LETTRE OUVERTE à Mr le Maire de LE GRAU DU ROI

Quand on fait le contraire de ce qu’on a dit. Ne pas respecter ses engagements surtout quand l’avenir urbanistique de notre commune est en jeu, quelle déception. A quand la révision du PLU tellement promise et 1 an après toujours pas mise en œuvre ? A quand une commission digne de ce nom de personnes compétentes qui connaissent bien le sujet et notre commune pour en discuter et proposer ? Alors Mr Le Maire, réveillez-vous ! Vous n’allez pas profiter de ne plus payer les avocats comme le faisait votre prédécesseur pour en abuser ? Une Bonne Gestion de Commune c’est en 1: son budget et en 2 : son Urbanisme par son Plan Local

M. JACQUES PELORCE  289, Voie Les Magnolias  30240 LE GRAU DU ROI
Monsieur Robert CRAUSTE  Maire du Grau du roi

Le Grau du Roi le 27 février 2015
Lettre ouverte
Objet : Programme des Orchidées

Monsieur le Maire,
Je tiens par la présente lettre ouverte à vous faire part de ma profonde déception suite aux derniers développements du programme des Orchidées au Boucanet et à vos explications lors de la réunion du Conseil de quartier de jeudi 26 février.
Vous vous étiez opposé à ce programme avant votre élection, expliquer votre changement à propos de ce projet par le seul fait du départ des jeunes de la commune est un motif inacceptable car ce phénomène existait avant votre élection, c’était même le motif mis en avant par l’ancien maire !
Depuis un an vous êtes au pouvoir et vous n’avez rien entrepris pour proposer des solutions à ce problème à l’exception du programme du Kalliste II à Port Camargue mais qui avait été initié par votre prédécesseur et à la reprise du programme des Orchidées sans en modifier une virgule.
L’ancienne municipalité achetait tout et n’importe quoi, ce que nous n’avions pas manqué de critiquer, mais aujourd’hui la commune est propriétaire de plusieurs hectares de terrains tout à fait constructibles en centre-ville et même au Boucanet, sans parler des immeubles communaux vides en centre-ville ni des possibilités offertes par l’urbanisation des 7 hectares du Camping des Pins ou du changement d’affectation des 6 hectares de l’Hôtel Résidence de Camargue. Ces possibilités représentent plusieurs milliers de logements potentiels.
Je suis opposé à ce projet des Orchidées pour deux raisons :
– l’inondabilité de ces terrains et les risques que cette urbanisation avec imperméabilisation des sols va faire courir au voisinage.
– La destruction d’une richesse faunistique et floristique très importante.
Pour arriver à urbaniser ce secteur depuis le début ce ne fut qu’une succession de mensonges, approximations et dérogations à la loi générale.
Mensonge quand l’ancien maire a inscrit dans les objectif du PLU le classement de cette zone en espace vert protégé pour le déclarer constructible quelques années plus tard quand les légitimes propriétaires ne pouvaient plus le récupérer.
Mensonge quand on nous parle de « logement social » alors que seulement 24 « logements sociaux » sont prévus sur 120 ce qui est juste ce qu’impose la loi à savoir 20 % de « logements sociaux » dans tout programme immobilier le reste devrait être en « accession sociale ».
Mensonge quand vous dites (Midi Libre du 20 juillet 2014) que vous portez un nouveau projet alors que le permis d’aménager, qui n’a pas été modifié, porte la signature de votre prédécesseur !
Mensonge quand on nous dit qu’il n’y a pas d’autres possibilités pour construire des logements sur notre territoire alors que plusieurs hectares en centre-ville sont disponibles.
Approximation de l’étude d’impact de janvier 2007 qui a servi de justification pour le classement de la zone dans le PLU qui n’avait repéré aucune espèce faunistique ou floristique protégée sur la zone !
Approximation dans l’étude hydraulique de la zone qui n’a jamais étudié le fonctionnement global de la zone avec le rôle fondamental que joue la station de relevage située dans le bois du Boucanet au droit de la digue du Vidourle et la conduite sous la voie rapide au bout de la roubine dont le diamètre et l’état ne figure dans aucun document.
Approximation dans le niveau de la nappe qui n’a été étudié que pendant un petit mois, en novembre décembre 2014, après intervention du commissaire enquêteur du dossier Loi sur l’eau et en prenant comme base le relevé pluviométrique d’Aigues Mortes alors que les habitants savent bien qu’il y a souvent de grandes différences pluviométriques entre nos deux communes voisines. Malgré ce, l’étude est obligée de reconnaître que le niveau de la nappe est pratiquement au niveau du sol lors des épisodes pluvieux normaux, mais surtout aucune étude sur le fonctionnement ultérieur de la zone après imperméabilisation de la surface n’a été réalisée.
