dossier TRANSHUMANISME_volet 1/3

Sémaphores va aussi réduire ses mises à jour durant cette période vacancière d’août, mais il est certains fers qu’il faut battre tandis qu’ils sont encore chauds, et voici donc le premier volet de notre dossier consacré à cette idéologie transhumaniste que certains nous annoncent inévitable.

Kézaco ?

Julian Huxley

Julian Huxley

Pour la petite histoire, on doit le terme «transhumanisme» à Julian Huxley, frère d’Aldous Huxley (L’auteur en 1932 du roman de science-fiction Le meilleur des mondes). Julian était biologiste et théoricien de l’eugénisme dans les années 1930.

Pour ce qui est de notre époque, force est de constater que, seulement dix ans en arrière, le sujet était quasiment tabou et les premiers alerteurs traités de «complotistes» ou «catastrophistes». En 2015, un journal comme Les Échos peut annoncer que «L’ère de l’homme augmenté a débuté» sans heurter personne.
De son côté, Le Monde offre à cette idéologie une chronique hebdomadaire signée Laurent Alexandre –sans que cela émeuve quiconque (enfin presque). Le transhumanisme ne semble plus aujourd’hui qu’une option à discuter parmi d’autres. Quant à la population… que chacun interroge son entourage pour savoir ce qu’il pense du transhumanisme, c’est la meilleure façon de mesurer le vide sidéral sur le sujet, à un moment où il est plus qu’urgent de s’y intéresser si l’on souhaite arrêter les ennemis de l’humain.

Or, cette dernière semaine de juillet, voilà que de gros titres pleuvent comme autant de sonnettes d’alarme, depuis l’Humanité qui nous invite à voir de plus près « Le futur que Google nous prépare », jusqu’à Mediapart qui se fend d’un long article (nous y reviendrons) où l’on découvre à quel point la presse française ne doit plus qu’à son financement par Google d’être encore debout. Peut-être faut-il dire merci au géant américain (plutôt géant planétaire), mais sans doute faut-il y réfléchir par deux fois avant d’applaudir.

Bienvenue à Gattaca

schmidt google À lire dans l’article de l’Huma, découvrons d’abord que « Éric Schmidt, le PDG de Google, ne se présente pas comme dirigeant d’entreprise. Il ne parle pas business, mais révolution et vision du monde. Son avant-dernier livre, The New Digital Age, se conclut ainsi : « Notre ambition est de créer le meilleur des mondes. » Et Google ne se contente pas de paraphraser Aldous Huxley. Il se donne aussi les moyens de sa puissance. Avec, tout d’abord, une assise économique phénoménale. Un trésor de guerre de près de 60 milliards de dollars, placés bien au chaud aux Bermudes, et des ressources abyssales issues de son quasi-monopole de la publicité sur Internet avec ses régies Adword et Adsense. Mais ce n’est là qu’une partie de son activité. L’entreprise est perpétuellement dans une logique de création et de conquête. Grossir toujours. Alors Google crée et détruit à coups d’innovation technologique. Ces dernières années, l’entreprise a investi massivement dans la santé, la robotique, l’intelligence artificielle, la culture et même l’automobile… »

Chez Mediapart, on conclura pareillement que « Google ne cherche pas à dominer le monde, il veut en créer un nouveau ». « Aux yeux de Google, les États sont dépassés et incapables d’affronter les défis du XXIe siècle, que ce soit le réchauffement climatique ou l’accès à la santé. Les algorithmes de Google en seraient, eux, capables. Et le géant américain a déjà commencé à organiser son propre approvisionnement en énergie renouvelable, à tirer ses propres câbles de communication sous les océans ou à tester une voiture sans conducteur qui nous débarrasserait des fléaux des accidents de la route et des insuffisantes régulations étatiques en matière de sécurité routière. »

En effet, chez les libertariens et chez Google en particulier, domine la croyance que l’humain est fondamentalement imparfait. Trop déterminés par les impulsions et les passions, les hommes ne sont pas objectifs. Il faut ainsi compter sur la science et la technologie pour les améliorer. Par le transhumanisme d’un côté et la volonté de combattre la mort, mais aussi en faisant mieux que l’humain, grâce à la technologie. « Quel que soit le problème rencontré, que ce soit un grand challenge pour l’humanité ou un problème très personnel, il y a une idée, une technologie qui attend d’être découverte pour le résoudre », assurait au Time Magazine Ray Kurzweil, l’ingénieur en chef de Google. Le principe de la Google Car, voiture automatisée qui circule déjà aux États-Unis, est, par exemple, de remplacer le principal facteur de risque d’accidents de voiture – le conducteur – par une machine, supposée bien plus fiable. Éric Schmidt le confirme : « Votre voiture doit se conduire toute seule, il est impensable de laisser des humains conduire. C’est un “bug” que les voitures aient été inventées avant les ordinateurs.»

Mais il faut bien voir que le champ d’application de Google ne s’arrête pas, et tant s’en faut, à de bons sentiments en matière de circulation routière et d’aide à la presse pour maintenir sa pluralité. Il est donc l’heure de parler des NBIC, en tout cas, pour commencer dans ce vaste sujet, d’écouter Laurent Alexandre. C’était en 2012, lors de sa présentation à Ted-X-Paris, le sujet était « Le recul de la mort – l’immortalité à brève échéance ? »

L’année dernière (2014) sur Europe 1, dans les grands débats d’Europe Soir, le même Laurent Alexandre était reçu par Nicolas Poincaré, ainsi qu’Ariel Kyrou et Jean-François Lemoine, pour apporter ou pas la contradiction.

 

À suivre…
Prochain épisode : La révolte des chimpanzés du futur.

Tu le veux à quoi, ton cancer ?

C’est un très long article, très documenté comme tout ce que fait Olivier Berruyer que nous ne présentons plus dans ces pages… Le Canard Enchaîné en a parlé aussi, mais on ne peut pas dire que l’info ait fait grand bruit.

Des échanges de mails révèlent comment l’industrie chimique a torpillé l’interdiction des perturbateurs endocriniens. Un récit perturbant…

Ce n’est plus du lobbying, c’est de l’art… A Bruxelles, l’industrie chimique a réussi à saboter l’interdiction des perturbateurs endocriniens. Ces composés chimiques que l’on retrouve partout, dans les plastiques, les tapis, les dentifrices, les cosmétiques, les pesticides, et qui sont soupçonnés d’être responsables, même à très faible dose, de cancers, de troubles de la croissance et autres menus dégâts sur la santé.

perturbateurs-endocriniens-salle-de-bainsAvec une maestria qui laisse baba, les lobbies ont reporté l’échéance d’au moins quatre ans. Dans un rapport rédigé en anglais et publié le 20 mai, une organisation indépendante, Corporate Europe Observatory, dévoile les coulisses de ce feuilleton. Des coulisses pas faciles à visiter : il a fallu deux ans à la journaliste française Stéphane Horel, co-auteure du rapport, pour obtenir des milliers de pages de documents et plusieurs courriels croquignolets…

Tous les détails sont ici : http://www.les-crises.fr/lhistoire-secrete-dune-victoire-des-lobbies-a-bruxelles-contre-la-sante-publique/

et https://www.facebook.com/les.crises/

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Grèce_le suivi

par Arrêt sur Image_28 juillet 2015

Après Varoufakis ministre et économiste, Varoufakis hacker ?

