La Maud Fontenoy Foundation

 

 

Le gaz de schiste ? Un atout écologique.
Le nucléaire ? L’énergie la moins chère et la moins polluante.
Les OGM ? Ça apporte des solutions au niveau médical.
Voilà – entre autres – ce que la ministre de l’éducation nationale veut mettre dans la tête de nos écoliers grâce au projet enthousiasmant de la « Maud Fontenoy Foundation ». Mais si, Maud Fontenoy, la navigatrice, militante UMP, auteure de « Ras le bol les écolos : pour qu’écologie rime avec économie », une virtuose de la com’.

Tout pour plaire à Didier Porte.

 

Monsanto et l’Ukraine

Les députés allemands dénoncent Monsanto en Ukraine: « Le conflit est utilisé pour la vente de terrains » 

par Claire Bréguet La Nouvelle Gazette | 6 février 2015

Le conflit ukrainien est utilisé pour la vente de terres agricoles au profit de grandes entreprises étrangères comme Monsanto. Des entreprises étrangères financées par la Banque mondiale, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et le groupe bancaire allemand KfW Bankengruppe participent à la vente de terres agricoles, a déclaré à RIA Novosti le chef du bureau des membres du Bundestag madame Birgit Bock-Luna. Les informations collectées par les membres du Parlement allemand suggèrent que «les précédentes autorités de l’Ukraine ont résisté à une plus grande libéralisation des lois sur l’utilisation des terres mais finalement ces changements ont été faits après le changement de régime par la Banque mondiale et la BERD « . Movassat et d’autres députés allemands de gauche ont demandé à Berlin une explication de la politique allemande en Ukraine. Cette demande correspondant au soupçon que la terre en Ukraine soit utilisé pour semer des végétaux génétiquement modifiés, interdits dans l’Union européenne. Des entreprises agricoles étrangères contrôlent déjà plus de la moitié des terres ukrainiennes: 17 millions des 32 millions d’hectares.

Les députés allemands croient que l’accord sur l’association de l’Ukraine avec l’Union européenne aura un grand impact sur le secteur agricole du pays: l’article 404 du document laisse la «voie libre» pour la libéralisation de la pratique actuelle de la certification des produits et technologies dans l’agriculture et la production de semences génétiquement modifiées. En conséquence, l’Ukraine est sur la liste des marchés émergents les plus prometteurs pour des fabricants comme Monsanto et Dupont. « Il est à craindre que Monsanto exerce une pression sur les autorités ukrainiennes afin de réaliser leurs exigences pour le développement de la biotechnologie et des organismes génétiquement modifiés (OGM). L’ année dernière, Monsanto a dépensé 140 millions de dollars pour augmenter la capacité de production future en Ukraine », dit le document préparé par les députés allemands. La demande mentionne la ligne de crédit de 17,000 millions de dollars octroyé à l’Ukraine en 2014 par les institutions financières internationales menées par le FMI. L’argent a été utilisé par Kiev pour la répartition des cultures. Par exemple, la société allemande Alfred C. Toepfer a reçu une subvention de 60 millions de dollars, grâce à laquelle elle a pu doubler la superficie de ses terres arables en Ukraine, de 50 000 hectares à 100 000 hectares.

Source : http://farmlandgrab.org/post/view/24497-les-deputes-allemands-denoncent-monsanto-en-ukraine-le-conflit-est-utilise-pour-la-vente-de-terrains

Le vrai réalisme

Une vidéo pour le plaisir et pour rappel, parce que ça fait toujours du bien d’entendre ceux qui ne pratiquent pas la langue de bois. C’était à la Maison des Métallos, pour un des premiers 7-9 Neuf de Daniel Mermet sur Internet après son licenciement de la radio.

Ici on goûtera une petite analyse sur les gouvernances Gauche/Droite, Droite/Gauche et sur ce Pouvoir qui nous dégoûte. On notera aussi l’interrogation pertinente sur ce qu’avait été le rassemblement en mémoire de Rémi Fraisse.

Frédéric Lordon est un économiste et philosophe français né le 15 janvier 1962. Il est directeur de recherche au CNRS et chercheur au Centre de sociologie européenne (CSE).

 

Plus personne pour contrer Cukierman ?

Ces communautaristes qui sapent le vivre ensemble.

Sur Europe1, le lundi 23 février 2015, Roger Cukierman, Président du CRIF, déclarait « toutes les violences aujourd’hui sont commises par des jeunes musulmans ». Cette déclaration scandaleuse et stigmatisante faisait de la violence une spécificité musulmane ; elle incitait donc  à la haine.

Dans la même émission, il considérait que Marine Le Pen est « irréprochable personnellement »,

Ce label de respectabilité s’appliquait à celle qui le 27 janvier 2012, faisait le pas de deux dans le bal annuel des corporations pangermanistes, grand raout annuel de la peste brune européenne,  ceci le jour même de la « Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l’Holocauste ».

Déjà en 2002, lors des élections présidentielles, Roger Cuckierman formulait une effarante déclaration raciste dans le journal Haaretz  affirmant que le vote Le Pen constituait « un message aux musulmans leur indiquant de se tenir tranquilles »

Dès lors une question doit être posée : comment les premiers représentants de l’État ont-ils pu représenter la République dans un dîner annuel du CRIF dont le président venait de faire une telle déclaration attisant la haine raciale.

Leur présence dans ce dîner devenait alors la caution officielle des débordements communautaristes du président du CRIF et de son mouvement. Cela ne peut qu’entretenir d’autres comportements communautaristes, antisémites ceux-là.

En cette période dramatique, après la tragédie de Charlie et de l’épicerie Casher, après le saccage d’un cimetière juif, après les nombreux actes anti-musulmans, il y aurait tant besoin d’un message rassembleur !