Approximation dans l’étude faunistique et floristique qui a été menée pendant un petit mois au début de l’été alors que la meilleure époque était le printemps et qu’une étude sur un an aurait été indispensable surtout pour la flore. Malgré ce, l’arrêté préfectoral du 23 janvier 2015 dénombre pas moins de 47 espèces protégées sur le site et la destruction d’habitat vital, d’alimentation ou de chasse pour ces espèces.
Dérogation aux prescriptions édictées par l’état pour la constructibilité en zone inondable qui interdisent toutes constructions dans les secteurs susceptibles d’avoir plus d’un mètre d’eau ce qui est le cas de ces terrains.
Dérogation aux règles régissant les études d’impact environnementales pour un projet de plus de 10 000 m² de SHON (10 900 m² dans le cas présent) pour ne pas réaliser cette étude d’impact.
Dérogation aux règles de protection phonique des habitants puisque aucun écran anti-bruit n’est prévu sur la zone, contrairement à ce qui a été exigé des lotissements voisins.
Dérogation aux interdictions relatives aux espèces de flore et faune sauvages protégées.
Monsieur le Maire, vous semblez, brusquement, extrêmement pressé dans cette affaire, alors que la société qui doit construire n’a pas encore acheté les terrains, que les délais de recours possibles contre l’arrêté préfectoral autorisant l’abattage ne sont pas écoulés, cette dernière vient de réaliser la destruction de tous les arbres sur la totalité des terrains même ceux qui ne seront construits que dans plusieurs années ! Je pense que vous avez dû donner votre autorisation ?
Lors de la première réunion du Conseil de quartier il avait été voté une discussion sur le programme des orchidées lors du conseil suivant qui devait avoir lieu fin janvier, le report à deux reprises, sans explication, de cette réunion et la réalisation des travaux de destruction de la végétation quelques jours avant la réunion, ont rendu caduque toute discussion et nous avons assisté à une présentation très tendancieuse par les personnes parties prenantes au projet sans pouvoir avoir un vrai débat sur le fond et un vote in fine. Il me semble que la démocratie, l’écoute d’autrui et la discussion, que vous vantez tant, n’ont pas été respectées et si vous
considérez le Conseil de quartier comme une simple courroie de transmission de vos décisions auprès de la population, je ne pense
pas avoir ma place dans une telle assemblée surtout si à cette occasion je me fais prendre à partie personnellement par un de vos
conseillers avec des affirmations mensongères et hors propos.
A la question posée sur l’intervention d’un écologue, prévue et détaillée dans l’arrêté préfectoral du 23 janvier 2015, pendant la durée des travaux et l’accès aux rapports de celui-ci, il m’a été répondu que ces documents ne faisaient pas partie de la liste des documents CADA et n’avaient donc pas à m’être communiqués. S’agissant de documents découlant de l’arrêté préfectoral cette réponse ne me semble pas appropriée. Je vous demande donc de me communiquer le nom et les coordonnées de cette personne
ainsi que la copie du courrier informant les services de l’Etat compétant du démarrage des travaux.
Je souhaiterai pouvoir contrôler l’application stricte des mesures exigées à l’annexe 2 en particulier les chapitres R2 et S2.
Il semble bien, déjà, que la société ne s’est pas conformée aux exigences de l’arrêté et de son chapitre R2 puisque les travaux de défrichement/décapement devaient être réalisés en continuité avec les travaux de construction, les 3 tranches étant par ailleurs
clairement identifiées et séparées. Le défrichement ayant été réalisé sur l’ensemble des trois tranches, deux d’entre elles vont rester
en l’état pendant plusieurs mois voire plusieurs années ce qui était interdit par l’arrêté pour limiter les éventuelles installations
d’espèces pionnières.
Vous souhaitant bonne réception de cette lettre, je vous prie d’agréer, Monsieur le Maire, l’expression de mes salutations.
Jacques Pelorce
PS : Copie de cette lettre sera envoyée aux membres du Conseil de quartier, au Préfet et à diverses personnalités locales.

 

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