Dans un échange avec des membres de fonds d’investissement, l’ancien ministre grec de l’économie Yanis Varoufakis précisait il y a deux semaines les contours de son « plan B » en cas d’échec des négociations avec les créanciers. Des propos, retranscrits par le quotidien grec Ekathimerini (distribué avec l’édition internationale du New York Times), jugés « surprenants », « incroyables » voire « explosifs » par la presse française.

Varouf_la tribuneLors de l’échange téléphonique avec ces membres de fonds d’investissements, qui a eu lieu le 16 juillet – soit une semaine après sa démission -, Varoufakis décrit en effet un plan qui aurait impliqué de « pirater » le système de l’administration fiscale pour mettre en place un « système bancaire parallèle ». « Ce plan aurait consisté à créer un système permettant de transférer des fonds directement des contribuables aux organisations ou entreprises créancières de l’Etat en cas de tarissement des fonds voire de fermeture des banques », explique la Tribune. Un système basé sur une sorte de monnaie provisoire donc, aussi appelée « IOUs ».

Ce système serait revenu à « créer un système bancaire parallèle au moment où les banques étaient fermées à cause de l’action agressive de la Banque centrale européenne visant à nous étrangler (…) C’était particulièrement bien développé et nous aurions pu faire une grosse différence, estime Varoufakis, puisque très vite on aurait pu l’étendre, en utilisant des applis pour smartphones. Bien sûr ce serait formulé en euro mais en un clin d’œil il pourrait être converti en nouvelles drachmes ».

Plus surprenant : pour arriver à ses fins, Varoufakis explique avoir fait appel à un ami d’enfance spécialisé en sécurité informatique à l’université de Columbia, pour pirater les installations de sa propre administration. Ce dernier n’aurait cependant pas réussi à pirater certains logiciels, alors sous contrôle de la Troika.

« Schauble a un plan »

Interrogé par le Telegraph sur ces échanges, Varoufakis a reconnu leur authenticité mais regrette « la récupération » qui en est faite en Grèce. « Ils veulent me faire passer pour un escroc et me faire tomber pour trahison. C’est une tentative d’annuler les cinq premiers mois de ce gouvernement et de les mettre dans la poubelle de l’Histoire », avance-t-il, rappelant qu’il a toujours été opposé à la sortie de son pays de l’euro. L’économiste fait référence à l’opposition, qui demande une enquête du gouvernement, et à certains élus qui l’ont accusé de trahison. Dans le même article, on apprend enfin que c’est le refus de Tsipras de mettre en place le plan Varoufakis le soir du « non » grec au référendum qui a causé la démission du ministre.

En dehors de ce plan B, un autre passage (moins repris) de la retranscription d’Ekathimerini donne une idée de la position allemande et française vue par Varoufakis et évoque un autre plan plus ou moins secret, mais allemand cette fois. « Schaüble [le ministre allemand des finances] a un plan. […] Il pense que l’eurozone n’est pas viable comme elle est. Il pense qu’il faut des transferts fiscaux, et un certain degré d’union politique. Mais il pense que pour cette union fonctionne sans fédéralisme, sans la légitimité d’un parlement fédéral élu, il faut mettre en place une discipline stricte pour y arriver. Et il m’a dit explicitement que le Grexit lui donnerait ce pouvoir de négociation, un pouvoir de la terreur suffisant pour imposer aux Français une idée à laquelle Paris résistait. Laquelle ? Transférer une partie du pouvoir de décision budgétaire de Paris à Bruxelles. »

Capture_decran_Wolfgang SchäubleLa réponse de Bruxelles…

28-07-2015 13:59:27
Pays : BEL

BRUXELLES, 28 juil 2015 (AFP)

« Allégations sans fondement », « théorie du complot »… La Commission européenne a accusé mardi l’ex-ministre grec des Finances Yanis Varoufakis de mentir sur le contrôle exercé par les créanciers sur les comptes du pays, en réagissant aux révélations de ce dernier sur un plan B de sortie de crise.

Le Secrétariat général aux recettes publiques, qui a la main sur les numéros fiscaux des contribuables grecs, « est une entité indépendante, qui fait partie du ministère des Finances », a affirmé mardi Mina Andreeva, une porte-parole de la Commission européenne.

« Les allégations selon lesquelles la troïka contrôlait le Secrétariat général aux recettes publiques sont fausses et sans fondement », a-t-elle déclaré. « Ce n’est tout simplement pas vrai », a-t-elle insisté.

Yanis Varoufakis a dévoilé mi-juillet qu’il avait travaillé durant des semaines, dans le plus grand secret mais avec le feu vert du Premier ministre, à la mise en place d' »un système bancaire parallèle » impliquant un piratage du logiciel de l’administration fiscale grecque.

Il a justifié ce piratage par le fait que selon lui, le Secrétariat général aux recettes publiques était sous contrôle des créanciers du pays, ce qui aurait rendu impossible de tester le système parallèle sans les alerter.

La Commission ne veut pas « s’aventurer » à commenter ces « théories du complot », et préfère se concentrer sur l’avenir plutôt que le passé, a souligné Mme Andreeva.

AFP 281359 JUL 15

..Selon la Commission, Varoufakis aurait donc inventé cette histoire…Ce démenti de la Commission apparait moins crédible que le propos de varoufakis : on voit mal quel intérêt ce dernier poursuivrait en inventant une histoire pareille.

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En attendant nous aimons bien cet autre coup de gueule de Jean Ortiz dans l’Huma de mardi 28 Juillet, car il y a malheureusement une réalité criante….

grece_saleGrèce : soldes géantes !
A vendre Prix fracassés !!!

aéroports
autoroutes
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compagnie électrique
industries diverses
compagnie de l’eau
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poèmes de Yannis Ritsos
Zorba le Grec
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œuvre de Theodorakis
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filmographie de Costa Gavras
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philosophie
statues (tout format)
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dette
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Joindre :
BCE
UE
TROIKA
MERKEL (si absence, appeler François HOLLANDE)
Appels non surtaxés : 00 00 00 00 00
Prix imbattables, donc « non à débattre », sans négociation !

 

Une lettre de Noël Mamère

Noel Mamere 23 juillet 2015 / Noël Mamère.

Justice incohérente sur Roybon et Notre-Dame-des-Landes. Infâme magouille du 49-3 pour imposer les déchets nucléaires de Cigeo. Libéralisation des autocars. Absence totale de réaction au rapport sur le coût de la pollution de l’air… Entre promesses électorales abandonnées en rase campagne et bras d’honneur aux associations, le gouvernement porte haut l’étendard de l’hypocrisie écologique.

