement peu de cas des conclusions, unanimes, des trois commissaires-enquêteurs. […]

Source : article Center Parcs : la démocratie bâillonnée ? – Place Gre’net de PlaceGrenet

http://www.placegrenet.fr/center-parcs-roybon-democratie-baillonnee/

Référendum révocatoire

Le Parti de Gauche lance une campagne d’éducation populaire sur le droit de pouvoir pour les citoyens révoquer les élus à mi-mandat. Chacun peut organiser une votation du 8 au 11 novembre dans toute la France. Plus d’infos : http://www.lepartidegauche.fr/militer/noscampagnes/votation-citoyenne-sur-le-droit-revoquer-30433


Votons pour le droit de révoquer les élus ! par lepartidegauche

 

Mort pour du maïs

mise à jour du 31 octobre

Info Testet_Novissen. Suivre les bons articles, les dates et lieux de rassemblements…:

http://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com/

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Rémi Fraisse, 21 ans, est tué dans des affrontements avec la police. Pendant plus de deux jours, le pouvoir n’a rien à dire. Et quand il parle enfin, c’est par la voix de Manuel Valls pour soutenir des forces de l’ordre pourtant mises en cause.

Un crime du pouvoir socialiste

L’édito de Hervé Kempf (Reporterre)_lundi 27 octobre 2014

Le décès de Rémi Fraisse au Testet est le résultat d’un crime : celui des responsables socialistes qui ont piétiné la loi et la démocratie pour ne laisser d’autre issue que la violence.


Le drame qui s’est déroulé près d’une rivière où, voici quelques semaines, s’épanouissait une forêt vivante, n’est pas un accident. C’est un crime.

Nous ne pouvons assurer définitivement ici qu’une grenade ou un autre projectile lancé par les forces de « l’ordre » a touché mortellement le jeune Rémi Fraisse. Les témoignages que nous publions incitent à le penser, mais nous attendons le résultat de l’autopsie et d’autres témoignages indiscutables pour déterminer notre conviction.

Mais nous affirmons que la mort de ce jeune homme résulte de l’obstination criminelle de hauts responsables qui ont, contre l’évidence et en piétinant l’esprit de la loi, conduit à une situation où la seule issue était la violence, une violence savamment entretenue par une police à qui l’on a lâché la bride.

Rappelons divers faits, amplement documentés par Reporterre et par les collectifs de sauvegarde de la zone humide du Testet :

 l’enquête publique avait conclu à un avis favorable, SOUS RESERVE d’un avis positif du Conseil National de Protection de la Nature. Or, celui-ci a rendu un avis nettement défavorable ;
les travaux de défrichement se sont déroulés sans autorisation préalable de défrichement ;
les opérations obligatoires de diagnostic archéologique préalable ont été oubliées ;
le conflit d’intérêt est manifeste, puisque la Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne a établi l’étude concluant à la nécessité des travaux, alors que c’est elle qui doit les réaliser.

Suite de l’article sur Reporterre : http://www.reporterre.net/spip.php?article6499

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 Rémi Fraisse, 20 ans, mort pour le maïs

expression citoyenne, par Victorayoli

Il serait mort « d’une bombe ». Dans le Tarn. De nuit. Au cours d’une manif durement réprimée par les « forces de l’ordre » contre la construction du barrage sur le Tescou, plus connu sous le vocable de « barrage de Sivens ».

On bombarde dans le Tarn maintenant ? Comme en Syrie ? Comme en Irak ? Pas tout à fait tout de même mais un jeune homme de 20 ans, étudiant réfléchi, conscient de ses devoirs de défense de son univers de vie, est mort. Et pas de peur… Lire la suite

Le revenu de base_une idée qui avance

Ces 4 mini-films sont le résultat d’un travail réalisé par Jean-Eric Hyafil, Jonathan de Mulder, Amaru Mbape, Léon Régent, Marc de Basquiat et Sébastien Calvez.

