Le retour de Nabot-Léon IV ?

On pensait tellement nous en être débarrassé que nous avions dit…

D’ailleurs, confortant notre idée, il nous semblait bien avoir entendu ceci :


Sarkozy 2012 : si moi battu, politique finie….. par Mediapart

Si bien que Sémaphores se pose un peu la même question que Rue 89 :

« Nicolas Sarkozy nous pose un problème. Un problème politique, bien sûr, mais aussi un problème professionnel. Il revient sur la scène politique, et avec lui revient la tentation d’en parler. Parce que les autres en parlent, parce qu’un ancien Président battu qui retourne au combat, c’est inédit, parce que Nicolas Sarkozy a une manière d’être et de formuler les choses qui fait réagir, parce que la politique a besoin d’événements – même minimes – et que lui a l’art d’en créer – même minimes. Mais cette tentation, nous ne voulons pas y céder.

Nous savons, pour l’avoir déjà vécu pendant une bonne partie des années 2000, qu’une des forces de Nicolas Sarkozy résidait précisément dans l’entretien d’un bruit permanent qui capte l’attention et la détourne du reste. »

Peut-être faut-il envisage de prendre avec humour ce retour du voyou de la République ?

Mais non. Pas envie de revenir en arrière. Et ne croyant pas une seconde que le malfrat ait pu changer (ainsi que ses amis s’escriment à tenter de démontrer), la seule manière de parler encore de lui est de rappeler la batterie de cuisine qu’il trimballe.

Quant à ceux qui prendraient le train en marche, ils peuvent lire la compil des affaires sarkoziennes dressée par Sébastien Rochat (Arrêt sur image). Manière de constater qu’elles sont plus nombreuses que ce qu’en montre notre tableau puisque le site en liste au moins 11. C’est juste après la balise

par Sébastien Rochat (Arrêt sur image)

Sarkozy et la Justice

1. L’affaire Karachi : bientôt entendu sous le statut de « témoin assisté » ?

Dans le volet financier de l’affaire Karachi, la justice soupçonne la mise en place d’un système de rétro commissions sur des contrats de ventes d’armes à l’Arabie Saoudite et au Pakistan qui aurait permis un financement occulte de la campagne d’Édouard Balladur en 1995. Où en est-on judiciairement ? Ziad Takieddine, l’intermédiaire mis en cause, a été mis en examen. En revanche, le sort des ministres soupçonnés dans cette affaire, Édouard Balladur ou François Léotard dépend de la Cour de justice de la République. Tout comme Nicolas Sarkozy, qui était à l’époque ministre du budget et porte-parole du gouvernement Balladur. Les juges d’instruction en charge de l’affaire ont suggéré, dans leur ordonnance de renvoi, que Sarkozy soit entendu avec le statut de « témoin assisté » pour « avoir donné son feu vert à la conclusion de contrats controversés ». Sarkozy pourrait même « être mis en examen » même si Le Monde soulignait en juin dernier que s’il existe à l’encontre de l’ex-président de la République des « indices » qu’il aurait commis un délit, ils ne sont ni « graves » ni « concordants » aux yeux des deux juges.

2. L’affaire Tapie-Lagarde : pas de mise en examen

Dans le cadre de l’arbitrage douteux qui a permis à Bernard Tapie d’obtenir la somme record de 403 millions d’euros, de nombreuses personnalités ont été mises en examen (Bernard Tapie, Christine Lagarde, son directeur de cabinet de l’époque, Stéphane Richard ou encore deux des trois arbitres mis en cause, comme Pierre Estoup). Mais pas Nicolas Sarkozy, même si « les juges, qui ont notamment fait placer en garde à vue Claude Guéant, ancien secrétaire général de l’Élysée (2007-2011), s’intéressent au rôle joué par la présidence de la République dans cette affaire », précise Le Monde. De simples soupçons donc, mais pas de mise en examen, Sarkozy bénéficiant pour ses faits de l’immunité présidentielle.