Ni le Président du CRIF, ni les officiels présents n’ont aidé à ce message.

S’il y a eu un esprit du 11 janvier, le Président du CRIF et ses invités sont apparus comme ses fossoyeurs quelques semaines plus tard.

Il nous appartient de réaffirmer l’urgence de la lutte contre toute les formes de racisme, sans hiérarchisation, sans concurrence communautariste mortifère pour le vivre ensemble.

MRAP       Paris, le 24 février 2015

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Par ailleurs, force est de constater que la presse de garde, dans son plus grand ensemble, n’a pas cru bon d’insister sur le caractère scandaleux des propos de Roger Cukierman. Tout doit-il désormais passer comme une lettre à la poste ?

En tout cas c’était sans compter sur ceux qui veillent au grain, comme par exemple Daniel Schneidermann dont voici l’un des derniers billets.

Contrer Cukierman

 Dans la série « les grands vieillards se lâchent », après Tesson, après Dumas, voici Roger Cukierman. Roger Cukierman, 79 ans, est le président du CRIF, le conseil représentatif des institutions juives de France. Qui représente-t-il exactement ? Qui l’a élu ? Qui le renouvelle à son poste ? Personne ne le sait exactement, mais il est là, il a micro ouvert, et une fois l’an, c’est lui qui invite à un dîner de gala les huiles de la République (largement aux frais du contribuable, d’ailleurs. Le carton d’invitation, mentionnant le prix de 900 euros par couvert, ouvrant droit à une déduction fiscale de 800 euros, fait les délices d’une partie de l’islamosphère).

Cukierman, lundi matin, est donc invité d’Elkabbach. Et entre autres énormités, il dit deux choses. Premièrement que sur le plan de l’antisémitisme, Marine Le Pen est « personnellement irréprochable », même si quelques légers antécédents dans son parti empêchent malencontreusement son invitation au dîner annuel. Deuxièmement, que les violences antisémites sont toutes « commises par des jeunes musulmans », même si c’est « une toute petite minorité des musulmans français ». N’empêche qu’il faut absolument que « les musulmans eux-mêmes se mobilisent pour les contrer ».

Toutes les violences commises par de jeunes musulmans ? On attend les réactions. On est sûrs qu’elles ne vont pas manquer. Après tout, Zemmour a été poursuivi pour une déclaration à peu près similaire, sur « les Noirs et les arabes ». Les intellectuels, les politiques, le MRAP, la LICRA, tous ceux qui ont réagi la semaine dernière après le dérapage antisémite coproduit par Bourdin et Dumas sur RMC, tous ceux qui ont expliqué sans même en examiner le bienfondé, que ce genre de phrase est tout bonnement inacceptable, tous ceux-là vont forcément réagir une fois de plus. Pas possible qu’il en soit autrement.

Mais non. Personne. Un tweet réprobateur immédiat de… Laurence Parisot, un dessin bienvenu de Johann Sfar posté sur Instagram, et c’est à peu près tout. Le soir, au dîner du CRIF, Hollande prononce le discours prévu. Tout juste prend-il soin de rappeler que le saccage du cimetière de Sarre-Union était le fait de « Français de souche, comme on dit », première occurence remarquable du terme dans une bouche officielle, qui peut, à la limite, en tendant bien l’oreille, s’interpréter comme une réponse polie à Cukierman. Pour le reste, tout le monde est là, sauf le recteur de la Mosquée de Paris Dalil Boubakeur, qui s’est décommandé. Mais, à en croire Cukierman, c’est un accès de mauvaise humeur passagère, ça va s’arranger. Si on était très mauvais esprit, on serait tenté de conclure que « tous les dérapages islamophobes sont commis par des gérontes juifs ». Ce n’est certes « qu’une toute petite minorité de la communauté juive française ». N’empêche qu’il serait bienvenu « que les Juifs eux-même se mobilisent pour les contrer ».

Non Monsieur Macron !

Monsieur Macron, votre société idéale n’est pas la nôtre !

Quel est le projet de société dessiné par la Loi Macron ? Une société où les enfants doivent rêver d’être milliardaire quand les travailleurs sont exploités et l’environnement dégradé.

Avec sa loi, le ministre de l’économie veut ramener la France au XIXe siècle. Si nous aimons lire Zola et Dickens, nous voulons aujourd’hui vivre pleinement dans une France du XXIe siècle, où chacun trouve sa place, où personne n’est oublié.

Vous avez peut-être vu passer des sondages qui prétendent que les Français soutiennent le projet de loi Macron. Que leur a-t-on dit de ce projet ? Il y a bien sûr quelques mesures d’intérêt général. Mais quelle est la forêt qui se cache derrière ces petits arbustes ? Quel est le projet de société dessiné par la Loi Macron ? Une société où les enfants doivent rêver d’être milliardaire quand les travailleurs sont exploités, l’environnement dégradé et dans laquelle le labeur de chacun ne bénéficie qu’aux grands trusts.

Bien sûr, ce projet n’est pas affiché. Il faut creuser sérieusement, et additionner toutes les mesurettes de ce catalogue, pour voir toute la noirceur de l’avenir que nous façonne M. Macron.

Les articles 27 à 29 rabotent les normes environnementales. Les conséquences sont connues : à chaque désastre écologique, l’État, donc chacun de nous, paiera de sa poche les dégâts. Le gouvernement en profite aussi, via un amendement, pour décider du projet de trente milliards d’euros d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure !

L’article 49 prévoit de récidiver, en matière de vente au privé, avec les aéroports de Nice et de Lyon et ainsi de brader un peu plus les infrastructures publiques que nous avons tous financées. S’il y a des acheteurs, c’est que c’est rentable. Si c’est rentable, pourquoi vendre ?

