No TAV

Ndlr : Aux dernières nouvelles, le procès de Erri de Luca serait reporté au 16 mars 2015, ce qui ne change rien aux deux articles suivants.

Erri De Luca, romancier, poète italien sera jugé mercredi 28 janvier en Italie suite à la plainte déposée par la société française Lyon-Turin Ferroviaire située à Chambéry. Il a SEULEMENT parlé, écrit contre un projet pharaonique suspecté (depuis de nombreuses années par de plus en plus de citoyens français et italiens) d’être inutile, polluant : la liaison Lyon-Turin, « TAV ». Et même s’il se trompait… Comment UNE ENTREPRISE PRIVÉE peut elle DICTER AUX AUTEURS CE QU’ILS PEUVENT ÉCRIRE OU NON ? Ce PROCÈS est une dérive de nos démocraties et nous concerne tous

 

Lu dans Bastamag

Jugé pour avoir prononcé une phrase de trop. L’écrivain italien Erri De Luca comparait ce mercredi 28 janvier au tribunal de Turin pour « incitation au sabotage » du projet de construction de ligne à grande vitesse entre Lyon-Turin (nos précédents articles). Cette action en justice est intentée par la société franco-italienne Lyon Turin Ferroviaire qui lui reproche ses propos accordés au site Huffington Post, le 1er septembre [1]. A la question : « Donc sabotage et vandalisme sont licites ? », Erri de Lucca répond : « Ils sont nécessaires pour faire comprendre que la Tav [ligne à grande vitesse] est une œuvre nocive et inutile ». Quelques mots qui font aujourd’hui encourir à cet écrivain engagé jusqu’à cinq ans de prison.

Suite à cette plainte, Erri de Luca a publié un pamphlet intitulé La parole contraire [2]. « M’incriminer pour des mots que j’ai pu dire, c’est le « sabotage » même de mon droit constitutionnel à la liberté de parole », explique t-il dans un entretien accordé à Télérama. « Saboter, dans le sens de vouloir empêcher, entraver, ne se réduit pas au seul sens de dégradation matérielle ». S’il dit accepter volontiers une condamnation pénale, il refuse « une réduction de vocabulaire ».

Pour les eurodéputés écologistes Michèle Rivasi, Karima Delli et José Bové, « ce lanceur d’alerte est poursuivi pour délit d’opinion, pour museler sa liberté de s’indigner. Aujourd’hui, le condamner en justice reviendrait à saboter notre droit d’expression à toutes et à tous. Nous aussi, en tant que parlementaires européens, nous utilisons nos moyens, politiques, législatifs, pour « saboter » dans le cadre institutionnel, un projet qui va contre l’intérêt économique, social et environnemental des européens. » Le Parti de Gauche affiche également son soutien à l’écrivain en rappelant que « la liberté d’expression n’est pas à géométrie variable, qu’elle soit tissée de mots ou de banderoles ». En Italie, des groupes s’organisent pour faire des lectures publiques du livre La parole contraire. « C’est inouï et unique, observe Erri de Luca, car jamais on n’a vu un écrivain passant en justice, défendu directement par ses lecteurs. »

Une pétition de soutien est en ligne
Lire aussi sur Bastamag : En Italie, des opposants au Lyon-Turin deviennent l’ennemi public n°1

ouverture du procès de Erri de Luca

 

Autres infos au courrier

 pour aller plus loin dans la compréhension des forces en jeu:

. Par ailleurs, le site no-tav info communique le résultat du procès intenté à 53 no-Tav pour leur présence à des affrontements lors de l’évacuation de la libre république de la Maddalena le 27 juin 2011 et lors d’une manifestation en réaction le 3 juillet. Le bilan est lourd.  :

> La vengeance de l’État aux dépens du mouvement No-Tav s’est accomplie aujourd’hui dans la salle-bunker de la prison des Valette (à Turin, ndt).
> Le tribunal de Turin, par la voix du juge Bosio, a condamné 47 des 53 No-Tav à plus de 140 ans de prison, en tout, et à des dommages et intérêts qui dépassent la centaine de milliers d’euros, pour les événements des 27 juin et du 3 juillet 2011. En tout, six personnes ont été relaxées.
> Cette condamnation confirme pour beaucoup les peines demandées par l’accusation et pour certains va même au-delà
> Confirmées dont les accusations pour les délits de coups et blessures, destructions et violence avec menace contre des officiers publics et les circonstances aggravantes sont reconnues par l’utilisation d’armes, lancement de corps contondants, lancer de pierres, pétards et feux de signalisation. Les peines sont plus élevées pour les événements du 3 juillet que pour ceux du 27 juin.
> Lourdes condamnations qui confirment le théorème accusatoire d’un parquet qui a dicté les règles et les modes du procès au tribunal, lequel, absolument passif et asservi aux pouvoirs en jeu, a permis toute une série de pressions et d’intimidations aux dépens des témoins, sans battre un cil. Le juge Bosio avait envie de partir à la retraite et de conclure sa carrière en soutenant les personnages connus habituels (puissants amis des puissants et amis à lui) et c’est ce qu’il a fait.


> Un cadeau qui est clairement fait à Caselli, l’ex-procureur en chef de Turin désormais à la retraite, et idéologue de cette persécution contre le mouvement No-Tav. Toute sa cour, et celle qui lui sert depuis toujours, sera prête à dire qu’ils avaient raison et que justice a été faite (après toutes les baffes qu’ils ont pris cette année [– allusion au refus de l’inculpation pour terrorisme dans d’autres procès – ndt]). Ils voulaient une lourde condamnation pour pouvoir encore une fois brandir le fétiche de l’Ennemi Public No-Tav mais on le sait, la crédibilité aux yeux du plus grand nombre, ils l’ont perdue depuis longtemps et nous n’avons jamais cessé de suivre notre route, en démontrant que nous avions des raisons à revendre et eux tout à fait tort.
> (…) 
> Cette condamnation aujourd’hui est donné à tout le mouvement No-Tav, parce que après des décennies, nous ne baissons toujours pas la tête et continuons à lutter, forts de la raison et de la volonté (jamais négociable) de défendre nos terres et nos vies.
> C’est la vengeance de l’État contre notre résistance et l’entêtement que nous continuons à montrer, en remettant en question un système injuste et corrompu.
> Nous repartons de là, sans aucun remord !
> Solidarité à tous les condamnés !
> (traduit par mes soins, SQ)
> Signalons que celui qui a remplacé le lamentable Caselli à la tête du parquet de Turin, c’est l’immonde Spataro, le principal procureur acharné contre Cesare Battisti, toujours prêt à vendre la vérité officielle sur les « années de plomb » à ces ignorants de Français. Dans le Nouvel Observateur, il repart à l’attaque contre Erri. Son texte vaut d’être lu pour ce tour de force : à peu près un mensonge par phrase.
> Il faut dire que, faire dire aux mots ce que les puissants veulent qu’ils disent, les juges italiens connaissent :
> « Les procureurs exigent que le verbe « saboter » ait un seul sens. Au nom de la langue italienne et de la raison, je refuse la limitation du sens »
> Erri de Luca, La parole contraire, Gallimard

