Le Monde du silence, un film naïvement dégueulasse

Dans Le Consac de Gagne-Petit (commis par votre serviteur et aux éditions Au Diable Vauvert) on peut lire cet extrait en page 65 : « … l’équipe du commandant Cousteau pêchait tranquillement à la dynamite dans les lagons des mers du Sud, massacrait sans raison des requins au harpon, ou pillait des falaises de langoustes troglodytes. L’esprit n’était pas toujours de la partie dans ce monde qu’on disait être celui du silence. Un silence d’hier qui ferait trop de bruit aujourd’hui. »

Ces lignes, nous les avions écrites pour la première fois en 1993 dans Peau Neuve, qui faisait suite à notre édition papier du Sémaphore de l’époque. Le lecteur sémaphorien d’aujourd’hui pardonnera notre petite auto-congratulation de n’avoir pas été les derniers à tirer la sonnette d’alarme quant aux déprédations de la nature par ceux-là mêmes qui s’en prétendaient les défenseurs. Si nous y revenons aujourd’hui c’est parce que Gérard Mordillat s’est ému, lors d’une récente émission de Là-bas si j’y suis, de l’aveuglement qui régnait à l’époque sur la question écologique. Mais la vraie question serait plutôt de savoir sur quoi nous restons encore aveugles, ou pour le moins inertes en sachant tout ce que nous savons à présent.

Il a fallu 60 ans pour que Gérard Mordillat trouve un moment pour voir le chef-d’œuvre du commandant Cousteau. Académicien, couvert d’honneur, communicant avisé, défenseur de la planète, le commandant Cousteau fut longtemps la personnalité préférée des Français. En 1956, son premier film (réalisé avec Louis Malle) obtenait la Palme d’or à Cannes. Des millions de spectateurs ravis allaient découvrir la mer et ses mystères. Certes la conscience écologique s’est développée dans les années soixante, mais en voyant ce film personne n’avait rien vu ?

 

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