Les articles 71 à 82 créent le travail en soirée pour moins payer les salariés, et permettent aux commerces d’ouvrir le dimanche. Le dimanche, les Français n’auront pas plus d’argent à dépenser que les autres jours. Les seuls effets prévisibles sont la mort des petits commerces et un rythme de vie intenable pour les salariés qui travailleront. Qui gardera les enfants de ceux contraints d’accepter de travailler le dimanche ? Comment vivront les associations et les clubs sportifs quand leurs membres seront dans les magasins pour travailler ? La loi prévoit que seuls les volontaires seront concernés. Les salariés, et notamment les femmes, ne sont pas en position de dire non à leur employeur, quand la menace du licenciement est aussi forte qu’aujourd’hui.

Le Président François Hollande est à nouveau en flagrant délit de mensonge. Il déclarait durant sa campagne : «Le combat de 2012, c’est de préserver le principe du repos dominical, c’est-à-dire de permettre aux travailleurs de consacrer un jour de leur semaine à leur famille, au sport, à la culture, à la liberté. Et j’y veillerai !»

Les articles 98 à 106 visent à faciliter les licenciements collectifs en affaiblissant la protection des salariés. Ils s’attaquent à l’Inspection du travail et aux prud’hommes et vident de leur sens les «Plans de sauvegarde de l’emploi».

Depuis la suppression de l’autorisation administrative des licenciements en 1986, aucun emploi n’a été créé par la facilitation des licenciements. Les progrès technologiques permettent de produire avec moins de travail humain. Nous devrions nous en réjouir et permettre à chacun de travailler moins, au lieu de pousser chaque jour des chômeurs à chercher des postes qui n’existent pas.

Toutes les prétendues solutions du ministre de l’économie ont déjà fait la preuve de leur échec. Nous nous opposons au projet de loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques. Nous espérons que les Français ouvriront les yeux devant ses vrais enjeux.

La seule croissance que M. Macron nous promet, c’est celle du nombre de chômeurs.

La seule activité que M. Macron nous promet, c’est de nous épuiser la nuit et le week-end.

La seule égalité des chances économiques que M. Macron nous promet, c’est celle d’être soumis au monde de la finance.

Non vraiment Monsieur Macron, la société que vous préparez n’est pas la nôtre.

17 Février 2015  Isabelle ATTARD Députée Nouvelle Donne

Signataires : Clémentine Autain (porte-parole d’Ensemble ! pour une alternative écologique et solidaire à gauche), Marie-George Buffet (députée, Parti communiste français), Jacqueline Fraysse (députée, groupe Gauche démocrate et républicaine), Caroline de Haas (Egaé, d’égal à égale), Anne Le Strat (co-porte-parole du mouvement Utopia), Corinne Morel-Darleux (coordinatrice des assises de l’écosocialisme, Parti de gauche), Michèle Rivasi (députée européenne, EELV)

 

 

Corruption et fraudes

Antoine Peillon : « Ne pas savoir, c’est ne pas vouloir savoir »

L’action citoyenne minimale, c’est de s’informer

Antoine Peillon est un journaliste engagé. À travers ses livres, ses enquêtes, ses articles, il traque sans cesse la corruption, la fraude, la triche. Ces maux rongent, mais de manière très peu visible, les fondements de notre démocratie. Son travail montre que la France est touchée en profondeur, et que notre Hexagone n’a rien à envier à la Botte italienne. Mais la corruption n’est pas que l’affaire des autres, elle nous concerne tous, et se développe grâce à notre manque de réaction…

Transparency International vient de publier le classement mondial 2014 de la corruption. On voit que la France est tombée à la 26e place des pays les plus vertueux, derrière des pays comme le Chili, l’Uruguay, les Émirats arabes unis… Est-ce que ça vous surprend ? Ces chiffres sont-ils crédibles ?

Transparency mesure le sentiment qu’ont les personnes du niveau de corruption dans leur propre pays. Ce n’est donc pas une mesure objective, mais le résultat est très intéressant car ces opinions collent bien avec la réalité. Ce classement est donc crédible. La mauvaise position de la France ne m’étonne pas et n’a rien de surprenant pour ceux qui travaillent sur les affaires. Notre situation, même si tout le monde ferme les yeux, est proche de celle de l’Italie.

Qu’est-ce qui différencie la corruption, dont on parle si peu, de la délinquance ordinaire dont on parle tant ?

La corruption est cachée, secrète. La délinquance ordinaire, elle, est visible. Le pacte de corruption est un arrangement, un contrat souvent oral, qui n’a pas de matérialité, entre des personnes. Qu’elle soit cachée la rend plus dangereuse pour la confiance, car elle contourne totalement la loi. Ensuite, il y a une sociologie de la corruption. Elle ne concerne que les élites ou ceux que les sociologues appellent « l’oligarchie ». La délinquance ordinaire couvre l’ensemble du champ social. Un PDG de banque, comme un ouvrier, peut assassiner un jour son épouse…

Pourtant, vous affirmez que la corruption va du gardien d’immeuble au marchand de canons. Leurs situations ne semblent pourtant pas avoir grand-chose à voir !

Les gardiens d’immeuble sont parfois payés par des dealers pour « faire la veille » et les protéger de la police. Il y a bien là achat, par de l’argent illégal, de gens payés pour faire autre chose. Entendons-nous bien, je ne jette pas la pierre aux gardiens d’immeuble ou même aux petits dealers, pions de la chaîne qui aboutit aux patrons de la mafia qui, eux, amassent des dizaines de milliards et achètent des chefs d’État. Gardons le sens des mesures… Ensuite, au risque de vous surprendre, le salaire est parfois un premier pas vers la corruption. Et s’il achetait nos consciences ? Des avocats de lanceurs d’alerte qui travaillaient dans de grandes banques vont attaquer pour tentative de corruption sur la base du salaire. Parce que le deal était le suivant : « Tu fermes les yeux, tu ne dénonces pas les malversations dont tu es témoin, parce que si tu dénonces, tu seras licencié, donc privé de ton salaire. » Ce qui veut dire que le salaire devient le moyen d’un acte de corruption.