3. L’affaire du financement libyen supposé : soupçons pas (encore ?) étayés

Le régime libyen de Kadhafi a-t-il financé la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, à hauteur de 50 millions d’euros ? Accusé par plusieurs responsables libyens, sur la base de documents dont l’authenticité est contestée par Sarkozy, l’ancien locataire de l’Élysée n’a pas été mis en examen dans cette affaire. Et pour cause : « l’information judiciaire n’a pas, pour l’instant, permis d’étayer les soupçons », assure Le Monde. Mais « en théorie, une autre mise en examen du candidat Sarkozy est possible », affirme de son côté Mediapart puisque l’instruction n’est pas encore terminée.

4. L’affaire Pérol : pas de convocation par la justice

Moins médiatisée que les autres, l’affaire Pérol figure tout de même dans le palmarès Mediapart/Le Monde des casseroles qui empoisonnent Sarkozy. Lequel est soupçonné d’avoir imposé son ancien secrétaire général adjoint, François Pérol, à la tête du groupe bancaire BPCE (fusion des banques populaires et caisses d’épargne) alors même que ce dernier était intervenu dans ce dossier de fusion. En février 2014, Pérol a ainsi été mis en examen pour « prise illégale d’intérêts » car, comme le rappelle Le Monde, « selon l’article 432-13 du code pénal, en effet, un agent public ne peut pas rejoindre une entreprise privée lorsque ses fonctions l’ont conduit soit à assurer la surveillance ou le contrôle de cette société, soit à proposer des décisions relatives à des opérations réalisées par cette entreprise ». Pour l’heure, Sarkozy n’a pas été convoqué par la justice dans cette affaire.

5. L’affaire des sondages de l’Élysée : l’une des affaires les plus « embarrassantes »

Dans la catégorie « ancienne affaire », c’est sans doute celle qui est la plus embarrassante. Il s’agit de l’affaire dite des « sondages de l’Élysée ». A la suite d’une plainte de l’association anti-corruption AntiCor, une information judiciaire a été ouverte pour « favoritisme » à propos de sondages commandés par l’Élysée à la société Publifact, dirigée par Patrick Buisson, lui-même ancien conseiller de Sarkozy à l’Élysée. Cette affaire, dont les premiers épisodes datent de 2009, a connu une soudaine accélération en 2013 avec la perquisition du domicile de Patrick Buisson et d’autres sondeurs (puisque l’affaire a été étendue à la totalité des 264 sondages commandés par l’Élysée entre 2007 et 2009 pour un montant estimé à 9,4 millions d’euros). Et en 2014, nouveau coup d’accélérateur de la justice avec la découverte des fameux « enregistrements Buisson » que les juges en charge de l’affaire des sondages cherchaient. Ont-ils trouvé les informations qu’ils espéraient ? Nul ne le sait.

6. Non-lieu dans l’affaire Bettencourt, à moins que…

Au moins, Nicolas Sarkozy est tranquille avec l’affaire Bettencourt. D’abord mis en examen dans cette affaire, il a finalement bénéficié d’un non-lieu en octobre. Pour autant, Le Monde affirme aujourd’hui que « l’ancien chef de l’État reste sous la menace – toute théorique – de révélations susceptibles de surgir lors des deux procès à venir à Bordeaux », qui doivent s’ouvrir en janvier 2015. Pour Mediapart, qui ne lâche rien dans cette affaire après avoir relevé « les attendus très sévères » dans l’ordonnance de non-lieu, ces procès seront « l’occasion de décortiquer les rouages de cet État-UMP, les intérêts imbriqués et les liens incestueux des milieux d’affaires et des grandes fortunes avec la Sarkozie ». A défaut de coincer Sarkozy, on peut toujours dénoncer « la Sarkozye »…

Les « nouvelles affaires » (2013-2014)

Si les feuilletons Karachi, Kadhafi et Cie vous lassent, Sarkozy a pensé à vous. Entre 2013 et 2014, cinq nouvelles affaires, dans lequel son nom apparaît de nouveau, ont éclaté.