La production de cette série de vidéos a été financée par 81 généreux donateurs. http://www.kisskissbankbank.com/fr/pr… et soutenu par le Mouvement Français pour un Revenu de Base : http://revenudebase.info/

Les calculs ont été réalisés à partir des chiffres officiels que l’on retrouve sur les sites suivants : Lire la suite

La bataille des mille vaches

Par Anne-Sophie Jacques


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Disons-le d’une traite : l’implantation de la ferme-usine des mille vaches, à quelques kilomètres d’Abbeville (Somme) sonne la victoire de Michel Ramery, entrepreneur local qui impose son modèle d’industrialisation de la production de lait, sous couvert de rester compétitif dans notre économie mondialisée. Trois ans de lutte contre les riverains regroupés dans l’association Novissen – Nos villages se soucient de leur environnement – et la Confédération paysanne qui s’est engagée à bras le corps contre le projet n’auront pas empêché la mise en route de cette ferme géante et très controversée. En un sens, la mondialisation a gagné.

Aujourd’hui 450 vaches laitières sont installées dans cette exploitation qui ressemble davantage à une usine qu’à une ferme. Les vaches ne vont pas à la prairie et donnent leur lait trois fois par jour – contre deux dans les exploitations traditionnelles – sur un carrousel digne des chaînes de production automobile. Sont-elles malheureuses pour autant ? Non ! répond cette responsable de traite devant les caméras de France 3 invitées à une visite guidée. Même son de cloche (de vache) pour le responsable de l’établissement, Michel Welter, qui assure avoir créé des conditions optimales de la traite, « la plus douce et la plus stable » possible :


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Un long article, et très récapitulatif du problème, est en ligne sur le site d’Arrêt sur Image. Il est accessible gratuitement pendant 24 h, Profitez-en !

http://www.arretsurimages.net/chroniques/2014-10-25/En-Picardie-la-bataille-des-mille-vaches-bat-son-plein-id7171

La Commission européenne de malheur !

par JLM

Élire ou pas la nouvelle commission européenne présidée par Jean Claude Junker, c’était le sujet essentiel de cette session. (…) Juncker est passé en force : tout le monde ou rien ! Les lâches qui la veille tortillaient la bouche pleine de leur prétendu « pouvoir du Parlement » se mirent à genoux au premier coup de fouet.

Le Britannique Jonathan Hill, commissaire désigné à la stabilité financière, aux services financiers et à l’union des marchés de capitaux a refusé de s’engager sur un calendrier précis en vue de mettre en place l’union bancaire, le système unique de garantie des dépôts. Il n’a pas essayé non plus de calmer les inquiétudes sur le fait que c’était un candidat d’un pays non membre de la zone euro qui était en charge de la mise en œuvre de l’union bancaire. En effet, même si le projet est ouvert à tous les États membres, seuls les pays de la zone euro participent au projet jusqu’à ce jour. Comment un tel homme avec de telles idées peut-il être là ? Son parcours professionnel répond. Il a été lobbyiste et a fondé sa propre agence de conseils. Bingo ! Ses anciens collègues vont adorer ! Il a répondu qu’il s’était séparé des parts qu’il détenait au sein de son ancienne entreprise, et ce, « moins d’une journée après » sa nomination. Rassurant, non ?

Mieux connu est le cas déplorable de l’espagnol Miguel Arias Canete au poste de commissaire à l’énergie et à l’action climatique. Il est surtout connu pour avoir réduit les subventions aux énergies renouvelables dans son pays et pour être un ancien dirigeant de compagnies pétrolières, aux Canaries, aujourd’hui dirigées par ses fils et dont il est toujours actionnaire. Il a même osé un changement de dernière minute dans ses déclarations d’intérêt financier. Amnistié ! Les mêmes qui le critiquaient vertement ont voté pour lui.

Le Hongrois Tibor Navracsics, candidat pour le poste de commissaire à l’Éducation, à la culture, à la jeunesse et à la citoyenneté, semblait également mal parti. Rappelons que c’est un proche de Viktor Orban, dont le gouvernement promeut ouvertement des politiques discriminatoires envers les Roms et laisse prospérer un antisémitisme de type nazi. Tout est pardonné. Élu en même temps que Moscovici, son nouveau collègue. Lequel s’est vu adjuger le portefeuille des affaires économiques et financières. Ouf, car tous nos « amis » européen s’étaient déchainés contre lui et contre la France dans des termes souvent inadmissibles ! Il fut tout bonnement accusé d’être un cheval de Troie envoyé par Paris, dont la mission serait de permettre à son pays de laisser filer son déficit sans avoir à subir de sanctions. Vive l’amitié entre les peuples européens ! Triste camouflet pour la France : Pierre Moscovici devra en référer à deux vice-présidents.