Donc nous sommes tous complices, tous responsables ?

Il est rare que dans une vie d’adulte nous ne soyons pas témoins d’une tentative de corruption. Encore plus rare de ne pas être témoins, voire acteurs passifs, d’une organisation sociale et économique qui comprend des actes qui ne sont pas complètement légaux voire illégitimes. Et quand on voit Balkany réélu, les grands électeurs qui nous amènent au Sénat Guérini, ceux qui ont milité pour le retour de Nicolas Sarkozy (qui a quand même une douzaine d’affaires en cour d’instruction et est mis en examen pour corruption active), on peut se poser la question du rôle du citoyen ! En France, nous avons culturellement le goût du chef, des habitudes de clientélisme et une grande paresse civique, sinon une grande complaisance.

Lire la suite ( et on vous le conseille vivement) , c’est sur Siné Mensuel : http://www.sinemensuel.com/grandes-interviews/antoine-peillon-corruption-fraudes-ne-pas-savoir-cest-ne-pas-vouloir-savoir/

Rappel : le livre précédent d’Antoine Peillon était « Ces 600 milliards qui manquent à la France ». Le nouveau s’intitule « Corruption ». Les deux sont publiés au Seuil.

 

Bonus sémaphorien :  La bande-annonce du film « L’Enquête », de Vincent Garenq qui retrace les investigations de Denis Robert au sujet des activités de Clearstream. Avec Gilles Lellouche et Charles Berling

 

 

 

29 projets de «fermes usines» !

La Confédération paysanne recense vingt-neuf projets de «fermes usines»

20 février 2015 |  Par La rédaction de Mediapart

Le syndicat agricole publie une carte de vingt-neuf grands projets et dénonce cette « agriculture industrielle destructrice ».

Vingt-neuf projets de « fermes usines » sont à l’étude ou déjà à l’œuvre, à l’instar de la « ferme des 1 000 vaches » en Picardie, selon la Confédération paysanne, syndicat agricole, qui en publie vendredi une carte. Deux mille deux cents animaux sur une exploitation laitière à Monts (Indre-et-Loire), 23 000 porcelets à Trébrivan (Côtes-d’Armor) et à Poirou (Vendée), 250 000 poules dans la Somme… Le syndicat fondé par José Bové a recensé pendant un an des projets qu’il considère comme de l’« agriculture industrielle ».

Ces exploitations sont situées en majorité dans le Grand Ouest et au nord de Paris. « Nous nous sommes aperçus qu’il y avait aussi des fermes usines végétales », comme ce projet de serres de tomates hors sol sur 40 hectares en Charente-Maritime, a expliqué à l’AFP Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération.

Ainsi, un centre d’engraissement de mille taurillons prévu dans le Limousin « risque de détruire de la main-d’œuvre», en empêchant d’autres petites fermes de pratiquer cette activité, alors que « le marché n’est pas infini », analyse-t-il. M. Pinatel dénonce « l’ultra-spécialisation » de ce type d’agriculture et les conséquences en termes de transport routier « alors que l’on est en pleine année sur le climat ».

Selon lui, nombre de fermes géantes, bien que portées par des agriculteurs, font appel à des investisseurs extérieurs. Sont cités entre autres Sofiprotéol (rebaptisé récemment Avril), le poids lourd des huiles et protéines végétales qui détient les marques Lesieur et Puget, SVA Jean Rozé (filiale d’Intermarché), ou le groupe de gestion de l’eau, des déchets et de l’énergie Veolia.

Le cercle des poètes retrouvé_n°28

Pas de poème proposé pour ce n°28 mais toute l’info relative à la poésie en région.

Insurrection poétique au Printemps du 7 au 22 mars

 Le 17e Printemps des poètes aura lieu cette année du 7 au 22 mars. Parrainé par Jacques Bonnaffé, il sera consacré à l’insurrection poétique.

« Il nous faut arracher la joie aux jours qui filent »
Vladimir Maïakovski

Commandez la communication (affiches, flyers…), inscrivez vos événements poétiques dans l’agenda en ligne, envoyez photos et vidéos…
Tout sur le site du Printemps des poètes www.printempsdespoetes.com

De nombreux événements ont lieu en région Languedoc-Roussillon…
Découvrez dès maintenant les premiers événements inscrits au programme

Nous vous présentons trois initiatives :

Les Canons de paix pour 3 millions de poèmes à Sète (34)
organisés par le festival Voix vives, De Méditerranée en Méditerranée et le Musée Paul Valéry

FLASH MOB  /  RASSEMBLEMENT ÉCLAIR
Rendez-vous à Sète le samedi 21 mars à 16h

Rue Gambetta, entre place du Pouffre et place Aristide Briand

Du haut des immeubles ; propulsée par des canons à papier, une pluie multicolore, une pluie de poèmes, que le temps d’un feu d’artifice chacun pourra cueillir en vol ou ramasser, que chacun pourra lire à son gré dans la rue sur les multiples podiums sonorisés installés spécialement – lire pour partager… la voix de poètes de tous pays. Et puis, avant de terminer, des poèmes lancés vers le ciel, à bord de lanternes orientales.