 

L’apôtre qui fait peur

Une enquête du 27/01/2015 par Robin Andraca (Arrêt sur Image) sur un film que vous ne verrez peut-être pas

Après Charlie, « L’apôtre » fait peur à la police

Crainte de réactions musulmanes : deux projections annulées

C’est l’histoire d’un film, sorti en salles en octobre, dans lequel un musulman se convertit au catholicisme. Après une sortie en France dans une certaine indifférence en octobre 2014, deux cinémas, à Neuilly puis à Nantes, l’ont déprogrammé en janvier, sur recommandation de la police. Comme si après Charlie, tous les films n’étaient plus visibles de la même manière.

Et en janvier, deux projections furent annulées. Le 9 janvier, Cheyenne Carron, réalisatrice du film « L’Apôtre » reçoit un premier mail, signé par l’association « Bible à Neuilly », qui organisait la séance ciné-débat du 12 janvier : « Chers amis. Vu les circonstances actuelles, le commissariat de Police de Neuilly nous a demandé de reporter la séance du ciné-débat organisée lundi prochain« . Le 15 janvier, second mail, signé cette fois par la Fédération des Associations Familiales Catholiques de Loire-Atlantique : « Bonsoir madame. La DGSI nous a vivement conseillé d’annuler notre soirée débat du 23/01 autour de la projection du film L’Apôtre devant les risques d’attentats, cette projection pouvant être perçue comme une provocation par la communauté musulmane. Devant ce cas de force majeure, nous sommes contraints d’annuler cette soirée. Nous ne savons pas pour l’instant à quelle date il nous sera possible de reprogrammer cette soirée« .


LApotre par asi

Jusque là, pourtant, tout allait pourtant bien pour « L’Apôtre. Aussi bien que possible. Ayant essuyé des refus des filières traditionnelles de financement et de distribution du cinéma, la réalisatrice avait trouvé un mode de financement original, comme elle le raconte au site Boulevard Voltaire (créé par Robert Ménard) : « Après cinq longs métrages, le CNC refuse toujours de m’aider. Mais, ce film, je voulais absolument le faire. Alors un jour, voyant le magazine Challenges qui recensait les 100 plus grandes fortunes de France, j’ai pris les 10 premiers de la liste, je leur ai adressé une courte lettre, ainsi que le DVD de mon précédent film. Je leur ai expliqué que je cherchais un petit budget pour faire un film important. Trois mois plus tard, l’un d’eux m’a envoyé cet argent, et j’ai fait mon film« .

Le film ? L’histoire d’un jeune musulman d’aujourd’hui qui, touché par la grâce, décide de se convertir au catholicisme. Lire la suite

Informer n’est pas un délit

C’est une mobilisation sans précédent dans le monde du journalisme d’enquête. Des centaines de journalistes de la presse écrite, web et audiovisuelle française font cause commune contre un amendement de la loi Macron qui, en voulant instaurer un « secret des affaires », met gravement en péril la liberté d’informer. Chacun peut signer ici l’appel (lien en fin d’article).

 

Il y a un loup dans la loi Macron. Le projet de loi actuellement discuté à l’Assemblée nationale contient un amendement, glissé en catimini dans le texte, qui menace d’entraver le travail d’enquête des journalistes et, par conséquent, l’information éclairée du citoyen. Sous couvert de lutte contre l’espionnage industriel, le législateur instaure comme nouvelle arme de dissuasion massive contre le journalisme un « secret des affaires » dont la définition autorise ni plus ni moins une censure inédite en France. Lire la suite

Droits d’auteur et domaine public

Le premier festival du domaine public s’est ouvert le 16 janvier. Son but : réaffirmer que le destin de toute œuvre est de rejoindre ce bien commun, montrer ce que l’on peut en faire à l’heure du numérique, et inviter tout un chacun à en prendre soin et à le protéger de certaines tentatives de réappropriation abusive. Rencontre avec Véronique Boukali et Alexis Kauffmann, initiateurs du festival.

Quelle était l’urgence pour vous de créer ce festival du domaine public ?

 Alexis Kauffmann : Nous sommes enseignants, et nous étions fatigués de nous entendre trop souvent dire qu’utiliser tel texte ou telle image était interdit à cause du droit d’auteur… Ce premier festival est l’occasion de rappeler à tous qu’avec les œuvres du domaine public, c’est certes long d’attendre 70 ans après la mort de leur auteur, mais une fois la bascule atteinte, on peut  faire plein de choses avec ces œuvres : copier, diffuser, remixer… sans demander d’autorisation ni payer de droits (c’est ce que l’on appelle l’extinction des droits patrimoniaux). De ce point de vue là,  grâce notamment à la numérisation, l’entrée d’un auteur dans le domaine  public devient un événement majeur. Kandinsky, par exemple, vient d’entrer dans le domaine public. Est-ce que le musée du Centre Pompidou, qui possède un extraordinaire fonds Kandinsky, va numériser ses œuvres pour les mettre librement à disposition en haute définition ? Telle est l’une des questions que nous nous poserons au cours de ce festival.