7. L’affaire des écoutes : mise en examen pour « trafic d’influence actif », « recel de violation du secret professionnel » et « corruption active »

Malgré toutes les affaires citées précédemment, Nicolas Sarkozy n’avait été mis en examen « que » dans l’affaire Bettencourt (avant de bénéficier d’un non-lieu donc). Depuis juillet dernier, il a décroché une nouvelle mise en examen avec un intitulé particulièrement salé puisqu’il est poursuivi pour « trafic d’influence actif », « recel de violation du secret professionnel » et surtout « corruption active ». Un trophée décroché grâce à l’affaire « Paul Bismuth ». Placé sur écoute sur des deux téléphones portables (l’officiel et celui ouvert au nom de Bismuth) dans le cadre de l’affaire du financement supposé de sa campagne 2007 par Kadhafi, la justice n’a rien trouvé sur la Libye mais a déniché une autre affaire : Sarkozy est soupçonné d’être intervenu en faveur du magistrat Gilbert Azibert pour lui obtenir un poste à Monaco. En échange de quoi, ce dernier aurait accepté de jouer les « taupes » pour le compte de Sarkozy afin de connaître à l’avance plusieurs décisions judiciaires le concernant. D’après les derniers éléments publiés par Le Monde, Sarkozy d’intervenir en faveur du magistrat, avant de reculer au dernier moment.

Face au qualificatif sévère de soupçon de « corruption active », Sarkozy a contre-attaqué en demandant l’annulation des écoutes qui le visent devant la chambre de l’instruction, espérant ainsi obtenir dans la foulée l’annulation de sa mise en examen. « La guérilla procédurale sera longue », prévient Mediapart.

8-9-10. Bygmalion et la campagne 2012, un lot de trois affaires

Grâce à Bygmalion, Nicolas Sarkozy a décroché le jackpot en termes de nouvelles affaires judiciaires. « M. Sarkozy est susceptible d’être éclaboussé par le scandale Bygmalion », analyse Le Monde. Et plutôt trois fois qu’une. Au mois de juillet, une information judiciaire a été ouverte pour « faux et usage de faux », « abus de confiance » et « tentative d’escroquerie ». Environ 17 millions d’euros de factures auraient été cachés dans ces comptes de campagne 2012.

Cette affaire judiciaire (à laquelle Sarkozy se dit étranger puisqu’il n’aurait jamais eu connaissance de ces dérives) en a entraîné deux autres. A la suite d’un courrier de Raymond Lavrillier de l’association AntiCor, une enquête préliminaire a été ouverte en février 2014 sur le financement d’un meeting de Nicolas Sarkozy, à Toulon en 2011. Un meeting financé par l’Élysée, alors qu’il aurait plutôt dû apparaître dans les comptes de campagne du candidat. Des faits qui pourraient être qualifiés de « détournements de fonds » et entraîner des peines d’inéligibilité.

Autre affaire toujours liée à la campagne de 2012 : le paiement par l’UMP des pénalités infligées par le Conseil constitutionnel en raison du rejet de ses comptes de campagne. L’UMP a réglé la note de 363 615 euros alors que ces pénalités étaient nominatives. Une enquête préliminaire pour « abus de confiance », « complicité » et « recel de ce délit » au préjudice de l’UMP a été ouverte au mois de juillet.

11. L’affaire « Air Cocaïne » : un soupçon de conflits d’intérêts, mais pas de prise illégale d’intérêts, ni de recel

Au moins, Sarkozy pourra se détendre avec l’affaire Air Cocaïne, la dernière petite casserole judiciaire qui le concerne. Le 9 septembre, Le Monde révélait que la justice enquêtait sur le financement de plusieurs déplacements de Nicolas Sarkozy en jet privé, dont le coût a été pris en charge par Lov Group, la société de l’homme d’affaires Stéphane Courbit (lui-même impliqué dans l’affaire Bettencourt). Cette découverte a eu lieu en marge de l’affaire Air Cocaïne (un trafic de drogue par avion, entre la République dominicaine et la France). Les voyages pris en charge par Courbit « pourraient constituer des abus de biens sociaux et recel », affirmait Le Monde le 4 septembre. Mais Sarkozy peut se détendre : quelques jours plus tard, Libération assurait, sur la base de nouveaux documents, que ces déplacements avaient un lien avec la création d’un fonds d’investissement conduit par Courbit. Dit autrement par Mediapart : « Sarkozy démarchait les milliardaires aux frais de son ami Courbit ». Rien d’illégal en soi, pas de prise illégale d’intérêts, ni de recel. « Mais ces documents laissent intacte la question du conflit d’intérêts », note toutefois Mediapart. C’est toujours moins pire que le reste.

 

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