Pour que les voix des poètes demeurent vivantes et vivaces
Parmi  les 3 millions de poèmes à ramasser
DES NUMÉROS GAGNANTS
1er prix : UNE SEMAINE À ISTANBUL POUR DEUX PERSONNES
pendant le Festival international de poésie d’Istanbul
(tirage au sort et remise des lots sur place à l’issue de l’événement – 10 prix à gagner)

Ma Poétic Party à Nîmes (30)
organisée par le Théâtre Le Périscope

Jeudi 19 mars de 20h à 21h30
À l’occasion du Printemps des poètes, un collectif d’artistes investit la scène du Périscope pour une grande fête de la poésie.
Dix auteurs, comédiens, musiciens, performeurs, danseurs se retrouvent pour explorer la poésie sous toutes ses formes.
« Il s’agit d’un laboratoire dans lequel se croisent des influences multiples, constamment en mouvement puisque chaque représentation est une nouvelle proposition intégrant de nouveaux participants, de nouvelles formules d’interaction (…) pour des performances collectives, au gré des humeurs, des vagues poétiques. »

Sur une idée originale de NatYot
Artiste pluridisciplinaire, passionnée des mots, de musique et d’art, architecte et chanteuse, performeuse et auteur, Nathalie Yot a un parcours hétéroclite à l’image de son écriture.
Elle est diplômée de l’école d’architecture en 1992 mais préfère se consacrer à la musique, puis à l’écriture poétique. Elle se tourne également vers des projets théâtraux, dont le Total Local Poétic Club, laboratoire poétique où se mêlent diverses disciplines artistiques. Elle anime aussi des ateliers d’écriture et publie fréquemment  ses textes dans des recueils et revues.

INTERPRÉTATION : NatYot, Anne Bourrel, Léonardo Montecchia, Gil Non, Jérémie Proietti, Charo Beltran Nunez, Denis Cassan.

Réservation sur le site Le Périscope

L’insurrection poétique à Montpellier (34)
organisée par la Maison de la Poésie Montpellier Languedoc

La Maison de la Poésie décline le thème national de ce 17ème Printemps, « l’insurrection poétique » dans les hommages rendus à de grandes voix de la poésie de l’insoumission (Yannis Ritsos, Pier Paolo Pasolini, Blas de Otero), et dans le caractère insurrectionnel des nouvelles écritures. Les auteurs invités cette année sont accompagnés de leur éditeur, acteur essentiel mis à l’honneur cette année : cinq d’entre eux sont présents, parmi lesquels Bruno Doucey, dont la maison d’édition publie l’anthologie L’insurrection poétique, manifeste pour vivre ici, qui arrive à point nommé.
Cette année, grâce au partenariat avec Montpellier Méditerranée Métropole, le Printemps des poètes se déroule aussi à la médiathèque centrale Emile Zola et à la médiathèque Françoise Giroud à Castries.
Plus que jamais, la poésie s’élève contre tous les obscurantismes, toutes les tentatives de limiter, censurer, empêcher.

Manifestation gratuite. Entrée libre dans la limite des places disponibles
Contact : Maison de la Poésie Montpellier  Languedoc – Moulin de l’Evêque 78, avenue du Pirée 34000 Montpellier – 04 67 73 68 50 – www.maison-de-la-poesie-languedoc-roussillon.org

 

Des nouvelles de la colonie grecque…

Il n’est plus tolérable que certains se comportent comme s’ils considéraient la Grèce comme une colonie.

« Il n’est plus tolérable que certains se comportent comme s’ils considéraient la Grèce comme une colonie, et les Grecs comme les parias de l’Europe, » a déclaré le Premier ministre Alexis Tsipras, dans son discours devant le groupe parlementaire de SYRIZA avant d’annoncer la candidature de Pr. Pavlopoulos à la présidence de la République.

Un jour après l’échec de l’Eurogroupe, A. Tsipras a réaffirmé les positions du gouvernement grec : «Nous travaillons dur pour aboutir à un accord loyal, mais qui exclut l’austérité, le mémorandum qui a ruiné la Grèce, la présence toxique de la troïka.[…] Toute autre solution équivaudrait à achever notre pays. Nous ne sommes pas les mandataires du passé, nous ne sommes pas des gestionnaires des mémorandums, le salut ne vient pas en persévérant dans l’erreur» a t-il déclaré en soulignant : «Nous recherchons une solution, et non l’affrontement pour l’affrontement. Notre seul objectif est de parvenir à une solution viable».

Faisant suite aux déclarations du ministre allemand des Finances, – qui a exprimé la peine qu’il éprouvait à savoir les grecs aux mains d’un gouvernement “irresponsable” – le Premier Ministre a estimé que les propos de Wolfgang Schäuble, marque d’une regrettable perte de son sang froid, ne sont pas seulement irrespectueux envers le gouvernement grec mais le sont surtout envers le peuple grec. «En toute amitié, ajoute-t-il, je voudrais lui conseiller de garder sa peine pour les peuples qui marchent courbés, et non pas pour ceux qui lèvent dignement la tête.

En dénonçant les manœuvres de certains milieux européens qui préfèrent mettre en danger la construction européenne en torpillant la négociation du gouvernement grec, il a évoqué le «curieux» remplacement du texte préparé par le commissaire aux finances Pierre Moscovici, 15 minutes avant l’ouverture de la réunion…. »

la suite ici : http://syriza-fr.org/2015/02/18/il-nest-plus-tolerable-que-certains-se-comportent-comme-sils-consideraient-la-grece-comme-une-colonie/

 

Apologie et brouhaha

Rythm&News n°4. Apologie et brouhaha

Au milieu du brouhaha national, la Parisienne Libérée questionne son piano : quelle est cette idéologie guerrière qui n’en finit pas de prendre de l’importance ?