La justice administrative n’aime rien tant que de jouer sur les nerfs des associations ! Elle vient de nous en apporter une nouvelle preuve sur les deux dossiers hyper-sensibles que sont Roybon et Notre-Dame-des-Landes.

> Conception archaïque du progrès

> Dans le premier cas, elle donne raison aux associations sur la protection des zones humides, mais rejette leur recours sur les espèces protégées ; dans le second, elle rejette en bloc les dix-sept recours visant à bloquer le projet d’aéroport. Cela signifie-t-il pour autant que le Center Parcs de Pierres et Vacances – 200 « cottages » en forêt de Chambaran – ne se réalisera pas et que l’aéroport de Vinci et de ses amis se fera ? Rien n’est moins sûr.

> Pourtant, à entendre le Premier ministre, Manuel Valls, déclarant que les travaux de Notre-Dame-des-landes vont enfin pouvoir commencer, on se dit que « l’affaire est pliée » et que les barons locaux de la politique et de l’économie l’on emporté. C’est sans compter sur la détermination des zadistes et de leurs soutiens, qui ne sont pas près de céder devant deux grands projets inutiles, en contradiction totale avec les exigences de ce 21e siècle qui doit être économe en énergie et en consommation de territoire.

> A Notre-Dame-des-landes, ils viennent de recevoir le soutien inattendu de la CGT qui se prononce pour une extension de l’actuel aéroport de Nantes, comme le proposent pas mal d’associations qui ont déposé ces fameux recours. Le gouvernement est maintenant devant ses responsabilités. Il ne va pas pouvoir se cacher encore bien longtemps derrière la justice. Ce sera pour nous une occasion de vérifier si, à quelques mois de la conférence de Paris sur le climat, il est capable de sortir de sa conception archaïque du progrès et de son double discours sur l’écologie.

> Infâme petite magouille

> Car, en la matière, nous avons été servis durant ces dernières semaines ! Je pense en particulier à cette infâme petite magouille, concoctée par le sénateur de droite Longuet, avec la complicité du gouvernement, consistant à profiter du 49.3 – qui devrait s’appeler « circulez, y’à rien à voir » – appliqué à la loi Macron pour valider le projet « Cigeo » d’enfouissement des déchets nucléaires en grande profondeur, sur le site de Bure.

> C’est d’abord un joli bras d’honneur adressé aux associations qui se battent contre ce projet dangereux depuis des années et, accessoirement, une marque de mépris pour ceux de nos amis qui croyaient dur comme fer aux promesses de Macron de ne pas inscrire ce projet dans sa loi en échange de leur vote… Comme le disait le défunt Pasqua, « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ».

> C’est aussi la publication des décrets Macron concernant la libéralisation des transports par autocar qui confirme en tous points ce que certains d’entre nous annonçaient : une concurrence déloyale faite aux trains inter-cités et aux lignes ferroviaires en difficulté… Avec l’aimable complicité de la SNCF, trop contente de se débarrasser du fardeau de la proximité au profit de l’investissement capitaliste dans le co-voiturage, qui n’est pas franchement sa vocation première. En matière de lutte contre l’effet de serre et de désertification des territoires, peut mieux faire !

> Sensibilité pathologique aux poids des lobbies

> Enfin, ce rapport de la commission d’enquête du Sénat sur la pollution de l’air, intitulé : « le coût de l’inaction », qui affiche le chiffre astronomique de 100 milliards d’euros par an, en dépenses de santé, absentéisme dans les entreprises ou baisse des rendements agricoles… « La pollution atmosphérique n’est pas qu’une aberration sanitaire, mais une aberration économique », écrivent mes collègues sénateurs. Et je ne sache pas que nous avons affaire ici à de dangereux ultras de l’écologie ! Constat qui s’ajoute à celui de l’OMS selon lequel les particules fines provoquent 42000 morts prématurées par an, en France.

> Réponse du gouvernement ? A peu près le néant. A l’exception de Ségolène Royal, mais pour dire son refus d’aligner au plus vite la taxation sur le diesel à celle de l’essence ! Et pendant ce temps, l’État continue de verser 8 milliards par an aux constructeurs automobiles qui privilégient toujours le diesel , ainsi que de nombreuses exonérations fiscales. On savait ce gouvernement sensible au poids des lobbies mais, à ce point, ça devient pathologique !

> Une dernière preuve ? Il suffit que les producteurs de viande et de lait bloquent la ville de Caen, si chère au Président de la République, pour qu’il annonce un « plan d’urgence ». Comment va-t-il s’y prendre entre le lobby de la grande distribution, qui étrangle ce secteur agricole, et celui des amis de M. Beulin, le patron de la FNSEA, auxquels il faudrait expliquer que nous consommerons de moins en moins de viande et qu’il serait nécessaire de favoriser dès maintenant leur reconversion… Mais tout cela n’était qu’un rêve de campagne qui a vite tourné au cauchemar.

 

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Vaches et lait pour vaches à lait

Quand le dernier arbre sera abattu,
la dernière rivière empoisonnée,
le dernier poisson pêché,
alors vous découvrirez que l’argent ne se mange pas.
(Proverbe indien Cree)

« Depuis des mois, les éleveurs n’arrivent plus à vivre de leur production. La chute des cours et la pression de la grande distribution sont les dernières manifestations d’une crise structurelle. Le modèle d’élevage défendu depuis les années 60 reposant sur l’endettement, la course au volume, la mécanisation à outrance, est à bout de souffle. Le gouvernement n’a aucune réponse réelle à donner. »

Ainsi Martine Orange (Mediapart) introduit-elle son dernier article consacré à ce qu’il faudrait appeler la « crise » de l’élevage. Pour autant qu’il n’est pas possible de nier la réalité économique de ce secteur effectivement en danger, la solution ne saurait résider dans la seule répartition d’aides et de subventions, ni de quotas de production. Vouloir que chacun puisse vivre dignement de son travail part certes d’un bon sentiment. Mais cela ne peut plus éluder la question « En quoi consiste ce travail ? ».

Car qui produit quoi ? Et de quelle qualité ? S’il faut sans cesse gagner plus pour n’acheter et ne plus manger que de la merde… quel est le gain ? Le fric qu’on va redonner tous les mois au toubib ou en soins divers ?

C’est pour ne pas mettre la charrue avant les bœufs que Sémaphores préfère renvoyer vers les articles suivants de Bastamag et de Reporterre. Avant que de retoucher la PAC pour une énième fois, il nous semble plus urgent de comprendre pourquoi il est urgent de réviser nos modes alimentaires.

vache numérotée

Pourquoi le lait de mauvaise qualité, néfaste pour la santé, risque de se généraliser

Déguster trois à cinq produits laitiers par jour : c’est ce que recommandent les politiques de santé. Mais savez-vous quel type de lait vous buvez ? Car tous les laits ne se valent pas. Leurs qualités nutritionnelles dépendent, en partie, de ce que mangent les ruminants. Plus elles passent de temps dans les champs, meilleure est la qualité de leur lait et moins elles contribuent à la pollution. Au contraire, si les vaches sont nourries en étables avec du maïs ou du soja, parfois sans jamais voir une prairie, la qualité du lait se dégrade, contribuant aux maladies cardiovasculaires et à l’obésité. Or, ce mode d’alimentation néfaste est favorisé par la dérégulation, l’intensification de la production et les aides publiques européennes ! Enquête.