D’abord le Finlandais Jyrki Katainen, en charge de la croissance et de la compétitivité. Bien connu pour être le chantre de l’orthodoxie budgétaire. Pour ses exploits en la matière, il a été nommé en 2008 « meilleur ministre des Finances d’Europe » par le Financial Times.

 

Autre surveillant du Français, le Letton Valdis Dombrovskis, en charge de la gestion de l’euro et du dialogue social. Une mauvaise farce. Ce dogmatique féroce a imposé à son pays une cure d’austérité pire que celle infligée à la Grèce. Il a laissé son pays dans une profonde récession dont il n’est pas sorti. Désastre assuré. La Commission « de la dernière chance » comme a dit Junker est vouée à faire le malheur du continent.

«Il faut violer les traités européens !»

Jacques Généreux (Parti de gauche): «Il faut violer les traités européens!»

Le dernier « Objections » sur Mediapart était consacré à recueillir les propos de Jacques Généreux sur la politique économique actuelle de la France. 24 octobre 2014 | Interview par Hubert Huertas et Martine Orange

 « Il faut ouvrir une crise. Il n’y a pas d’autre moyen pour que ça bouge. L’Union européenne ne sera réformée que lorsqu’elle s’effondrera dans sa forme actuelle. Il faut qu’un grand pays, la France par exemple, décide de désobéir radicalement. Il faut violer les traités européens. Si nous ne provoquons pas un choc de ce type, nous aurons un choc d’un autre type, une grande catastrophe financière, ou une grande catastrophe politique avec la montée des fascismes… »


Jacques Généreux (Parti de gauche) : « Il faut… par Mediapart

Bonus pour ceux qui veulent découvrir davantage Jacques Généreux.

Propos recueillis par Raphaël Berland. En marge de la Conférence organisée le 15 octobre par l’IRIS, « Le système financier international et les nouveaux modèles de développement économique ». C’est après la balise et ça dure 42 mn. Lire la suite

Des nouvelles Frêche de Valls ?

par Pascal Campel

« L’homme de gauche doit dépasser le pallier de la social démocratie pour devenir social-libéral (…) Il faut que la gauche comprenne que nous avons tous besoin d’entreprises prospères pour pouvoir pratiquer ensuite une redistribution sociale durable »

Manuel Valls dixit ? « J’écarte les mots piégeux qui enferment » répond-il dans l’Obs nouvelle cuvée. Qui donc, alors ?

Georges Frêche, en 2004 ! Et d’ajouter « Vous voudriez que je m’embarrasse encore des préjugés marxistes sur le patronat ». C’est beau comme du Valls.

Il n’est pas sans intérêt de relire ce livre d’entretien au titre provocateur « Il faut saborder le PS ». Avec un peu d’attention, on y retrouve la plupart des idées qui structurent l’action de M. Valls — et du Président de la République, nous sommes sous la V°, diantre !– la réforme territoriale, la diminution de la dépense publique, entre autres.
Mais c’est dans l’aire du politique que G. Frêche allait plus loin encore. Le titre de son livre en faisait foi : « Il faut saborder le PS » dans lequel, horresco referens, il appelait à une alliance avec le Modem de François Bayrou ! Et M. Valls dix ans plus tard comme en écho « En 2012 nous avons commis l’erreur de ne pas tendre la main à François Bayrou ».

Le PS enfin ! A l’affirmation de Georges Frêche « un parti de gauche aujourd’hui ce n’est plus un parti du XX°siècle, c’est à dire un parti de tradition marxiste fondé sur la défense de la classe ouvrière qui constituait le corpus central de l’idéologie de gauche » répond aujourd’hui presque mot pour mot Manuel Valls « On ne milite plus au XXI° siècle comme au XIX° siècle ».

Il y a dix ans, les propos de Georges Frêche avaient fait dresser quelques sourcils rue de Solferino. Avec le recul, il est singulier de constater que ce n’est pourtant pas pour son social-libéralisme totalement revendiqué qu’il avait été exclu. Est ce à penser que cette doxa plus libérale que sociale avait déjà droit de cité à la tête d’un Parti Socialiste dirigé alors par un certain Hollande François ?