extraits

Je vous signale qu’au lendemain des assassinats de Charlie HebdoJean-François Chazerans, professeur de philosophie, a été suspendu pour des propos pédagogiques jugés « inadéquats » par sa hiérarchie. Je vous signale que dans la foulée de cette sanction disciplinaire, une plainte a été déposée contre lui pour «apologie du terrorisme». Je vous signale que tout cela se déroule dans la belle académie de Poitiers, en pointe dans les nouvelles méthodologies de repérage des élèves radicalisés par détection de leur habillement musulman. Je vous signale que Jean-François Chazerans, très soutenu localement, a un parcours philosophique et social et militant tout à fait digne d’intérêt, certes plus engagé et anticonformiste que celui de son zélé recteur Jacques Moret. Je vous signale que l’avocat de l’enseignant a pu consulter le dossier avant la commission disciplinaire qui se déroulera le 13 mars et n’y a pas trouvé d’élément concluant. Je vous signale, sur un plan plus théorique, que la construction d’un propos philosophique nécessite de pouvoir énoncer sans crainte des positions diverses et de formuler des hypothèses, éventuellement inadéquates, pour les confronter, y adhérer un temps et les contredire au besoin ensuite, ou l’inverse. Bref, philosopher implique de pouvoir s’exprimer librement afin d’élaborer une pensée complexe. Je vous signale que la traque obsessionnelle de l’apologie (du terrorisme ou de toute autre chose, d’ailleurs) implique logiquement l’interdiction pure et simple de philosopher. C’est une mesure envisageable, mais qu’il faudrait assumer plus clairement.

Je vous signale que la ministre de l’éducation nationale soutient qu’un petit garçon n’a pas été entendu au « poliçariat » pour apologie du terrorisme, tandis que son avocat dit avoir signé le PV de sa propre main. Je vous signale que celui des deux qui ment devra mettre fin à sa carrière rapidement. Je vous signale qu’un autre petit garçon a été dénoncé à tort par une responsable de cantine et je vous encourage à écouter le témoignage de son père. Je vous signale que la cantine en question est gérée par une municipalité Front national. Je vous signale aussi qu’une petite fille a été convoquée à la gendarmerie pour une phrase écrite dans une rédaction suite au signalement fait par une employée municipale. Je vous signale que cette municipalité est gérée par le Parti socialiste. Je vous signale qu’on a passé des menottes à un petit poisson de 14 ans pour une phrase qu’il avait prononcée en classe lors d’un débat. Je vous signale que dans le cadre de ce débat, l’enseignante aurait déclaré « Si tu penses ça, tu sors de la classe ». Je vous signale que tout cela corrobore ce que je disais plus haut : la traque de l’expression apologétique est contraire à la notion même de débat.

Comme je l’ai déjà signalé, on poursuit aussi des personnes dont les troubles psychiques sont avérés. C’est particulièrement dégueulasse.

Je vous signale que pendant ce temps, la France vend des avions militaires au régime répressif en Égypte et que des musclés se baladent sur la Zad de Sivens et aux alentours, armés de barres de fer et de manches de pioche, sans être inquiétés par la gendarmerie, dont ils prétendent être un club de soutien.

Je vous signale que selon un sondage du ministère de l’intérieur (réalisé par téléphone auprès d’un échantillon représentatif de terroristes ?) 90 % des personnes qui basculent dans des activités terroristes le font après avoir fréquenté internet. Je vous signale que si vous lisez ces lignes, vous êtes déjà sur la mauvaise pente.

Je vous signale que le blocage administratif du web, c’est-à-dire la censure de contenus sans recours au juge, vient d’entrer en vigueur en France. Je vous signale que vous pouvez écouter l’audition de Jérémie Zimmermann au Sénat ici et . Je vous signale que ce qu’il dit est exact, car je l’ai moi-même testé : le navigateur Tor s’installe effectivement en un clic, ce qui signifie concrètement que le contournement de la censure est à la portée de tout le monde (sauf peut-être de Bernard Cazeneuve, qui devra d’abord consulter ce tutoriel).

Je vous signale qu’Amnesty International trouve la définition de l’infraction d’apologie du terrorisme « vague ».  Je vous signale que ce sont des modifications très récentes de la loi qui permettent de multiplier ainsi les poursuites pour « apologie du terrorisme » et de recourir à des comparutions immédiates. Je vous signale que le Syndicat de la magistrature évoque à ce propos une « désastreuse justice, produite par la loi du 13 novembre 2014 ». Je vous signale que la notion même de terrorisme n’est pas particulièrement claire et que son usage concernant l’attaque de Charlie Hebdo est parfois jugé discutable. Je vous signale que cette nouvelle lubie politique et juridique qui consiste à poursuivre les « apologues » dissimule mal une incapacité manifeste à assurer la sécurité des personnes menacées, ainsi qu’une grave et déjà ancienne dérive de la France dans l’intolérance. Je vous signale que tout cela rentre en résonance de façon paradoxale avec les grands-messes nationales sur la liberté d’expression.

Je vous signale que la très néolibérale loi d’Emmanuel Macron, ce faux prodige jamais élu, est en passe d’être adoptée sans vote au parlement. Vous me direz peut-être que cela n’a rien à voir : détrompez-vous, je vous signale que c’est lié.

Soucieuse de participer à l’effort national, je terminerai cette introduction sur une note constructive et, je l’espère, conforme à l’esprit de mon époque, en signalant à l’attention de mes lecteurs une lettre modèle qui peut être recopiée et adaptée aux circonstances, puis envoyée directement au premier ministre. Si ce modèle policier et quelque peu daté ne vous convient pas, vous pouvez utiliser celui-ci ou celui-là qui sont très bien aussi.

Le Désordre des Familles. Lettres de cachet des Archives de la Bastille. A. Farge et M. Foucault (p. 265)

 

Chronique entière ici : http://www.mediapart.fr/journal/france/180215/rythmnews-n-4-apologie-et-brouhaha

 

On n’a pas fini de rire

« Un 11 Septembre intime » : ainsi ai-je ressenti, à chaud, la tuerie de Charlie Hebdo. En un instant, la guerre m’avait rattrapé. J’étais Charlie, totalement. Mais quelle guerre ? Contre qui ? Et avec quelles armes, quels alliés, quelles limites ? Quelle étrange guerre, celle qui place des humoristes pacifistes, antimilitaristes et libertaires, sous la protection des policiers et des soldats. Quel noeud de contradictions insolubles !