Le festival est en janvier parce que c’est le premier janvier qu’entrent dans le domaine public les œuvres des auteurs morts en 1944. On a  de la chance car cette année, on a Kandinsky, Munch, Mondrian en peinture, Romain Rolland ou Giraudoux en littérature, un typographe Edward Johnston, ou encore Paul Otlet, un « inventeur fou » belge qui voulait indexer toute la connaissance sur des petites fiches, projet que l’on surnomme aujourd’hui le « Google de papier »…

Au Canada c’est 50 ans après la mort de l’auteur, au Mexique 100 ans, la durée du droit d’auteur varie d’un pays à l’autre, ce qui pose de vrais problèmes dès que l’œuvre est sur Internet. L’Union Européenne essaie d’harmoniser mais l’harmonisation ne se fait pas toujours à l’avantage du domaine public. Récemment les droits  voisins (droits des interprètes, des producteurs…) sont ainsi passés de 50 à 70 ans. Aux États-Unis, sous la pression d’acteurs tels que Disney, on a ainsi rallongé et fortement complexifié le copyright, résultat : plus rien n’entre dans le domaine public américain avant 2019 ! Un comble, quand on songe que Walt Disney a puisé dans les contes du domaine public pour ses plus grandes œuvres…

Il y a aussi d’inutiles complexités juridiques françaises dont nous souhaitons la suppression. Par exemple  lorsqu’un auteur est « Mort pour la France », cela rajoute 30 années  supplémentaires de droit d’auteur. Tel était le cas de Guillaume Apollinaire, mort en 1918 et entré dans le domaine public seulement en 2013. Tel est aussi le cas d’Antoine de Saint-Exupéry disparu en mer en 1944, il aurait dû entrer dans le domaine public ce premier janvier mais nous devrons attendre encore longtemps, sauf si on est belge ou suisse, puisque là-bas, on ne reconnaît pas cette exception nationale.

AK. Le Journal d’Anne Frank. Avant de le publier,  son père, qui lui a survécu, a coupé plusieurs passages du livre, assez  crus car c’est un journal intime, elle y parle notamment de la  naissance de sa puberté. Les ayants-droit du journal d’Anne Frank estiment que ces coupures font du père un co-auteur du livre et font  donc tout pour retarder l’entrée du livre dans le domaine public en 2016. Autre exemple, le conseil général de la Dordogne qui revendique un droit de reproduction sur les peintures de la grotte de Lascaux, pourtant, ça fait un peu plus de 70 ans que les auteurs sont morts…

VB. Un de nos exemple favoris, c’est un autoportrait (ce qu’aujourd’hui on appelle un selfie) d’un singe. Un photographe était très fier de montrer qu’avec son appareil, un singe avait lui-même appuyé sur le bouton et s’était pris en photo. Un  contributeur de Wikipédia s’est dit que l’auteur de la photo n’était pas le photographe, mais le singe, et l’a donc mis sur Wikipédia. S’en est suivi un procès, et les juges lui ont donné raison : l’auteur est bien le singe et comme les animaux n’ont pas accès au droit d’auteur dans la loi, la photo est entrée directement dans le domaine public !

Article intégral : http://www.humanite.fr/pour-que-les-institutions-nignorent-plus-quun-auteur-est-entre-dans-le-domaine-public-563211?IdTis=XTC-FT08-A5F5NK-DD-DMCLQ-DQEF

 

La dette ? Quelle dette ?

mise à jour 29 janvier 2015 : 2 liens en fin d’article

Après la victoire de Syriza en Grèce, la question de la dette est revenue au premier plan des préoccupations de la Troïka. La Grèce va-t-elle payer ? Renégocier ?

Les puristes disent « une dette est un accord entre deux parties, il faut le respecter » : donc il faut la payer. C’est ce qu’a répété en Grèce Pierre Moscovici, le commissaire européen du PS, ces jours derniers : « Une dette n’est pas faite pour être effacée, elle existe, elle doit être remboursée ».

Sur son blog, Jean-Luc Mélenchon revient sur quelques effacements de dettes qui n’ont pourtant pas fait couler tant d’encre, n’en déplaise à Moscovici ou à Merkel.

Pour rappel, Sémaphores a régulièrement posté des articles relatifs à la dette et ses mécanismes, vous pouvez les retrouver par les liens suivants, et bien d’autres en cliquant sur le mot « dette » dans le nuage de tags.

http://semaphores.info/2012/09/le-casse-du-siecle/

http://semaphores.info/2012/01/comprendre-la-dette_suite-4/

« Il va de soi que la vie en société repose sur le respect des conventions signées. Car annuler unilatéralement un accord c’est s’exposer à ce que les parties adverses en fassent autant sur d’autres accords et il n’est pas certains que le bilan final soit positif pour celui qui prend l’initiative de la chaîne des ruptures. Mais un premier débat porterait évidemment sur la légitimité de l’accord conclu. Un bon accord suppose l’égalité des parties et donc la liberté d’agir de chacune d’entre elles. Exemple : une signature donnée sous la contrainte n’entre pas dans cette catégorie. Ensuite, on distinguera ce qui est dû au titre du capital et ce qui est dû au titre des intérêts. Le capital peut être considéré comme une propriété, même si dans le cas du prêt bancaire sa valeur n’existe pas puisque la banque n’a pas dans ses coffres l’argent qu’elle prête. Au moment de la discussion sur la dette, on pourrait vérifier si la valeur du capital emprunté a été ou non remboursée. La surprise, ce sera de constater que dans la plupart des cas, le capital initial est largement remboursé. Ainsi quand on entend dire « il faut rembourser la dette » la phrase est souvent un mensonge. Il faudrait dire « il faut payer les intérêts ». On comprend pourquoi cela n’est pas dit de cette façon… Car tout le monde serait tenté de s’interroger sur le taux d’intérêt payé et sur sa justification. Ce fait banal touche aussi au cœur de la doctrine financière. Car les taux d’intérêt usuraires sont imposés au nom du « risque de défaut », non ? Bien sûr, ces taux augmentent le risque de défaut, c’est bien pourquoi ce système est absurde. Mais ce n’est pas le plus important ! Le plus important, c’est que si l’on fait payer un risque c’est donc qu’il est prévu aussi qu’il puisse se réaliser. Ceux qui ont saigné la Grèce au nom du risque ne peuvent protester quand il se concrétise ! »

« Une fois posé ceci en général, voyons les cas concrets. Car en sens inverse, il arrive que les prêteurs soient conscients du fait que leurs exigences sont insoutenables et que, s’ils les maintiennent, tout le système qui les contient eux-mêmes pourrait s’effondrer. C’est ce qui s’est produit au lendemain de la seconde guerre mondiale à propos de l’Allemagne vaincue. Sa dette à l’égard des autres pays fut effacée en quasi-totalité. Lire la suite

Le rapport Obin

Laïcité à l’école : enterrement et résurrection du rapport Obin

On nous cache tout ? En 2004, un rapport d’un inspecteur général de l’Éducation nationale pointait de nombreuses atteintes à la laïcité dans les établissements scolaires. Un rapport explosif occulté par le ministère l’Éducation qui ne l’a mis en ligne sur son site qu’un an après, sans autre communication. Mais cette volonté de mettre le voile sur ce rapport a eu l’effet inverse : depuis 10 ans, le fameux rapport refait surface à intervalles réguliers.