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Bonus ndlr :

Le député PS Henri Emmanuelli a estimé jeudi que la ligne défendue par les sociaux-libéraux, Manuel Valls en tête, n’était « pas majoritaire à gauche » ni au PS et leur demande de se taire et de « faire leur travail » et non de la « philosophie de bazar ».

« En 1992, Michel Rocard m’a déjà expliqué que j’étais passéiste parce que, m’a-t-il dit à l’époque, dans une tribune – déjà – dans le Nouvel Observateur, je n’avais pas compris qu’il fallait laisser les Asiatiques fabriquer des toiles de parasol pendant que l’Europe fabriquerait des ordinateurs. Je n’aurais pas la cruauté aujourd’hui de leur demander, à tous ces messieurs modernistes : quelle est la marque des ordinateurs européens? », a lancé M. Emmanuelli.

source : http://www.lepoint.fr/politique/emmanuelli-la-ligne-des-sociaux-liberaux-n-est-pas-majoritaire-au-ps-qu-ils-se-taisent-23-10-2014-1874988_20.php

info de dernière minute : Le président socialiste du Conseil Général du Jura, Christophe Perny, va encore plus loin et demande, dans un communiqué, au Premier ministre de « partir« . Tout simplement : Manuel Valls doit partir pour la gauche, pour la France.

Autre argument qui revient avec régularité chez les anti-Valls du PS : son faible score à la primaire PS de 2011 qui reflète son tout aussi faible poids dans le parti, selon eux. « Le scandale est que cet homme ultra minoritaire au PS et à gauche porte la ligne politique gouvernementale« , continue le président du Jura. Qui ajoute :

À ce rythme, le PS portera bientôt, non seulement les idées, mais aussi le score de Manuel Valls.

Le généreux marin et la froide Europe

Suivi de notre info précédente concernant l’opération « Mos Maiorum » : http://semaphores.info/2014/10/operation-mos-maiorum/

 

Le contraste est saisissant, violent, douloureux !

D’un côté, le valeureux capitaine d’un remorqueur de haute mer, Philippe Martinez, qui l’été dernier sauva la vie de mille huit cent vingt-huit migrants en perdition sous le soleil de plomb de la méditerranée. De l’autre, presque au même moment, une opération coordonnée des polices européennes en lien avec les agences Frontex et Europol décidée dans l’opacité et le secret total par la présidence Italienne du conseil Européen vise à ouvrir une chasse à « l’immigré ».

L’objectif de démantèlement de réseaux de passeurs va servir  de prétexte à de grandes opérations d’interpellations  de migrants ou de « sans papiers » et à  la collecte de multiples informations les concernant. Lors d’opérations précédentes du même type, quasiment aucun passeur n’a été arrêté. Par contre, les rafles de « sans papiers » les ont conduits dans les centres de rétention et vers l’expulsion manu-militari, sans tenir compte du degré de danger auquel ils doivent faire face à leur retour. Aucun élément n’est donné sur le sort qui sera réservé aux personnes interpellées, ni sur l’utilisation qui sera faite des données personnelles. Cette vaste opération, ouverte cette fin de semaine jusque la fin du mois et qui répond du nom « Mos Maiorum » va mobiliser pas moins de dix huit mille policiers et militaires. Elle a été décidée le 10 juillet dernier et les documents « très confidentiels » qui en attestent ne nous sont parvenus que le 6 octobre. Le Parlement européen n’en a pas été informé. J’ai questionné le Conseil européen sur ces documents et cette décision. J’attends la réponse. C’est au moment même ou est lancée cette nouvelle opération qu’est stoppée l’initiative dite « Mare Nostrum » qui a pourtant permis de sauver cent mille personnes .

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Question écrite au Conseil européen

Document adopté le 10.07.14 par la présidence du Conseil de l’UE (anglais et français)

 

Oh my gode !

De l’art ou du cochon ?

Il aura été impossible d’y échapper et la langue française s’est enrichie d’une assertion supplémentaire au mot “plug”, que la plupart des français informatisés ne connaissaient guère que par l’expression “plug and play”. Mais certains n’ont plus eu envie de jouer, il est des érections qui ne font pas bander tout le monde, l’artiste Paul McCarthy vient de le vérifier à ses dépends.