Disons-le simplement : je crois que cet événement m’a changé. Il a bouleversé mon rapport à la liberté d’expression, cette vieille lune, que j’ai redécouverte à l’occasion. Mais aussi à l’école, à la Justice, aux politiques, et au combat pour la laïcité. Et bien sûr, aux medias. Sur ces vacillements, j’ai eu besoin de poser des mots. Et de tenter d’explorer, en éclaireur, les tiraillements et les effondrements intimes de beaucoup d’entre nous.

« On n’a pas fini de rire », tel est le titre de ce livre, commencé dans les larmes, et qui tente de s’en dégager, pour être utile à tous ceux qui se débattent encore dans ces contradictions. Il place en contrepoint des chroniques publiées au jour le jour sous le coup de l’émotion, sur notre site @rrêt sur images, avec un long texte à « mes nouveaux amis Charlie ». Son ironie est amère : normal, je suis en guerre, mais en guerre Charlie !

Pour en lire un extrait, c’est ici (1).

Pour le commander, c’est là (2). Je vous attends.

Daniel Schneidermann

Hollande et le 49-3

Confronté à une majorité fragile, François Hollande a autorisé, mardi, le gouvernement à recourir à l’article 49.3 pour faire adopter la loi Macron. Un épisode qui en rappelle un autre, il y a une dizaine d’années…


VIDEO – Quand Hollande dénonçait le recours à l… par LCP

«Le combat de 2012, c’est de préserver le principe du repos dominical, c’est-à-dire de permettre aux travailleurs de consacrer un jour de leur semaine à leur famille, au sport, à la culture, à la liberté. Et j’y veillerai !»

(F. Hollande pendant sa campagne)

Tiens, voilà du Macron !

Jeg Er Charlie

 

Source Arrêt sur Image : Des dizaines de coups de feu ont été tirés samedi 14 février, dans l’après-midi, dans le centre de Copenhague. La cible ? Un lieu culturel où se tenait une réunion publique, organisée par le comité de soutien d’un caricaturiste suédois, Lars Vilks, auteur d’un dessin polémique de Mahomet. L’ambassadeur de France au Danemark et la militante Femen Inna Shevchenko étaient également présents. Tous trois sont indemnes, mais plusieurs policiers ont été blessés et une personne a été tuée. Le même tireur a ensuite tué le gardien d’une synagogue de Copenhague, avant d’être abattu par la police dans la nuit de samedi à dimanche.

Vilks se trouve d’ailleurs aux côtés de Charb, le dessinateur français tué lors des attaques de Charlie, dans la liste des dix personnes « à abattre » les plus recherchées par le groupe terroriste.

Podemos et la potion magique

Discours de Pablo Iglesias à Lisbonne

Une vidéo peu connue. C’était le 21 novembre dernier à Lisbonne. Des représentants des formations Podemos (Espagne), Syriza (Grèce), Sinn Féin (Irlande) prenaient la parole à l’occasion de l’évènement organisé par le Bloco de Esquerda (Portugal). Ces partis forment avec d’autres formations de la gauche européenne le groupe parlementaire GUE/NGL au parlement européen http://www.guengl.eu

 

Bonus sémaphorien : bien que nous l’ayons déjà partagée dans ces pages, nous remettons cet extrait d’une intervention de Tommy Douglas en 1944 à laquelle Pablo Iglesias fait allusion dans son discours : l’histoire des souris qui élisent des chats. À l’approche d’élections, il est toujours bon de se souvenir de certains mécanismes, surtout ceux qu’il faut combattre.

 

La biodiversité

Cordulie à corps fin à Notre-Dame-des-Landes, écrevisse à pattes blanche à Roybon, crossope aquatique à Sivens ou encore Lançon à Lannion…

Ces noms d’espèces, que les membres de notre mouvement tentent de défendre face aux bulldozers, font parfois sourire nos contradicteurs.

Pourtant, elles font partie d’une biodiversité indispensable à l’équilibre de notre planète. Continuer de lui nuire autant va à l’encontre de toute logique, une qualité pourtant attribuée à l’humain.

Démonstration en 3minutes.

 

Le pouvoir nous prend pour des couillons

Pierre Larrouturou (Nouvelle Donne) : «Le pouvoir nous prend pour des couillons»

Nouvelle Donne revendique douze mille adhérents. Son créateur, Pierre Larrouturou, aujourd’hui co-président du mouvement, était l’invité d’Objections sur Mediapart.

Il écarte toute alliance avec le PS mais lance une invitation au Front de gauche et à Europe Écologie : «Prenons six mois pour construire un projet.»

 « Avec Stéphane Hessel, explique-t-il d’emblée, on est allés à Europe Écologie, après avoir quitté le PS, parce qu’on pensait qu’Europe Écologie allait avoir un autre rapport à la politique, permettre au citoyen de s’exprimer, et on a été déçus. Si on a créé Nouvelle Donne, c’est qu’on a l’impression qu’il y a besoin de quelque chose de vraiment nouveau. »