Par Sébastien Rochat le 24/01/2015 avec Adèle Bellot (Arrêt sur Image)

Et soudain, son téléphone s’est mis à sonner tous les jours. Jean-Pierre Obin, inspecteur général honoraire de l’Éducation nationale, enchaîne les interviews depuis les attentats contre Charlie Hebdo et le magasin casher de Vincennes. 20 minutes, L’Express, Le Figaro (entre autres) l’ont appelé pour parler d’un rapport sur la laïcité qui date… de 2004. Pourquoi un tel regain d’intérêt pour un rapport vieux de dix ans ? Parce que Jean-Pierre Obin aurait tout vu avant tout le monde et constaté, dès 2004, de graves atteintes à la laïcité dans les établissements scolaires.


« L’enquête de terrain menée en 2004 par l’Inspection générale de l’Éducation nationale révélait un phénomène inquiétant, explique aujourd’hui Jean-Pierre Obin à L’Express. Dans les écoles mais aussi dans les collèges et les lycées visités, nous avions relevé de nombreuses atteintes aux principes de laïcité. Et la plupart du temps, ces mises en cause provenaient d’enfants d’immigrés d’origine musulmane. (…) Cela prenait plusieurs formes : manifestations vestimentaires (voile ou tenue islamique complète), exigences concernant les repas pris à la cantine, absentéisme massif et de plus en plus long lors des fêtes religieuses. Dans certains cas, des élèves allaient jusqu’à introduire des tapis de prières ou revendiquaient le droit d’installer des lieux de cultes dans les établissements. Les périodes de carême, notamment, étaient l’occasion d’un prosélytisme notable de la part de groupes qui souhaitaient imposer une vision particulièrement radicale de l’Islam. Le refus de la mixité lors de certaines activités sportives avait aussi retenu notre attention ».

« occulté, enterré, étouffé » en 2004 Lire la suite

Urbanisme et violence

« Urbanisme et violence contemporaine », une conférence de Jean-Pierre Garnier

On ne présente plus Jean-Pierre Garnier et son parler vrai, que les sémaphoriens avaient déjà pu découvrir dans nos pages en mai 2013 à propos de « La deuxième droite ». Le sociologue aborde ici le rapport étroit qui lie l’urbanisme à un certain type de violence, dite « des banlieues », une violence plus que jamais au cœur de l’actualité et qui nécessite quelques rappels en arrière pour comprendre pourquoi nous en sommes arrivés à ces cités aux quartiers déshumanisés, il vaudrait mieux dire déshumanisants.

Une vidéo à l’attention de tous les responsables impliqués dans les choix d’architecture et d’urbanisme.

 

retour sur le massacre d’Odessa

Communiqué de Presse 

A Odessa, des faits d’une gravité comparable aux deux massacres qui viennent d’avoir lieu à Paris se sont déroulés en mai 2014. Des proches des victimes vont venir témoigner en France.

Du 24 au 31 janvier, une délégation venue d’Odessa en Ukraine parcourra la France. Elle comprendra notamment Elena, qui est la mère de Andreï Brajevsky,  militant connu de l’organisation de gauche Borotba, âgé de 27 ans brulé vif le 2 mai 2014 dans l’incendie criminel de la maison des syndicats d’Odessa, massacre qui a couté la vie à une quarantaine d’opposants au nouveau régime ukrainien, et témoignera des difficultés d’obtenir justice dans l’Ukraine postérieure à la révolution de la place Maydan.

Elle comprendra aussi le secrétaire d’Odessa du parti communiste d’Ukraine, parti qui subit une procédure d’interdiction, et dont les militants sont persécutés, traqués, torturés et parfois assassinés. Le parti communiste d’Ukraine est une organisation démocratique qui milite pour le maintien de l’unité du pays et qui avait proposé fin 2013 une pétition pour le règlement de la question de l’accord avec l’UE par référendum, et obtenu plus de 4 millions de signatures. Si cette voie avait été choisie, le pays aurait fait l’économie d’un coup d’État et d’une guerre civile.

Une conférence de presse sera organisée le lundi 26 janvier après-midi, à l’AGECA (177 rue de Charonne, Paris 11ème), à partir de 14 heures (salle disponible jusqu’à 18 heures). Contact 06 77 97 64 68, laisser un message. En soirée aura lieu une rencontre avec le public à la librairie Tropiques, 63 rue Raymond Losserand, Paris XIVème à 19 heures 30.

Plus d’informations :  https://histoireetsociete.wordpress.com/2015/01/03/un-debut-de-planning-de-la-tournee-des-ukrainiens-communistes-et-antifascistes/

Les grands médias ayant plutôt préféré le black-out sur ces événements, Sémaphores avait répercuté l’info en mai 2014, avec une mention qui reste encore valable :  personnes sensibles s’abstenir : http://semaphores.info/2014/05/ukraine_black-out-sur-le-massacre-dodessa/

Le rapport Oxfam

En amont de la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos, Oxfam a calculé que l’an prochain, le patrimoine cumulé des 1 % les plus riches du monde dépassera celui des autres 99 % de la population, à moins de freiner la tendance actuelle à l’augmentation des inégalités.

Extraits

L’étude « Insatiable richesse : toujours plus pour ceux qui ont déjà tout », publiée aujourd’hui par Oxfam, montre que la part du patrimoine mondial détenu par les 1 % les plus riches est passée de 44 % en 2009 à 48 % en 2014, et dépassera les 50 % en 2016. En 2014, les membres de cette élite internationale possédaient en moyenne 2,7 millions de dollars par adulte.

La majeure partie (46 %) des 52 % restant du patrimoine mondial se trouve entre les mains du reste du cinquième le plus riche de la population mondiale. Les autres 80 % de la population mondiale ne se partagent que 5,5 % et possédaient en moyenne 3 851 dollars par adulte, soit 700 fois moins que le patrimoine moyen des 1 %.

