On n’a pas fini de rire

« Un 11 Septembre intime » : ainsi ai-je ressenti, à chaud, la tuerie de Charlie Hebdo. En un instant, la guerre m’avait rattrapé. J’étais Charlie, totalement. Mais quelle guerre ? Contre qui ? Et avec quelles armes, quels alliés, quelles limites ? Quelle étrange guerre, celle qui place des humoristes pacifistes, antimilitaristes et libertaires, sous la protection des policiers et des soldats. Quel noeud de contradictions insolubles !

Disons-le simplement : je crois que cet événement m’a changé. Il a bouleversé mon rapport à la liberté d’expression, cette vieille lune, que j’ai redécouverte à l’occasion. Mais aussi à l’école, à la Justice, aux politiques, et au combat pour la laïcité. Et bien sûr, aux medias. Sur ces vacillements, j’ai eu besoin de poser des mots. Et de tenter d’explorer, en éclaireur, les tiraillements et les effondrements intimes de beaucoup d’entre nous.

« On n’a pas fini de rire », tel est le titre de ce livre, commencé dans les larmes, et qui tente de s’en dégager, pour être utile à tous ceux qui se débattent encore dans ces contradictions. Il place en contrepoint des chroniques publiées au jour le jour sous le coup de l’émotion, sur notre site @rrêt sur images, avec un long texte à « mes nouveaux amis Charlie ». Son ironie est amère : normal, je suis en guerre, mais en guerre Charlie !

Pour en lire un extrait, c’est ici (1).

Pour le commander, c’est là (2). Je vous attends.

Daniel Schneidermann

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