Faut dire que ses défenseurs n’ont guère été à la hauteur en voulant nous présenter ce qui était à l’évidence un plug anal en simple sapin qui devrait même faire plaisir aux enfants de la place Vendôme à l’approche de Noël. C’est vrai qu’il aurait pourtant pu nous évoquer un Sapin…

Ou nous rappeler avec plus d’humour à ceci :

Mais, mise à part la couleur, il s’approchait par trop de ceci pour prendre les gens pour des imbéciles :

Alors, bien sûr, les cultureux défenseurs de l’œuvre ont tenté de nier l’intentionnalité de l’artiste. L’art doit déranger, l’artiste doit être un provocateur… Que n’a-t-on pas entendu, comme à chaque fois qu’une œuvre vient nous bousculer ?

En 2008, l’exposition de l’art aux influences pop, kitsch et avant-gardistes de Jeff Koons a hérissé le poil de plusieurs amoureux de Versailles. « Le château de Versailles est unique. Nous ne voulons pas que Jeff Koons utilise l’environnement et la beauté de l’art classique du château de Versailles pour vendre son non-art », avaient indiqué à l’époque les membres du Collectif de défense du patrimoine de Versailles. Sans succès, puisque l’exposition, qui contenait notamment un homard géant en aluminium suspendu au plafond d’un des salons Louis XIV a été prolongée.

Le JDD y a consacré une page de rappel : http://www.lejdd.fr/Culture/Avant-Tree-de-Paul-McCarthy-six-oeuvres-d-art-contemporain-qui-ont-defraye-la-chronique-694986

Reste que ce sont bien les limites de l’art et la valeur artistique d’une œuvre qui posent le problème. Ne voir dans le plug anal de Mc Carthy qu’une obscénité juste propre à faire hérisser le poil des adhérents de « la manif pour tous » revient toujours à occulter le vrai problème de l’art, celui de ses accointances avec l’idéologie capitaliste. Dans nos sociétés où il est de bon ton de subventionner (pour combien de temps encore ?) la culture sous prétexte qu’elle ne serait pas rentable, qui fait vraiment le compte de ce qu’elle génère comme masse d’argent ? Sans parler des œuvres « classiques » qui atteignent parfois des sommes astronomiques, comment expliquer, par exemple, que l’œuvre ci-après du même Mc Carthy ait pu atteindre 4 562 500 $ en 2011 !?

Dans l’émission de Daniel Mermet Là-bas si j’y suis, enregistrée lors de la FIAC 2013, Frank Lepage en rajoute une couche : « Qu’est-ce qu’il faut pour avoir un marché de l’art? Trois choses : des millionnaires, des œuvres à profusion, et puis une institution. Il faut de l’argent public, une institution qui garantisse la valeur de ces œuvres, qui se porte garant. Ce qui fait que François Pinault, il ne va pas mettre 80 000 euros sur deux bouts de moquette s’il n’est pas certain que l’État est là derrière pour garantir ses bouts de moquette, il n’est pas idiot« .


LePageArtcontemp

Article à signaler : http://laplumedaliocha.wordpress.com/2014/10/20/a-lere-du-rien/

Ainsi que celui d’Olivier Berruyer à qui nous empruntons quelques photos des œuvres de Mc Carthy. Que ceux qui veulent en voir d’autres se rendent ici : http://www.les-crises.fr/godemiche-vendome/

Euh… c’est pas un peu obsessionnel, tout ça ? Mais non, puisqu’on vous dit que c’est de l’art, bande de cochons !

Adieu, Etienne !

Étienne Mourrut nous a quitté, et Sémaphores tient à s’associer à ce deuil qui frappe, par-delà sa famille, toute la famille graulenne.

De 1983 à 2014, plus de trente années consacrées à la gestion du Grau du Roi, à l’écoute de tous ses concitoyens, cela seul pourrait dire en soi combien Étienne aura porté sur ses épaules la plus grande part du développement de notre cité depuis sa création.