Pierre Larrouturou (Nouvelle Donne) : « Le… par Mediapart

« Pour nous, la vie politique ne se réduit pas aux élections. Dans les six mois, on va lancer une grande campagne, une bataille culturelle expliquant comment on peut sortir du chômage et de la précarité. On pense que si les libéraux sont arrivés au pouvoir c’est d’abord qu’ils avaient gagné une bataille culturelle. Et donc nous, puisque l’UMP et le PS ont tout fait pour faire croire que le progrès social est impossible, on va publier cent mille exemplaires d’un petit bouquin que tout le monde pourra lire en un week-end. On va former nos douze mille adhérents. L’essentiel pour nous, c’est de montrer que “pour de vrai” on peut sortir du chômage, de la précarité, que “pour de vrai” on peut changer l’Europe. Mais en même temps, on ne va pas faire une croix sur les départementales, et je crois qu’il y a cinquante endroits où il y a des candidats de Nouvelle Donne, parfois tout seuls, parfois avec des alliances, comme à Grenoble. »

« Avec qui ? demande Mediapart. Vous pourriez envisager d’avoir des alliances locales avec le PS ? »

La réponse est un réquisitoire : « Non, je pense que non. On a des amis au PS, mais la démocratie a besoin de clarté . Aujourd’hui s’allier avec le PS n’a pas de sens (…) Le PS n’apporte plus rien, et il aggrave les problèmes. Tout ce qui est fait depuis deux ans, ou presque tout, est dramatique. Je suis allé quinze fois à l’Élysée, et quinze fois à Matignon, et c’est juste honteux… Ils le savent que ça ne peut pas marcher ! On nous prend pour des couillons ! On a l’impression que ce gouvernement s’écrase devant les lobbies. »

« Dès lors avec qui s’allier ? » interroge Mediapart.

« On n’est pas dans un système d’alliance, objecte Pierre Larrouturou. Il faut d’abord faire connaître nos idées. Jean Jaurès disait que la politique, c’est des idées simples qu’on répète simplement jusqu’à ce que tout le monde comprenne que ça peut marcher. Il faut user le doute comme on fatigue la salade. Si on continue à compter sur le PS et sur l’UMP pour sortir de la crise, on va à la catastrophe. »

 

Soutien au peuple grec

Dimanche 15 février, journée de mobilisation européenne en soutien à Syriza et au peuple grec engagés dans un bras de fer avec l’Union européenne pour « en finir avec le désastre des politiques d’austérité ». A Paris, manifestation à 15 h, de la Place de la République au Palais Royal. Des manifestations auront lieu à Athènes, Rome, Lisbonne, Bruxelles, Amsterdam, Édimbourg, Berlin…

Le peuple grec vient de faire un choix démocratique clair : il s’est prononcé contre les politiques néolibérales, pour une politique de gauche, dans l’intérêt général. Il a dénoncé les mémorandums imposés par la troïka de la Commission Européenne, de la BCE et du FMI. Il a opté pour la désobéissance en faveur de mesures concrètes afin d’en finir avec le désastre des politiques d’austérité.

Nous sommes solidaires du choix du peuple grec, comme des manifestations massives ces derniers mois en Belgique, au Portugal, en Espagne, en Angleterre, en Irlande ou en Italie contre les politiques d’austérité. Un vent de changement se lève en Europe. Cette victoire, ces espoirs et ces combats sont les nôtres.

Nous nous opposons fermement aux manœuvres de chantage et d’isolement qui visent à empêcher la mise en œuvre en Grèce d’une véritable politique de gauche. Nous condamnons les coups de force de la BCE ainsi que toutes les pressions anti-démocratiques exercées par la troïka et l’UE sur le gouvernement d’Alexis Tsipras afin de maintenir à tout prix les « mesures structurelles » néolibérales (baisse des salaires, privatisation, disparition des conventions collectives, etc) qui n’ont pour résultat que de mettre le peuple grec à genoux.

Nous soutenons l’exigence d’un règlement démocratique et juste de la dette publique. Le gouvernement Grec doit pouvoir appliquer le mandat que lui a donné le peuple : l’urgence humanitaire, la sauvegarde et le rétablissement des services publics, la reconstruction du pays et la réalisation du programme de réformes soutenu par la population.

Nous exigeons que le président François Hollande et le gouvernement français respectent le choix du peuple grec. Il doit soutenir ses revendications contre l’Europe austéritaire. C’est nécessaire pour la Grèce, c’est une chance pour la refondation de l’Europe. Nous soutenons donc le moratoire de la dette grecque. Nous proposons un audit citoyen de l’ensemble de ces dettes qui constituent un fardeau inacceptable pour les peuples, et exigeons d’en annuler la part injuste et illégitime. Comme le peuple grec, nous défendons le droit à la satisfaction des besoins de la population en matière d’alimentation, d’habillement, de santé, de logement, d’éducation, d’emploi, de sécurité publique, de culture et d’environnement.

Nous appelons à une marche à Paris le dimanche 15 février, journée de mobilisation européenne (manifestations prévues à Athènes, Rome, Lisbonne, Bruxelles, Amsterdam, Édimbourg, Berlin, etc.) en soutien au peuple grec. C’est ainsi que nous pourrons montrer avec force que la lutte du peuple grec est notre lutte, et qu’ensemble – citoyen-ne-s, syndicats, partis, associations – nous allons modifier le cours de choses en rompant avec le cours libéral et austéritaire de l’Europe, construire une alternative aux politiques néolibérales, stopper l’austérité et agir pour refonder une Europe sociale, écologique et démocratique.

Signatures (organisations politiques et syndicales,associations citoyennes) :

Antarsya France, Attac, CADTM, Collectif Roosvelt, Cie bouche à bouche, Compagnie Erinna, Confédération paysanne, Copernic, Club Socialistes affligés,DAL fédération, Economistes atterrés, Ensemble, Femmes Egalité, Front Populaire Tunisie Ile-de-France, Grèce-France Résistance, GU, Les effronté-e-s, Les Hommes sans épaules, Les jeunes écologistes, Les oranges, Marches européennes, Mémoires des luttes, MJCF, MJS, Nouvelles Donne, NPA, PCF, PCOF, PG, République et Socialisme, Solidarité France Grèce pour la santé, Transform!