La suite ici : http://www.bastamag.net/Le-lait-de-vache-que-produit-l-elevage-intensif-est-il-bon-pour-la-sante

Science et climat : pour sauver la planète, il faut manger autrement

http://reporterre.net/Science-et-climat-pour-sauver-la-planete-il-faut-manger-autrement

vacherbe

Raccrochez pour vous rapprocher !

par Alain Korkos (Arrêt sur Image). extraits

Ogilvy3Le Centre de recherches en psychologie de Shenyang, en Chine, a commandé en mai 2015 une campagne de publicité à l’agence Ogilvy de Pékin qui, bizarrement, se balade sur les réseaux sociaux depuis quelques jours seulement. La phrase d’accroche de cette série d’images est The more you connect, the less you connect qu’on pourrait traduire par Plus vous êtes connecté, moins vous rencontrez.

Ogilvy1Les campagnes sur ce thème ne datent pas d’aujourd’hui, elles fleurissent depuis plusieurs années avec, en général, le slogan… pardon, excusez-moi…Allô oui ? T’es où ? Nan j’peux pas te parler, là…
Pardon. Je disais donc que le slogan généralement adopté est Disconnect to connect, qu’on pourrait traduire par Raccrochez pour vous rapprocher.

Le premier film traitant ce sujet semble être une pub réalisée en 2010 par DTAC, compagnie téléphonique thaïlandaise.


Disconnect to connect Tahilande 2010 (Low) par asi

En 2011, un centre d’études féminin de la Torah basé à Brooklyn lançait une campagne demandant aux gens de se déconnecter pendant une heure le 2 octobre 2011. Deux films furent réalisés à cette occasion, le plus intéressant est celui-ci, directement inspiré par…pardon, excusez-moi…un sms urgent, il faut que je réponde…tic tic tic… tic… tic tic… tic…Pardon. Je disais donc que ce film s’inspirait de la bobine thaïlandaise précédente (DTAC est cité au générique de fin) :


Disconnect to Connect – Brooklyn 2011 par asi

Voici une autre marque encore… pardon, excusez-moi…Allô, oui, quoi ? Que j’oublie pas de prendre une baguette ? D’accord. Tu préfères pas une tradition ? Ou un pain de seigle ? C’est bon le seigle, ça facilite le transit. Nan ? Tu préf… Allô ? Allô ? Damnaide. Pardon. Je disais donc que cette autre marque (comme d’autres encore) a également piqué le slogan, essayez de découvrir quel produit on va vous fourguer à la fin du film :


2014-Tech Lovers Disconnect To Connect par asi

Débranchez-vous, qu’on vous dit ! Pour vous rapprocher de votre famille, de vos amis de dans la vraie vie, et des vrais produits de consommation tels ceux proposés en 2011 par le syndicat d’initiative de Rio de Janeiro, ou par les automobiles Ford en 2011 itou. Pardon, excusez-moi…Allô oui ? Une baguette normale pas tradition pas au seigle et pas trop cuite, d’accord. Mais non j’oublie pas. Pardon. Excusez-moi.

Le cercle des poètes retrouvé_n°33

La Grèce aux pieds gonflés de Titos Patrikios

titos_DR

« La poésie vient te trouver en vélo, en mobylette, en voiture/parfois elle arrive comme une amazone le glaive dressé/ parfois elle te suit à la sortie du supermarché comme une mendiante en haillons/elle t’entraîne telle une porno-star dans les abysses imaginaires/elle te rappelle à l’ordre comme un directrice de maison de redressement/elle t’apparaît dans les tréfonds du sommeil telle une vierge immaculée »

« Grèce solitaire, oubliée, toi qui la nuit/erres les cheveux dénoués/vendant des fleurs dans les boîtes de nuit/te faufilant entre voitures et musiques/entre passants indifférents et mouchards/entre les garçons qui changent de service et ces deux-là/qui jettent des tracts dans l’obscurité ».

« Vers qui se dressent soi-disant comme des baïonnettes/vers qui menacent l’ordre établi/et qui dans leurs quelques pieds/font ou défont la révolution/inutiles, mensongers, grandiloquents/parce qu’aucun vers aujourd’hui ne renverse de régime/aucun vers ne mobilise les masses/ C’est pourquoi moi je n’écris plus/pour offrir des fusils en papier/des armes de paroles bavardes et creuses/Mais pour soulever juste un coin de la vérité/jeter un peu de lumière sur notre vie plagiée ».

Pour découvrir Titios Patrikios : http://www.humanite.fr/la-grece-aux-pieds-gonfles-de-titos-patrikios-579995?IdTis=XTC-FT08-AZIGCX-DD-DMCLQ-FHFP

barricade

Épandages médiatiques

Avec ses « épandages médiatiques », la plateforme de production d’informations Nada pointe du doigt le quotidien de la mal-info. Elle a publié une compilation d’éditoriaux et interviews diffusés par de grands médias qui ne semblent avoir qu’un but : flinguer Alexis Tsipras, le Premier ministre grec « d’extrême gauche », incarnation vivante du laxisme de l’État grec et des archaïsmes de son peuple. Voici les tontons flingueurs en action.

 

« Podemos » et la machine à perdre ?

Par Jean Ortiz.

Podemos a commencé à ouvrir une brèche dans laquelle peuvent s’engouffrer d’autres forces alternatives. Son concept de « caste », l’opposition peuple/caste (élites), sa priorité accordée à la lutte contre l’austérité et la corruption, mobilisent ou remobilisent des couches abstentionnistes, une partie de la jeunesse…

Podemos, en partie issu, mais qui diffère beaucoup, du M15 (Mouvement des Indignés, 2011), dans les premiers mois de sa naissance (début 2014), a adopté un positionnement radical, antisystème, afin de faire reculer le consensus bipartite, et parvenir au gouvernement.

pablo-iglesias_DRDepuis le printemps 2015, sous l’impulsion de son leader Pablo Iglesias, Podemos a recentré sa stratégie (Voir article «Podemos : Notre stratégie », Le Monde diplomatique, juillet 2015) pour la « modérer » afin qu’elle soit plus « rassembleuse », qu’elle occupe « la centralité » du champ politique. Podemos a donc mis de l’eau dans son vin, évacué des problèmes centraux, par trop « radicaux », et qui, selon lui, ne sont pas des priorités et divisent les Espagnols :
un processus constituant
la forme de l’État : République (fédérale ? confédérale ?), ou monarchie ?
la renégociation de la dette
les bases militaires nord-américaines en Espagne
la laïcisation
le féminisme, etc. Lire la suite