Chacun dans son rôle et ses convictions, Sémaphores a beaucoup combattu celles d’Étienne et nos pages en ont été le témoin. Mais nous l’avons toujours dit et il est bon de le répéter : nous n’avons jamais confondu « adversaire » et « ennemi ». Adversaire, Étienne en était un redoutable, parce qu’il était un véritable combattant, animé par des valeurs humaines qui rendaient loyal le combat d’idées et, par-delà leurs contenus politiques, les inscrivaient dans une cohérence certaine qui force le respect.

Alors, certes, une foule qui va bien au-delà de la seule population graulenne a tenu à s’associer à ce deuil, à cet adieu à un homme dont le nom restera gravé au panthéon graulen comme l’une des plus importantes « figures du pays ». C’est cette importance qui nous oblige à relever un bémol qui aurait pu être évité, à savoir que de nombreuses personnes n’ont pu se joindre à l’hommage rendu parce qu’elles ne pouvaient quitter leur travail, nous pensons en particulier au personnel des services communaux, sociaux, scolaires…

Était-il si difficile de déclarer ce mardi 21 octobre « Journée de deuil communal » ? La rumeur qui a toujours bon dos rapporte pourtant que l’idée a circulé. Saura-t-on jamais pourquoi elle n’a pas été transformée en acte ? C’est vraiment dommage.

Qu’en restera-t-il au total ?

Le patron du groupe pétrolier français Total, Christophe de Margerie, 63 ans, est décédé dans la nuit de lundi à mardi dans le crash d’un avion privé à l’aéroport de Vnoukovo, près de Moscou. Son jet est entré en collision avec une déneigeuse dont le conducteur était ivre.

Inutile de commenter cette info qui tourne en boucle sur tous les médias, mais constater que, malgré les atermoiements de Valls ou de Hollande qui aimeraient bien nous attirer la larme à l’œil, il ne semble pas que le peuple français soit prédisposé à des funérailles nationales pour le patron de Total. Il suffit pour s’en convaincre de piocher dans les commentaires du fil Mediapart, qui n’a pourtant consacré qu’une brève à cet accident. Petit florilège.

« Encore un patron tué à cause de l’inconscience d’un salarié ! La lutte des classes n’est pas terminée ! »

« Il meurt dans son jet percuté par une déneigeuse carburant  à la vodka. Victoire des biocarburants sur l’énergie fossile ! »

« Ils vont faire des économies chez Total : 10 000 €/jour ! »

« Une récente étude a montré que près de 0% des français de la classe moyenne décédaient dans des accidents de jet privé. »

« Ces grands patrons du CAC40 sont payés des fortunes car ils sont uniques, irremplaçables, n’est-ce pas ? Donc en toute logique celui-ci, tellement exceptionnel, ne pourra pas être remplacé. Autogestion pour Total, alors ? »

Humour noir ? Méchanceté ? Bêtise ? Défoulement ? Sans doute un cocktail d’un peu tout cela et de bien d’autres ingrédients encore, dont un majeur : le ras-le-bol ! C’est sans doute ce qui fait dire à une autre commentatrice que « la tension monte », accompagnée d’une « lucidité palpable ».

« Il y a seulement deux ou trois ans, il y aurait eu au moins une bonne âme bien pensante, pour ramener les commentateurs à une certaine décence charitable. Hors là, c’est unanime !… Avec Hollande et Valls qui nous annoncent que c’était « un ami personnel », c’est la cerise sur le gâteau… L’heure est grave. Y’en a des qui devraient s’inquiéter. Les fourches me semblent proches… »

Comme le note Daniel Schneidermann dans son billet du jour : « Prime spéciale à l’anecdote de la Miss Météo du Grand journal de Canal+ qui, en sous-vêtements, s’était barbouillée de mazout devant lui, un jour de marée noire, « sans qu’il quitte le plateau ». Quant au reste, au rôle de l’extraction pétrolière dans le réchauffement climatique, aux efforts (ou pas) de Total dans la transition énergétique, et autres questions secondaires, il en sera question une autre fois. »


margerie-grand-journal-miss-meteo-mazoute par asi

Guerre et indépendantismes

Deux infographies animées proposées par Courrier International.

Demain la troisième guerre mondiale ?