« Voulons-nous vraiment vivre dans un monde où 1 % possèdent plus que le reste d’entre nous, s’interroge Winnie Byanyima. L’ampleur des inégalités mondiales est tout simplement vertigineuse et, malgré les questions brûlantes qui font l’actualité, le fossé entre les grandes fortunes et le reste de la population se creuse rapidement. » 

 

Oxfam appelle les États à adopter un plan en sept points pour lutter contre les inégalités :

–    Mettre un frein à l’évasion fiscale des entreprises et des grandes fortunes.
–    Investir en faveur de la gratuité et l’universalité de services publics comme la santé et l’éducation.
–    Répartir équitablement la charge fiscale, l’allégeant du côté du travail et de la consommation tout en taxant davantage le capital et les richesses.
–    Instaurer un salaire minimum et œuvrer à un salaire décent pour l’ensemble des travailleuses et travailleurs.
–    Instaurer une législation en faveur de l’égalité salariale et promouvoir des politiques économiques assurant le traitement équitable des femmes.
–    Mettre en place une protection sociale suffisante pour les plus pauvres, notamment la garantie d’un revenu minimum.
–    Adopter l’objectif commun de lutter contre les inégalités à l’échelle internationale.

20 % des milliardaires ont des intérêts dans le secteur de la finance et de l’assurance, et le patrimoine nominal de ce groupe a augmenté de 11 % en douze mois, de mars 2013 à mars 2014. En 2013, ces secteurs avaient dépensé 550 millions de dollars pour faire pression sur les responsables politiques à Washington et à Bruxelles. Rien que pendant les élections américaines de 2012, le secteur financier a financé les campagnes à hauteur de 571 millions de dollars.

L’ensemble du patrimoine net des milliardaires ayant des intérêts dans le secteur pharmaceutique et de la santé a augmenté de 47 %. Eux aussi avaient dépensé 500 millions de dollars pour faire pression sur les responsables politiques à Washington et à Bruxelles, en 2013.

Article intégral ici : http://www.oxfam.org/fr/salle-de-presse/communiques/2015-01-19/les-1-les-plus-riches-possederont-plus-que-le-reste-de-la

Téléchargez le rapport « Insatiable richesse : toujours plus pour ceux qui ont déjà tout »

 

Barrage de Sivens_le suivi

« La réalisation du projet initial » de barrage à Sivens, dans le Tarn, n’est « plus d’actualité », a annoncé vendredi 16 janvier Ségolène Royal après la remise d’un rapport concluant que celui-ci « n’apparaît pas comme la solution la plus adaptée ».

Dans leur rapport (voir ci-dessous), les deux experts Nicolas Forray et Pierre-Alain Roche estiment, notamment, que le projet controversé est « d’un volume presque deux fois supérieur à cet objectif ». De plus, « son remplissage est problématique à l’échelle du petit bassin versant contrôlé ». Ils proposent, explique le ministère de l’écologie, de remplacer le projet initial par deux solutions :

 « – un réservoir dans l’emprise initiale, plus modeste, 300 m à l’amont, avec un bras de contournement permettant d’assurer la continuité du cours d’eau,
– une alternative comprenant un ensemble de trois retenues latérales ou collinaires, une à Sivens, une sur le ruisseau de Bayssière et une dans la vallée, sur des sites identifiés entre Salvagnac et Beauvais/Tescou. »

Ségolène Royal affirme, dans son communiqué, avoir « examiné ces propositions avec le président du Conseil général du Tarn, Thierry Carcenac » et les avoir « validées ».

– Le rapport intégral peut être consulté à partir du lien suivant :

https://www.scribd.com/doc/252826567/Rapport-Sivens

 

La Laïcité contre le choc des civilisations

Une conférence de Jean-Luc Mélenchon à Lyon le 20 juin 2008

Ceci est une conférence, pas un meeting. Voici plus de sept ans qu’elle a été donnée, et l’on verra à quel point ce qu’elle précise est plus que jamais d’actualité pour comprendre le défi qui reste à relever en ce qui concerne la laïcité, l’occasion d’apprendre ou réviser son ancrage historique, et dénouer les pièges que nous tendent ceux qui parlent d’une laïcité à plusieurs visages, qui serait une règle de la République pour les uns mais pas pour les autres.

En 2008, le Front de Gauche n’était encore qu’en gestation, Hollande pas encore président, et Nicolas Sarkozy, président de la République, parlait en tant que chanoine de Latran ! Sept ans plus tard où en sommes-nous ? Sans doute guère plus avancés quand on songe que le Pape peut intervenir au Parlement européen sans susciter plus d’indignation que ça, voire quand d’autres nous bassinent encore avec de prétendues « racines chrétiennes de l’Europe » et d’une « France, fille aînée de l’Église » !


Conférence de Jean-Luc Mélenchon sur la laïcité… par lepartidegauche

Super Trash

La folie humaine incarnée par une décharge en Côte d’Azur ! Quand un jeune réalisateur passe 2 ans à tourner dans une immense décharge de la Côte d’Azur, il en sort un film sur la folie humaine : SUPER TRASH.

Un Doc de Martin Esposito, sorti au cinéma le 9 octobre 2013. Autant dire qu’il n’a pas fait beaucoup de bruit, et que les circuits de distribution ont dû s’appliquer à ce qu’il n’en fasse pas trop, quelques scènes de ce film n’étant pas à l’honneur des organisateurs de festival tel que celui de Cannes, où le strass, les paillettes et les belles robes se marient mieux avec les tapis rouges qu’avec la merde que tout ça va devenir quand même.  La merde ici en question n’est pas un excès journalistique, nous parlons bien de la vraie, celle qui pue, autant que doivent puer certains cerveaux à l’origine de ces scandales, et ceux qui les couvrent. Car ne nous y trompons pas, cette décharge du film Super Trash ne saurait être la seule dans nos sociétés de consommation tous azimuts.

C’est bien là que le film, par delà quelques accusations flagrantes, doit nous interpeller tous. Ces décharges n’existent qu’en retour des pleins caddies que nous rapportons des super et hypermarchés, des mégamarchés de demain si nous voulons que cela soit pire. Chacun d’entre nous a pu expérimenter qu’au retour des courses nous remplissons déjà un sac poubelle avec des emballages avant d’avoir goûté un premier aliment. Y remédier complètement serait un rêve (mais nous le faisons et appelons sa réalisation de nos vœux) mais se dire qu’on n’y peut rien revient à rejoindre les coupables.