Régionales 2015

le_projet_en_commun_11_juillet_narbonne_panache_salvetois-1024x237Élections Régionales 2015 –  Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées
Communiqué de presse    Vendredi 24 juillet 2015
Large rassemblement autour de la démarche du projet en commun
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Suite aux rencontres de Narbonne, à leurs débats et consultations internes, le PCF et Ensemble ! ont décidé de s’associer à la plateforme contributive citoyenne « leprojetencommun.net« .
Désormais six organisations (Europe Écologie – Les Verts, le Parti de Gauche, Ensemble ! et le PCF – tout trois membres du Front de Gauche – la Nouvelle Gauche Socialiste et Régions et Peuples Solidaires) soutiennent ce processus de co-élaboration partagée d’un projet politique pour la région Languedoc Roussillon / Midi Pyrénées.
Ce large rassemblement, au service d’un mouvement citoyen et populaire, entend faire vivre l’espérance d’une alternative sociale, écologique et démocratique.
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Régionales 2015. Les communistes rejoignent EELV et le Parti de gauche

A six mois des élections régionales, une très large coalition se forme à la gauche de la gauche et s’annonce comme un sérieux concurrent du PS en Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon

Marie-Pierre Vieu, conseillère régionale sortante de Midi-Pyrénées, est la chef de file du PCF pour les élections régionales. © DR

Marie-Pierre Vieu, conseillère régionale sortante de Midi-Pyrénées, est la chef de file du PCF pour les élections régionales. © DR

Jeudi 23 juillet, le Parti communiste français (PCF) et ses deux chefs de file Marie-Pierre Vieu et Jean-Luc Gibelin ont annoncé leur ralliement à l’offre électorale conjointement menée par EE-Les Verts, le Parti de gauche et Régions et peuples solidaires depuis un mois : le «Projet en commun».

Un ralliement de première importance au regard du poids électoral du PCF, première composante du Front de gauche en terme de suffrages et de militants, et qui clôture une semaine heureuse en alliance pour le «Projet en commun» puisque la démarche a également enregistré l’adhésion de la Nouvelle gauche socialiste et de la formation «Ensemble !» pilotée par Clémentine Autain au sein du Front de gauche. Des alliances discutées en douceur et loin des tractations tapageuses animant actuellement les négociations entre le Parti socialiste et le Parti radical de gauche.

> LIRE AUSSI: Le PRG rejette la proposition d’accord du PS

Gérard Onesta (EELV): «Une formidable alliance»

Le choix des communistes intervient après un vote interne des militants. Ceux-ci avaient refusé à une large majorité une alliance avec le Parti socialiste au premier tour, ne laissant ainsi à leurs responsables que deux choix : une candidature autonome ou une alliance avec le «Projet en commun» fédérant déjà la plupart des composantes du Front de gauche. La perspective de la construction d’un pacte régional contre l’austérité a convaincu les communistes de rejoindre la coalition du «Projet en commun».

C’est une formidable alliance qui se met en place. Elle pèsera fortement dans le débat régional, se réjouit Gérard Onesta, chef de file des écologistes pour le scrutin de décembre.

15 % des intentions de vote ?

Une alliance qu’un premier sondage pour Midi Libre et un autre à venir dans le courant de la semaine prochaine pour un hebdomadaire national ne mesurent pas encore mais dont le potentiel se situe très probablement au-delà des 15% d’intentions de vote.

Une sérieuse concurrence pour les socialistes et leur tête de liste Carole Delga en Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon. Car si une alliance de second tour entre les deux camps ne fait pas vraiment de doute pour dominer la probable triangulaire qui se dessine avec le FN et Dominique Reynié (LR/UDI), le premier tour donnera l’étalonnage qui présidera à la fusion d’entre-deux-tours et, l’espèrent ses leaders, une force électorale suffisante au «Projet en commun» pour rebattre complètement la carte idéologique de la gauche dans notre région.

La Grèce, et puis après ?

Un résumé de la situation européenne et au-delà, en termes simples et accessibles à tous. C’était trois jours avant le référendum organisé par Tsipras. Jean-Michel Vernochet recevait Valérie Bugault, docteur en droit, spécialiste des questions européennes.

Que faut-il penser de la situation économique de la Grèce, de sa dette publique, et des dettes de tous les pays occidentaux. Bien des idées fausses tombent à l’écoute de ce dialogue passionnant. Une des dernières phrases de Valérie Bugault :

« Toutes les élites politiques des pays européens ont été achetées… »

Source Médias-Presse-Infos

 

Guéant, de l’alibi à la Libye

Mais qui peut croire une fable pareille ? dirait un certain Paul Bismuth…

GUEANT-PERRONLe 7 mars dernier, Claude Guéant a été mis en examen pour « faux et usage de faux et blanchiment de fraude fiscale en bande organisée », pour avoir entre autres « organisé la vente fictive de deux tableaux du peintre van Eertvelt prétendument détenus depuis plus de douze ans ».

500 000 euros pour la vente de deux tableaux dont les experts estiment la côte aux alentours de 35 000 euros seulement sur le marché de l’art… évidemment l’alibi de notre ancien sinistre de l’intérieur n’avait déjà pas convaincu grand monde. Selon l’article de Karl Laske et Fabrice Arfi paru hier dans Mediapart (19 juillet_ Derrière l’alibi des tableaux de Guéant, la piste de l’argent libyen), voilà que les investigations révèlent que le banquier soupçonné d’avoir effectué le virement, Wahib Nacer, était l’un des gestionnaires des comptes de Bachir Saleh, le patron du puissant fonds d’investissement libyen en Afrique.

25 juillet 2007. Claude Guéant (à gauche) et Nicolas Sarkozy retrouvent le colonel Kadhafi à Tripoli. © Reuters

25 juillet 2007. Claude Guéant (à gauche) et Nicolas Sarkozy retrouvent le colonel Kadhafi à Tripoli. © Reuters

L’enquête (qui donne le tournis et fait faire le tour du monde) a permis d’établir que les 500 000 euros reçus par Claude Guéant – virés depuis la Malaisie via le cabinet d’avocat de Me Siva Rajendram – provenaient en réalité d’un compte ouvert à Djeddah au nom d’un richissime Saoudien, Khalid Bugshan, qui n’avait jamais rencontré Claude Guéant, ni acheté ses tableaux !

Laske et Arfi de poursuivre ; « Khalid Bugshan a souligné que s’il avait voulu verser 500 000 euros à Guéant, il lui aurait donné directement la somme. « Une petite somme », pour lui. Propriétaire de plusieurs biens immobiliers à Paris, M. Bugshan a servi d’intermédiaire aux Français lors de la vente des frégates à l’Arabie saoudite et il garde d’importantes « relations d’affaires » avec les groupes d’armement Thalès et EADS. »

Quant au certificat d’authenticité des tableaux, ce fort maigre alibi fourni par l’ancien ministre pour sa défense, on apprend qu’il a été produit par un certain expert, Alain L., « parti en Thaïlande après avoir été impliqué dans une affaire de faux certificats… ».

En résumé la justice va donc juger d’une « vente fictive », ce qui ne devrait pas peser lourd dans le casier judiciaire du sinistre Guéant. Les fusibles fondent les uns après les autres autour de l’agité du bocal mais la question demeure : à quand son tour ? De Karachi à Kadhafi, ça ne fait pas assez de morts ?