Alors que la coalition internationale, dont fait partie la France, continue de mener des frappes en Irak et en Syrie pour lutter contre Daech, et que la crise ukrainienne ne semble pas avoir trouvé d’apaisement après 10 mois d’affrontements, la presse internationale s’interroge sur les possibilités d’une troisième guerre mondiale. Certains conflits sont vieux de plus de 60 ans, d’autres prennent de nouvelles formes. Découvrez notre infographie animée pour mieux comprendre les zones de tensions internationales.


Infographie Animée : demain la troisième guerre… par courrierinternational

Comprendre les indépendantistes européens

L’Écosse n’est pas le seul pays concerné par les indépendantistes. Partout en Europe, des dizaines de partis politiques défendent le patrimoine et les richesses de leur région en espérant un jour se dissocier de leur pays. Alors que le référendum écossais a conclu au maintien de l’Écosse dans le Royaume-Uni, les médias européens et américains ont remarqué que ce scrutin a redonné un second souffle à certaines volontés séparatistes. Découvrez les pays concernés et les raisons évoquées dans une infographie animée.


Infographie Animée : comprendre les… par courrierinternational

 

Des nouvelles de la 6ème

Par J-L M

Nous sommes à mi-chemin de l’objectif des cent mille signatures. Il est important de comprendre que l’accroissement du nombre des signatures est le mouvement lui-même. Le mouvement tel qu’il est, c’est-à-dire commençant. Le but est de le rendre majoritaire dans la société, dans les esprits. Collecter des signatures n’est donc pas un à côté ou un prétexte mais l’action elle-même. Certes, ce ne sera pas la seule. Mais chaque étape que nous pouvons envisager doit être franchie, à son rythme, avant de passer à la suivante. Si nous voulons que nos débats sur le contenu de cette République à venir ne soient pas une discussion confidentielle, il faut que la scène que nous mettons en place se voie de loin et qu’elle ait l’autorité du nombre de ses fondateurs. (…)

Nous sommes en train de former une force civique au service d’un projet de révolution pacifique et démocratique. Un sujet qui a cette vertu particulière de rendre tous les débats politiques possibles et en même temps d’être un objectif commun. Un projet dont la conduite et le but sont une forme de récupération de la citoyenneté personnelle et collective. Nombreux l’ont compris et n’attendent donc pas les consignes. Ils sont en campagne sans même se demander à cette étape si celui ou celle qui agit avec lui est pour le tirage au sort ou l’élection, le régime parlementaire ou présidentiel. Ils prennent des initiatives non conventionnelles. Ils s’efforcent de faire connaitre l’idée. Certes, il y a beaucoup de reprises des outils informatiques mis à disposition sur la page de M6R.FR. Mais il y a aussi des foules d’autres idées comme les graffitis (peinture soluble) des amis de la Réunion, les pains marqués, les selfies et ainsi de suite. Je compte aussi beaucoup que cela se répande autour de nous. C’est de cette façon, en rendant visibles nos signaux dans l’espace urbain collectif et sur les réseaux que nous agrègerons.

Le suivi des nouvelles antérieures se trouve après la balise Lire la suite

Le cercle des poètes retrouvés_n°24

NINO

Il y croyait aux tournecieux
Au vent et à l’envers des cieux
C’était un jour de tournesol,
Un chien ramenait dans sa gueule
Pour le déposer sur son seuil
La moisson de sang des journaux
Il y croyait au tourneciel
À la Louisiane et aux abeilles
Un jour de grippe transalpine
Il a bu une carabine
Et s’est endormi dans ses vignes
Le vin garde son dernier mot.
On n’a pas retrouvé Mirza
Mais les yeux de Mona Lisa
Arrosent ses champs de colza
Gaston se murge au casino
Il y croyait au tourneciel
Au sud, aux chevaux et au miel
Un après-midi de faïence
A éclaté dans le silence
Le même bruit quand s’élance
Une larme contre un piano
Nino

Allain LEPREST

Il était thon petit navire…

Petit Navire est le leader du thon en boîte sur le marché français. Malgré l’ambition affichée d’être exemplaire en matière de pêche durable, la marque s’approvisionne en thons pêchés avec une technique de pêche ravageuse pour les océans : les dispositifs de concentration de poissons.

La pétition en ligne est ici : http://www.greenpeace.org/france/fr/campagnes/oceans/arrethon/#petition

Le clip d’explication est ci après