Il ne suffit pas de trier nos poubelles comme le prescrit une certaine citoyenneté. La conscience nous oblige à concevoir les choses bien en amont. Dans l’urgence de la situation présente (le sixième continent des plastiques flottants) c’est bien vers une interdiction de fabriquer ou d’importer qu’il faudrait aller. Là comme ailleurs, le choix sera politique ou ne sera pas, et s’il peut l’être il ne pourra venir que de citoyens responsables car il est vain de compter sur des politiques sans couilles sous la pression de lobbies.

Coluche disait : « Et dire qu’il suffirait que les gens n’achète plus tel produit pour qu’il ne se vende pas ! » Puissions-nous être nombreux à réaliser qu’il ne s’agissait pas d’une simple boutade.

La bande annonce

info : pour PROJECTION DEBAT ! CONTACTER :
http://www.destinydistribution.com/di…
les dates de projections :
https://www.facebook.com/SuperTrashLe…

Parmi les scènes coupées, (sans doute pour ne pas trop s’attirer les foudres de telle ou telle marque) cette séquence sur l’horreur du plastique qui devrait tous nous interpeller.

Pour info complémentaire, il a été parlé du film Super Trash à l’Assemblée Nationale à propos de la décharge en question (il y a également eu une émission de Complément d’Enquête). De possibles dangers corolaires (notamment sanitaires) ont été abordés mais nous n’avons pas d’infos supplémentaires pour l’instant. Il va de soi que le problème de la décharge incriminé n’a pas été résolu, même si plus personne n’en parle. Tout a été recouvert de terre, politique de l’autruche. Une nouvelle colline est née, mais ce n’est pas demain qu’il y poussera un arbre.

 

D’un Charlie l’autre

Vous n’êtes pas des machines.

Vous n’êtes pas des esclaves.

Vous êtes des hommes, des hommes avec tout l’amour du monde dans le cœur.

Vous n’avez pas de haine, sinon pour ce qui est inhumain, ce qui n’est pas fait d’amour.

Soldats ne vous battez pas pour l’esclavage mais pour la liberté.

Actu oblige, nous avons un peu délaissés nos petits coups de cœur habituels. Mais le retour à cette rubrique n’est pas sans lien avec les réflexions qui naissent autour des terribles épreuves que nous traversons. Parce que nous avons plus que jamais besoin d’humanité, il nous a semblé bon de réécouter le discours que Charlie Chaplin mettait dans la bouche du fameux Hinkel à la fin du film Le Dictateur.

Chaplin a l’idée de ce film dès 1937. La deuxième guerre mondiale n’a pas encore commencé mais Hitler est chancelier depuis 1933 et tout est en place pour l’horreur qui va commencer. Mais les producteurs sont frileux et Chaplin, heureusement assez fortuné, va devoir financer seul son film. Il sortira aux États-Unis et en Angleterre dès 1940 en étant un succès immédiat, mais sera bien entendu interdit de projection en France et dans les pays occupés par l’Allemagne.

Suite à l’extrait du célèbre discours, nous avons sélectionné un documentaire de 26 minutes qui replace le film dans son contexte et témoigne surtout qu’en plus d’être visionnaire, Charlie Chaplin était un homme debout, vent debout pour la liberté d’expression.

 

Le documentaire (26mn)

 

Pour ceux qui souhaitent lire le discours du “dictateur”, c’est juste après la balise Lire la suite

À qui appartient votre journal


À qui appartient votre journal ? par Mediapart

Mediapart repart en campagne pour consolider son indépendance, en invitant un public encore plus large à nous rejoindre. Dans l’époque incertaine que nous vivons, la démocratie a besoin d’une presse qui aide à réfléchir en informant, plutôt que de médias qui attisent les peurs en inquiétant.

Sémaphores partage autant que faire se peut des articles de Mediapart à l’attention de celles et ceux qui n’y sont pas abonnés mais, dans le contexte actuel de l’état de la presse en général, et de la presse de qualité en particulier, nous ne pouvons qu’inciter une fois de plus à rejoindre les rangs des Médiapartiens

En savoir plus ici : http://blogs.mediapart.fr/blog/la-redaction-de-mediapart/110115/mediapart-seuls-nos-lecteurs-peuvent-nous-acheter

 

Loi Macron : une loi de classe

Patrick Le Hyaric  Vendredi, 16 Janvier, 2015  Humanité Dimanche

Quelle profession de foi ! « Les jeunes Français doivent avoir envie de devenir milliardaires. » Elle est du ministre de l’Économie Macron, loin d’ici, à Las Vegas, lors d’un grand salon de l’électronique. Quelle profession de foi de la part de l’ancien banquier qui ne sait pas ce que signifie vivre dans la précarité absolue, travailler la nuit pour payer ses études, dormir dans la rue ou dans sa voiture pour certains, tout en ayant un emploi, ne pas pouvoir finir le mois pour un jeune couple.

Non ! Ayez « envie de devenir milliardaires », lui, le même qui veut rétablir pour les pauvres la troisième classe en car, faire travailler tout le monde le dimanche, allonger la semaine de travail et… abaisser le « coût du travail » ! C’est notre nouveau Guizot avec son « enrichissez-vous ». Lui, le super-millionnaire, explique donc aux jeunes, d’un ton culpabilisateur, que s’ils ne deviennent pas « milliardaires », ils ne sont pas dans le coup.

D’ailleurs, le président de la République a expliqué sans rire, lors de ses vœux, que ce projet de loi censé donner « un coup de jeune à la France » était aussi « une loi pour le siècle à venir ». Il faut se pincer pour ne pas s’écrouler de rire devant de telles grossièretés. C’est au contraire une loi de retour au XIXe siècle. C’est la contre-révolution libérale et anti-écologique.