304769sarkolisaboksaArticles sémaphoriens précédents sur Claude Guéant :
http://semaphores.info/2012/04/limmigre-prefere-de-claude-gueant/

http://semaphores.info/2012/02/claude-gueant-lhomme-qui-murmurait-a-loreille-des-fachos/

http://semaphores.info/2011/12/l%E2%80%99etrange-memoire-de-claude-gueant-sinistre-de-l%E2%80%99interieur/

Gauche interdite

arton31973-df490_PolitisL’édito de Denis Sieffert du 16 juillet, Politis n°1362. (ndlr: le choix des illustrations est de Sémaphores)
La Grèce, ces jours-ci, c’est un peu la chèvre de Monsieur Seguin. Cette pauvrette qui, pour avoir voulu rester libre dans les pâturages, fut attaquée par le loup avec lequel elle batailla toute la nuit, avant de succomber, au petit matin, sous les crocs du carnassier. L’histoire d’Alexis Tsipras rappelle l’héroïsme vain de la chèvre du conte provençal. L’ennemi était féroce et le combat déséquilibré. Ce petit détour littéraire pour nous éviter deux écueils : le déni et le dépit. Il faut d’abord voir les choses en face : le Premier ministre grec a cédé sous les coups. Mais faut-il, de dépit, instruire son procès en trahison ? Évidemment, non. Alexis Tsipras s’est battu courageusement. Sans doute a-t-il commis des erreurs. Peut-être a-t-il sous-estimé la froide détermination de l’armada politico-financière qu’il avait face à lui. Peut-être a-t-il imaginé qu’un vague sentiment humanitaire ou démocratique arrêterait à un moment donné le rouleau compresseur. On sait qu’il n’en a rien été.

welcomeGAu bout de la nuit, il a dû faire un choix : défier l’implacable ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaüble, grand ordonnateur du désastre grec, ou plier, en s’efforçant de sauver ce qui pouvait encore l’être, l’appartenance de la Grèce à la zone euro. Dans le premier cas, il faisait prévaloir son ego, mais entraînait son peuple dans une crise sociale et sanitaire dont il était impossible de mesurer les conséquences. Il a choisi la seconde voie, limitant un peu – très peu – la casse à court terme, mais essuyant une défaite qu’on ne manque pas de lui reprocher sur sa gauche. Et ne faisant peut-être que retarder le fameux « Grexit ». L’histoire jugera. Mais le vrai bilan de cet interminable conflit n’est pas pour demain. Surtout que nous avons tous été ballottés par les événements depuis un mois. J’évoquais voici deux semaines ce que j’appelais « la bataille d’interprétation ». Qui a gagné ? Qui a perdu ? Nous y sommes.

Et la presse et les politiques de droite s’en donnent à cœur joie. Ils ne se privent pas d’encaisser les dividendes du succès. L’intention est transparente : il s’agit de décourager les peuples européens de porter à leur tête un autre Tsipras. Ce n’était d’ailleurs pas loin d’être l’enjeu principal de la bataille. Électeurs espagnols, irlandais, français, à bon entendeur… Le message est clair. Si vous ne pliez pas, on vous brisera.
La violence des dirigeants allemands a sans aucun doute marqué les esprits. Mais dans quel sens ? Les futurs électeurs européens vont-ils être terrorisés ? Ou bien, au contraire, vont-ils se dire que tout cela est insupportable, et que l’Union européenne a révélé dans cette affaire son pire visage, et peut-être son vrai visage ?

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En tout cas, les leçons politiques de cette crise vont bien au-delà de la Grèce. C’est un peu comme si on venait de nous dire que, désormais, toute politique de gauche est interdite. Prohibée par un mystérieux décret. Et que nous sommes enfermés dans une prison idéologique qui n’autorise plus aucun choix. Mais, en vérité, tout ça n’est pas si nouveau. Les dirigeants allemands ont agi dans la grande tradition coloniale.

Ce régime, les pays africains l’ont enduré pendant un demi-siècle, et aujourd’hui encore : pillage, plans du FMI, réformes « structurelles »… On connaît la mécanique ! À cette différence près qu’en Afrique les puissances se sont toujours débrouillées pour mettre en place des potentats locaux aussi dociles que corrompus. Alors que le « petit » Tsipras, même vaincu, n’est pas leur homme lige (sa chute serait d’ailleurs leur ultime victoire). Ce retour à un colonialisme primaire au cœur de l’Europe doit nous inspirer quelques réflexions. Par exemple, celle-ci. L’un des arguments qui ont plaidé en faveur de la construction européenne, au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, c’est la lutte contre les nationalismes. C’est l’Europe, facteur de paix.

Or, que voit-on aujourd’hui ? Que livrée au libéralisme, elle est au contraire redevenue le théâtre de tous les nationalismes. Tantôt au nom de l’Europe, tantôt contre elle. L’Allemagne de M. Schaüble et du social-démocrate Sigmar Gabriel n’en est pas exempte. Et que dire de ses alliés finlandais, de droite et d’extrême droite, pour qui les Grecs méritent la même considération que les migrants érythréens ? Bref, la haine de classe, le mépris pour les peuples et le racisme font bon ménage. Où allons-nous de ce pas ?

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Synthèseman

Quant à François Hollande, il s’en tire bien. Il va glaner ici ou là quelques points dans les sondages. Il a admirablement joué les « go-between » et a su le faire savoir. Mais sur le fond ? Comme il l’a reconnu lors de son entretien du 14-Juillet (« J’ai dit à Alexis Tsipras : “aide-moi à t’aider” »), c’est sur la Grèce qu’il n’a cessé de faire pression afin qu’elle accepte les conditions qui lui étaient imposées. Peut-être a-t-il convaincu Tsipras de ne pas se lancer dans l’aventure de la sortie de l’euro. Mais, peut-être que Tsipras n’avait besoin de personne pour le comprendre… C’est en tout cas très insuffisant pour nous faire croire que la France a résisté à l’Allemagne, et qu’il s’agit là d’une grande victoire. Quoi qu’il en soit, la crise grecque marque un tournant. Toutes les forces de gauche – réellement de gauche – vont devoir d’urgence en tirer les leçons.

parthenoMcDo

 

Grèce_ le suivi

=================mise à jour du 18 juillet

Alexis Tsipras dans l’humanité :
« J’ai cru que cette Europe pouvait être changée, que le droit pouvait primer sur les intérêts des banques. Nous étions seuls, face à tout le système financier mondial. La vérité, c’est que cet accord a été imposé de manière cruelle, a expliqué le premier ministre grec. Mais c’est pour eux une victoire à la Pyrrhus, qui finira par se retourner contre eux. Durant cinq mois, nous avons semé des graines de démocratie et de dignité, elles finiront par fleurir. Les fissures dans le mur de l’austérité sont là, il ne résistera pas. »

 

Varoufakis_log================
Eric Toussaint : « La BCE a déstabilisé l’économie pour soumettre la Grèce aux exigences des créanciers »

toussaint1707Éric Toussaint est universitaire 
et porte-parole du CADTM
Maître de conférences à l’université de Liège, porte-parole du Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde (CADTM), Éric Toussaint est le coordinateur scientifique de la Commission pour la vérité sur la dette grecque.

