Le chaton de Banksy à Gaza

mise à jour le 3 mars 2015

Banksy a exécuté récemment trois dessins dans les ruines de Gaza pour rappeler la situation misérable dans laquelle se trouve l’enclave depuis l’opération israélienne “Bordure protectrice” à l’été 2014, qui a fait plus de 2000 victimes palestiniennes et détruit 18.000 maisons.

à lire l’excellent billet de blog d’André Gunther : Habermas et le chaton, de l’usage ponctué d’internet :

http://blogs.mediapart.fr/blog/andre-gunthert/020315/habermas-et-le-chaton-de-lusage-ponctue-dinternet

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Daniel Schneidermann a également signalé l’événement

  Pourquoi Gaza, plutôt que New York ou Londres, ses terrains habituels, tout de même plus accessibles ? Pour nous mettre un grand coup de griffe, de ses mignonnes petites griffes, sur nos faces de voyeurs velléitaires et volatils. Ce qu’il nous miaule, le chaton, très gentiment, c’est que nous sommes, peuple internaute, trop indifférents pour nous intéresser à Gaza si on ne nous en parle pas avec un lolcat. Ce qu’il nous dit, c’est qu’il nous connait par cœur, dans notre inertie crasse, et qu’il va nous parler le seul langage qu’on soit capables de comprendre.

Et il a raison, comme le reconnait Pierre Haski sur Rue89, qui a repéré le lolcat. Il nous connait bien. Haski, et moi-même, aurions-nous parlé de Gaza, sans le chaton de Banksy ? Bien sûr que non. La concurrence des sujets est rude. Que Gaza se reconstruise, et on en reparlera à la prochaine quand les Israéliens rebombarderont. Justement. Au rythme actuel, il faudra 100 ans pour reconstruire Gaza, selon Oxfam, citée par Haski. Pourquoi ce rythme est-il si lent ? Parce que les Israéliens ne laissent passer les camions de matériaux de reconstruction qu’au compte-gouttes. Sans doute fouillent-ils les sacs de plâtre un par un, ce qui n’aide pas à accélérer le processus. 100 ans, c’est un joli chiffre tout rond, médiatiquement bankable. Mais tout de même pas autant qu’un joli chaton. Bien joué Banksy.

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