Le ministre de l’Économie est chargé de tenter de faire changer des législations qui relèvent d’autres ministres, comme ceux du Travail, de la Justice, du Commerce ou de l’Artisanat, des Transports, du Logement. Il tente de modifier des pans importants de notre droit du travail : travail du dimanche élargi à la possibilité de douze dimanches travaillés par an, travail de nuit modifié, facilitation des licenciements, allongement du temps de travail, juridictions prud’homales mises en cause, inspection du travail affaiblie, médecine du travail dénaturée. Lire la suite

Spécial blasphème

En complément de l’excellente chronique de Sophia Aram (que vous pouvez retrouver ici)

Sur son blog, Jean-Louis Legalery nous rappelle la définition suivante :

Depuis la semaine dernière un terme s’est répandu de façon regrettable et est en voie d’être honteusement banalisé, blasphème, banalisation qu’il convient d’enrayer sans tarder. Ce nom commun, qui, en fait, ne l’est guère, apparaît, selon le dictionnaire étymologique Bloch& Wartburg, au XIIème siècle dans le latin écclésiastique, blasphemia, avec le sens de parole impie, parole qui outrage la divinité, la religion, voilà bien là un premier détournement sémantique de taille, puisque le sens initial issu du grec blasphêmein apparaît dans le dictionnaire latin-français Gaffiot avec le sens général et non connoté de parole outrageante, calomnie.

Blasphème est donc issu d’une période où le dogme régnait en maître, où la vérité était imposée aux plus faibles par les plus forts, aux plus pauvres par les plus riches, aux non-instruits par les détenteurs du savoir, et quiconque la contestait ou la refusait cette vérité imposée était considéré comme une menace à l’ordre établi, « le blasphème étant un péché, un crime contre Dieu » (le Grand Robert). Le mot blasphème est le fruit du dogme, c’est-à-dire « un point de doctrine établi comme une vérité incontestable dans une religion ». L’utilisation de ce mot est incompatible avec le concept de laïcité. Dans une République laïque, chacun peut, dans le cadre de sa sphère privée, croire en un dieu ou n’y pas croire, pratiquer ou non une religion, mais personne n’a le droit, selon ses choix religieux ou philosophiques, de décider ce que son voisin doit faire ou ne pas faire. C’est le chemin du fascisme et de la barbarie. Et les apprentis-sorciers de certains media qui banalisent ce terme d’un autre âge devraient réfléchir, réfléchir un bien grand mot bien sûr, car, quelle sera la prochaine étape ? L’apparition du mot péché dans le vocabulaire journalistique ?…

 

Lu sur Arrêt sur image

Le hasard est parfois étonnant. La veille de l’attentat contre Charlie Hebdo, des représentants des cultes catholique, protestant, juif et musulman ont demandé la suppression du délit de blasphème, hérité du droit allemand, et toujours en vigueur dans trois départements de l’Est de la France. Toujours en vigueur mais jamais appliqué : en 2013, une association avait tenté de faire condamner Charlie Hebdo pour blasphème, sans succès. Retour sur une spécificité méconnue.

Article 166 du code pénal… local

Mais d’où vient ce délit de blasphème ? Comme le rappelait Le Monde lors de la plainte contre Charlie, ce délit a été supprimé dans le droit français en 1789, notamment avec l’article 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, qui précise que « la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi ». Rétabli sous la Restauration, ce délit de blasphème a définitivement été supprimé par la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.

Alors pourquoi en reparle-t-on encore en 2015 ? Tout simplement parce que le délit de blasphème a été maintenu… dans le droit local d’Alsace-Moselle, dénomination juridique qui regroupe les trois départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, qui étaient sous domination allemande entre 1870 et 1919. Oui, en 2015, il existe encore un droit local spécifique (voir la notice Wikipedia) qui recouvre différents domaines : droit du travail, sécurité sociale et liberté de culte (le Concordat fait partie du droit local).

Ce droit local est composé d’un ensemble de textes disparates, hérités notamment du droit allemand, qui n’ont pas été publiés au Journal officiel (certains textes n’ont même pas été traduits). Le délit de blasphème figure dans l’article 166 du code pénal local, lequel mentionne que « celui qui aura causé un scandale en blasphémant publiquement contre Dieu par des propos outrageants, ou aura publiquement outragé un des cultes chrétiens ou une communauté religieuse établie sur le territoire de la Confédération […] sera puni d’un emprisonnement de trois ans au plus ».

Droit cultuel local : l’Observatoire s’est auto-saisi du sujet en novembre 2014

La proposition des représentants des cultes a été faite dans le cadre des consultations lancées par l’Observatoire de la laïcité. Créé en 2007 mais véritablement actif depuis 2013, cet organisme, présidé par Jean-Louis Bianco et dépendant du Premier ministre, a pour objectif de conseiller le gouvernement sur toutes les questions qui touchent la laïcité.

En novembre 2014, l’Observatoire s’est auto-saisi de la question du droit cultuel local. « La loi de 1905 ne s’applique pas partout, il y a sept régimes cultuels différents en Alsace, en Moselle et dans l’Outre-mer », nous explique le rapporteur général de l’Observatoire, Nicolas Cadène. L’organisme a donc lancé toute une série de consultations pour la préparation d’un rapport proposant des simplifications de ces régimes, qui doit être rendu au Premier ministre au mois d’avril. C’est dans le cadre de ces auditions que les représentants des cultes d’Alsace-Moselle ont suggéré d’abroger le délit de blasphème. « Ce qui nous importe, c’est la liberté d’expression », a déclaré Abdellaq Nabaoui, le vice-président du Conseil régional du culte musulman (CRCM) d’Alsace. Même avis de l’archevêque de Strasbourg, Jean-Pierre Grallet, qui a qualifié ce délit d’« obsolète ».

 

Les lecteurs informent…

*=*=*=*=*=*=*mise à jour mercredi 28 janvier

Vous avez la parole, aidez le PS à choisir ses candidats à Nîmes

A moins de 8 semaines d’élections très importantes pour notre département, Gard-Gamelles.com facilitateur pour la démocratie locale se penche sur le cas épineux du socialisme à Nîmes.

Alors que nous apprenons par voie de presse qu’aucun socialiste ne souhaite être candidat dans la cité des Antonins et que c’est l’intermittent premier secrétaire gardois venu de Seine et Marne Émeric Bréhier  qui va embrayer à Solférino dans le bureau de Rastapopoulos Cambadélis pour tirer à la courte paille qui devra combattre dans l’arène Nîmoise, nous avons décidé de donner la parole au peuple. Et d’organiser une primaire en ligne pour  vous permettre de choisir les candidats socialistes à Nîmes.

A vous la parole, à vous de voter !