Athènes, envoyée spéciale.

Avons-nous assisté ces dernières semaines, à Athènes, à un coup d’État financier, comme l’affirment nombreux observateurs, en Grèce et à l’étranger ?

Éric Toussaint Oui et non. Ce qui était décisif ici tenait à des décisions politiques, prises par des instances politiques complices, bien sûr, des intérêts financiers. Ce n’est pas un coup d’État mené directement par la finance, mais par les institutions, la Commission européenne, les chefs d’État et de gouvernement des pays de la zone euro. L’Allemagne n’est pas seule impliquée. Il est clair que l’Espagnol Mariano Rajoy ou le Portugais Pedro Passos Coelho, sans parler des gouvernements finlandais ou letton, dévoués aux politiques néolibérales, tenaient à démontrer à leurs peuples respectifs que l’option présentée aux Grecs et aux peuples d’Europe par Syriza ne pouvait pas fonctionner. Il s’agit donc bien de décisions d’abord politiques. Il est clair que les grandes banques privées, les multinationales voulaient aussi obtenir la démonstration qu’il est impossible de tourner le dos à l’austérité. Mais il faut rappeler que les principaux créanciers de la Grèce sont aujourd’hui des créanciers publics. Les banques ne sont plus aux premières loges, elles l’étaient jusqu’en 2012, avant de se défaire des créances qu’elles détenaient. La restructuration de la dette en 2012 leur a permis de s’en tirer à bon compte. Aujourd’hui, la Commission européenne, la Banque centrale européenne et les États de la zone euro veulent absolument, en dépit de l’échec des politiques économiques imposées à la Grèce, que le pays reste sur les rails du néolibéralisme. Le FMI aussi, bien entendu, qui est aussi une instance politique.

Alexis Tsipras espérait, en contrepartie de sa capitulation sur les politiques d’austérité, obtenir des engagements sur un allégement de la dette. Les créanciers, eux, concèdent tout juste l’ouverture en 2015 d’une discussion sur un éventuel réaménagement de la dette à partir de 2022. Pourquoi cette intransigeance, alors que le FMI lui-même juge désormais la dette insoutenable ?

Éric Toussaint À mon avis, il pourrait y avoir une restructuration de la dette avant 2022. Les créanciers disent « pas avant 2022 » parce qu’ils savent que ce plan ne va pas fonctionner, que le paiement de la dette sera insoutenable. Ils la restructureront, cette dette. Mais en conditionnant cette restructuration à la poursuite de réformes néolibérales. La dette est un moyen de chantage, un instrument de domination. Fondamentalement, dans le cas grec, ce n’est pas tellement la rentabilité qui compte pour les créanciers, même si elle existe. Ce qui les motive, c’est de démontrer à leurs propres peuples et à ceux des autres pays périphériques qu’il n’est pas question de dévier du modèle. 
Pour Hollande, pouvoir dire : « Regardez, même Tsipras, même la gauche radicale ne peut sortir du carcan ! », c’est a posteriori et dans le débat français la justification de sa propre abdication, en 2012, sur la promesse de renégocier le traité européen sur la stabilité budgétaire.

Devant la violence de l’offensive des créanciers, Tsipras avait-il d’autres choix ? L’alternative se résumait-elle à la sortie de l’euro ?

Éric Toussaint Non, je ne le crois pas. Le choix n’est pas entre le Grexit et le maintien dans la zone euro assorti d’un nouveau plan d’austérité, en continuant à payer la dette. Il était possible de rester dans la zone euro en désobéissant aux créanciers par l’invocation du droit. Des violations de droits humains sont en jeu, ici. Il fallait suspendre le paiement de la dette ; prendre le contrôle de la Banque de Grèce dont le gouverneur, nommé par Antonis Samaras, joue contre les intérêts du pays et peut-être, aussi, lancer une monnaie électronique complémentaire qui aurait pu aider à faire face à l’assèchement organisé des liquidités, tout en restant dans la zone euro.

La BCE, instrument du coup d’État, inonde les marchés financiers de liquidités, dopant la machine à spéculer. Peut-on mettre la création monétaire au service de l’économie réelle, des besoins sociaux, du développement humain ?

Éric Toussaint Bien sûr ! Mario Draghi n’est pas « indépendant ». Il est l’interface entre les grandes banques privées et les gouvernements de la zone euro. La BCE a déstabilisé l’économie grecque de façon délibérée, pour soumettre la Grèce à ses exigences et à celle des autres créanciers.
Entretien réalisé par 
Rosa Moussaoui Vendredi, 17 Juillet, 2015
L’Humanité http://www.humanite.fr/

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Les lecteurs informent…

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Du 17 au 31 juillet se tiendra la première édition de Lire en short, la grande fête nationale du livre jeunessehttp://www.lire-en-short.fr). Elle se donne pour mission de placer le livre sur le parcours des vacances de tous les enfants et jeunes gens, et plus encore pour ceux qui ne partent pas.

Les éditions Au diable vauvert s’associent à cette grande fête de la lecture sur les lieux de vacances : avec notre auteur Mario Pimiento alias Ménéas Marphil, et notre complice Michel Falguières pour les lectures, nous serons présents de façon festive pour cinq manifestations sur notre territoire, au cours desquelles seront distribués 5.000 fascicules gratuits de Neil Gaiman (en PJ) et Jessica Brody, offerts par notre maison.

Voilà le programme des rencontres :

SOMMIÈRES – vendredi 17 juillet – 16h à 19h 

16 h : départ de la médiathèque de Sommières (16 rue du général Bruyère) pour un parcours lectures à pied dans la vieille ville en passant par les quais et la place du marché

17 h : arrêt lecture dans les jardins du château de Sommières

18h : dédicace de Mario Pimiento à la librairie de l’Avenir (6 place Jean Jaurès)

LUNEL – dimanche 19 juillet – 9h30 à 12h30

9h30 : rendez-vous au parc Jean Hugo pour un parcours lectures à pied dans différents lieux clefs de la ville (Halles, Places des Caladons)

12h : librairie AB (26 place de la fruiterie), accueil autour d’un verre – Dédicace de Ménéas Marphil

VAUVERT – mercredi 22 juillet – 9h à 12h30  

Parcours-lectures en biblio-char attelé avec les Attelages du pays d’Arles et la librairie Diderot

9h00 : rendez vous au Centre de loisir et départ vers le marché

9h30 – 10h30 : lectures sur le marché ; devant la médiathèque, stand jeunesse de la librairie Diderot

10h30-11h30 : départ et lectures place de l’église

12h-12h30 : Cour du centre de Loisirs, Ménéas Marphil raconte une histoires aux enfants

SAINT-GILLES – jeudi 23 juillet – 9h à 12h30 

9h30 – 12h30 : sur le marché, stand jeunesse de la librairie Diderot (Nîmes), dédicaces et lectures

10h45 : médiathèque Emile Cazelle, Ménéas Marphil raconte une histoires aux enfants

 GRAU DU ROI – mercredi 29 juillet – 15h30 à 19h30

Parcours-lectures en biblio-char attelé avec les Attelages du pays d’Arles et la Maison de la presse du Grau du Roi

15h30 : départ de la charrette le long des quais vers la promenade de la plage avec pauses lectures et dédicace

16h30 – 18h30 : lectures en charrette sur la promenade et lectures à pied sur la plage

19h30 : lecture finale, dédicace et verre de l’amitié

Affiche-coloriage-defCette manifestation est l’occasion de rassembler toutes les bonnes volontés concernées par l’enfance et la lecture, et d’inviter les enfants à découvrir ou fêter la lecture. Ils seront les héros de la fête, et peuvent pour l’occasion se déguiser comme leur personnage préféré, ou venir avec des casseroles et des louches pour annoncer les lectures en fanfare… Toutes les idées ludiques qui associent les enfants, vacanciers, ou résidants qui ne partent pas en vacances, sont bienvenues. C’est une belle occasion de nous réunir…

Merci à tous ceux nous ont déjà rejoints pour cette première fête de la jeunesse : Villes de Vauvert, le Grau-du-Roi, Lunel, Sommières, Saint-Gilles ; Médiathèques de Vauvert, Saint-Gilles, Lunel, Sommières, Le Grau-du-Roi ; Librairie Diderot, Librairie AB, Maison de la presse du Grau-du-Roi, Librairie de l’Avenir ; Radio Sommières, Radio Système… et bienvenue aux autres !

Je vous remercie de partager cette information largement (invitez vos enfants !) et vous souhaite un très bon week end,

Marion Mazauric

AU DIABLE VAUVERT

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Guerre du trône régional : Carole et Philippe vont ils éteindre Les Feux de la discorde ?

Alors que la torpeur s’abat sur le midi une vraie guerre (politique) prend corps entre Carole Delga ex secrétaire d’état et surtout encore future députée promise au trône et Philippe Saurel maire et président de l’agglomération de Montpellier qui se rêve comte de Toulouse. L’enjeu le trône de la nouvelle grande région avec ses 13 provinces.

Perds_et_impers-philippe-saurel-carole-delgaà lire sur Gard Gamelles : http://gard-gamelles.com/guerre-du-trone-regional-carole-et-philippe-vont-ils-eteindre-les-feux-de-la-discorde/

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Mais de quelle crise parlez-vous ?

Une info qui va vous faire plaisir…

Comme chaque année, Challenges a publié son classement des plus grandes fortunes françaises. On y apprend que les dix plus grandes fortunes françaises cumulent 195 milliards d’euros. L’année dernière, les dix du moment possédaient 141,5 milliards d’euros. Autrement dit leur fortune a progressé de 53,5 milliards. Divisé par 10, cela fait un peu plus de 5 milliards d’augmentation par tête de pipe de ce top-ten.

Et l’Huma de noter que cela représente un « salaire » net (oui, le mot salaire peut sembler drôle) de 417 000 000 euros par mois pendant un an. Ou 285 874 smic !

Une hausse de 38 % en un an alors que pendant la même période le PIB de la France n’a augmenté que de 0,2 % en 2014 et le smic de 0,8 %.

http://www.humanite.fr/les-10-plus-grandes-fortunes-francaises-possedent-606-du-montant-de-la-dette-grecque-579373?IdTis=XTC-FT08-AY3K5S-DD-DMCLQ-FGDK

riches et dettes

Grèce_ le suivi

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greve géné grèce*=*=*=*=*=*

Pétition européenne pour un GermanExit

La création de l’UE et de la monnaie commune visait un objectif de solidarité entre les peuples, les pays et les économies. Chaque pays de l’Union ou de la zone monétaire a pu profiter de la solidarité des autres pour se développer. Aujourd’hui la chancelière allemande, Angela Merkel, et son ministre des finances, Wolfgang Schäuble, veulent enterrer le projet européen. Ne les laissons pas faire.

Nous Européens de toutes générations demandons l’arrêt de cette marche en avant catastrophique. L’avenir de 500 millions d’Européens ne peut pas être pris en otage par les dogmes dangereux d’un gouvernement allemand qui veut absolument humilier le gouvernement grec et punir le peuple grec pour n’avoir pas voté comme les Allemands auraient voulu. Nous devons refuser les menaces comme celles proférées par ministre des finances allemand en marge du sommet européen de samedi : « la Grèce doit sortir ou ce sera nous ». Alors sortez donc ! Aujourd’hui deux solutions s’offrent à la chancelière allemande : soit Wolfgang Schauble démissionne comme l’a si bien fait Yannis Varoufakis pour poursuivre de manière raisonnable les négociations, soit l’Allemagne sort de la monnaie commune. Sans germanophobie, montrons à Angela Merkel que l’Europe est unie !

Signer la pétition : http://germanexit.wesign.it/fr

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Dans l’Huma, Jean Ortiz pose la question « Faudra-t-il ressortir le Chant des Partisans ? »
« Nous ne sommes pas loin d’une nouvelle « occupation » : d’une insupportable ingérence. »

L’acharnement, la violence d’Angela Merkel pour mettre à genoux et humilier le magnifique peuple grec, faire capituler Tsipras, relève d’un mépris total de la démocratie et d’une attitude fascisante.

À lire ici : http://www.humanite.fr/blogs/faudra-t-il-ressortir-le-chant-des-partisans-579356

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Preuves par Images

en-quete-de-sens3Petit message de l’équipe EN QUÊTE DE SENS

« Vous êtes nombreux à nous demander la liste des documentaires que Nathanaël copie sur l’ordinateur de Marc lors de son passage à New-York, ces vidéos qui vont lui ouvrir les yeux et le pousser à quitter sa situation confortable pour partir à la rencontre des alternatives.
Alors voici : « The Century of Self », « Food, inc », « Flow », « Le Monde selon Monsanto », « The Corporation », « Let’s Make Money », « Life running out of Control », « Quest for the lost civilisation », « Story of stuff », et « The Corporation ».
Et pour encore plus de ressources, le site « Preuves par Images » propose plus de 300 films et conférence dédiées à la prise de conscience collective. »

Sémaphores est allé voir cette documenthèque online dédiée à l’évolution de la conscience collective et ne peut que la partager vivement. Si certains documents n’engagent bien sûr que leurs auteurs (on y a trouvé une vidéo de l’UPR), la plupart des vidéos proposées sont des films ou des émissions télés de grande qualité.
L’occasion de voir ou revoir « Les jours heureux » ou « Les nouveaux chiens de garde », « La société du spectacle » de Guy Debord, « La fabrication du consentement » de Noam Chomsky et Edward Herman, un reportage sur « La stratégie du choc » de Naomi Klein, « Le monde selon Monsanto », « La guerre des graines » et plein d’autres sujets.

Une mine d’or, qu’on vous dit. Et ça se passe là : http://preuves-par-images.fr/