Rendez-vous ici : http://gard-gamelles.com/vous-avez-la-parole-aidez-le-ps-a-choisir-ses-candidats-a-nimes/

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 www.coriandre.info

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Dès le 21 janvier à 19 heures nous lançons un LÀ-BAS HEBDO de deux heures. Chaque jeudi à 19 heures la nouvelle équipe présentera reportages, entretiens, chroniques en direct, sur la-bas.org
Invités de l’émission du 21 janvier (19-21h en direct) :

Frédéric LORDON, Éric TOUSSAINT (du CADTM, le Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde), Renaud LAMBERT et Serge HALIMI (du Monde Diplomatique), Didier PORTE, Agnès ROUSSEAUX (de Basta !), Gérard FILOCHE, Raphaël LIOGIER (de l’Observatoire du religieux) et quelques autres…

Quelques-uns des thèmes abordés :

  • CHARLIE ou PAS CHARLIE ? Émotion et récupération. Emballement et dégrisement.
  • SYRIZA et PODEMOS  : en Grèce le succès de SYRIZA peut entraîner des bouleversements dans toute l’Europe, lesquels ? En Espagne, PODEMOS suscite l’espoir. Une nouvelle façon de faire de la politique ?
  • La France islamisée ? Les récents attentats marquent une victoire pour les théoriciens de la guerre des civilisations. L’islamisation n’est-elle qu’un mythe et une obsession collective ?
  • Ce que Gérard Filoche pense de la loi MACRON.
  • La chronique de Didier Porte.
  • Reportages : Anaëlle Verzaux, Gaylord Van Wymeersch.

Rendez-vous mercredi 21 janvier à 19 heures, en direct sur la-bas.org !

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L’équipe de Diogène Consultants vous informe qu’elle est comme tout le monde : elle en a pris plein la gueule depuis une semaine… Mais elle va se relever et, aujourd’hui plus qu’hier, continuer la java des méninges ! La gamberge en liberté ! Celle qui ébouriffe les neurones et décalamine les boyaux de la tête !

Alors voilà le plan : on a très envie de diffuser la philo partout et toujours plus loin. Or, un bon copain a consacré un documentaire diffusé sur France 3 à Alain Guyard, en train de philosopher à cru et sans faux col dans plein de situations inattendues… Ce bon copain documentaliste a aussi une version d’une heure trente, idéale pour les salles de ciné. Mais pour la produire, il faut des pépettes et du brouzouf…

Et justement, on peut souscrire par internet. Chacun peut donner trois sous. Si y en a pas assez, tout le monde est remboursé. Si on y arrive, tous les souscripteurs gagnent des cadeaux, le film est produit, diffusé dans les salles et on se venge ainsi de tous ces gros cons qui sont terrorisés par la pensée en liberté !!!

Comment s’y prendre ? Fastoche ! Allez sur la page d’accueil de Diogène Consultants. A gauche, vous verrez la bande-annonce du futur film. Dessous, c’est l’icône qui explique tout comment faire pour aider financièrement le projet !

Allez hop ! c’est parti ! Et merde aux cons et vive la philo

L’équipe de Diogène Consultants

« Philosopher, c’est sortir de son trou. » Platon

Pour en savoir plus, visitez le site de Diogène consultants : http://www.diogeneconsultants.com/

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OBJECTIF  2015

Le parc photovoltaïque du Moulin à vent :

de l’énergie verte dans le Gard 

Ce parc, sur la commune d’Aubais, est un projet pilote en France !

  • un projet imaginé par des citoyens,
  • une étude menée par des citoyens,
  • un investissement 100 % citoyen
  • pour 1 € investi par citoyen = 1 € investi par La Région

Le but :

  • produire de l’énergie renouvelable, revendue à Enercoop à 100 %
  • bâtir un projet coopératif garantissant une gouvernance démocratique et  une transparence complète de la gestion
  • prévoir le long terme
  • aider au développement de projets similaires sur notre région
  • investir dans un projet dont une partie des bénéfices sera destinée à aider des actions d’intérêt collectif :
  • circuits courts alimentaires
  •  éducation des enfants au développement durable
  •  aide aux associations locales (mutualisation de moyens matériels et d’infrastructures)
    •  information et conseil sur les thématiques des économies d’énergie et de la production d’énergies renouvelables

Chacun(e) peut rejoindre ce projet, pour investir sur 10, 15, 20 ou 30 ans à partir de 100 € par personne.

Votre argent sera rémunéré au même titre que tout livret bancaire mais avec un taux supérieur, entre 2 et 4,5 %.

Devenez acteur de cette coopérative de production d’énergie !

Présentation et ouverture de la souscription

Samedi 31 janvier 2015 à 18h30 au foyer communal d’Aubais

Venez poser vos questions et partager l’apéritif offert.

Faites circuler l’information, ce projet pilote sera un exemple du genre

 

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cliquer sur l’image pour agrandir

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Démarrage de l’année Edmond Charlot

Edmond Charlot, né en 1915 à Alger, occupe dans l’histoire de l’édition française dont il a sauvé l’honneur en des temps troublés, une place singulière : libraire et éditeur exceptionnel. Il vient vivre à Pézenas en 1980 et nous quitte en 2004.

Inscrit aux Commémorations nationales par le Ministère de la Culture, 2015 l’année du Centenaire d’Edmond Charlot démarre au Théâtre de Pézenas le 30 janvier à 20h30.

Un comité d’organisation, porté par l’association Mémoires Vivantes et constitué de nombreux partenaires, dont LR livre et lecture, propose un programme de rencontres à l’occasion de cet anniversaire. En voici les principaux événements :

Janvier
Vendredi 30 – 20h30 : Lancement à Pézenas de l’Année du Centenaire Charlot.
Conférence de Naget Khadda et présentation des ouvrages “Hommages à Edmond Charlot” et « Charlot, l’Homme-Roi », Théâtre de Pézenas.

Février
Samedi 7 – 12h30-13h30 : « Carte blanche / Hommage à Edmond Charlot » dans le cadre du 21e Maghreb des Livres, Hôtel de ville, Paris.
Avec la participation de Guy Basset (auteur), Naget Khadda (auteur), Jean-Charles Domens (éditeur).
Modérateur : Michel Puche, président de Méditerranée Vivante.

Retrouvez tout le programme de l’année Centenaire Edmond Charlot sur le site http://edmondcharlot100.monsite-orange.fr/

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